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00 S, 24 00 E
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L'Afrique du
Sud (anc. Union Sud-Africaine) est un Etat
de l'Afrique australe ,
à l'extrémité méridionale du continent. Elle est baignée à l'Est
par l'Océan Indien, à l'Ouest par l'Océan
Atlantique et est frontalière, au Nord, avec la Namibie,
le Botswana, le Zimbabwe,
le Mozambique et le Swaziland.
Il existe,en outre, une petit Etat enclavé entièrement dans Afrique du
Sud, le Lesotho.
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Le
cap de Bonne Espérance, à l'extrémité méridionale de l'Afrique.
D'une superficie de 1,219,912
km² et peuplée de'environ 65 millions d'habitants, l'Afrique du Sud une
république
pluraliste depuis le 27 avril 1994 (disparition de l'apartheid). Depuis
cette époque, elle a été divisée administrativement en 9 provinces,
issues du redécoupage des quatres anciennes provinces et des 10
bantoustans
ou homelands (régions semi-autonomes réservées au Noirs sous
le régime de l'apartheid) : Province du Cap, Natal, Transvaal et Etat
libre d'Orange. Nous donnons ici les correspondances (approximatives dans
certains cas) entre les anciennes divisions et les divisions actuelles
:
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Province
du
Cap |
Eastern
Cape (comprend le Ciskei et le Transkei).
Western
Cape (on y rattache aussi les îles du
Prince-Edward).
Northern
Cape. |
| Transvaal |
Gauteng
(anc. Pretoria-Witwatersrand-Vereeniging).
North-West
(comprend aussi le Nord de l'ancienne Province du Cap et l'ancien bantoustan
du Bophuthatswana).
Mpumalanga.
Limpopo. |
| Etat
Libre d'Orange |
Free
State. |
| Natal |
KwaZulu-Natal
(comprend l'ancien batoustan du Zoulouland). |
La capitale de l'Afrique du Sud est Pretoria
(Tschwane); Cape Town (Le Cap) est le centre législatif et Bloemfontein
le centre judiciaire. Les autres grandes villes de l'Afrique du Sud sont
: Johannesburg (la plus peuplée), Durban et Port Elizabeth.
Géographie physique
Le relief du sol.
L'Afrique du Sud représente la partie
méridionale des hauts plateaux qui occupent toute
l'Afrique australe, au Sud le bassin du Congo et
que bordent à l'Ouest et à l'Est deux chaînes
montagneuses, parfois limitées sur leur versant maritime par des plaines
très étroites.
Le
contexte orographique de l'Afrique australe.
De l'embouchure de la Kuanza (Angola),
qui marque à peu près la limite avec le bassin du Congo, au Cap, et du
Cap à l'embouchure du Zambèze, s'étend une
ceinture de hauteurs très accentuées et parallèles à la côte qui,
vues de la mer vers laquelle elles descendent le
plus souvent en abrupt, tout l'effet d'une cordillère, mais qui ne sont
en fait que le rebord du plateau, bien moins apparent à l'intérieur,
accentué par endroits par la persistance de roches
plus dures restées en saillie.
La région des plateaux est une partie
du socle ancien du continent africain. Anciennement plissée, elle a subi
plusieurs cycles d'érosion qui l'ont finalement ramenée à l'état de
pénéplaine. Sur les terrains précambriens,
qui forment le substratum du continent, se sont déposées des formations
plus récentes : terrains paléozoïques
au Sud; terrains jurassiques et crétacés
seulement sur la lisière orientale du socle (celui-ci n'ayant plus été
immergé depuis le début de l'époque
mésozoïque),
formations permiennes et triassiques
(conglomérats, grès du Karroo) au Nord des terrains
paléozoïques. D'autre part, des manifestations volcaniques se sont produites,
faisant apparaître au milieu des autres formations des terrains éruptifs.
Enfin, l'Afrique australe a subi plusieurs périodes
de glaciation.
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L'Afrique
du Sud vue depuis l'espace. Source : Nasa.
Les
chaînes bordières de l'Afrique du Sud.
A l'Ouest, la chaîne du Langeberge
(avec le Welcome Kop, haut de 1708 m), d'abord orientée Nord-Sud, projette
dans l'Océan la montagne de la Table, masse quadrangulaire de grès (1080
m) qui forme le cap de Bonne-Espérance, puis se dirige vers l'Est, se
dressant parallèlement à la côte méridionale de l'Afrique.
Entre cette portion du Langeberge
le Zwarteberge (2325 m), chaîne qui possède la même direction générale,
se trouve la dépression dite du petit Karroo (Karrou).
Les monts Nieuweveld, qui se dressent plus
en arrière, enferrant entre eux et le Warteberge les plateaux
du grand Karroo, qui atteignent plus de 2000 mètres (plus de 2500 dans
leur prolongement oriental.
Entre le Langeberge et la mer on ne trouve
qu'une étroite plaine côtière accidentée par
la False Bay, le cap des Aiguilles, les baies Plettenberg, Saint-Francis
et d'Algoa (Port Elizabeth), ouvertes vers le Sud-Est.
