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 L'histoire de l'Asie
L'histoire de l'Iran
Aperçu La Perse ancienne Les premiers siècles de l'Islam
Le temps des Qadjars L'Iran au XXe siècle La civilisation iranienne*
Les premières traces d'occupation humaine en Iran remontent au PalĂ©olithique, avec des sites archĂ©ologiques indiquant la prĂ©sence d'habitants primitifs. Au NĂ©olithique (environ 8000-6000 av. JC), des villages agricoles apparaissent, notamment dans les rĂ©gions montagneuses de l'ouest et du sud-ouest de l'Iran. Les habitants cultivent des cĂ©rĂ©ales et domestiquent des animaux. A l'Ă‚ge du bronze (vers 3200 - 1200 av. JC), l'urbanisation et la complexitĂ© sociale augmentent. Des cultures telles que celle de Jiroft (dans le sud-est de l'Iran) et celle de l'Élam (dans le sud-ouest) se dĂ©veloppent. 

L'Élam  (vers 2700 - 539 av. JC) est l'une des premières grandes civilisations de l'Iran. CentrĂ©e dans le sud-ouest de l'Iran, autour de la ville de Suse, l'Élam atteint son apogĂ©e entre le IIIe et le IIe millĂ©naire av. JC. Les Élamites dĂ©veloppent une Ă©criture cunĂ©iforme propre et crĂ©ent une sĂ©rie d'États puissants. Plusieurs dynasties règnent sur l'Élam, notamment la dynastie d'Awan, la dynastie de Simashki et la dynastie des Sukkalmah. Les Élamites sont souvent en conflit avec les SumĂ©riens, les Akkadiens et plus tard les Babyloniens

Vers le IIe millénaire av. J.-C., des tribus indo-iraniennes commencent à migrer vers le plateau iranien. Ces groupes, qui incluent les ancêtres des Mèdes et des Perses, apportent avec eux leur langue indo-iranienne et leur culture nomade. Au nord-ouest de l'Iran, les Mannéens, contemporains des Assyriens et des Urartiens, développent une culture distincte vers le premier millénaire av. JC. Ils sont finalement assimilés par les Mèdes.

• Les Mèdes. - À partir du IXe siècle av. J.-C., les Mèdes établissent un royaume puissant dans le nord-ouest de l'Iran. Vers 625 av. JC, sous le règne de Cyaxare, les Mèdes jouent un rôle clé dans la chute de l'Empire néo-assyrien, s'alliant avec les Babyloniens pour conquérir Ninive en 612 av. J.-C.

• Les Perses. - Les Perses, dirigés par la dynastie des Achéménides, émergent au sud-ouest de l'Iran, dans la région de Persis (aujourd'hui Fars). Leur premier grand roi, Cyrus II (Cyrus le Grand), renverse l'Empire mède en 550 av. JC et fonde l'Empire achéménide, qui deviendra l'un des plus grands empires de l'Antiquité.

Autres cultures et influences :
• Luristan . - Les habitants de la région montagneuse du Luristan (ouest de l'Iran) sont connus pour leurs remarquables bronzes, incluant des armes, des bijoux et des objets rituels datant du IIe et du Ier millénaire av. JC.

• Néo-Élamites. - Bien que l'Élam ait connu son apogée plus tôt, une phase néo-élamite émerge entre 1000 et 539 av. JC, avant que l'Empire achéménide ne l'annexe.

L'Antiquité perse.
Les annales de la Perse racontent une sĂ©rie d'Ă©vĂ©nements qui donnent Ă  la nation persane une antiquitĂ© exagĂ©rĂ©e; on y place la dynastie fabuleuse des Pichdadiens ou Kaiomariens, Ă  laquelle succĂ©da celle des Kaianiens ou AchĂ©mĂ©nides, d'oĂą sortit Cyrus. Ce qu'il y a de certain, c'est que, pendant les bouleversements des empires d'Assyrie et de MĂ©die, les Perses, restreints alors Ă  la Perside (le Fars actuel), se maintinrent indĂ©pendants. Le mariage de Mandane, fille d'Astyage, roi des Mèdes, avec Cambyse roi des Perses, qui fut le père de Cyrus, prĂ©para la rĂ©union de la Perside et de la MĂ©die, qui eut lieu après la mort de Cyaxare II (636); les victoires de Cyrus et ses conquĂŞtes en Lydie, en Asie-Mineure, en Assyrie, créèrent le vaste empire des Perses. 

De 530 à 330 av. J.-C., cet empire grandit encore, s'augmente de l'Égypte, achève la conquête de l'Asie-Mineure, puis il entre en lutte avec la Grèce. Dans le Ve s. av. J.-C., les Guerres médiques commencent à l'ébranler; s'affaissant sous le poids de sa puissance même, l'empire médo-persan s'épuise à comprimer des révoltes, et finit par tomber sous les coups d'Alexandre. Après le règne éphémère de ce dernier (330-323), l'empire est démembré pour être partagé entre ses lieutenants; il devient en grande partie la possession des Séleucides. Mais presque aussitôt les rois parthes le leur disputent : profitant des guerres que se faisaient Antiochus Théos et Ptolémée Philadelphe, Arsace s'empara de la Parthie et y fonda l'empire des Arsacides, 256 av. J.-C. Finalement, après la ruine totale des Séleucides, dont les débris grossirent l'empire romain (64 av. J.-C.), l'ancien empire des Achéménides se trouva divisé en provinces romaines (à l'Ouest de l'Euphrate), royaume des Parthes ou des Arsacides (à l'Est), Arménie (vassale de Rome, et provinces au Nord des monts Paropamises (indépendantes ou soumises à des hordes sauvages souvent hostiles aux Romains).

