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Les Equidés
Chevaux, Ânes, Zèbres...
La classification des Equidés
Aperçu
Chevaux, ânes, zèbres...
Paléontologie
La classification interne des équidés repose sur une combinaison de données morphologiques, génétiques, paléontologiques et évolutives, aboutissant à une organisation hiérarchique qui place tous les représentants actuels et fossiles au sein d'un même ordre, celui des périssodactyles, et d'une seule famille, celle des équidés. À l'intérieur de cette famille, la systématique moderne distingue un seul genre vivant, Equus, subdivisé en plusieurs sous-genres et espèces, tandis que la lignée fossile révèle une arborescence plus complexe de genres aujourd'hui éteints.
Des découvertes récentes basées sur l'ADN ancien, qui ont montré que l'histoire évolutive d'Equus a été marquée par des hybridations et des flux génétiques entre lignées. Par exemple, les zèbres et les ânes partagent une partie de leur histoire évolutive qui ne se reflète pas dans une simple arborescence dichotomique. De plus, des formes fossiles attribuées au genre Equus mais non directement ancêtres des lignées actuelles, comme Equus stenonis et Equus sussenbornensis en Europe, ou Equus simplicidens en Amérique du Nord, montrent une grande diversité morphologique au Plio-Pléistocène.
Origine des Equidés.
La famille des Equidae apparaît au cours de l'Éocène inférieur, il y a environ 55 millions d'années, avec le genre Hyracotherium (anciennement appelé Eohippus), un petit animal de la taille d'un renard, pourvu de quatre doigts à l'avant et trois à l'arrière, adapté aux forêts tropicales. À partir de cette forme basale, l'évolution des équidés suit une tendance globale vers l'augmentation de la taille, la réduction du nombre de doigts (passage de doigts multiples à un seul doigt fonctionnel, le métacarpe III et le métatarse III), la spécialisation des dents en dents hypsodontes (à haute couronne) adaptées au broutage de l'herbe dans des milieux ouverts, et l'allongement des membres pour la course. Cette évolution ne fut pas linéaire mais buissonnante, avec de nombreuses branches latérales qui se sont éteintes.

Parmi les lignĂ©es fossiles majeures, on distingue plusieurs genres qui jalonnent cette Ă©volution. Après Hyracotherium, le genre Orohippus (Éocène moyen) montre dĂ©jĂ  une lĂ©gère rĂ©duction des doigts latĂ©raux. Ă€ l'Éocène supĂ©rieur, Epihippus poursuit cette tendance. L'Oligocène voit l'Ă©mergence de Mesohippus et Miohippus, de la taille d'un lĂ©vrier, avec trois doigts Ă  chaque membre, le doigt central Ă©tant plus dĂ©veloppĂ©, et des molaires plus adaptĂ©es au broyage de vĂ©gĂ©taux plus coriaces. Au Miocène, la diversification s'accentue avec des genres comme Parahippus, qui prĂ©sente les premières dents hypsodontes, puis Merychippus, considĂ©rĂ© comme un tournant Ă©volutif : ce dernier, de la taille d'un poney, est le premier Ă©quidĂ© Ă  vĂ©ritablement s'adapter aux prairies ouvertes, avec une denture très haute, un dĂ©veloppement du ligament nuchal et un membre central encore plus dominant. 

À partir de Merychippus rayonnent plusieurs lignées : les hipparions (tribu des Hipparionini), représentés par des genres comme Hipparion, Neohipparion, Cormohipparion et Pseudhipparion, qui étaient des formes tridactyles (trois doigts) mais avec des adaptations variées et qui connurent un immense succès en Amérique du Nord, en Eurasie et en Afrique avant de s'éteindre au Pléistocène ; et la lignée des équins modernes (tribu des Equini), qui se caractérise par une réduction progressive des doigts latéraux jusqu'à ne conserver qu'un seul doigt pleinement fonctionnel, les métapodes latéraux (les “os de griffe”) étant réduits à des vestiges.

Au sein des Equini, le genre Pliohippos (Miocène supérieur) est souvent cité comme un ancêtre possible des équidés monodactyles, bien que des études récentes le placent plutôt comme une branche latérale. Le genre Dinohippus (Pliocène) montre déjà un crâne plus proche de celui d'Equus et est considéré comme le plus proche ancêtre du genre actuel. Enfin, le genre Equus apparaît au Pliocène, il y a environ 4 à 4,5 millions d'années, probablement en Amérique du Nord, et se diversifie rapidement en plusieurs lignées qui migrent vers l'Ancien Monde via le détroit de Béring.