Les monts Nieuweveld, prolongent
Ă l'Est par les Sneuwbergen, puis par les monts Stormbergen, auxquels
s'enracinent les chaînes formant la bordure orientale. C'est l'épaisse
et longue chaîne des Drakensberg, qui, jusqu'à l'Olifant, affluent de
l'Orange, la constitue. Celle-ci, dont une partie
est eglobée par le Lesotho, et qui se dresse
au-dessus de 2000 mètres et porte ses sommets jusqu'à plus de 3000 mètres
(château des Géants, 3350 m; mont aux Sources, 3400 m; monts Cathkin,
3650 m), fait de la mer, l'effet d'un rempart formidable. Vue de l'intérieur,
son éminence est bien moins prononcée. Les roches gréseuses et éruptives
qui forment cette haute chaîne sont extrêmement découpées et de l'aspect
le plus pittoresque : d'où le nom de monts Quathlamha (monts Déchiquetés)
qu'on lui donnait avant l'arrivée des Européens.
Entre les Drakensberg et la mer s'étend
une plaine assez large, celle du Natal, vers laquelle la montagne
descend par deux terrasses, l'une d'environ 1000 mètres, l'autre d'environ
500 mètres.
Les plateaux intérieurs.
Entre ces rebords montagneux s'étendent
plusieurs zones de hautes terres, s'inclinant vers des dépressions.
Le
Karroo.
Au Sud, entre les Langebergen, les Zvvarte
berge et les Nieuweveld, s'étendent, on l'a dit, les hautes terres du
petit et du grand Karroo; celui-ci correspond aux formations gréseuses
de l'époque permo-triassique.
C'est un vaste plateau de 800 mètres d'altitude,
à peu près aplani, mais parsemé de mamelons, les kopjes, qui
prennent parfois, dit un géographe anglais, l'aspect fantastique de
monstres prĂŞts Ă bondir.
Le
Veld.
Séparés du Karrou par les Nieuweveld,
et sur la pente Nord de ceux-ci, sur le flanc ouest des Drakensberg, s'étendent
les plateaux du Veld. Plus élevé que le Karroo (1200 m à 1900 m), formé
également de grès, bosselé de kopjes, creusé de dépressions
(vleis,pans) oĂą s'accumulent les eaux, le Veld a, lui aussi,
un aspect des plus monotones. La ligne de hauteurs du Gauteng le barre,
séparant le bassin du Vaal de celui du Limpopo.
Incliné vers l'Ouest et le Nord, le Veld s'abaisse, dans cette direction,
vers la vaste dépression du Kalahari (Botswana),
qui, quoique région la plus déprimée de l'Afrique
australe, atteint encore 600 à 900 mètres.
Le sous-sol du Veld est formé par les
couches de grès et de conglomérats de la formation dite du Karroo. Son
altitude est très élevée. Il atteint, en effet, de 1200 à 1900 mètres
et se présente sous un aspect analogue à celui du Karroo (haute plaine
ondulée parsemée de kopjes). De vastes étendues d'ondulations
verdoyantes semées de massifs boisés, tel est l'aspect le plus général
du Veld.
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Carte
de l'Afrique du Sud. Source : The World Factbook.
Cliquez
sur l'image pour afficher une carte grand format.
Les ressources
minérales.
La grande richesse de l'Afrique du Sud
est dans son sous-sol avec les mines d'or et de
diamant,
que l'on trouve principalement dans le Free State (autour de Kimberley)
et dans les provinces du Nord-Est (anc. Transvaal).
On a découvert les premiers gisements
diamantifères (1870) au Griqualand, au Nord du Free State (anc. Etat libre
de l'Orange), sur un plateau Ă l'aspect monotone, dont l'altitude atteint
1000 m et qui s'élève vers le désert de Kalahari.
C'est dans de petits cratères, qui trouent les couches de conglomérats
recouvrant dans cette région le plateau, qu'au milieu de la "terre bleue"
se sont formés les diamants.
La ligne de hauteurs qui se trouve au Nord
du Vaal, le Gauteng, est le pays de l'or et la première région aurifère
du monde.
Ajoutons qu'il existe aussi de riches mines
de cuivre, Ă Springbock, dans le Namaqualand
(Western Cape), qui sont activement exploitées. On trouve par ailleurs
de la houille dans les Stormbergen et dans
le KwaZulu-Natal (région de Newxastle, notamment). Le platine est également
exploité.
Le climat, la
flore.
Le climat de l'Afrique du Sud est fait
d'éléments très nombreux. D'abord, la latitude
: l'Afrique australe s'étend du 22e au
34e degré de latitude sur les zones désertique
et tempérée. Mais elle est à une altitude élevée, et celle-ci contre-balance,
même dans le Nord, l'effet de la latitude. Les cuvettes intérieures étant
hors de l'atteinte des influences marines auront un climat steppique
tendant peu à peu vers le désert; et, si la
cĂ´te
orientale, soumise à l'influence des alizés
et des moussons, a des pluies abondantes Durban,
1 m), la côte occidentale, qui ne connaît qu'un régime de vents
secs (l'alizé du Sud-Est s'étant desséché sur le continent) et qui
est soumise Ă l'influence du courant froid
de Benguéla, n'a presque pas de pluies.
