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30 S, 18 30 E
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L'Angola
est un Etat du Sud-Ouest de l'Afrique ,
riverain de l'Océan Atlantique. Il frontalier
avec la République du Congo (par son
enclave de Cabinda), de la République démocratique
du Congo (RDC), de la Zambie et de la Namibie.
D'une superficie de 1,247 million de km²,
l'Angola est peuplé d'environ 36 millions d'habitants. Capitale : Luanda
(2,8 millions d'habitants). Autres villes importantes : Huambo (226.000
habitants), Lobito (207.000 hab.), Benguela
(151.000), Kuito (114.000),
Lubango (102.000), etc. Le pays est divisé
administrativement en 18 provinces (provincias) :
Les provinces
de l'Angola
Bengo
Benguela
Bie
Cabinda
Kwando
Kubango
Kwanza
Norte |
Kwanza
Sul
Cunene
Huambo
Huila
Luanda
Lunda
Norte |
Lunda
Sul
Malanje
Moxico
Namibe
Uige
Zaire |
Géographie physique
de l'Angola
Les
régions naturelles.
L'Angola est dans
son ensemble un pays élevé. Il peut se diviser en trois zones distinctes
qui vont de l'Ouest Ă l'Est.
1° le Le
long de l'Atlantique, une côte étroite, d'un aspect généralement aride
et occupée presque exclusivement par des Euphorbiacées charnues et d'immenses
Baobabs portant, dans leurs fruits en forme de gourde, des graines fort
recherchées par les singes et qui ont valu à ces arbres le nom d' «
arbres à fruits de singes ». Le littoral est encore couvert de buissons
épineux, de Graminées au feuillage rude et étroit, d'Acacias, de Capparidées,
etc.
2° A cette première
plaine succèdent bientôt trois plateaux superposés, et dans cette nouvelle
zone se pressent des arbres au feuillage touffu, les Graminées de haute
taille, et sur le plateau le plus élevé se mêlent les espèces les plus
variées et en particulier les plantes grimpantes remarquables par leurs
dimensions et par la beauté de leurs larges grappes de fleurs blanches.
Dans les parties les plus élevées, les Graminées ont une tige haute
souvent de plus de cinq mètres, et leurs feuilles larges et dentelées
coupant comme une scie et fixées à un manche peuvent servir de couteau.
3° Enfin ces
plateaux s'appuient sur des montagnes qui forment les derniers gradins
occidentaux du plateau de l'Afrique australe et appelées Tala Mogongo,
couvertes d'immenses forêts primaires de hautes Fougères, d'Orchidées,
etc.
L'hydrographie.
L'Angola est arrosé
par plusieurs petits fleuves cĂ´tiers coulant tous de l'Est Ă l'Ouest;
leur eau est généralement claire et limpide; d'octobre à mai, ils sont
souvent à sec mais sous leur lit que recouvre alors une magnifique végétation
de Ricins, on trouvre une eau potable très abondante. Ces cours d'eau
sont, du Nord au Sud, le Dandé, qui arrose une ville du même nom, le
Bengo qui passe Ă Icollo, et le plus important, le Coanza. Les rives sont
couvertes de Palétuviers.
Le
climat.
Les pluies, très
abondantes sur les plateaux, sont très rares sur la côte, et il s'est
passé jusqu'à trois années à Luanda sans une goutte de pluie. Sur le
littoral, la pluie tombe surtout pendant la saison chaude, c.-Ă -d. d'octobre
Ă mai; pendant la saison froide qu'on nomme cacimbo, le ciel se couvre
souvent d'un brouillard blanc. La brise de mer rafraîchit assez la température
pour que le thermomètre ne s'élève que rarement au-dessus de 32°C et
même 24°C pendant le cacimbo. Dans l'intérieur, la chaleur augmente
un peu jusqu'aux pays où elle est tempérée par l'altitude des plateaux
: la région la plus chaude est celle de Dondo.
-
Carte
de l'Angola. Source : The World Factbook.
La
flore et la faune.
Toutes les cultures
du pays et toutes celles qui ont été apportées par les Portugais y donnent
des produits abondants et d'excellente qualité. Le café qui provient
des plants de Moka s'est rapidement répandu en Angola. Le coton, qui est
une des plus importantes cultures locales, trouve un terrain très favorable
le long du Coanza; la Canne Ă sucre, le Cacaoyer, donnent des produits
excellents; le Manioc est une des principales nourritures des habitants,
et la fécule tirée de la racine du manioc constitue le tapioca.
