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Virgile

P. Virgilius Maro (Virgile), est un poète latin né en 70 ou 69 av. J. C. au village d'Andes, près de Mantoue, fut élevé à Crémone, alla sa perfectionner à Milan et à Naples; et se prépara à la poésie par une étude approfondie des lettres grecques. Il s'exerça d'abord dans la poésie bucolique, il avait 25 ans quand il composa sa première églogue (la seconde des éditions). Son talent poétique lui valut la protection de Pollion et de Mécène: grâce à ces protecteurs, il obtint que les biens de son père ne fussent pas enveloppés dans la mesure qui adjugeait aux soldats des Triumvirs, après la bataille de Philippes, le territoire de Crémone et de Mantoue (43 av. J. -C.); Virgile remercia Octave de ce bienfait dans une admirable allégorie (la première églogue des éditions). La plupart des autres églogues parurent dans l'espace de trois ans. S'élevant bientôt à des genres plus sérieux, Virgile composa successivement les Géorgiques, poème didactique en quatre chants, entrepris sur l'invitation de Mécène, où il décrivait les travaux des champs et le bonheur de la vie champêtre et relevait par d'admirables épisodes la monotonie du sujet; puis l'Énéide, poème épique en douze chants, où il chantait l'origine des Romains, qui prétendaient descendre du Troyen Enée. Ces chefs-d'œuvre lui méritèrent de son vivant l'admiration universelle et les bienfaits de l'empereur. La sœur d'Auguste, Octavie, s'évanouit dit-on, à la lecture du beau passage où le poète déplore la mort prématurée de son fils, le jeune Marcellus (au VIe livre de l'Enéide), et, en revenant à elle, elle lui fit compter dix grands sesterces pour chacun des vers de ce passage. Âgé de près de 50 ans, Virgile passa en Grèce, où il se proposait de faire un long séjour et d'achever son œuvre; mais, ayant rencontré Auguste à Athènes, il revint avec lui au bout, de 3 ans. Il tomba malade à Mégare et mourut en abordant à Brindes en Calabre, l'an 19 av. J.-C. Son corps fut, d'après son désir, transporté à Pouzzoles près de Naples. On mit sur son tombeau ce distique qu'il avait composé à ses derniers moments

Mantua me genuit; Calabri rapuére; tenet nunc Parthenope : cecini pascua, rura, duces.

Au moment de sa mort, le poète n'avait pas entièrement terminé l'Énéide, à laquelle il travaillait depuis 12 ans : par son testament il ordonna de jeter au feu cette œuvre inachevée; mais Auguste s'opposa à ce que ce sacrilège fût consommé. Outre les Bucoliques, les Géorgiques et l'Énéide, on a sous son nom quelques petites pièces qui évidemment ne lui appartiennent pas, sauf peut-être le Moucheron (Culex), et trois ou quatre des Catalectes, essais de sa première jeunesse. Ce poète était aimé de tous les grands écrivains de son siècle, surtout de Varius et d'Horace. Ses contemporains vantent sa droiture et la pureté de ses mœurs.

Virgile a toujours été regardé, sinon comme le plus grand, du moins comme le plus parfait des poètes : son style est pur, facile, harmonieux, varié, toujours en rapport avec le sujet; sa versification l'emporte infiniment sur celle de tous les poètes latins qui l'ont précédé. La qualité qui domine en lui, c'est la sensibilité. Bien que, sous le rapport de la force et de l'élévation, il puisse paraître inférieur à Homère : il ne lui cède point dans les livres IIe et VIe de l'Enéide; les six derniers livres du poème sont ce qui lui appartient le plus en propre; ils brillent surtout par la couleur locale et par la connaissance approfondie des antiquités nationales; toutefois c'est avec quelque raison qu'on reproche à ce poème une action double. Les Églogues de Virgile sont inférieures à celles de Théocrite: on y sent trop l'imitation, cependant la 10e, la 4e et surtout la 6e sont de la plus haute beauté. Pour les Géorgiques, tout le monde reconnaît que c'est le chef-d'œuvre des poèmes didactiques. Virgile a eu parmi les anciens un excellent commentateur, Servius. (A19).