De toutes les influences combinées résulte
la division de l'Afrique du Sud en quatre zones climatiques principales
:
La
cĂ´te orientale : climat tropical, chaud et humide.
Dans KwaZulu-Natal,
le climat est tropical. La température est assez élevée (Durban
+ 17°C et + 23 °C) : la pluie, abondante (1 m), est aménée par les
alizés
et les moussons et tombe pendant l'été
; les conditions changent un peu, d'ailleurs, à mesure que l'on s'élève
sur les terrasses, et les zones climatiques : chaude, tempérée, fraîche,
y correspondent aux zones d'altitude.
La végétation
est nettement tropicale, végétation luxuriante où le cocotier, le bananier,
l'arbre à thé (sur les collines) dominent des plantations
tropicales. Sa fertilité a fait appeler cette région « le jardin de
l'Afrique du Sud ». De fait, c'est une région dont les aptitudes agricoles
sont des plus variées; dans la plaine, viennent les céréales (particulièrement
le riz), les arbres fruitiers
méditerranéens (oranger, citronnier) et tropicaux;
bananier, ananas; la canne à sucre, le café; sur les collines, le thé.
Le
Sud : climat tempéré méditerranéen.
Sur la côte méridionale
(au sud du Zwarteberge), le climat est méditerranéen; et c'est
là l'originalité toute particulière de cette région. Des températures
très douces (Le Cap +12 °C et + 20 °C), des pluies
assez faibles et tombant en hiver (630 mm), telles
sont les caractéristiques de ce climat, l'un des plus agréables de l'Afrique,
favorable à une végétation également méditerranéenne : forêt
clairsemée d'arbres à feuilles
toujours vertes, fougères, plantes grasses,
arbres, vignes. Cela fait que la région la plus
méridionale de l'Afrique du Sud a des ressources agricoles très
nombreuses. Une population rurale assez dense est établie dans cette région.
Les céréales (blé, maïs,
mil), les arbres fruitiers qui donnent une très grande abondance des fruits
magnifiques, le tabac, y prospèrent. L'élevage est également pratiqué,
et Ă celui des bĂŞtes Ă cornes et du mouton s'ajoute de l'autruche.
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Le
port de plaisance du Cap, au pied de la montagne de la Table.
Images : The world Factbook.
La
zone des plateaux intérieurs : pluies faibles, température assez fraîche
et air sec.
La végétation
du Karroo est clairsemée, la brousse croît par touffes sur le sol léger
couvert de pierrailles. La forme principale de cette végétation est le
bush,
buissons d'arbustes épineux. Aux points d'eau, qui sont de véritables
oasis,
la végétation arborescente paraît. Cette région est naturellement assez
peu fertile; mais un grand travail de mise en valeur y a été accompli.
On pratique au Karroo le
dryfarming, la culture de région sèche,
qui consiste à travailler la terre de façon à emmagasiner les pluies
de deux années pour les faire servir à une seule récolte. Mais le Karroo
reste surtout favorable à l'élevage.
Dans le Veld, on peut distinguer plusieurs
zones : le Veld coupé, au Nord, d'aspect presque tropical, où la végétation
arborescente est assez riche; au centre, le Veld buissonneux, le bush,
steppe
couverte de pâturages semés de mimosas, d'acacias
et d'euphorbes; au Sud, le haut Veld, région sèche d'où la végétation
arborescente a disparu.
Grâce à l'altitude, le climat du bassin
de l'Orange (Provinces du Nord-Est de l'Afrique
du Sud)) est des plus agréables : surtout dans le bush et le haut Veld;
la température est assez variable (Bloemfontein + 7°C et +22°C), les
pluies modérées 500 à 600 mm. Vers le Nord, le climat est plus tropical,
l'été est plus chaud et plus humide (Pretoria +15°C et + 23°C) . Le
Veld est avant tout une grande région d'élevage. Partout, dans le Free
State comme dans les provinces du Nord-Est, on trouve des pâturages où
paissent d'immenses troupeaux.
Les
zones désertiques des plateaux du Sud-Ouest.
Enfin, l'Afrique du Sud possède
des déserts qui sont dans le prolongement méridional
de la Namibie et de son désert du Namib
(régions du Bushmanland et surtout du Namaqualand). Ce sont des régions
forcément peu peuplées, où l'agriculture est difficile à cause de la
sécheresse excessive, et où ont été relégués les San (Bushmen).
Géographie humaine
Démographie.
L'Afrique du Sud
a une population estimée à environ 60 à 65 millions d'habitants,
ce qui en fait l'un des pays les plus peuplés d'Afrique australe. Le taux
de croissance démographique a varié au fil des ans, influencé par les
taux de natalité, de mortalité (notamment du fait de l'impact historique
du VIH/SIDA) et la migration. La structure par âge est relativement jeune
par rapport aux pays développés, bien qu'elle montre des signes de vieillissement
progressif. On observe une tendance significative Ă l'urbanisation, avec
une proportion croissante de la population vivant dans les villes, notamment
les grands centres comme Johannesburg, Le Cap, Durban et Pretoria.