Le genre Equus

Le genre Equus, décrit par Carl von Linné en 1758, constitue aujourd'hui le seul genre survivant. Sa classification interne est longtemps restée confuse, avec de nombreuses espèces décrites sur la base de variations géographiques, de robes ou de légères différences morphologiques. La phylogénétique moléculaire moderne a considérablement clarifié cette taxonomie. On reconnaît généralement plusieurs sous-genres.

Les chevaux.
Le sous-genre Equus regroupe les chevaux “vrais”, avec l'espèce Equus ferus qui comprend la forme sauvage aujourd'hui disparue à l'état sauvage à l'exception des populations de Przewalski (sous-espèce Equus ferus przewalskii) et la forme domestique Equus ferus caballus (le cheval domestique). Certains auteurs élèvent ces deux formes au rang d'espèces distinctes, mais les données génétiques montrent qu'elles sont interfécondes et que le cheval de Przewalski n'est qu'une lignée sauvage du même ancêtre que le cheval domestique.

Les ânes et hémiones.
Le sous-genre africanus comprend les ânes et hĂ©miones. On y distingue l'âne d'Afrique, dont la forme sauvage est en danger critique (âne sauvage de Nubie, âne de Somalie) et dont la forme domestique est l'âne commun (Equus africanus asinus); l'hĂ©mione ou âne d'Asie (Equus hemionus), avec plusieurs sous-espèces comme l'onagre de Perse, le kulan, le khur; et le kiang (Equus kiang), le plus grand des ânes sauvages, endĂ©mique du plateau tibĂ©tain, parfois traitĂ© comme une espèce distincte ou comme une sous-espèce d'Equus hemionus selon les classifications. 

Les zèbres.
Le sous-genre Hippotigris rassemble les zèbres. On y trouve le zèbre des plaines (Equus quagga), qui inclut plusieurs sous-espèces dont le quagga (Equus quagga quagga) éteint au XIXe siècle; le zèbre de Grévy (Equus grevyi), qui est parfois isolé dans son propre sous-genre Dolichohippus en raison de caractéristiques morphologiques et génétiques qui le distinguent nettement des autres zèbres; et le zèbre de montagne (Equus zebra), divisé en deux sous-espèces : le zèbre de montagne du Cap (Equus zebra zebra) et le zèbre de montagne de Hartmann (Equus zebra hartmannae).

Les formes domestiquées.
Le cheval domestique (Equus ferus caballus) et l'âne domestique (Equus africanus asinus) sont considérés comme des sous-espèces ou des formes domestiquées selon les conventions taxonomiques. Les ânes, bien qu'appartenant au sous-genre Asinus, sont interféconds avec les chevaux (donnant naissance à des mules et bardots généralement stériles), ce qui souligne la proximité génétique au sein du genre Equus tout en maintenant des barrières reproductives partielles.
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Chevaux
Queue garnie de crins dès sa racine; couleur généralement uniforme.
Chevaux domestiqués Equus ferus caballus.
Chevaux sauvages 
ou errants
Equus ferus caballus.

Equus ferus przewalskii : Cheval de Prjewalski

Anes
Queue avec des crins à son extrémité seulement; une ligne dorsale et une ou deux bandes en croix sur les épaules.
Equus africanus Equus africanus asinus (Âne vulgaire, probablement déscendant de l'Âne de Nubie).
Ânes sauvages d'Afrique (Equus africanus) : Equus africanus africanus (Ane de Nubie ou "Onagre" d'Abyssinie; quasiment disparu, peut-être encore présent en Eythrée), Equus africanus somalicus (ou somaliensis), Equus africanus atlanticus (âne de l'Atlas, éteint).
Hybrides Âne / Cheval Mulet, Bardot.
Hémiones
Queue avec des crins à son extrémité seulement; une ligne dorsale qui s'élargit sur la croupe.
Onagres Equus hemionus onager (Onagre d'Iran, Onagre de l'Inde)
Equus kiang 
(kiang ou Polyodon)
Equus kiang kiang (ou E. hemionus kiang) :  âne sauvage du Tibet.
HĂ©miones 
proprement dits
Equus hemionus kulan (Kulan) 
Equus hemionus luteus 
Equus hemionus syriacus (Hemippe)
Zèbres
Des crins Ă  l'extrĂ©mitĂ© de la queue; une ligne dorsale, le reste du corps couvert de bandes. Le Couagga avait des bandes  sur les Ă©paules et sur le dos seulement. Les Daws ont la queue blanche,  des raies noires alternativement plus
larges et plus Ă©troites sur la tĂŞte, le cou et le tronc. 
Hippotigris
Zèbres de montagne

Equus zebra hartmannae (Zèbre de montagne de Hartmann); Equus zebra zebra (Zèbre de montagne du Cap). Ces deux sous-espèces, sont parfois considérées comme des espèces distinctes.