On sait l'étonnement
de Livingstone en trouvant à Pongo-Andongo, le thé,
le riz, le blé, la vigne.
Les fruits y sont en abondance, les oranges, les bananes, les figues, les
goyaves,
les pĂŞches, les ananas, etc. Aux produits de
ses cultures, l'Angola ajoute ses richesses minérales : du pétrole en
premier lieu, mais son sol renferme aussi des mines de fer dans presque
toute la région montagneuse.
Les animaux domestiques
et sauvages y sont en très grand nombre; les troupeaux de boeufs et de
moutons sont nourris dans de vastes pâturages, surtout dans l'île basse
de Luanda. La volaille y est aussi en abondance.
Parmi les animaux
sauvages qui remplissent les forêts, il faut citer le chimpanzé. Dans
le Coanza, on trouve les alligators et les hippopotames, et aussi un énorme
poisson de la famille des Siluroïdes, appelé « bagre ». Enfin la côte
est très poissonneuse. On y pèche les espèces les plus variées, le
pungo, dont le poids dépasse souvent cent livres; la raie pastenague dont
la queue, longue et flexible, est armée d'un dard aigu dentelé en scie,
mais inoffensif, des langoustes nombreuses, etc.
Géographie humaine
de l'Angola
Démographie.
La population de
l'Angola est estimée à plus de 36 millions d'habitants (2023-2024), ce
qui en fait l'un des pays les plus peuplés d'Afrique australe. Le pays
enregistre un taux de croissance démographique élevé, alimenté par
un taux de natalité significativement supérieur au taux de mortalité.
Le taux de fécondité demeure parmi les plus élevés au monde, avec une
moyenne de plus de 5 enfants par femme, bien que l'on observe de légères
baisses dans les zones urbaines. Cette natalité vigoureuse explique la
jeunesse extrême de la population angolaise : une très large proportion,
plus de 60%, a moins de 25 ans, ce qui confère au pays une pyramide des
âges à base très large. L'espérance de vie, bien qu'en amélioration
constante depuis la fin de la guerre civile, reste relativement faible
comparée aux moyennes mondiales, impactée par des défis sanitaires persistants,
notamment la mortalité infantile et maternelle, ainsi que la prévalence
de maladies comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/SIDA, malgré
les efforts de santé publique. La jeunesse de la population pose des défis
considérables en termes d'éducation, d'emploi et d'accès aux services
sociaux de base.
La densité de population
moyenne du pays est relativement faible si l'on considère sa superficie,
mais elle masque des disparités énormes entre les centres urbains
et les vastes étendues rurales et intérieures. Le trait marquant est
une forte concentration urbaine, particulièrement le long de la côte
et dans les grandes villes de l'intérieur. Luanda, la capitale, est le
principal pôle d'attraction, et abrite à elle seule une part disproportionnée
de la population totale, souvent estimée à plus de 8 millions d'habitants,
ce qui en fait une mégapole confrontée à des défis majeurs d'infrastructures,
de logement et d'accès aux services. Les autres centres urbains importants
comme Huambo, Lobito, Benguela, ou Lubango concentrent également une part
significative de la population. Les zones rurales, en revanche, sont moins
densément peuplées, bien que l'agriculture de subsistance et l'élevage
y subsistent. Cette répartition est largement le résultat des déplacements
massifs de population induits par la guerre civile (exode rural vers les
villes pour la sécurité et l'aide humanitaire) et se poursuit avec une
urbanisation rapide post-conflit, en attirant les jeunes ruraux.
Sur le plan religieux,
le christianisme est largement dominant, avec une forte présence de l'Église
catholique romaine, héritage de la colonisation portugaise, aux côtés
de nombreuses églises protestantes et évangéliques qui ont connu une
croissance rapide ces dernières décennies. Des croyances traditionnelles
africaines sont également pratiquées, souvent en parallèle du christianisme.
Le culte des ancĂŞtres, la croyance en des esprits et le recours Ă des
guérisseurs traditionnels (quimbandeiros) restent présents, en
particulier dans les zones rurales, et influencent la perception du monde
et les pratiques sociales.