L'espérance de vie
a été fortement impactée par l'épidémie de VIH/SIDA par le passé,
bien qu'elle se soit améliorée ces dernières années grâce aux programmes
de traitement et de prévention, qui contribuent à une augmentation de
l'espérance de vie moyenne. Le taux de fécondité a diminué au fil du
temps mais reste supérieur au taux de remplacement dans certains groupes
de population. Les flux migratoires, tant internes (des zones rurales vers
les villes) qu'internationaux (immigration de pays voisins et d'autres
régions), jouent également un rôle dans la démographie sud-africaine,
ajoutant à sa complexité.
L'éducation et les
indicateurs socio-économiques présentent des disparités significatives
entre
les différents groupes de population et régions, reflétant les héritages
historiques et les défis actuels du pays.
Groupes ethnolonguistiques.
L'une des caractéristiques
les plus distinctives de la démographie sud-africaine est sa composition
ethnique. La population est traditionnellement classée en quatre groupes
principaux pour des raisons historiques et statistiques : les Africains
Noirs (la large majorité, composée de divers groupes ethniques comme
les Zoulous, les Xhosas, etc.), les Blancs (principalement d'origine européenne,
Britanniques et Afrikaners), les Coloureds (personnes d'ascendances mixtes)
et les Indiens/Asiatiques (principalement d'origine indienne). La répartition
de ces groupes est approximativement : Africains Noirs (environ 80-81%),
Coloureds (environ 9%), Blancs (environ 8%), Indiens/Asiatiques (environ
2.5%). Ces chiffres peuvent varier légèrement selon les sources et les
années, et la terminologie utilisée est elle-même historiquement et
politiquement sensible.
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Les paradoxes
de l'Afrique du Sud post-apartheid
L'Afrique du Sud
se présente aujourd'hui comme un laboratoire complexe des dynamiques identitaires,
où la promesse d'une "Nation Arc-en-ciel" (selon l'expression inventée
par l'archevêque Desmond Tutu) non-raciale coexiste avec un héritage
lourd de classifications ethniques et raciales rigides. Dans cette coexistence
se nichent de nombreux paradoxes. Le premier, fondamental, réside dans
la tension entre l'idéal constitutionnel de non-racialisme et d'unité
nationale, et la persistance, voire la réaffirmation, des identités de
groupe héritées de l'apartheid. Après avoir démantelé un système
qui classifiait, séparait et hiérarchisait les citoyens selon des critères
raciaux et ethniques artificiels et oppressifs, la nouvelle Afrique du
Sud s'est voulue unie, prônant une citoyenneté sud-africaine englobante.
Pourtant, les catégories "Noir", "Blanc", "Coloured" (métis) et "Indien",
ainsi que les identités ethniques noires (Zulu, Xhosa, Sotho, etc.), n'ont
pas disparu du paysage social et politique. Elles continuent d'informer
les perceptions, les interactions et, de manière cruciale, les politiques.
Un deuxième paradoxe découle directement de cette persistance des catégories
: la nécessité de recourir à ces mêmes classifications ethniques/raciales
pour réparer les injustices passées. Les politiques de "réparation"
ou de "redressement" (comme le Black Economic Empowerment - BEE), visant
à corriger les inégalités économiques et sociales massives créées
par l'apartheid, doivent inévitablement cibler des groupes spécifiques
(historiquement désavantagés, majoritairement Noirs, Coloureds, Indiens).
En utilisant ces catégories pour attribuer des avantages (emplois, bourses,
contrats), l'État sud-africain, bien qu'avec une intention corrective
louable, contribue en pratique à réifier et à maintenir la pertinence
sociale et politique de ces identités qui étaient autrefois des instruments
d'oppression. La lutte contre les effets de la division par l'usage des
outils de la division crée une contradiction inhérente. Un troisième
paradoxe concerne l'épanouissement culturel et identitaire. Pendant l'apartheid,
certaines identités ethniques noires étaient soit supprimées, soit manipulées
par le régime pour diviser la majorité noire (politique des Bantoustans).
Avec la démocratie, la liberté d'expression a permis une revitalisation
légitime et bienvenue des cultures, langues et identités spécifiques.
Cependant, cette célébration de la diversité, pilier de la "Nation Arc-en-ciel",
peut parfois glisser vers des dynamiques de compétition ou de mobilisation
politique basées sur l'appartenance ethnique. La frontière est ténue
entre l'affirmation positive d'une identité et son utilisation potentielle
comme base de revendications exclusives ou de tensions intergroupes, sapant
ainsi l'unité nationale recherchée. Le même élément – la diversité
des identités ethniques – est à la fois une source de richesse célébrée
et une source potentielle de division redoutée. Enfin, un paradoxe réside
dans la fluidité perçue de l'identité individuelle face aux structures
sociales rigides héritées. En théorie, dans une société démocratique,
un individu peut choisir la manière dont il s'identifie et interagit.