Zèbres de plaine

Daws ou Zèbres communs : Equus burchellii boehmi (Zèbres de Grant); Equus burchellii burchellii (Zèbres de Burchell, que l'on a cru disparus vers 1910, mais dont il existe encore une petite population dans le Zoulouland (Afrique du Sud) et au Swaziland); Equus burchellii antiquorum (Damara), Equus burchellii chapmani (Zèbres de Chapman); Zèbres de Wahlberg, etc.

Couagga : Equus burchellii quagga (disparu à la fin du XIXe siècle)

NB : la dĂ©nomination E. burchellii tend Ă  ĂŞtre remplacĂ©e aujourd'hui par celle de E. quagga.  Ainsi le Zèbre de Burchell devient Equus quagga burchelli, par exemple, et le Couagga, devient Equus quagga quagga, etc.

Dolichohippus  Equus grevyi (Zèbre de GrĂ©vy ou Zèbre impĂ©rial)
Sous-genres et 
espèces fossiles
Equus hydruntinus (hydrontins, rattachĂ©s au HĂ©miones),  Equus  Amerhippus (chevaux amĂ©ricains, proches du genre Hippidion), Equus neogeus.

Equus altidens van Reichenau, Equus conversidens, Equus occidentalis, Equus sanmeniensis, Equus stenonis, Equus sussenbornensis 

Les Chevaux domestiques et les chevaux sauvages

On distingue aujourd'hui deux formes de chevaux particulièrement : le cheval domestique (Equus caballus ou Equus ferus caballus) et le cheval de Przewalski (Equus przewalskii ou Equus ferus przewalski), ce dernier Ă©tant considĂ©rĂ© comme le seul vĂ©ritable cheval sauvage encore existant. Sur le plan taxonomique, une controverse persiste concernant le statut du cheval domestique, longtemps classĂ© comme espèce distincte (Equus caballus) mais dĂ©sormais souvent considĂ©rĂ© comme une sous-espèce d'Equus ferus, reflĂ©tant la complexitĂ© des relations Ă©volutives au sein du genre. 

Morphologiquement, le cheval domestique présente une diversité phénotypique extraordinaire résultant de millénaires de sélection humaine, avec des tailles variant de 44,5 cm pour les plus petits poneys miniatures à plus de 2,19 m pour certains chevaux de trait, et des poids allant de 26 kg à 1 500 kg. En comparaison, le cheval de Przewalski affiche une morphologie plus uniforme et primitive : il mesure entre 1,20 m et 1,45 m au garrot, possède un corps trapu et robuste, une tête massive, une encolure courte et épaisse, et des membres proportionnellement plus courts que ceux des chevaux domestiques. Sa robe est typiquement isabelle ou dun, avec un ventre plus clair, une raie de mulet noire le long du dos, des zébrures discrètes sur les membres antérieurs, une crinière dressée sans toupet frontal, et une queue couverte de poils dès la base, caractéristiques rappelant les représentations préhistoriques des grottes de Lascaux.

Sur le plan gĂ©nĂ©tique, une diffĂ©rence fondamentale distingue les deux formes : le cheval domestique possède 64 chromosomes (32 paires), tandis que le cheval de Przewalski en compte 66 (33 paires), bien que les hybrides entre les deux soient viables et fertiles. Le sĂ©quençage complet du gĂ©nome Ă©quin, Ă©tabli en 2007, a permis d'identifier les mutations spĂ©cifiques liĂ©es Ă  la domestication, notamment dans des gènes impliquĂ©s dans le mĂ©tabolisme, les troubles cardiaques, la fonction musculaire et le comportement, avec une sĂ©lection particulière sur le gène ZFPM1 liĂ© Ă  l'anxiĂ©tĂ© et Ă  l'apprentissage de la peur, ainsi que sur le gène GSDMC influençant l'anatomie du dos. 

