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Ratcha Anachak Thai / Prathet Thai |
15 00 N, 100 00 E ![]() |
La Thaïlande -
Carte de la Thaïlande. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée). La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle. Elle est divisée adminsitrativement en 76 provinces (changwat). La capitale, Bangkok (Krung Thep) Les 76 provinces de la Thaïlande
Géographie physique de la ThaïlandeLes côtes et les îles.La Taïlande a 3219 km de côtes, l'essentiel bordant le golfe de Thaïlande. Cette partie orientale de la côte commence au Nord de l'île (cambodgienne) de Kong; c'est le point de contact avec le Cambodge; elle s'incurve vers le Nord; on y remarque de nombreuses îles, qui, dans l'ensemble du golfe, occupent 800 km², le port de Chantaboun, le cap Liant, la baie de Bangkok avec l'embouchure du Ménam (Mae Nam). Le long de la côte Est de la presqu'île malaise, il faut signaler les îles de Phagan et de Samui. Le long de la côte Ouest de la presqu'île, les îles sont plus nombreuses, et se partagent une surface de 2000 km² : les îles de Phuket et de Lanta Yai et de Tarutao sont les plus grandes. Ces côtes sont basses et formées d'alluvions, ainsi que la plaine du Ménam et celle du Cambodge. Orographie.
On peut discerner dans la Thaïlande trois régions : au centre, le bassin du Ménam; à l'Est, le plateau de Khorat, peu élevé et qui s''incline vers le Mékong; à l'Ouest, la péninsule malaise. Le bassin du Ménam forme une plaine de 600 km de long sur 200 km de large qui s'élève très lentement à partir de la mer; à 350 km, l'altitude est encore inférieure à 100 m. C'est seulement au Nord du 17° parallèle qu'apparaissent les montagnes; 800 m entre Lakhon et Labong. On donne à la chaîne qui limite à l'Ouest le bassin du Ménam le nom de Tanen-Taong-Ghyi (point culminant, Doi Inthanon, 2576 m ); au Moulaï-yit, elle atteint 1676 m et de là se raccorde au Taneng-tha-ri, chaîne de Tenasserim, laquelle disparut dans l'isthme de Kra (altitude 25 m), au delà duquel le cap Phanga et l'île Salanga forment des éminences isolées. Obliquement à cette chaîne, dont la sépare une dépression vaseuse, s'aligne du Nord-Ouest au Sud-Est l'axe de la presqu'île de Malacca. Au Nord-Est du bassin du Ménam, les montagnes qui l'isolent de celui du Mékong sont assez élevées, puisque les cols sont à 1250 et 1300 m. La région du Laos siamois, même dans le massif volcanique qui dévie vers l'Est le Mékong (coude de Luang-Prabang), est moins élevée et ne dépasse guère 800 à 900 m. Il est d'ailleurs mal connu, de même que les hauteurs plus méridionales, vêtues d'épaisses forêts. Signalons les collines isolées de Patavi (à l'Est de Sarabouri) et de Prabat; puis les monts Dongrek, muraille de grès qui domine au Nord le bassin du lac Tonlé-Sap. Le long du rivage, pics de Koh-Sabop (911 m), de l'île Koh-Tchang (750 m), etc. Hydrographie et
climat de la Thaïlande.
Le bassin du Mékong comprend, comme principaux
affluents, le Sémoun qui draine la région de Korat, et le Songké, rivière
du Cambodge siamois, qui se déverse dans le lac Tonlé-sap.
Pont ferroviaire sur la rivière Khwae Yai, à Kanchanaburi (c'est le fameux "pont de la rivière Kwaï"). Le climat de la Thaïlande est celui de la zone tropicale : température moyenne annuelle de + 27°C avec maximum de + 36°C et minimum de +12°C la nuit; en général, elle oscille entre 24°C en décembre et 28,6°C en avril. On observe trois saisons : chaude de janvier à avril, pluvieuse de mai à août, fraîche de septembre à décembre. Le régime des vents est fort régulier. La mousson pluvieuse commence en mai et souffle du Sud-Ouest, puis tourne à l'Ouest, cède à la fin de septembre au vent sec du Nord et du Nord-Est, lequel dévie vers le Sud-Est et le Sud en mars, achevant ainsi le tour du cadran. La chute d'eau annuelle est de 1400 à 1700 mm dont les quatre cinquièmes pendant la saison humide (mai-septembre). La flore et la
faune.