Cependant, la réalité sud-africaine est que l'expérience vécue, les
opportunités économiques, le lieu de résidence et l'accès aux services
sont encore fortement corrélés aux anciennes classifications raciales
et ethniques. Ainsi, même si l'État ne vous assigne plus légalement
une "race" ou une "ethnie" (sauf pour certaines politiques de redressement),
la structure socio-économique héritée fait que cette identité, perçue
ou assignée socialement, continue de modeler l'existence de manière significative.
L'individu est pris entre l'idéal de l'identité choisie et la réalité
d'une identité encore largement déterminée par le poids de l'histoire
et des inégalités structurelles. En somme, l'Afrique du Sud post-apartheid
navigue dans un champ miné d'identités ethniques. Elle s'efforce de construire
une nation unifiée et non-raciale tout en étant obligée de reconnaître
et, paradoxalement, d'utiliser les catégories d'identité ethnique et
raciale qui ont défini et divisé son passé. L'identité ethnique n'y
est ni figée ni anecdotique; elle est un point nodal complexe où se croisent
l'héritage de l'oppression, la volonté de réparation, l'affirmation
culturelle et les défis persistants de l'inégalité et de la cohésion
sociale. |
La diversité se
reflète également dans les langues. L'Afrique du Sud compte 11 langues
officielles. Les langues les plus parlées comme langues maternelles sont
le isiZulu et le isiXhosa, suivies de l'Afrikaans et de l'anglais, ce dernier
étant largement utilisé dans les affaires, l'éducation et le gouvernement.
Nguni.
Parmi les groupes
les plus importants figurent les peuples Nguni, qui constituent une part
significative de la population. Ce grand ensemble comprend notamment les
Zoulous, les Xhosa, les Ndebele et les Swazis :
• Les
Zoulous (amaZulu), dont la langue est l'isiZulu, sont le groupe le
plus nombreux. Ils sont principalement concentrés dans la province du
KwaZulu-Natal et sont historiquement connus pour leur puissant royaume
du XIXe siècle, dirigé par des figures
comme Shaka Zulu. Leur culture est riche en traditions, chants et danses.
• Les Xhosas
(amaXhosa) sont le deuxième groupe Nguni le plus important. Ils sont
majoritairement présents dans la province du Cap-Oriental. Leur langue,
l'isiXhosa, est connue pour ses clics caractéristiques. Ce groupe a joué
un rôle central dans la lutte anti-apartheid, avec des figures emblématiques
comme Nelson Mandela et Walter Sisulu. Les Xhosas
ont une tradition orale forte et des rites de passage importants.
• Les Ndebele
(amaNdebele), bien que moins nombreux, se signalent par leur art distinctif,
notamment par leurs peintures murales colorées et leurs perles complexes.
Ils parlent l'isiNdebele et vivent principalement dans les provinces du
Mpumalanga et du Limpopo.
• Les Swazis
(amaSwazi) résident principalement dans la province du Mpumalanga,
le long de la frontière avec l'eSwatini (anciennement
Swaziland), dont ils partagent la langue (Siswati) et la culture, fortement
liée à la monarchie.
Sotho-Tswana.
Un autre grand ensemble
ethnolinguistique est celui des peuples Sotho-Tswana. Le sepedi (ou sesotho
sa leboa, sotho du Nord) est parlé par les Bapedi, majoritaires dans la
province du Limpopo. Leur société traditionnelle était organisée en
chefferies indépendantes. Le sesotho (Sotho du Sud) est la langue du peuple
Basotho, qui vit principalement dans la province de l'État Libre et constitue
la majorité de la population du pays voisin, le Lesotho. Historiquement,
ils ont formé un royaume unifié sous Moshoeshoe Ier.
Le Setswana est la langue des Batswana, concentrés dans la province du
Nord-Ouest, qui constitue également la langue majoritaire du Botswana
voisin. Les cultures Sotho-Tswana partagent des traits linguistiques et
organisationnels, généralement centrés autour de l'assemblée communautaire
traditionnelle, le kgotla.
Vendas
et Tsongas.
D'autres groupes
africains distincts comprennent les Vendas (Vhavenda), qui habitent l'extrĂŞme
nord du Limpopo. Leur langue, le Tshivenda, est distincte des groupes Nguni
et Sotho-Tswana, et leur culture est marquée par des croyances et des
pratiques uniques, souvent liées à la nature, comme la forêt sacrée
de Thathe.
Les Tsongas (Machangani
ou Vatsonga) vivent dans le Limpopo et le Mpumalanga, et parlent le Xitsonga.
Ils ont des liens historiques forts avec le Mozambique et sont connus pour
leur musique et leurs danses dynamiques.
Khoisan.
Principalement concentrés
dans le Cap-Nord et le Cap-Occidental, les populations du groupe khoisan
représentent les habitants autochtones de l'Afrique australe. Historiquement
divisés en Khoi (éleveurs) et San (chasseurs-cueilleurs), leurs langues
sont caractérisées par des clics complexes et sont parmi les plus anciennes
du monde. Bien que numériquement réduits aujourd'hui et souvent marginalisés,
ils détiennent un patrimoine culturel et historique immense et sont de
plus en plus actifs dans la revendication de leurs droits et la reconnaissance
de leur identité distincte des groupes bantous arrivés plus tard.