Les analyses paléogénétiques récentes indiquent que tous les chevaux domestiques modernes descendent d'un profil génétique originaire de la steppe pontique, au nord du Caucase, qui s'est diffusé massivement à partir d'environ 2200 avant notre ère, remplaçant les autres lignées équines eurasiennes. Le cheval de Przewalski, en revanche, représente une lignée soeur qui s'est séparée des ancêtres du cheval domestique il y a environ 45 000 ans et n'a jamais été domestiquée, conservant ainsi un patrimoine génétique unique et précieux pour comprendre l'évolution des équidés.

Les deux formes partagent des traits éthologiques fondamentaux : animaux grégaires, ils vivent en hardes structurées autour d'un étalon dominant, de plusieurs juments et de leur descendance, avec une hiérarchie sociale stable maintenue par des interactions visuelles, olfactives et corporelles. Les jeunes mâles quittent le groupe natal vers deux ou trois ans pour former des bandes de célibataires avant de tenter de constituer leur propre harem. Cependant, le cheval de Przewalski conserve un tempérament nettement plus sauvage et méfiant que le cheval domestique, avec une vigilance accrue et une réactivité plus forte face aux perturbations environnementales, ce qui explique pourquoi il n'a jamais été domestiqué malgré sa proximité géographique avec les premières sociétés humaines d'Asie centrale. Le cheval domestique, en revanche, a développé grâce à la sélection humaine une docilité accrue, une capacité d'apprentissage renforcée et une plasticité comportementale lui permettant de s'adapter à des usages variés allant de la traction à l'équitation sportive.

Les deux formes partagent des adaptations remarquables à la vie dans les milieux ouverts : un système digestif de type fermentateur post-gastrique avec un caecum développé pour extraire l'énergie des végétaux fibreux, une capacité à dormir debout grâce à un appareil suspenseur du boulet permettant de verrouiller les membres, une vision panoramique favorisant la détection des prédateurs, et une endurance à la course exceptionnelle. Leur espérance de vie varie entre 25 et 30 ans en conditions domestiques, bien que le cheval de Przewalski ait une longévité légèrement réduite à l'état sauvage en raison des contraintes environnementales. Enfin, sur le plan écologique, les chevaux jouent un rôle important dans la structuration des écosystèmes de prairies et de steppes par leur pâturage sélectif, leur dispersion de graines via les excréments, et leur fonction de proie pour les grands carnivores dans les régions où ceux-ci subsistent, faisant de leur conservation un enjeu tant biologique que culturel.

Les Hémiones

Les HĂ©miones, que la plupart des naturalistes longtemps placĂ© dans le sous-genre Asinus, sont des espèces asiatiques qui se distinguent des vĂ©ritables Anes par leurs formes plus semblables Ă  celles du Mulet domestique, comme l'avaient dĂ©jĂ  reconnu les Anciens, qui donnaient aux HĂ©miones sauvages le nom de Mulets fĂ©conds pour les distinguer des vĂ©ritables Mulets qui sont gĂ©nĂ©ralement stĂ©riles; de lĂ  vient aussi le nom d'HĂ©mione (c. -Ă -d. demi-âne, nom que les Grecs donnaient au Mulet). Les caractères de ce groupe sont les suivants : châtaignes dĂ©veloppĂ©es aux membres antĂ©rieurs seulement; pieds grĂŞles Ă  sabots petits, comprimĂ©s; queue de longueur moyenne, garnie d'un bouquets de poils dans son tiers postĂ©rieur seulement; oreilles moyennes; une raie longitudinale foncĂ©e sur le dos, plus rarement croisĂ©e par une raie transversale aux Ă©paules. Les variĂ©tĂ©s de ce type ont Ă©tĂ© singulièrement embrouillĂ©es par les naturalistes qui s'en sont successivement occupĂ©s; hâtons-nous de dire que cette confusion a moins d'importance si l'on admet, avec H. Milne-Edwards, que toutes ces espèces ne sont que des variĂ©tĂ©s ou races locales d'une espèce unique (Equus hemionus) qui habiterait les steppes et les rĂ©gions montagneuses de tout le centre et l'ouest de l'Asie, de la Mongolie et du Tibet, au nord de l'Arabie. Faisons remarquer en mĂŞme temps que l'HĂ©mione de nos jardins zoologiques est la race que les naturalistes anglais dĂ©signent sous le nom d'Equus onager (le faux HĂ©mione de Gervais), tandis que leur Equus hemionus est la variĂ©tĂ© beaucoup plus rare que l'on dĂ©signe gĂ©nĂ©ralement sous le nom indigène de Kiang. Cette simple constatation peut dĂ©jĂ  Ă©lucider considĂ©rablement la question. On  distingue trois variĂ©tĂ©s gĂ©ographiques d'HĂ©miones :