La faune est celle
de la sous-région indochinoise : gibbon (Hylobates), Felis macroscelis,
tigre, éléphant, ours, binturong (Arctitis binturong), sanglier, cerf,
boeuf sauvage à cornes rouges (tonsong), pangolin, une taupe
(Mogera Wogura), localisée dans la vallée du Ménam, rat musqué, Nycticebus,
enfin le gecko (Platydactylus guttutus), hôte familier et respecté de
chaque cabane.
Biogéographie de la ThaïlandeLe nord de la Thaïlande est dominé par des chaînes montagneuses couvertes principalement de forêts mixtes de feuillus et de conifères. Ces forêts tempérées humides abritent des espèces endémiques, notamment des orchidées rares, le goral (Naemorhedus griseus), et plusieurs espèces de panthères et d'ours. L'altitude, qui crée des écosystèmes semblables à ceux du sud de la Chine ou du nord du Vietnam, permet la persistance d'espèces adaptées aux climats plus frais.Les vastes plaines centrales, dominées par le bassin du Chao Phraya, sont les régions les plus anthropisées et les plus cultivées du pays. La forêt sèche décidue, autrefois abondante, a largement été remplacée par des rizières et cultures. Toutefois, des vestiges de la faune originelle subsistent dans les réserves protégées : cerfs sambar, gaurs, et léopards tachetés peuvent y être observés. Le climat ici est de type tropical de savane, avec une alternance marquée entre saison sèche et humide. Vers l'est, le plateau de Khorat présente des caractéristiques plus arides. Les forêts décidues sèches dominent, souvent interrompues par des zones de savane. Les sols y sont pauvres, latéritiques, et la biodiversité plus clairsemée mais adaptée aux conditions difficiles. On y trouve des espèces végétales xérophiles, des reptiles, et une faune moins dense que dans les autres régions, bien que certaines zones comme le parc national de Phu Kradueng abritent encore une faune forestière intéressante. Le sud de la Thaïlande fait partie de la zone biogéographique malaise. C'est une région montagneuse, humide, et densément boisée, prolongement de la péninsule malaise. Les forêts tropicales humides sempervirentes dominent le paysage et présentent une richesse exceptionnelle. On y trouve des dipterocarpes géants, des figuiers étrangleurs, ainsi que des espèces rares comme le tapir malais (Tapirus indicus), le langur à lunettes, et parfois même le tigre de Malaisie. La faune aviaire y est particulièrement riche, avec de nombreux calaos, faisans et espèces migratrices. La diversité floristique de la Thaïlande est immense, avec plus de 15 000 espèces de plantes vasculaires recensées, dont beaucoup sont endémiques. Les écosystèmes côtiers, notamment les mangroves et les forêts de palétuviers sur les littoraux du golfe de Thaïlande et de la mer d'Andaman, sont essentiels pour la reproduction des poissons, la protection contre l'érosion et l'accueil d'oiseaux migrateurs. Le pays a mis en place un réseau de parcs nationaux et de sanctuaires fauniques qui couvrent environ 20 % de son territoire, ce qui a permis de conserver certaines poches de biodiversité intactes. Néanmoins, la pression humaine, la déforestation illégale, le braconnage et l'expansion agricole continuent de menacer les équilibres biogéographiques. Le changement climatique pourrait également exacerber ces pressions, modifiant les aires de répartition des espèces et perturbant les cycles de reproduction. Géographie humaine de la ThaïlandePopulation.La Thaïlande compte environ 66 à 67 millions d'habitants, ce qui en fait l'un des pays les plus peuplés d'Asie du Sud-Est. La population est concentrée majoritairement dans les plaines centrales fertiles, autour de Bangkok, ainsi que dans certaines régions côtières et vallées fluviales. En revanche, le nord montagneux, le nord-est aride (Isan) et les zones frontalières sont moins densément peuplés et parfois défavorisés économiquement. Le pays est entré dans une phase avancée de transition démographique. Le taux de natalité est en baisse continue, autour de 1,3 enfant par femme, bien en dessous du seuil de remplacement. L'espérance de vie est relativement élevée pour la région (environ 74 ans pour les hommes et 81 ans pour les femmes), ce