Le profil socio-économique
de la population présente des contrastes importants : malgré la richesse
pétrolière du pays, une grande partie de la population vit dans la pauvreté,
avec un accès inégal à l'éducation, aux soins de santé, à l'eau potable
et Ă l'assainissement, en particulier dans les zones rurales et les bidonvilles
urbains. Les taux d'alphabétisation sont en amélioration mais restent
un défi, notamment pour les femmes et dans les zones rurales. La population
active est principalement employée dans l'agriculture, les services informels
et, dans une moindre mesure, dans le secteur pétrolier et minier. L'inégalité
des revenus est très élevée, reflétant une distribution inégale des
bénéfices de la croissance économique.
Sur le plan linguistique,
bien que le portugais soit la langue officielle et la lingua franca utilisée
dans l'administration, l'éducation et les zones urbaines, les langues
nationales issues des groupes ethniques majoritaires (Umbundu, Kimbundu,
Kikongo, Chokwe, Luvale, Oshikwanyama, etc.) sont parlées par l'écrasante
majorité de la population dans leur vie quotidienne et sont essentielles
à l'identité culturelle. La reconnaissance et la promotion de ces langues
nationales sont des enjeux importants pour l'unité et la diversité culturelle
de l'Angola.
Groupes etholinguistiques.
L'Angola est un
pays d'une grande richesse ethnolinguistique, oĂą coexistent plusieurs
dizaines de groupes distincts, bien que certains se regroupent en catégories
plus larges basées sur des affinités linguistiques ou culturelles. Les
principaux groupes, en termes de taille et d'influence historique ou régionale
(Ovimbundu, Kimbundu, Bakongo) , constituent le socle de la population
angolaise. On trouve également de nombreux autres groupes significatifs,
comme les Lunda-Chokwe, les Ngangela, les Ovambo, les Herero, ainsi qu'une
minorité d'origine européenne (principalement portugaise) et des populations
d'autres pays africains et d'ailleurs. L'histoire du pays montre que les
affiliations ethniques et régionales ont souvent été des facteurs importants,
bien que complexes et non exclusifs, dans les dynamiques sociales et politiques,
notamment durant les années de conflit. L'Angola d'aujourd'hui s'efforce
de construire une identité nationale qui intègre cette riche diversité.
Ovimbundu.
Le groupe le plus
important en nombre est celui des Ovimbundu, qui résident principalement
sur le plateau central (Planalto Central) dans les provinces de Huambo,
Bié et Benguela. Leur langue est l'umbundu. Historiquement, ils étaient
organisés en royaumes puissants, comme celui de Bailundo, et ont été
impliqués dans le commerce de longue distance au XIXe
siècle. Ils sont aujourd'hui très présents dans les villes, après avoir
migré en nombre depuis leurs régions d'origine, et constituent une composante
essentielle de la vie économique et sociale du pays. Durant la guerre
civile, ce groupe a été largement associé à l'Unita.
Kimbundu.
Le deuxième groupe
majeur est celui des Kimbundu, concentrés dans le centre-nord du pays,
en particulier dans la région de la capitale, Luanda, ainsi que les provinces
de Bengo, Cuanza Norte et Malanje. Leur langue est le kimbundu. Ils descendent
des royaumes historiques du Ndongo et de la Matamba, qui ont entretenu
des relations complexes, généralement conflictuelles, avec les Portugais
dès les premiers siècles de la colonisation. Les Kimbundu ont une présence
prédominante à Luanda et dans l'administration publique; ils sont souvent
associés au MPLA, le parti au pouvoir.
Bakongo.
Les Bakongo, ou
Kongo, constituent un autre groupe ethnolinguistique majeur, principalement
implantĂ© dans le nord de l'Angola, dans les provinces de UĂge, Zaire
et Cabinda; ils s'étendent également sur les territoires voisins de la
République
Démocratique du Congo et de la République
du Congo. Leur langue est le kikongo. Ils sont les héritiers de l'ancien
et puissant Royaume du Kongo ,
l'un des plus grands et des plus organisés d'Afrique centrale avant l'arrivée
des Européens. Traditionnellement agriculteurs, ils ont une forte identité
culturelle et ont été historiquement liés au mouvement politique FNLA.
Lunda-Chokwe.
