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Le
génome
est l'ensemble complet du matériel génétique d'un organisme. Il peut
être défini comme la totalité de l'information
génétique codée dans l'ADN (ou l'ARN
pour certains virus) d'une cellule ou d'un individu.
Cette information est organisée, structurée et contient toutes les instructions
nécessaires au développement, au fonctionnement, à la reproduction et
Ă la survie de l'ĂŞtre vivant.
Chez les organismes
eucaryotes,
comme les plantes, les animaux
et les champignons, le génome ne se limite
pas à l'ADN contenu dans le noyau de la cellule. Une partie du génome
se trouve également dans les organites cellulaires, principalement les
mitochondries,
qui possèdent leur propre petit génome circulaire indispensable à la
production d'énergie. Chez les plantes, les chloroplastes,
sièges de la photosynthèse, contiennent
aussi leur propre génome. Ainsi, parler de génome, c'est évoquer un
ensemble multipartite, bien que la fraction nucléaire soit de loin la
plus vaste et la plus complexe.
La structure physique
du génome est tout aussi fondamentale. Dans le noyau, l'ADN, une très
longue molécule, est étroitement enroulé et compacté autour de protéines
appelées histones pour former les chromosomes.
Le nombre de chromosomes est caractéristique de chaque espèce : l'être
humain en possède 23 paires, soit 46 au total, tandis que la mouche du
vinaigre en a 4 paires et certaines plantes en ont des dizaines. Le génome
ne se résume donc pas à une simple liste de gènes.
Une part très importante de l'ADN, autrefois qualifiée à tort d'"ADN
poubelle", ne code pas directement pour des protéines mais joue des rôles
régulateurs cruciaux. Ces séquences contrôlent quand, où et en quelle
quantité les gènes doivent être exprimés,
orchestrant ainsi la symphonie moléculaire de la vie.
La taille d'un génome,
mesurée en nombre de paires de bases, varie de façon spectaculaire d'une
espèce à l'autre, sans corrélation directe avec la complexité perçue
de l'organisme. C'est ce qu'on appelle le paradoxe de la valeur C. Par
exemple, certains amphibiens ou plantes ont
un génome bien plus grand que celui de l'humain, qui compte environ 3,2
milliards de paires de bases. Cette différence s'explique en grande partie
par la quantité variable d'ADN non codant et d'éléments répétés.
Le séquençage du
génome, c'est-à -dire la lecture de la succession complète des bases
(A, T, C, G) qui le composent, a ouvert des perspectives révolutionnaires.
Le Projet Génome Humain, achevé en 2003, a été une étape historique,
fournissant une première ébauche de notre patrimoine génétique commun.
Depuis, les techniques de séquençage à haut débit se sont démocratisées,
rendant possible l'étude des génomes individuels. Cette approche permet
de comparer le génome d'une personne à un génome de référence pour
identifier des variations, comme les SNP (polymorphismes nucléotidiques
simples), qui sont à la base des différences interindividuelles, notamment
notre susceptibilité à certaines maladies ou notre réponse aux médicaments.
L'étude du génome,
la génomique, a des applications dans d'innombrables domaines. En médecine,
elle est le fondement de la médecine personnalisée, qui vise à adapter
les traitements à la constitution génétique unique de chaque patient.
En agronomie, elle permet de sélectionner des variétés de plantes plus
résistantes ou plus nutritives. En écologie, l'étude des génomes d'espèces
entières (métagénomique) permet de caractériser la biodiversité
d'un écosystème sans avoir à isoler chaque
organisme. Enfin, en biologie de l'évolution,
la comparaison des génomes entre espèces différentes permet de retracer
leur histoire évolutive et d'identifier les changements génétiques clés
qui ont façonné la diversité du vivant. |
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