1° l'HĂ©mione de l'Inde (E. hĂ©mionus var. onager Brisson), qui est l'Onagre de Pallas et l'espèce la plus rĂ©pandue dans les jardins zoologiques sous le nom d'HĂ©mione; 

2° l'Hémione du Tibet (E. hemionus Pallas) ou Kiang des Tibétains, espèce plus septentrionale et orientale que la précédente;

3° l'Hémippe ou Hémione de Syrie (E. hemippus Is. Geoffroy, ou E. hemionus var. syriacus H. Milne-Edwards), espèce plus méridionale et occidentale que les deux précédentes.

L'Hémione des l'Inde (Onagre).
L'HĂ©mione de l'Inde (Equus hernionus onager) est l'Onagre (Onager vel Asinus sylvestris) des Anciens et de Pline en particulier, et l'Onagre de Pallas. Dans son pays natal, les Indiens l'appellent Ghor-khur, les Iraniens Ghour ou Kherdecht, les Kirghiz Koulan. Cette espèce est bien connue des naturalistes et très rĂ©pandue dans les jardins zoologiques depuis que le voyageur français Dussumier en a rapportĂ© les premiers individus vivants Ă  la mĂ©nagerie du MusĂ©um de Paris (1840). 

Sa taille est celle de l'âne ou du bardot; le pelage ras et lustrĂ© en Ă©tĂ©, devient beaucoup plus long sur le corps en hiver. La couleur des parties supĂ©rieures est un isabelle assez clair, sĂ©parĂ© des parties infĂ©rieures, qui sont blanches, par une teinte plus foncĂ©e, très accusĂ©e surtout en hiver, oĂą elle forme trois larges taches de chaque cĂ´tĂ© (aux Ă©paules, aux flancs et aux cuisses). Les jambes sont blanches, comme le ventre, ou lĂ©gèrement teintĂ©es d'isabelle sur leur face antĂ©rieure. La crinière est droite, hĂ©rissĂ©e, d'un fauve noirâtre, et se continue le long de l'Ă©pine dorsale par une large bande d'un fauve foncĂ© ou marron, qui se termine en pointe sur le dessus de la queue; celle-ci est blanche, mĂ©diocrement longue et terminĂ©e par un pinceau de poils noirâtres. Les oreilles sont moyennes, moins longues que celles de l'Ane. Ordinairement il n'y a pas trace de raie transversale aux Ă©paules; cependant, sur certains individus, cette raie cruciale est plus ou moins visible, bien qu'elle ne soit jamais aussi bien marquĂ©e que chez l'Ane. D'après Pallas, cette bande transversale serait propre au mâle. 
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Hémione de l'Inde.
Hémione de l'Inde (femelle).

Cette race habite le Koutch ou désert indien, les bords du Sind (Indus), le Goudjerat, le Béloutchistan et l'Iran, s'étendant au Sud-Ouest jusque dans la Mésopotamie. D'après Jerdon, elle s'étend dans l'Inde jusqu'à Deesa au Sud, et jusqu'au 75e degré de longitude à l'Est. Au Nord, elle ne dépasserait pas le 48e degré de latitude dans les steppes du Turkestan. Elle vit par bandes nombreuses de cent à cent cinquante individus, sous la conduite d'un vieil étalon, parcourant le désert à la recherche des pâturages et de l'eau, émigrant vers les montagnes au printemps, quand les vents violents qui règnent dans ces contrées ont desséché l'herbe et les étangs d'eau douce. Les habitants de ces contrées lui font la chasse pour se nourrir de sa chair et s'emparer des jeunes que l'on prend vivants après avoir tué la mère. Ce sont ces jeunes animaux qui fournissent des sujets à nos jardins zoologiques, car l'adulte est méfiant, très sauvage, très rapide à la course, et se laisse rarement capturer vivant. C'est avec la peau de cette espèce que l'on fait le sagri ou peau de chagrin, dont le grain est obtenu au moyen d'une réaction chimique particulière. A Bombay, Dussumier a vu de ces animaux attelés et montés, et l'un des Hémiones du Muséum de Paris a même été dressé à traîner une voiture légère à grands guides de Versailles à Paris. Cette espèce s'acclimate bien au climat européen et se reproduit facilement dans les jardins zoologiques.