Ă€ l'est et au nord-est
du pays (provinces de Lunda Norte, Lunda Sul, Moxico), on trouve les groupes
Lunda-Chokwe. Les Lunda partagent des liens historiques avec le vaste Empire
Lunda. Les Chokwe, apparentés linguistiquement, sont réputés pour leur
art, notamment leurs sculptures sur bois, et étaient historiquement des
commerçants actifs. Leurs territoires sont associés à l'exploitation
minière de diamants. Leurs langues, le chilunda et le chokwe, sont distinctes
mais liées.
Nyaneka-Humbe.
Dans le sud et le
sud-ouest de l'Angola (provinces de HuĂla, Cunene), rĂ©sident les groupes
Nyaneka-Humbe, parfois regroupés sous le terme générique de Nyaneka-Nkumbi.
Ces peuples, tels que les Nyaneka, les Humbe, les Handa, les Kwanyama (ou
Ovambo), etc., partagent des langues bantoues apparentées (Olunyaneka,
Olukumbi, Oshikwanyama étant des exemples). Leur mode de vie traditionnel
est tourné vers l'élevage du bétail (pastoralisme) et l'agriculture,
et est adapté au climat semi-aride de la région. Les Ovambo, présents
en Angola et majoritaires dans le nord de la Namibie
voisine, sont une composante importante du sud angolais.
Ganguela.
L'est du pays abrite
également une mosaïque de peuples habituellent regroupés sous le terme
générique de Ganguela, bien que ce ne soit pas une catégorie ethnique
unique mais plutôt une désignation géographique et culturelle utilisée
par les Portugais. Ce terme comprend des groupes comme les Luvale, les
Mbunda, les Lwena et d'autres, qui parlent diverses langues apparentées
(Luvale, Mbunda, etc.) et vivent principalement dans les provinces de Moxico
et Cuando Cubango. Ils ont une forte identité liée aux écosystèmes
de l'est angolais.
Autres
groupes.
Outre ces principaux
groupes d'origine africaine, l'Angola compte également une population
minoritaire significative d'origine européenne (principalement portugaise)
et une population métisse (mulâtre), issues de l'histoire coloniale.
Ces groupes sont principalement urbains et jouent souvent un rĂ´le important
dans l'économie, le commerce et les professions libérales.
Les principales
villes de l'Angola
| •
Luanda
est la capitale politique et économique de l'Angola, ainsi que sa plus
grande ville. Située sur la côte atlantique, elle est fondée en 1575
par les Portugais et devient rapidement un centre administratif et portuaire
stratégique. Aujourd'hui, elle est le coeur de l'économie nationale,
avec un port important, de nombreuses entreprises pétrolières, et une
forte concentration de population. Luanda est aussi confrontée à de vastes
défis liés à l'urbanisation rapide, à la croissance démographique
et aux inégalités sociales. Son architecture mêle les traces du passé
colonial, les grandes infrastructures modernes, et de vastes zones d'habitat
informel.
• Huambo,
située sur le plateau central, est la deuxième ville du pays par sa population.
Fondée au début du XXe siècle sous le
nom de Nova Lisboa, elle était destinée à devenir une capitale moderne
pendant la colonisation. Elle est aujourd'hui un important centre agricole,
éducatif et industriel. Huambo a souffert des destructions liées à la
guerre civile, mais elle est engagée dans un processus de reconstruction
marqué par l'essor des transports, de l'enseignement supérieur et
des projets d'aménagement urbain.
• Lobito
est une ville portuaire voisine de Benguela, sur la cĂ´te sud. Elle abrite
un des ports les plus importants du pays, vital pour les exportations de
minerais et de produits agricoles en provenance de l'intérieur. Lobito
est reliée au réseau ferroviaire du chemin de fer de Benguela, qui traverse
le pays d'ouest en est jusqu'à la frontière zambienne, ce qui en
fait une plateforme logistique stratégique pour le commerce régional. |
•
Benguela, également sur la côte,
est une ville historique et culturelle, connue pour son rĂ´le dans le commerce
atlantique sous la période coloniale. Elle reste un centre régional dynamique,
avec une économie basée sur l'industrie, le commerce et la pêche.
Elle possède un riche patrimoine architectural colonial et une vie culturelle
active.
• Lubango,
dans le sud-ouest du pays, est une ville d'altitude située dans les
montagnes de la province de HuĂla. Elle bĂ©nĂ©ficie d'un climat tempĂ©rĂ©
et constitue un centre agricole et touristique important. Anciennement
appelée Sá da Bandeira, elle conserve une planification urbaine structurée
et des institutions éducatives régionales. Elle est également proche
des chutes de la rivière Tundavala, l'un des sites les plus spectaculaires
du pays.