Autres
groupes.
Outre ces groupes
africains, l'Afrique du Sud compte d'autres populations importantes issues
de vagues d'immigration et du métissage. Le groupe Coloured (gens
de couleur) est une catégorie identitaire complexe, née du métissage
entre diverses populations (autochtones Khoisan, esclaves importés d'Asie
et d'Afrique, colons européens). Majoritairement présents dans le Cap-Occidental,
ils parlent principalement l'afrikaans ou l'anglais et ont développé
une culture distincte, souvent un mélange d'influences africaines, européennes
et asiatiques.
La population blanche
(White) est principalement d'origine européenne, descendante des
colons néerlandais, allemands, français (huguenots) et britanniques.
Ils sont linguistiquement divisés principalement entre afrikaansophones
(Afrikaners) et anglophones. Bien qu'en pourcentage de la population totale,
leur part ait diminué, ils ont historiquement détenu le pouvoir politique
et économique, et l'afrikaans, issu du néerlandais et influencé par
d'autres langues locales et importées, est une langue seulement parlée
en l'Afrique du Sud.
Enfin, la population
indienne (Indian ou Asian) est principalement descendante
de travailleurs sous contrat et de marchands arrivés d'Inde pendant la
période coloniale. Concentrés majoritairement au KwaZulu-Natal, ils parlaient
initialement diverses langues indiennes (tamoul, hindi, gujarati, ourdou,
etc.) mais sont aujourd'hui majoritairement anglophones. Ils ont maintenu
une riche diversité culturelle et religieuse (hindouisme, islam, sikhisme,
christianisme) et ont également joué un rôle important dans l'histoire
politique et économique du pays.
La culture.
La culture de l'Afrique
du Sud est un tissu extraordinairement riche et complexe, tissé à partir
des fils de nombreuses traditions, langues et histoires différentes .
Cette diversité est le trait le plus marquant de sa culture, profondément
façonnée par une histoire marquée par la migration, le colonialisme
et, surtout, par l'apartheid et la transition vers la démocratie. L'héritage
de ces périodes a laissé des cicatrices, mais a également engendré
une culture de résilience, de dialogue et de recherche d'une identité
nationale unifiée malgré une pluralité profonde.
L'une des expressions
les plus évidentes de cette diversité se trouve dans le paysage linguistique.
L'Afrique du Sud compte onze langues officielles : isiZulu, isiXhosa, Afrikaans,
anglais, Sepedi, Sesotho, Setswana, Siswati, Tshivenda, Xitsonga et isiNdebele.
Si l'anglais sert habituellement de langue véhiculaire dans les affaires
et le gouvernement, l'afrikaans reste important, notamment dans la partie
occidentale du pays, tandis que les langues Nguni (comme le zulu et le
xhosa) et Sotho-Tswana sont largement parlées par la majorité de la population
noire africaine. Cette richesse linguistique reflète la diversité ethnique.
La religion joue
un rôle significatif, avec une majorité de la population qui se déclare
chrétienne (ce qui regroupe diverses dénominations, y compris des églises
initiatiques africaines). On trouve également d'importantes populations
musulmanes, hindoues, juives, ainsi que la persistance de croyances africaines
traditionnelles et de pratiques ancestrales, souvent entrelacées avec
le christianisme dans certaines régions.
L'art et la musique
sont des domaines où la culture sud-africaine s'exprime avec une vitalité
particulière. La musique a toujours été un puissant outil de protestation
pendant l'apartheid, et continue aujourd'hui de refléter les réalités
sociales, célébrer l'identité et innover. Des genres comme le jazz (qui
a des racines profondes et politiques), le Maskandi (musique traditionnelle
zouloue), l'Isicathamiya (popularisé par Ladysmith Black Mambazo), le
Kwaito (né après l'apartheid dans les townships), le Gqom et l'Amapiano
(genres de musique électronique contemporaine) montrent la richesse et
l'évolution constante de la scène musicale. La danse, qu'il s'agisse
des danses traditionnelles, du Pantsula (une danse de rue énergique) ou
du Gumboot Dance (une danse inventée par les mineurs, utilisant des bottes
en caoutchouc), est également une forme d'expression culturelle majeure.
La littérature a produit des auteurs de renommée mondiale, dont plusieurs
prix Nobel (Nadine Gordimer, J.M. Coetzee),
dont les oeuvres abordent souvent des thèmes en relation avec le racisme,
la justice et l'histoire complexe du pays. Les arts visuels et l'artisanat,
comme les perles zouloues colorées, la poterie ndébélé ou l'art contemporain
critique, témoignent également de la diversité et de l'engagement social.
La cuisine sud-africaine
est un autre exemple de fusion. Le braai (barbecue) est une institution
sociale et culturelle, un rituel qui rassemble les gens. Des plats comme
le biltong (viande séchée), les boerewors (saucisses de
ferme), le potjiekos (ragoût cuit dans une marmite en fonte sur
le feu) sont emblématiques. L'influence indienne se retrouve dans le bunny
chow (curry servi dans un pain évidé), tandis que les townships ont
contribué avec des plats comme le chakalaka (relish de légumes
épicé).