Le Kiang.
L'Hémione du Tibet (Equus hemionus proprement dit, ou Hémione de Pallas) est le Kiang ou Disightai des Tibétains. Cette race serait de plus forte taille que l'Hémione de l'Inde, de couleur plus foncée et dépourvue de bande transversale sur les épaules; enfin les oreilles seraient plus courtes et la voix différente, ressemblant plus au hennissement du Cheval qu'au braiment de l'Ane; mais ce dernier caractère est contesté. Comme on le voit d'après cette description, cette race, propre aux régions montagneuses de l'Asie centrale, pourrait bien n'être qu'une variété montagnarde de l'Hémione de l'Inde, car celui-ci porte, en hiver, le pelage plus foncé et nettement séparé, sur les flancs, du blanc des parties inférieures, que l'on donne pour caractère au Kiang. Cet Hémione habite le plateau du Tibet, le Ladakh, le Cachemire. Il est extrêmement sauvage et ne se laisse pas approcher à plus de 5 ou 600 m. Sa vitesse est très grande et ses moeurs diffèrent peu de celles de la variété précédente. Le Yo-to-tze (Asinus equuleus on A. hippargus d'H. Smith) n'est probablement qu'un hybride de cette espèce et de l'Ane domestique.

Kiang.
Hémione kiang ("âne" du Tibet).

L'Hémione de Syrie (Hemippe)
L'Hémippe ou Hémione de Syrie (Equus hemippus ou E. hemionus syriacus) constitue une variété assez distincte de l'Hémione par ses formes plus légères et plus fines, aussi bien que par sa coloration. Le corps est plus élancé que celui de l'Hémione de l'Inde, l'encolure plus longue, la tête plus allongée et plus busquée, les oreilles plus petites, ayant presque les proportions du Cheval. La robe est entièrement d'un alezan clair uniforme, à peine moins foncé sous le ventre et à la partie interne et postérieure des jambes, plus foncé, au contraire, à la crinière et au pinceau terminal de la queue. La crinière se continue sans interruption par une bande longitudinale assez bien marquée, mais il n'y a pas trace de bande transversale. Le nez est grisâtre. Cette variété, qui habite la Syrie et les déserts du nord de l'Arabie, n'est encore connue que par les deux individus rapportés de Damas, en 1855, par Bourgoing et qui ont vécu quelque temps à la ménagerie du Muséum. C'est tout à fait à tort que le prince Ch. Bonaparte, et Gray après lui, ont voulu rapprocher cet Hémione de l'Ane sauvage d'Abyssinie, dont il diffère sous tous les rapports.
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Hémippe.
Hémippe de Syrie.

Les Ânes

Les Anes (Asinus), de mĂŞme que les HĂ©miones, n'ont de châtaignes qu'aux membres antĂ©rieurs; les membres sont grĂŞles, Ă  sabots petits et comprimĂ©s. Ils diffèrent des HĂ©miones par leurs oreilles très longues, leur quelle plus grĂŞle, plus allongĂ©e et garnie d'un mince pinceau de poils. Ils portent sur le dos deux bandes en croix et ont, de plus, gĂ©nĂ©ralement les jambes rayĂ©es de bandes Ă©troites, foncĂ©es sur un fond clair. Les Ă‚nes sauvages habitent le Nord et l'Est de l'Afrique. 

On  connaĂ®t  plusieurs sous-espèces de ce type (Equus asinus africanus, Equus asinus somalicus (ou somalensis), Equus asinus atlanticus, Equus asinus nubianus ou Ane de Nubie) L'Ă‚ne de Nubie ou "Onagre" d'Abyssinie (Equus taeniopus Heuglin), aussi appelĂ© Ane aux pieds bandĂ©s semble ĂŞtre la souche des Anes domestiques (Equus asinus africanus asinus). La forme et les proportions sont en tout cas très diffĂ©rentes de celles des HĂ©miones et ressemblent, au contraire, beaucoup Ă  celles de l'Ane domestique. La tĂŞte est plus allongĂ©e, Ă  chanfrein busquĂ©, la croupe est plus basse et plus Ă©troite, la queue plus longue et plus grue; le pinceau terminal, commençant plus bas, tombe aussi plus bas. Les oreilles sont longues et pointues. La voix est identique Ă  celle de l'Ane domestique. La couleur varie beaucoup, mais la croix dorsale ne fait jamais dĂ©faut dans les deux sexes.
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Ane d'Abyssinie.
Ane d'Abyssinie.