• Malanje,
au nord-est de Luanda, est une ville agricole entourée de plantations
de coton, de maĂŻs et de canne Ă sucre. Elle est proche du parc national
de Cangandala et des chutes de Kalandula, des sites d'importance écologique
et touristique croissante. Malanje joue un rôle de carrefour régional
entre le littoral et l'intérieur du pays.
• Soyo,
située à l'embouchure du fleuve Congo, au nord du pays, est devenue
une ville stratégique grâce à l'exploitation des ressources pétrolières
offshore. Elle abrite un terminal de gaz naturel liquéfié et est au coeur
de projets d'expansion énergétique.
• UĂge, Kuito
et Menongue représentent des centres provinciaux majeurs. Ces villes,
marquées par les séquelles de la guerre civile, sont aujourd'hui engagées
dans des programmes de développement local, de reconstruction des infrastructures
et d'intégration économique.
|
Culture.
La culture de l'Angola
est un kaléidoscope façonné par une histoire complexe de royaumes anciens,
de colonisation portugaise longue et profonde, de l'impact douloureux de
l'esclavage et d'une guerre civile dévastatrice. Elle se caractérise
par une richesse et une diversité considérables. Au coeur de cette diversité
se trouvent les principaux groupes ethniques, chacun avec ses propres langues
nationales, ses coutumes, ses structures sociales et ses systèmes de croyances
traditionnels. Si le portugais est la langue officielle et le véhicule
principal de communication nationale et de l'administration, ces langues
vernaculaires restent vitales pour la transmission culturelle au sein des
populations.
La musique et la
danse occupent une place centrale dans la vie sociale et religieuse. L'Angola
est le berceau de genres musicaux emblématiques tels que le semba,
considéré comme l'ancêtre de la samba brésilienne et une source
d'inspiration majeure pour la kizomba, un style de musique et de
danse de couple très populaire aujourd'hui. Le kilapanga, le rebita
(une danse de salon plus ancienne), et plus récemment le kuduro,
un genre urbain énergique né dans les quartiers de Luanda, témoignent
de la vitalité et de l'évolution constante de la scène musicale. Ces
genres ne sont pas de simples divertissements; ils racontent des histoires,
célèbrent la vie, commémorent des événements, et servent de véhicules
d'expression sociale et politique. Les instruments traditionnels comme
les tambours, les marimbas, et les sanza cĂ´toient les instruments occidentaux,
créant des sonorités distinctes.
La sculpture sur
bois est particulièrement renommée, notamment celle des Tchokwés, dont
les masques (comme le masque mwana pwo représentant l'idéal féminin,
ou le masque cikunza utilisé dans les rituels d'initiation masculine)
et les statues sont célèbres pour leur finesse et leur symbolisme. D'autres
formes d'artisanat comprennent la poterie, le tissage de paniers, la création
de bijoux et l'art de la vannerie, es objets sont souvent ornés de motifs
géométriques et de symboles ancestraux. La peinture angolaise, bien que
plus influencée par les courants contemporains, aborde volontiers des
thèmes liés à l'histoire, à l'identité et aux réalités sociales
du pays.
La littérature angolaise
a produit des auteurs de renommée internationale qui ont traité des complexités
de l'expérience angolaise, notamment sous la colonisation, pendant la
lutte pour l'indépendance et l'après-guerre. Des figures comme Agostinho
Neto (premier président et poète), Pepetela (prix Camões) et Luandino
Vieira ont contribué à un riche corpus littéraire, caractérisé par
un usage inventif de la langue portugaise et qui intègre des termes et
des structures des langues nationales.
La cuisine angolaise,
savoureuse et variée, lest argement basée sur des ingrédients locaux
comme le manioc, le maïs, les haricots, le poisson, la viande (fréquemment
du poulet et du boeuf), les légumes tropicaux et l'huile de palme (dendê).
Le funge ou pirão (une pâte épaisse à base de farine
de manioc ou de maĂŻs) est un aliment de base, ordinairement servi avec
des plats en sauce. Le plat national non officiel est la moamba de galinha,
un ragoût de poulet cuit avec de l'huile de palme, du gombo, de la citrouille
et d'autres légumes. Le calulu (un plat de poisson ou de viande
avec des feuilles de manioc ou de patate douce) et la muamba de peixe
sont également très populaires. La cuisine reflète les influences régionales
et l'adaptation des ingrédients aux différents écosystèmes du pays.