qui entraîne un vieillissement rapide de la population. Environ 20 % de la population aura plus de 60 ans d'ici 2030, ce qui pose des défis considérables en matière de retraites, de santé publique et de main-d'oeuvre. Le taux de croissance naturelle est désormais proche de zéro, ce qui fait de la Thaïlande l'un des premiers pays en développement confronté à une dynamique démographique semblable à celle des pays industrialisés. La population est très majoritairement urbaine, avec un taux d'urbanisation supérieur à 50 %, mais fortement polarisée. Bangkok et sa région métropolitaine rassemblent plus de 15 millions d'habitants, concentrant les fonctions politiques, économiques, éducatives et culturelles. Cette macrocéphalie urbaine génère de profondes inégalités territoriales. Le nord-est, l'Isan, reste la région la plus pauvre, avec des taux élevés de migration interne, notamment de jeunes vers la capitale ou les zones touristiques du sud. La structure sociale thaïlandaise repose historiquement sur un modèle hiérarchique fondé sur des principes de respect, de statut social et de réseaux relationnels (hiérarchie, patronage, face sociale). Cette hiérarchie sociale est toujours visible dans les formes de politesse, les interactions quotidiennes et les pratiques professionnelles. Les élites politiques, économiques et militaires sont étroitement liées, et les mobilités sociales sont fortement corrélées à l'origine géographique, au genre et au capital éducatif. Les inégalités économiques et régionales sont importantes. Bangkok et les provinces touristiques bénéficient de revenus et d'infrastructures nettement supérieurs à ceux des régions du nord-est ou du sud insurgé. L'accès à l'éducation, à la santé et aux opportunités d'emploi est très contrasté selon les provinces. Néanmoins, la Thaïlande a connu une forte réduction de la pauvreté absolue au cours des dernières décennies, passant de plus de 65 % dans les années 1980 à moins de 10 % aujourd'hui. La famille élargie reste une unité sociale importante, bien que les transformations économiques et les migrations aient entraîné une nucléarisation progressive dans les villes. Les femmes jouent un rôle actif dans l'économie, notamment dans le commerce, le tourisme, l'agriculture et l'informel, mais des inégalités de genre subsistent en matière de représentation politique, de droits sociaux et de sécurité. Les mouvements sociaux et les transformations sociétales sont de plus en plus visibles, notamment parmi les jeunes générations urbaines. Des revendications autour de la réforme politique, de la monarchie, des droits humains et de la liberté d'expression ont émergé depuis 2020, avec des mobilisations de grande ampleur. Ce clivage intergénérationnel se superpose à une fracture entre Bangkok et les provinces rurales, entre conservatisme et progressisme, entre élites traditionnelles et classes émergentes.
Groupes ethnolinguistiques.
La langue officielle est le thaï standard, dérivé du dialecte de Bangkok. Il est utilisé dans l'administration, les médias et l'éducation. Toutefois, plusieurs langues régionales sont largement parlées : l'isanais, le thaï du nord, le malais du sud, ainsi que les langues des minorités montagnardes. L'anglais est couramment enseigné dans les écoles, mais son niveau de maîtrise reste inégal, surtout en dehors des centres urbains. Au total, la diversité ethnolinguistique de la Thaïlande est considérable, mais largement subsumée sous l'identité nationale construite autour du thaï central. L'État thaïlandais, à travers les systèmes scolaires, administratifs et militaires, promeut une vision unifiée du pays, souvent au détriment des langues et cultures locales. Des initiatives récentes ont émergé, toutefois, pour revitaliser les langues régionales, soutenir le multilinguisme et reconnaître la richesse culturelle du pays dans sa pluralité. Thaïs
centraux.
Thaïs
du Nord-Est (Isans).
Thaïs
du Nord (Khon Mueang).
Thaïs
du Sud (Pak Tai).
Malais
musulmans (Malais de Pattani).
Sino-Thaïs.
Tribus
des collines.
Khmers
du Sud-Est.
Mons.
Mokens.
Bangkok, la capitale de la Thaïlande, avec, au centre, la statue du roi Rama IV. Culture.
