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Augsbourg,
Augusta Vindelicorum, est une ville d'Allemagne
(Bavière), au confluent du Lech et de la
Wertach, à 60 kilomètres au Nord-Ouest de Munich; 260 000 habitants (2013).
C'est une ville commerçante et industrieuse. Un grand nombre de lignes
de chemin de fer se croisent à Augsbourg, qui est ainsi relié à Munich,
Ingolstadt et Ratisbonne.
Augsbourg est célèbre dans l'histoire par la diète qui s'y tint en 1530, et où fut présentée la Confession d'Augsbourg; par l'alliance d'Augsbourg (entre François Ier et les princes luthériens contre Charles-Quint, en 1534); par l'intérim d'Augsbourg (espèce de compromis entre les deux partis, présenté par Charles-Quint à la diète de 1548); par la paix d'Augsbourg, paix de religion, entre les Catholiques et les Luthériens, signée par Charles-Quint en 1555; par la ligue d'Augsbourg (V. plus bas), qui fut formée en 1686 dans le but d'arrêter les empiétements de Louis XIV : ce fut le début de la guerre que termina la paix de Ryswick. La ville vu naître notamment les Holbein, Peutinger, Brucker, Léopold Mozart et Bertolt Brecht. Monuments.
Le
Rathhaus ou Hôtel de Ville.
La place du marché, la tour Perlach et l'hôtel de ville de Augsbourg. L'Église
Saint Ulrich et Sainte Afra.
Les
autres monuments.
La cathédrale d'Augsbourg. La cathédrale remonte au Xe siècle, mais elle a été rebâtie de 1321 à 1424 ; on cite ses vieux vitraux et ses portes de bronze du XIe siècle. L'église Sainte-Anne conserve des tableaux de Lucas Cranach, d'Amberger, etc.; l'église des Récollets un orgue célèbre. Les places
d'Augsbourg sont décorées de fontaines;
citons la fontaine d'Hercule (oeuvre d'Adrien de Vries, 1596), la fontaine
d'Auguste (oeuvre de Hubert Gerhard, 1594), la fontaine de Mercure (1599).
Histoire.
La Rothen Thor, à Augsbourg. Au XVIe siècle, Augsbourg était à son apogée; mais la décadence commençait. Les découvertes maritimes des Espagnols et des Portugais changeaient les routes commerciales du monde; les familles aristocratiques ressaisirent le gouvernement avec l'aide de Charles-Quint. La guerre de Trente ans acheva la ruine d'Augsbourg, dont la population fut réduite en 20 ans de 45,000 à 16,000 habitants. Elle souffrit encore beaucoup dans la guerre de succession d'Espagne. Elle perdit sa liberté en 1805, et fut annexée à la Bavière en 1806. L'évêché d'Augsbourg était, comme la ville, souverain; d'étendue assez médiocre (220 km²), il fut sécularisé en 1803 et annexé à la Bavière. (A.-M. B. / B.). La
Ligue d'Augsbourg.
Guillaume d'Orange, qui cherchait depuis longtemps un prétexte pour soulever l'Europe contre l'ambition de Louis XIV, saisit avec empressement l'occasion qui lui était offerte, et il fut l'âme de cette coalition formidable contre laquelle la France ne pouvait espérer d'autre allié que l'impuissant Jacques II, allié douteux d'abord, purement platonique ensuite et singulièrement onéreux plus tard, puisqu'il se laissa renverser sans coup férir et que Louis XIV dut lui donner des troupes et des vaisseaux pour l'expédition d'Irlande. Le stathouder réunit à Augsbourg, vers le milieu de l'année 1686, les souverains ou les représentants des puissances sur lesquelles il comptait pour participer à la ligue, et lorsqu'il eut obtenu de chacun d'eux l'acquiescement nécessaire à ses projets, il leur proposa de conclure un traité secret. Cet acte fut signé le 9 juillet. Les alliés prenaient pour base les traités de Westphalie et de Nimègue et la paix de Ratisbonne. Ils s'engageaient, dans le cas où l'un d'eux serait attaqué, à lui prêter main-forte et à lui faire obtenir réparation du dommage qu'il aurait subi. La ligue devrait mettre sur pied une armée de 60,000 hommes, qui serait commandée par le duc de Bavière et dont la direction appartiendrait à l'empereur. Ce fut Louis XIV qui commença les hostilités. Averti de la conclusion de la ligue, mais résolu à déjouer ses plans avant qu'elle fût entièrement prête, il prit les devants et, le 30 septembre 1688, il lança une armée de 80,000 hommes contre Philipsbourg. Le roi avait suivi le conseil de Louvois qui était d'avis d'attaquer l'Allemagne, contre laquelle on pouvait invoquer divers griefs, notamment le refus de la diète germanique de convertir en paix définitive la trêve de Ratisbonne, les droits de la duchesse d'Orléans sur la succession de son frère, l'électeur palatin, qui venait de mourir, et, enfin, l'échec du candidat du roi de France à l'électorat de Cologne. Seignelay aurait voulu qu'on portât, au contraire, la guerre en Hollande, ce qui aurait obligé le stathouder à renoncer à ses projets sur l'Angleterre. Mais l'influence de Louvois l'emporta. On laissait ainsi le champ libre au prince d'Orange, et l'on hâtait son triomphe de l'autre côté du détroit. Le début de la campagne fut favorable
aux Français. Vauban s'empara de Philipsbourg
après un mois de siège, et successivement Mannheim,
Worms, Spire, Trèves,
Mayence, Heidelberg,
etc., tombèrent au pouvoir des Français. Il n'avait pas fallu deux mois
pour conquérir les trois électorats ecclésiastiques et le Palatinat.
Mais cette guerre qui dura neuf ans et pendant laquelle la France acheva
d'épuiser les ressources de la nation. Victorieuse sur terre à Fleurus,
à Staffarde, à Steinkerke, où pour la première fois l'infanterie seule
décida l'issue de la bataille, à Neerwinden, à Vergès, à la Marsaille,
où la baïonnette inaugura le rôle décisif qu'elle devait jouer désormais,
triomphante à Mons, à Namur
et à Barcelone, dont les sièges resteront
comme des modèles de science et d'héroïsme militaires, elle accomplit
des prodiges sur mer. Les victoires retentissantes de Béveziers et du
cap Saint-Vincent, la défaite de la Hogue, l'étonnante prise de Carthagène
par Pointis, les extraordinaires coups de main de ces hardis corsaires
qui avaient nom Duguay-Trouin, Jean Bart, Forbin,
Ducasse, etc., illustrèrent la marine française.
La Wertachbrucker Thor, à Augsbourg. Les résultats de cette longue guerre n'en furent pas moins désastreux pour les Français. Pour combler le gouffre sans cesse accru des finances, Louis XIV en fut réduit à altérer les monnaies, à porter la taille au double de ce qu'elle était sous Colbert, à créer l'impôt de capitation. Et lorsqu'à bout de ressources, malgré ses succès, il se décida, en 1697, à signer le traité de Ryswick, il dut abandonner ses conquêtes, restituant aux alliés tout ce qu'il leur avait pris depuis le traité de Nimègue, cédant à la Savoie Pignerol qui était la clef de l'italie et renonçant aux têtes de ponts que la France possédait sur la rive droite du Rhin, véritables portes de l'Allemagne, acquises par le traité de Westphalie. Le protestantisme était vainqueur, et la France, qui s'était saignée aux quatre veines dans cette lutte inégale contre l'Europe, allait se trouver irrévocablement affaiblie devant la nouvelle coalition à laquelle devait donner lieu la succession au trône d'Espagne. (Léon Millot). |
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