Les valeurs sociales
sont traditionnellement centrées autour de la famille élargie, du respect
des aînés et d'un sens fort de la communauté et de l'hospitalité, bien
que ces dynamiques soient parfois mises à l'épreuve par l'urbanisation
rapide et les inégalités économiques. Les fêtes et les célébrations,
qu'elles soient religieuses (comme Noël et Pâques) ou culturelles (comme
le Carnaval de Luanda, un événement majeur et coloré), sont des moments
clés de la vie sociale.
Le
Carnaval de Luanda est l'une des manifestations culturelles les plus
importantes d'Angola. Ses origines remontent à l'époque coloniale, où
des formes de célébration, influencées par les traditions européennes
mais aussi par les pratiques locales, commençaient à prendre corps. Des
groupes spontanés se formaient déjà , souvent liés à des quartiers
ou des corporations, préfigurant l'organisation moderne du carnaval. Pendant
la période de domination portugaise, le carnaval s'est structuré progressivement.
L'idée des grupos carnavalescos, des associations qui préparent
pendant des mois leurs défilés, a pris de l'ampleur. Ces groupes étaient
des lieux d'expression sociale et culturelle, permettant de maintenir vivantes
certaines traditions et de créer un sentiment d'appartenance communautaire.
Même sous le régime colonial, le carnaval représentait un espace, bien
que contrôlé, où la musique, la danse et les costumes reflétaient une
identité distincte. Après l'indépendance de l'Angola en 1975, le Carnaval
de Luanda a été élevé au rang de symbole national. Le nouveau gouvernement
l'a vu comme un moyen de cimenter l'unité et de promouvoir la culture
angolaise authentique. Malgré les difficultés de la guerre civile qui
a ravagé le pays pendant des décennies, le carnaval a persévéré, généralement
dans des formats réduits ou adaptés, mais sans jamais cesser complètement.
Il est devenu un acte de résilience, un moment d'espoir et de rassemblement
pour la population éprouvée. Aujourd'hui, le Carnaval de Luanda attire
des foules considérables. Bien que historiquement lié au cycle du Carême,
son apogée est souvent célébré autour du 4 février, date symbolique
du début de la lutte armée de libération nationale, ce qui lui confère
ainsi une dimension patriotique. Le point culminant est le grand défilé
qui a lieu sur la Marginal de Luanda, la célèbre avenue côtière. Des
dizaines de grupos carnavalescos, représentant divers quartiers,
associations ou classes d'âge (adultes, enfants), rivalisent d'ingéniosité.
Ils préparent des chorégraphies complexes, confectionnent des costumes
spectaculaires, habituellement thématiques, et interprètent de la musique
en live. Les rythmes angolais traditionnels comme le semba et la
rebita sont mis à l'honneur, aux côtés de styles plus modernes comme
le kizomba ou le kuduro. Le carnaval est une compétition féroce mais
festive, où les groupes sont évalués sur divers critères, de la musique
à la danse en passant par l'organisation et le thème. Au-delà de l'aspect
festif et compétitif, le Carnaval de Luanda raconte l'histoire du peuple
angolais, ses luttes, sa joie de vivre et sa capacité à se renouveler.
Economie.
L'économie de l'Angola
est une économie africaine majeure, mais dont la structure est fortement,
voire excessivement, dépendante de l'extraction et de l'exportation de
ressources naturelles, en particulier le pétrole brut.
Sur le plan des indicateurs
macroéconomiques, l'économie angolaise a connu des croissances très
volatiles, des périodes de forte expansion suivies de récessions prononcées.
L'inflation a souvent été élevée, érodant le pouvoir d'achat de la
population. Les finances publiques sont structurellement fragiles en raison
de la forte dépendance aux revenus pétroliers, menant à des déficits
importants en cas de choc sur les prix et Ă une augmentation de la dette
publique, qui est devenue un fardeau majeur. Le service de la dette absorbe
une part importante des revenus de l'État.