Le bouddhisme theravāda est à la fois religion dominante, système moral et structure sociale. Près de 95 % des Thaïlandais se déclarent bouddhistes. Les temples, ou wats, constituent des centres religieux, éducatifs et communautaires. Ils accueillent les cérémonies majeures, servent d'école pour les jeunes garçons et d'espace de transmission intergénérationnelle. Le moine bouddhiste bénéficie d'un respect extrême, et presque tous les hommes thaïs passent par une période temporaire d'ordination monastique à l'âge adulte. Le calendrier culturel est rythmé par les fêtes religieuses : Songkran (nouvel an thaï), Visakha Bucha (naissance du Bouddha), Loy Krathong (fête des lumières) ou Makha Bucha. Ces fêtes mêlent pratiques rituelles, rassemblements familiaux, processions et offrandes. Les pratiques animistes et le culte des esprits (phi) coexistent avec le bouddhisme dans un syncrétisme très vivant. Les maisons sont souvent dotées d'un autel des esprits (san phra phum) pour honorer les entités protectrices du lieu. De nombreuses cérémonies de bénédiction, de protection, ou d'exorcisme font appel à des moines ou à des médiums. Le respect des forces invisibles est une donnée quotidienne dans les campagnes comme dans les villes. L'islam (environ 4 à 5 %) est principalement présent dans le sud, et le christianisme reste marginal. La monarchie thaïlandaise occupe une place symbolique centrale. La famille royale est vénérée comme un pilier de l'unité nationale, et ses membres sont représentés dans tous les lieux publics. Bien que le pays soit une monarchie constitutionnelle, le roi est considéré comme un garant de la continuité et du sacré. La culture populaire, l'art, les médias et les cérémonies d'État mettent régulièrement en scène des hommages à la royauté. La langue thaïe, dans sa forme centrale, est un vecteur identitaire puissant. Elle structure la hiérarchie sociale à travers ses niveaux de langage, les pronoms de respect, et les formes de politesse. Le concept de kreng jai, qui exprime la retenue et l'harmonie dans les relations, est un principe culturel fondamental. Il guide les comportements dans les échanges sociaux, où l'évitement du conflit direct, la sauvegarde de la face et la discrétion sont valorisés. Le wai, geste de salut avec les paumes jointes, incarne cette hiérarchie implicite et marque le respect. L'art thaïlandais se décline dans de multiples formes : sculpture religieuse, peinture murale, orfèvrerie, textile, danse classique, théâtre d'ombres (nang talung), marionnettes (hun lakhon lek), et plus récemment le cinéma. L'esthétique traditionnelle est fortement marquée par les motifs bouddhistes, floraux et mythologiques, comme ceux du Ramakien, version thaïe du Ramayana. Les danses classiques comme le khon (masqué) ou le lakhon (dramatique) sont très codifiées, souvent liées aux récits épiques. Les instruments de musique traditionnels, comme le ranat (xylophone), le khong wong (gong circulaire) ou le pi (hautbois), accompagnent les cérémonies et les représentations. La gastronomie thaïlandaise combine les saveurs sucrées, salées, acides et pimentées, avec des ingrédients comme la citronnelle, le galanga, le basilic thaï, la pâte de crevette ou le lait de coco. Des plats comme le pad thai, la tom yum (soupe piquante aux crevettes), le green curry, ou la papaya salad sont célèbres dans le monde entier. Les repas sont souvent partagés, servis au centre de la table, et accompagnés de riz. Les marchés de rue jouent un rôle essentiel dans la vie sociale et culinaire, en offrant une nourriture bon marché, variée et constamment fraîche. Le vêtement traditionnel thaï, comme le chut thai, est porté lors des cérémonies officielles ou religieuses. Au quotidien, l'influence occidentale prédomine, mais les tissus artisanaux tissés à la main, notamment en soie, restent valorisés, en particulier dans les provinces du nord et du nord-est. Les artisans perpétuent des savoir-faire comme la teinture, le tissage, la poterie, ou la gravure sur bois. Le cinéma, la télévision et les séries (lakorn) jouent un rôle central dans la culture populaire contemporaine. La production cinématographique thaïlandaise connaît une reconnaissance internationale, notamment dans les genres du drame social, de l'horreur et du fantastique. Des réalisateurs comme Apichatpong Weerasethakul, Palme d'Or à Cannes (Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, 2010), ont contribué à faire connaître une esthétique thaïe plus contemplative et introspective. Le manga, la K-pop, les jeux vidéo et les réseaux sociaux sont prisés parmi la jeunesse. La culture urbaine contemporaine se développe dans les métropoles, notamment à Bangkok, Chiang Mai ou Phuket. Elle combine design, musique électro, street art, danse urbaine, gastronomie fusion et artisanat réinventé. Les festivals culturels comme le Bangkok Art Biennale ou les festivals de film attirent une nouvelle génération d'artistes, entrepreneurs et créateurs en quête de reconnaissance internationale. Dans les campagnes, les pratiques culturelles restent centrées sur les saisons agricoles, les fêtes villageoises, les cérémonies bouddhistes et les rituels locaux. L'identité régionale y est forte, et le lien au territoire structurant. Les traditions comme la boxe thaïlandaise (muay thai), les combats de coqs, les courses de bateaux ou les compétitions de cerfs-volants y occupent une place de choix. Economie.