Les sports, en particulier
le rugby, le cricket et le football, occupent une place immense dans le
coeur des Sud-Africains et ont pu servir de vecteurs d'unité nationale,
notamment la victoire des Springboks (équipe de rugby nationale) à la
Coupe du Monde de 1995, événement symbolique de la nouvelle Afrique du
Sud.
Au-delĂ des expressions
visibles, la culture sud-africaine est imprégnée de valeurs sociales.
Le concept d'ubuntu – souvent traduit par « Je suis parce que
nous sommes » ou « l'humanité envers les autres » – est une philosophie
africaine qui met l'accent sur l'interconnexion, la compassion, le respect
et la dignité humaine. Bien que parfois idéalisé, il reste un symbole
fort dans la quête de réconciliation et de construction d'une société
plus juste. La vie sociale peut varier considérablement entre les zones
urbaines animées et diverses et les zones rurales où les structures communautaires
traditionnelles peuvent être plus prédominantes.
Quelques-unes
des grandes villes de l'Afrique du Sud
| •
Johannesburg
(Province de Gauteng). - Environ 5,7 millions d'habitants (zone métropolitaine
de Johannesburg, 2021). La plus grande ville d'Afrique du Sud en termes
de population et le coeur économique du pays. Connue pour ses gratte-ciels,
ses centres financiers et le célèbre quartier de Soweto.
• Le
Cap (Cape Town) (Province du Cap-Occidental). - Environ 4,6 millions
d'habitants (zone métropolitaine, 2021). La capitale législative d'Afrique
du Sud, avec une importance culturelle et historique majeure. Réputée
pour sa beauté naturelle, notamment la montagne de la Table et les plages.
• Durban
(Province du KwaZulu-Natal). - Environ 3,9 millions d'habitants (zone métropolitaine,
2021). Une grande ville portuaire sur la cĂ´te est, avec un climat subtropical.
Centre touristique, connu pour ses plages et son importante communauté
indienne.
• Pretoria
(Province de Gauteng). - Environ 2,6 millions d'habitants (zone métropolitaine
de Tshwane, 2021). La |
capitale
administrative du pays, où se trouvent de nombreux bâtiments gouvernementaux.
Connue pour ses jacarandas et son importance dans la politique sud-africaine.
• Port Elizabeth
(également appelée Gqeberha) (Province du Cap-Oriental). - Environ
1,2 million d'habitants (zone métropolitaine de Nelson Mandela Bay, 2021).
Ville portuaire importante avec des industries automobiles et touristiques.
Célèbre pour ses plages et son accès à la région de la Route des Jardins.
• Bloemfontein
(Province de l'État-Libre). - Environ 500 000 habitants (ville) et environ
850 000 (zone métropolitaine, 2021). La capitale judiciaire d'Afrique
du Sud et le centre historique de la culture afrikaans. Ville universitaire
et centre administratif.
• East London
(Province du Cap-Oriental). - Environ 480 000 d'habitants (ville) et environ
755 000 (zone métropolitaine de Buffalo City, 2021). Une autre ville portuaire,
plus petite que Durban et Port Elizabeth, mais toujours un important centre
industriel et de transport. |
---
Economie.
L'économie de l'Afrique
du Sud est la plus industrialisée et la plus diversifiée du continent
africain. Le pays, membre des BRICS et du G20, joue d'ailleurs, grâce
son économie, un rôle significatif au niveau régional et mondial. Son
PIB la place parmi les économies importantes des marchés émergents,
mais cette économie est confrontée à des défis structurels profonds
et persistants qui tempèrent ses forces intrinsèques. Historiquement
bâtie sur l'exploitation minière, l'économie sud-africaine a opéré
une transition vers un profil de plus en plus axé sur les services, bien
que le secteur primaire conserve une importance stratégique et symbolique.
La croissance économique
a été généralement faible et volatile au cours de la dernière décennie,
souvent insuffisante pour créer les emplois nécessaires. Le chômage
est structurellement très élevé, parmi les plus hauts du monde, et affecte
particulièrement les jeunes et les personnes peu qualifiées. L'inégalité
des revenus est également l'une des plus extrêmes à l'échelle mondiale,
héritage direct de l'apartheid, avec une minorité blanche et une petite
élite noire prospères contraste avec une majorité noire encore aujourd'hui
confrontée à la pauvreté et à l'exclusion économique.
L'inflation est gérée
par la banque centrale avec un cadre de ciblage d'inflation, mais elle
peut être sujette à la volatilité due aux prix des denrées alimentaires
et de l'énergie, ainsi qu'aux fluctuations du taux de change du rand.
La dette publique a augmenté de manière significative au fil des ans,
ce qui limite la marge de manoeuvre budgétaire du gouvernement pour financer
les investissements publics et les programmes sociaux.