La variĂ©tĂ© ordinaire d'Abyssinie (Equus asinus africanus Sclater) a le pelage isabelle et les jambes faiblement bandĂ©es. Une variĂ©tĂ©, dĂ©couverte dans le pays des Somali (E. asinus somalicus Sclater) est, au contraire, d'un gris cendrĂ©, avec les jambes fortement bandĂ©es de noir. Les moeurs ne diffèrent pas de celles des HĂ©miones. Cette espèce habite l'Abyssine et tout le Nord-Est de l'Afrique; on suppose, mais sans preuves certaines, qu'elle se trouve aussi dans le sud de Arabie, dont la faune est d'ailleurs si semblable Ă  celle du versant occidental de la mer Rouge. 

Nulle part ailleurs on ne trouve d'Anes sauvages en Asie, tous les animaux désignés sous ce nom dans cette partie du monde étant des Hémiones, c.-à-d. des Equidés qui n'ont jamais été l'objet de tentatives sérieuses de domestication, C'est donc à tort qu'on a pu dire que l' « Ane domestique d'Europe vient d'Arabie, d'où il a été importé en Egypte d'abord... » Tous les documents hisbriques que nous ont laissés les anciens Egyptiens tendent, au contraire, à prouver que l'âne leur est venu d'Abyssinie, où il vit encore aujourd'hui à l'état sauvage, par la haute Egypte, et que c'est d'Egypte qu'il a passé d'une part en Asie, de l'autre dans le Sud de l'Europe.

Les Zèbres

Les Zèbres (Hippotigris et Dolichohippus) ne diffèrent des Anes ou des HĂ©miones que par leur pelage plus ou moins rayĂ©. Tous habitent l'Afrique (rĂ©gion Ă©thiopienne), au sud du Sahara, et plus particulièrement les sous-rĂ©gions orientale et australe de ce continent, qui sont dĂ©pourvues de forĂŞts; ils font dĂ©faut dans la sous-rĂ©gion occidentale qui est, au contraire, presque entièrement boisĂ©e. On en connaĂ®t trois espèces : les Zèbres de montagne (E. zebra) et les Zèbres de plaine (E. quagga), qui appartiennent au type Hippotigris, et les Zèbres de GrĂ©vy (E. grevyi), qui forment le type Dolichohippus. 

Zèbre de montagne.
Le Zèbre de montagne (Equus zebra) a les sabots plus comprimés que ces deux dernières, et ses formes sont plus lourdes et plus ramassées. La taille est celle des Anes et des Hémiones. Tout son pelage est couvert de larges bandes noires, sur un fond blanchâtre ou isabelle très clair; ces bandes partent de la ligne dorsale et se dirigent perpendiculairement sur les flancs. Elles sont obliques sur la croupe et transversales sur les jambes, qui sont rayées même à l'intérieur. La tête, les oreilles et la queue sont également rayées de bandes plus fines que celles du corps.
Le dessous du ventre seul est blanc et sans rayures. La queue n'a qu'un bouquet terminal comme celle des HĂ©miones. 
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Zčbre de montagne.
Zèbre de montagne (Equus zebra).

Zèbres de plaine
Les Zèbres de plaine (Equus burchelli ou E. quagga) sont formés de plusieurs sous-espèces plus méridionales et propres aux plaines du désert de Kahahari. Il s'agit, d'une part des Zèbres qu'on connaît aussi sous le nom de Daws, et de ceux, aujourd'hui éteints, désignés sous le nom de Couaggas.