Statue de Virgile par Thomas, 
dessin de Chevignard.


Éditions anciennes - Les éditions de ce poète sont innombrables. On remarque surtout celles de Venise, 1482, avec les Commentaires de Servius celle des Aldes, Venise, 1519; du P. Larue, ad usum Delphini, Paris, 1682, avec une paraphrase fort utile; de Burmann, Amst., 1746; celle de Heyne, Leipzig, 1800, 6 vol. grand in-8, reproduite avec d'utiles additions dans les Classiques latins de Lemaire, Paris, 1819, etc., 7 vol. in-8; celle de Forbiger, Leipz., 1836 et 1852, 3 vol. in-8, enfin celle d'E. Benoist, 3 vol. in-8, Paris (1867-1872). Une édition de luxe a été donnée par P. Didot le jeune, Paris, 1798, grand-in-fol., avec des gravures d'après Girard et Girodet. Les traductions de Virgile sont très nombreuses. En français on distingue, en prose : celles de Marolles, Desfontaines, Binet, Morin, De Guerle, De Lestre, Pongerville, Pessonneaux; celle de Villenave et Charpentier (dans la collect. Panckoucke, 1833-35,), d'Aug. Nisard (dans la collect. D. Nisard); en vers, celles de Delille (la meilleure de toutes), de Cournand, Gaston, Mollevaut, Becquey, Barthélémy, Duchemin, H. Cournol. La traduction de Delille comprend les Géorgiques et l'Enéide. MM. Didot, Lauwereyns et Tissot ont traduit en vers les Bucoliques seules. On doit à Malfilâtrele Génie de Virgile, à Tissot et à Ste-Beuve des Études sur Virgile, à M. Eichhoff des Études grecques sur Virgile, qui offrent des rapprochements pleins d'intérêt. Ludewig a donné une Clavis Virgiliana, Berlin, 1805.

En librairie - Virgile, Bucoliques /Georgiques, Flammarion (GF), 2001; L'Enéide, Flammarion, 2001; Bucoliques, Les Belles Lettres, 1997; Georgiques, Imprimerie nationale, 1997; on peut également trouver les oeuvres de Virgile dans la série latine des Belles lettres : Enéide (3 vol. ), Bucoliques, Georgiques; Virgile, L'Enéide (choix de textes, Hatier (para-scolaire), 1997; L'Enéide (à partir de 12 ans), L'Ecole des loisirs (version abrégée), 1998. 

Sur Virgile : Gianfranco Stroppini, L'amour dans les Georgiques de Virgile, L'Harmattan, 2003; du même, Amour et Dualité dans les Bucoliques de Virgile, Klincksieck, 2000; Gianfranco Stroppini et Philippe Henzé, L'amour dans les livres I-IV de l'Enéide de Virgile (ou Didon et la mauvaise composante de l'âme), L'Harmattan, 2003;  Collectif, Doré, Dante et Virgile, Les Presses du réel, 2003; Solange et Jean Maillat, Les Fleurs de Virgile, Le Sureau (Beaux livres), 2001; Pierre Grimal, Virgile ou la seconde naissance de Rome, Flammarion (Champs), 2001; Théodor Haecker, Virgile, Père de l'Occident, Ad Solem, 1995;Jean Dufourt, Virgile, Valet de Chambre et moraliste, Bartillat, 1994; Antoinette Novara, Idées romaines sur le progrès, Les Belles Lettres, 1983-84, 2 vol. ; I - Périodes précicéroniennes, II - Virgile; Hermann Broch, La Mort de Virgile, Gallimard, 1980; Jean Giono, Virgile ou les palais de l'Atlantide, Les Belles Lettres, 2001;du même, Virgile, Buchet Chastel, 1996.


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