L'industrialisation a été le moteur principal de la croissance économique, notamment à travers les zones économiques spéciales et les corridors industriels. La Thaïlande est devenue un important centre régional de production pour les industries automobiles, électroniques, agroalimentaires, textiles, chimiques et pétrochimiques. Des multinationales japonaises, coréennes, américaines et européennes y ont installé des bases manufacturières, profitant d'un bon réseau d'infrastructures, d'un coût du travail compétitif et d'accords commerciaux favorables. L'industrie représente environ 36 % du PIB et demeure fortement tournée vers l'exportation. Les exportations représentent environ 60 % du PIB thaïlandais. Les produits principaux incluent les automobiles, les composants électroniques, les appareils électroménagers, les produits agricoles transformés, les fruits de mer, le riz, le caoutchouc naturel et les textiles. Les États-Unis, la Chine, le Japon, et l'Union européenne figurent parmi les principaux partenaires commerciaux. Cette forte dépendance aux marchés extérieurs rend toutefois l'économie vulnérable aux crises mondiales, aux fluctuations des prix des matières premières et aux perturbations logistiques. L'agriculture, bien qu'en déclin relatif, conserve une importance stratégique et sociale. Elle emploie encore près de 30 % de la population active tout en ne représentant qu'environ 8–9 % du PIB. La Thaïlande est l'un des premiers exportateurs mondiaux de riz, de sucre, de manioc, de caoutchouc et de fruits tropicaux. Le secteur agricole est diversifié mais confronté à des défis structurels, comme l'endettement des agriculteurs, la faible mécanisation, la dépendance climatique, et les tensions sur la gestion de l'eau. Des réformes sont en cours pour promouvoir l'agriculture biologique, la certification internationale et la transformation agroalimentaire à valeur ajoutée. Le secteur tertiaire constitue plus de la moitié du PIB. Le tourisme est l'un des piliers majeurs de l'économie, représentant environ 12 à 15 % du PIB en période normale. Avant la pandémie de covid-19, la Thaïlande accueillait plus de 40 millions de visiteurs annuels, attirés par ses plages, temples, parcs naturels, infrastructures médicales et sa gastronomie. Des régions comme Phuket, Chiang Mai, Bangkok, Pattaya ou Krabi sont fortement dépendantes du tourisme, notamment chinois, russe et européen. Le tourisme médical est également en expansion, avec des cliniques spécialisées qui attirent des patients internationaux. Le système financier thaïlandais est bien développé, encadré par la Banque de Thaïlande, qui supervise la politique monétaire et la stabilité financière. Le baht thaïlandais (THB) est une monnaie relativement stable, bien que sujette à des fluctuations liées aux mouvements de capitaux. La Thaïlande attire régulièrement des investissements directs étrangers, notamment dans l'électronique, l'automobile, l'immobilier et les services. Le pays s'est engagé dans une stratégie de développement basée sur l'innovation, le numérique, notamment à travers le programme "Thailand 4.0", qui vise à sortir du piège des revenus intermédiaires et à stimuler la recherche, l'entrepreneuriat et les technologies propres. Le marché du travail présente une dualité persistante. Le chômage est faible (autour de 1–1,5 %), mais le secteur informel reste très important, notamment dans l'agriculture, la construction, les services domestiques et les petits commerces. Les inégalités sociales et régionales sont marquées : le nord-est rural (Isan) reste nettement plus pauvre que Bangkok ou les provinces industrielles de l'Est. Le salaire minimum varie selon les provinces et reste relativement bas, bien que régulièrement révisé. La migration interne, ainsi que la présence de travailleurs étrangers (notamment birmans, cambodgiens et laotiens) dans les secteurs peu qualifiés, structurent une grande partie du tissu économique informel. L'économie thaïlandaise est également exposée à des défis environnementaux : pollution de l'air et de l'eau, gestion des déchets, déforestation, stress hydrique, et vulnérabilité au changement climatique, notamment dans les zones côtières et agricoles. Des politiques de transition énergétique sont en place, avec des investissements croissants dans le solaire, l'éolien et la biomasse, bien que les énergies fossiles dominent encore la production d'électricité. Le pays bénéficie d'infrastructures relativement avancées pour la région, avec un bon réseau routier, ferroviaire, aéroportuaire et portuaire. De grands projets sont en cours, comme le développement du Corridor économique de l'Est (EEC), qui prévoit des investissements massifs dans les transports, la logistique, les zones franches, la robotique et les biotechnologies. Sur le plan macroéconomique, la Thaïlande affiche une dette publique maîtrisée (environ 60 % du PIB), un taux d'inflation modéré et une balance courante structurellement excédentaire. Cependant, des fragilités persistent : la faible productivité dans certains secteurs, le vieillissement démographique rapide, la dépendance aux marchés extérieurs et une instabilité politique chronique qui peut freiner la confiance des investisseurs et l'efficacité des réformes structurelles.
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