Les défis structurels
concernent également les problèmes liés aux entreprises publiques (SOEs),
dont certaines sont inefficaces, lourdement endettées et nécessitent
des renflouements fréquents qui pèsent sur les finances publiques (notamment
Eskom, le fournisseur d'électricité, dont les difficultés entraînent
des coupures de courant récurrentes qui paralysent l'activité économique).
La corruption et les problèmes de gouvernance continuent d'éroder la
confiance des investisseurs et d'entraver le développement. Les infrastructures,
bien que développées par rapport à d'autres pays africains, souffrent
de sous-investissement et de mauvaise gestion dans certains domaines clés
comme les ports et les chemins de fer, ce qui nuit aux exportations.
Malgré ces difficultés,
l'Afrique du Sud possède des atouts considérables : des ressources naturelles
abondantes, un secteur financier et juridique robustes, une société civile
dynamique, une démographie jeune qui représente un potentiel (à condition
de créer des emplois), et une position géographique stratégique. Le
gouvernement s'efforce de stimuler la croissance inclusive, d'attirer les
investissements, de réformer les SOEs et d'améliorer la gouvernance,
mais les progrès sont lents et souvent entravés par la complexité des
défis et les résistances politiques et sociales.
Services.
Le secteur des services
est aujourd'hui le principal moteur de l'économie. Il contribue à la
majorité du PIB et de l'emploi. Il englobe des domaines aussi variés
que la finance, l'assurance, l'immobilier, le tourisme, les télécommunications,
le commerce de détail et les services aux entreprises. Le secteur financier,
en particulier, est très développé et sophistiqué, avec une bourse
(JSE) et des banques bien établies qui opèrent non seulement localement
mais aussi sur d'autres marchés africains. Le tourisme, qui capitalise
sur la richesse des paysages, la faune et le patrimoine culturel du pays,
est une source importante de devises étrangères et soutient un large
éventail d'emplois..
Mines.
Le secteur minier,
bien que sa part dans le PIB ait diminué au fil du temps, reste important
pour les exportations et l'emploi, notamment dans des régions spécifiques.
L'Afrique du Sud est un producteur majeur d'or, de platine, de charbon,
de chrome, de diamants et d'autres minéraux. Cependant, le secteur est
confronté à la volatilité des prix des matières premières, à des
coûts opérationnels croissants, à des tensions sociales fréquentes
(grèves) et à des défis réglementaires.
Industrie.
Pilier de la stratégie
d'industrialisation du pays, le secteur manufacturier est diversifié.
Il compred l'automobile, la métallurgie, les produits chimiques, l'agroalimentaire
et le textile, et a bénéficié d'investissements, notamment étrangers
(constructeurs automobiles). Néanmoins, il est mis sous pression par la
concurrence internationale, des coûts de production élevés, et les problèmes
d'approvisionnement en énergie.
Agriculture.
L'agriculture représente
une part relativement faible du PIB mais est importante pour l'emploi (notamment
informel), la sécurité alimentaire et les exportations (fruits, vin,
maïs, laine). Le secteur est caractérisé par d'importantes disparités,
avec un secteur commercial très productif coexistant avec une agriculture
de subsistance. La question de la réforme agraire et de la répartition
des terres reste un enjeu politique et économique majeur.
Cartes de l'Afrique
du Sud
Topographie |
Le
Cap et ses environs |
Démographie |
Industrie,
mines |
Agriculture |
Végétation |
Cliquer
sur les miniatures pour afficher les cartes.
 |
Raphaël
Porteilla, L'Afrique du Sud : Le long chemin vers la démocratie,
Infolio, 2010.
- Ce petit livre invite à mieux connaître
l'actualité politique de l'Afrique du Sud. Après une longue histoire
heurtée et dramatique, colonisation puis apartheid, ce pays s'est ouvert
depuis 1994 à la démocratie. A travers l'analyse de la vie politique
mais aussi d'une évolution socio-économique contrastée sur laquelle
le poids historique pèse encore, l'ouvrage fait comprendre comment le
long chemin vers la démocratie à vu se succéder le temps de la transition,
le temps de l'espoir, le temps des incertitudes, enfin celui des ruptures,
qui ouvre peut-être une nouvelle ère de démocratie
et de justice sociales. (couv.)
-
J.-M.
Coetzee, Paysage sud-africain, Verdoer, 2008. -
Voici un voyageur anglais - William Burchell - qui, à l'orée du XIXe
siècle, parcourt les immensités brûlantes de la colonie du Cap, à l'extrémité
de l'Afrique. C'est un peintre amateur;
il cherche un paysage pittoresque qu'il puisse dĂ©crire et dĂ©peindre Ă
ses lecteurs. Sait-il que ce qu'il cherche est en réalité un panorama
composé pour un oeil éduqué par les maîtres du paysage classique tels
que le Lorrain ou Gainsborough?
Sait-il que l'idée du sublime, qu'il a emportée avec lui en quête d'autres
beautés, est peut-être impropre à restituer les sentiments qui naissent
de la lumière, de l'aridité, des solitudes de l'autre hémisphère? Coetzee
pose la question : À quel risque s'expose l'imagination de celui qui accepte
non seulement de quitter ses paysages familiers, mais de s'en défaire?
(couv.). |
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