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Louis VIII, le Lion

Louis VIII, le Lion (Moyen âge, Capétiens) est un roi de France, fils et successeur de Philippe-Auguste, et d'Isabelle de Hainaut, né à Paris le 5 septembre 1187, mort à Montpensier, en Auvergne, le 8 novembre 1226. Ce prince eut une carrière courte, mais remplie d'événements importants. Ce continuateur si fidèle de la politique de Philippe-Auguste ne ressemblait en rien à Philippe-Auguste. Sa taille était petite, son visage pâle et maigre respirait austérité; il était d'un caractère placide et froid, parfois seulement capable de longues colères; sobre et chaste, il laissa la réputation d'un saint; mais son éducation fit de lui un guerrier et un politique ambitieux, et l'histoire lui a laissé le surnom de Lion que lui décernait le chantre pédant de ses exploits, Nicolas de Brai. Toutes les questions qui intéressaient alors l'avenir de la monarchie, il a travaillé avec vaillance à les résoudre au profit de sa dynastie.

En 1213, Philippe-Auguste, organisant sur la demande du pape une expédition contre Jean sans Terre, destina la couronne d'Angleterre à son fils; la soumission de Jean au Saint-siège et le revirement de la politique pontificale mirent à néant ce projet. Philippe-Auguste tourna alors ses armes contre le comte Ferrand, et Louis dirigea une campagne en Flandre. En 1214, pendant que le roi gagnait la bataille de Bouvines, son fils contenait en Poitou Jean sans Terre, qui n'osa pas engager la lutte avec lui : l'affaire de La Roche-au-Moine fut une victoire sans combat. L'année suivante, après la violation de la Grande Charte, la majorité du baronnage anglais offrit la couronne à Louis, qui avait épousé en 1200 Blanche de Castille, petite-fille de Henri II Plantagenet. Louis fit rédiger un manifeste où il se présentait comme le légitime héritier du trône d'Angleterre et prétendait faussement que Jean avait été condamné à mort par ses pairs après le meurtre d'Arthur; puis, après de longs préparatifs secrètement favorisés par son père, il s'embarqua avec douze cents chevaliers et aborda le 21 mai 1216 dans l'île de Thanet.

Il fut reçu avec enthousiasme à Londres et conquit rapidement les comtés de l'Est et du Nord; Jean sans Terre mourut misérablement le 19 octobre, laissant au jeune Henri III un trône qui semblait près de s'effondrer. Mais Louis avait des ennemis acharnés : le vieux Guillaume le Maréchal, les routiers étrangers que Jean avait attachés à sa cause, et surtout le légat du pape, Galon de Beccaria, qui dès la première heure avait excommunié les Français et les barons rebelles. Les conseillers de Henri III offrirent à la plupart des partisans de Louis l'amnistie et la confirmation de la Grande Charte; de plus, les rebelles furent battus à Lincoln. Philippe-Auguste renonça à soutenir son fils, et les secours que Blanche de Castille avait réunis à grand peine furent anéantis dans une bataille navale. Louis se résigna à conclure le traité de Lambeth; il renonça à ses prétentions, non sans exiger une forte indemnité de guerre (septembre 1217).

Héritier des droits d'Amaury de Montfort sur le comté de Toulouse, il fit aussi, pendant le règne de son père, deux expéditions peu fructueuses au comte Raymond VII aux Albigeois (1215 et 1219).; la seconde eut pour principal épisode l'affreux sac de Marmande. Enfin Louis figura parmi les conseillers de Philippe-Auguste et administra l'Artois, qu'Isabelle de Hainaut avait apporté en dot. Philippe-Auguste étant mort le 14 juillet 1223, Louis VIII lui succéda sans contestation et se fit sacrer à Reims le 6 août. Profitant de l'anarchie qui désolait le Poitou, il s'empara de La Rochelle et enleva tout le pays situé entre la Loire et la Garonne à la domination des Plantagenet (1224). Il ne put cependant conquérir la Gascogne, comme il en avait l'intention. D'autres soins occupèrent la fin de son règne. Depuis la mort de Simon de Montfort, la cause de l'orthodoxie semblait perdue dans le Midi; après de longues négociations, le pape Honorius III fit accepter par le roi la direction d'une croisade nouvelle qui eut lieu en 1226. Avignon, cité impériale, ferma ses portes aux croisés, mais fut assiégée et prise au bout de trois mois. Il soumit tout le Languedoc, à l'exception de la capitale, remettant le siège de Toulouse à l'année suivante. Au retour,  il mourut à Montpensier (Auvergne) , victime d'une épidémie de dysenterie qui décimait son armée (on soupçonna Thibaut, comte de Champagne, de l'avoir empoisonné). 

Louis VIII observa fidèlement dans son gouvernement les principes suivis par son père. Il accrut le domaine par des conquêtes et par des acquisitions de détail, et maintint si haut le pouvoir royal qu'une réaction féodale suivit immédiatement sa mort. Louis eut de Blanche de Castille au moins douze enfants. Une fille née en 1205, Philippe, né en 1209, et deux jumeaux, nés en 1213, étaient morts lorsque leur père monta sur le trône. A ce moment Louis VIII avait cinq enfants : Louis, né en 1214, qui fut Louis IX; Robert, né en 1216, auquel Louis donna l'Artois en apanage par son testament de 1225; Jean, né en 1219, auquel était destiné l'Anjou; Alphonse, né en 1220, qui devait avoir le comté de Poitiers et l'Auvergne; Philippe, né en 1222, auquel son père réservait la carrière ecclésiastique. Enfin Blanche de Castille accoucha pendant le règne de son mari d'une fille, Isabelle, et d'un fils, Etienne. Charles, plus tard comte d'Anjou, fut peut-être un fils posthume. (Ch. Petit-Dutaillis).

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Dictionnaire biographique
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