Daws.
Les Daws, nom commun à plusieurs variétés de plaine (dont les Zèbres de Grant sont les plus répandus), sont ceux des Zèbres qui s'avancent le plus vers le Nord. Ils ont des formes plus légères que celles des Zèbres de montagne, et leur pelage est assez variable; le fond du pelage est d'un isabelle un peu plus foncé, sauf aux jambes qui sont blanches et généralement dépourvues de rayures, sauf dans la variété appelée E. quaggua chapmanni. La croupe est plus ou moins largement couverte de bandes foncées, suivant les individus; d'ordinaire, les bandes noires sont séparées par des bandes plus claires et plus étroites, mais plus foncées cependant que le fond du pelage, et l'on remarque assez souvent des anastomoses entre ces bandes obliques de la croupe. La queue est blanche, à touffe terminale plus fournie et plus rapprochée de la racine que celle du véritable Zèbre. Cette jolie sous-espèce habite le pays des Namaquas, au nord de la rivière Orange et de là jusqu'au Zambèze (Kirke). C'est, de tous les chevaux zébrés, le plus commun actuellement dans les ménageries et les jardins zoologiques.
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Zčbre de plaine.
Zèbre de plaine (Equus burchelli).
Couaggas.
Les Couagga (Equus quagga quagga) avaient les formes plus élégantes et plus semblables à celles du Cheval, les oreilles plus petites, la queue plus fournie que les précédents. Son pelage était plus foncé, d'un brun clair sur la tête, le cou, le corps et le devant des jambes; le ventre, la queue et l'intérieur des membres sont blanchâtres. La partie antérieure du corps, c. -à-d. la tête, le cou avec la crinière, les épaules et la moitié du tronc, étaient rayés de bandes noires comme chez les autres espèces, mais il n'y en avait jamais ni sur la croupe ni sur les jambes. Le pinceau de la queue commençait très près de la racine, ce qui rapprochait le Couagga du Cheval; mais ce caractère ne semble pas avoir été constant, si l'on s'en rapporte aux figures de la ménagerie de Knowsley où l'un des deux individus de cette espèce, figurés sur la même planche, a la queue munie d'un court pinceau terminal, comme le véritable Zèbre et les Anes. Cette espèce habitait en Afrique du Sud (au Nord de l'ancienne colonie du Cap), où devint fort rare après que les colons hollandais se soient établis dans cette région; elle avait disparu à la fin du XIXe siècle.
Couagga.
Couagga.

Zèbres de Grévy
On a distingué sous le nom d'Equus Grevyi (A. Milne-Edwards) une dernière espèce de Zèbre qui présente des raies beaucoup plus étroites et nombreuses que le Zèbre de montagne; on remarque, du reste, chez ce dernier, que les bandes des flancs se dédoublent sur le dos avant de rejoindre la bande longitudinale de l'épine dorsale. L'E. Grevyi provient du pays des Gallas, région de plateaux élevés au Sud de la Somalie et à l'Est de l'Ethiopie.
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Zčbre de Grévy.
Zèbre de Grévy (Equus grevyi).

Hybrides entre les différentes espèces

Toutes les espèces du genre Cheval peuvent se croiser entre elles et donner des mulets ou hybrides qui, d'ailleurs, sont rarement fĂ©conds. Rappelons que le mulet proprement dit (ou la mule) est le produit de l'Ă©talon de l'Ane domestique (appelĂ© communĂ©ment baudet) avec la jument; cet hybride atteint gĂ©nĂ©ralement une grande taille, comparable Ă  celle de la mère, et peut ĂŞtre utilisĂ© de la mĂŞme façon (train, artillerie, gros trait). Au contraire, le bardot, produit de l'Anesse saillie par l'Ă©talon de race chevaline, dĂ©passe rarement la taille de l'Ane; aussi ses usages sont très bornĂ©s et on le recherche beaucoup moins. La mule n'est pas toujours stĂ©rile; on a pu voir, au Jardin d'Acclimatation, des hybrides de seconde gĂ©nĂ©ration, c. -Ă -d. avant pour mère une mule fĂ©conde, saillie par un Ă©talon de race tarbe. Ces hybrides, d'un brun foncĂ©, sont de très petite taille, mais Ă  formes grĂŞles, ressemblant sous ce rapport au Cheval des PyrĂ©nĂ©es et n'ayant conservĂ© que peu de chose des caractères de leur mère. Un produit du mĂŞme genre (double Mulet) a Ă©tĂ© obtenu en Angleterre par le croisement d'une mule (fille elle-mĂŞme d'un Ane et d'un Zèbre femelle) avez un poney de couleur baie; ce produit prĂ©sente quelques zĂ©brures indistinctes sur les jambes. 
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Hybride d'Hémione et de Zčbre.
Hybride d'Hémione et de Zèbre.

Les Hémiones et l'Ane ont été souvent croisés avec des Zèbres; les produits obtenus ont généralement une robe isabelle ou d'un gris plus ou moins foncé, sur laquelle se détachent vaguement des zébrures étroites, plus marquées sur les épaules où la croix se montre souvent large et bifurquée, comme formée par la confluence de deux ou trois bandes rapprochées; très souvent les pattes sont également rayées de noir, même chez les hybrides dont les parents ne portent pas de marques de ce genre, et la couleur claire de ces parties contribue à mettre cette particularité en évidence. La réapparition des zébrures sur les jambes chez ces hybrides, comme chez certaines variétés naturelles de l'Ane sauvage et du Zèbre, peut être considérée comme un phénomène d'atavisme. (E. Trouessart).

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