La nécessité de
diversifier l'économie est le principal enjeu pour assurer une croissance
plus stable et inclusive. La corruption, bien que le gouvernement actuel
ait lancé des initiatives pour la combattre, reste un problème endémique
qui affecte la gouvernance, l'environnement des affaires et la confiance
des investisseurs. Les infrastructures, améliorées depuis la fin de la
guerre, présentent encore des lacunes majeures. Le climat des affaires
est jugé difficile, plombé par la bureaucratie, le manque de transparence
et des obstacles réglementaires. De réformes sont cependant en cours
pour tenter de l'améliorer. La pauvreté et les inégalités sont très
élevées, avec une grande partie de la population vit dans des conditions
difficiles, malgré la richesse potentielle du pays. Le système éducatif
et de santé nécessitent des investissements importants pour améliorer
le capital humain.
Face à ces défis,
le gouvernement angolais s'est engagé dans un programme de réformes économiques
et financières, souvent en collaboration avec des institutions financières
internationales comme le Fonds Monétaire International (FMI). Ces réformes
visent à consolider les finances publiques, à améliorer la gouvernance,
à lutter contre la corruption, à libéraliser et à privatiser certaines
entreprises publiques (dont une partie de la compagnie pétrolière nationale
Sonangol), et à attirer les investissements directs étrangers, en particulier
dans les secteurs non pétroliers comme l'agriculture, les mines (hors
pétrole), la pêche et le tourisme. L'objectif est de créer une base
économique plus large et plus résiliente.
En termes de commerce
extérieur, la balance commerciale est généralement excédentaire grâce
aux exportations de pétrole, mais la balance des paiements tend à être
sous pression en raison des importations de biens et services nécessaires
et des sorties de capitaux. Les principaux partenaires commerciaux sont
la Chine, qui est Ă la fois un acheteur majeur
de pétrole et un créancier important, ainsi que des pays européens et
les États-Unis.
Resourecs
minérales.
Le secteur pétrolier,
on l'a dit, domine le paysage économique, et représente la majeure partie
des exportations, une part très significative du Produit Intérieur Brut
(PIB), et l'essentiel des recettes budgétaires de l'État. L'Angola est
un membre important de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole
(Opep) et l'un des principaux producteurs de pétrole en Afrique subsaharienne.
Cette dépendance rend l'économie angolaise intrinsèquement vulnérable
aux fluctuations des cours mondiaux du brut. Les périodes de prix élevés
ont alimenté une croissance économique rapide et permis d'importants
investissements post-guerre civile (achevée en 2002), notamment dans les
infrastructures, mais ont aussi engendré des phénomènes de maladie
hollandaise, négligeant et affaiblissant les autres secteurs productifs.
À l'inverse, les baisses des prix du pétrole, comme celles observées
après 2014, ont entraîné de sévères récessions, une dégradation
des finances publiques et une accumulation significative de dette.
Outre le pétrole,
les diamants constituent la deuxième ressource minérale importante pour
l'exportation, bien que leur contribution soit nettement infĂ©rieure Ă
celle du pétrole. Le secteur minier en général offre un potentiel inexploité
pour d'autres minéraux.
Agriculture.
Le secteur agricole,
historiquement important avant la découverte et l'exploitation massive
du pétrole et fortement perturbé par la guerre civile, dispose d'un potentiel
considérable en raison des vastes terres arables et des ressources hydriques
abondantes. Cependant, il reste largement sous-développé, et est caractérisé
par une faible productivité, des infrastructures insuffisantes (transport,
stockage, irrigation), un accès limité au financement et aux technologies
modernes, et une dépendance marquée aux importations alimentaires. La
diversification de l'économie vers l'agriculture est une priorité affichée
par le gouvernement pour réduire la dépendance au pétrole, créer des
emplois et assurer la sécurité alimentaire, mais sa mise en œuvre est
lente et confrontée à de nombreux défis structurels.
Le secteur de la
pêche représente également un potentiel, étant donné la longue côte
angolaise, et contribue à l'alimentation intérieure et à l'exportation.
Industrie.
Le secteur manufacturier
est relativement limité. Il est généralement lié à la transformation
de produits pétroliers ou à des industries de base dépendant des importations.
Services.
Le secteur des services,
qui comprend le commerce, les télécommunications, la finance et le transport,
a connu une certaine croissance, notamment dans les zones urbaines, mais
sa performance est largement dictée par la santé de l'économie pétrolière.
Cartes de l'Angola
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