En 226 après J.-C. commence la dynastie des Sassanides, qui renverse celle des Arsacides, rĂ©unit les possessions de l'ancien empire des Perses dans la Haute-Asie, et forme un second empire perse. Les Sassanides portent des coups terribles aux Romains, mais ils sont eux-mĂŞmes renversĂ©s par les Arabes (652). 

L'Iran musulman.
Pendant la pĂ©riode du califat (652-1258), l'empire arabe englobe toute la Perse et le nom mĂŞme de Perse disparaĂ®t pratiquement. Mais Ă  partir du VIIIe s., cet empire perd successivement de ses provinces, non seulement Ă  l'Ouest, mais aussi Ă  l'Est. Les TahĂ©rides, les Soffarides, les Samanides, les Bouides, les GhaznĂ©vides (Les dynasties musulmanes au Moyen-âge). crĂ©ent sur divers points  du territoire de la Perse, aux dĂ©pens des califes, des États indĂ©pendants; les Gourides (Les dynasties musulmanes au Moyen âge), les Seldjoukides (1037), puis Gengis-Khan (1235), assujettissent les califes Ă  leur tutelle, jusqu'Ă  ce qu'enfin Houlagou, hĂ©ritier de Gengis-Khan, les renverse tout Ă  fait et mette fin au califat (1258). 

La Perse ou Iran est alors soumise à des khans mongols ou turco-mongols issus les uns de Houlagou, les autres de Tamerlan; pendant le même temps, les Ilkhaniens (1336-1390) les Turkmènes du Mouton Noir (1407-1468), et enfin les Turkmènes du Mouton-Blanc (1468-1499) règnent sur divers points de l'Iran; mais nulle de ces maisons ne fonde une puissance vraiment durable. Vers 1500 apparaissent les Séfévides d'abord faibles. Ils sont forcés de céder, aux Turcs tout le pays à l'Est du Kerkah; mais, en 1587, Abbas le Grand, l'un d'eux, rétablit la monarchie : il bat les Turcs, leur reprend Tabriz, s'empare de la Géorgie et enlève Ormuz aux Portugais.

A partir du XVIIe siècle, une série d'invasions et d'usurpations, parmi lesquelles celle des Afghans en 1722 et du fameux Nadir, 1736-47, viennent déchirer le pays, qui finit par être démembré (1779). En 1794, Agha-Mohammed shah, prince Qadjar, met un terme à l'anarchie, et bientôt son fils Feth-Ali-shah reconstruit dans la partie occidentale de l'ancienne Perse l'empire d'Iran (1797); mais les guerres de ce prince avec la Russie ont encore fait perdre à la Perse une partie de son territoire : par le traité de Tourkmantchaï (1828), elle fut forcée de céder aux Russes les khanats d'Erivan et de Nakhitchevan. Néanmoins la dynastie des Qadjars, qui devait accepter en 1907 le partage de l'Iran entre la Russie et l'Angleterre, réussit à se maintenir sur le trône. Elle s'y maintient jusqu'en 1925, quand, un chef cosaque, Rhezâ Khan, déjà détenteur du pouvoir réel depuis 1921, s'empare officiellement du pouvoir et règne sous le nom de Rezâ Shah Pahlavi.

Rezâ Shah installe un pouvoir autoritaire et brutal, mais mĂ©nage Ă  la fois les religieux et les Britanniques impliquĂ©s dans l'exploitation des ressources pĂ©trolières, du moins jusqu'en 1941, quand, après s'ĂŞtre tournĂ© vers l'Allemagne nazie, il est dĂ©posĂ© Ă  la suite de l'invasion du pays par des troupes soviĂ©to-britanniques. Son fils, Mohammed Rezâh Pahlavi lui succède. Tout aussi rĂ©pressif et sanguinaire que son père, mais plus habile, il parvient Ă  se concilier le soutient des Occidentaux. En 1951, la nationalisation du secteur pĂ©trolier par son premier ministre Mossadegh ouvre une pĂ©riode de crises, qui se dĂ©nouera par deux coups d'État organisĂ©s par la CIA en 1953. A partir de cette Ă©poque, l'influence du Royaume-Uni cède la place Ă  celle des États-Unis, qui voient dans le rĂ©gime du Shah un rempart contre l'Union SoviĂ©tique pendant la Guerre froide. Dans les annĂ©es 1960, celui-ci engage une politique d'occidentalisation de l'Iran qui se heurtera vite, dans les campagnes, Ă  une rĂ©action des religieux conservateurs, parmi lesquels Ruhollah Khomeyni, d'abord emprisonnĂ©, puis expulsĂ© d'Iran en 1964. 

La République islamique.
Le régime de Mohammed Rézâ finit par s'effondrer en 1978. Khomeyni revient de son exil et transforme, avec le clergé chiite, l'Iran en République islamique (1979). Pralallèlement, les relations américano-iraniennes se tendent lorsqu'un groupe d'étudiants iraniens s'emparent de l'ambassade des États-Unis à Téhéran en novembre 1979 et retiennent en otage le personnel de l'ambassade jusqu'à la mi-janvier 1981. Les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec l'Iran en avril 1980.

En 1980 le pays est attaqué par l'Irak de Saddam Hussein et se trouve engagé dans une guerre qui ne s'achève qu'en 1988, un million de morts plus tard. Khomeyni, le Guide de la Révolution, meurt l'année suivante laissant un pays enlisé durablement dans l'immobilisme. Il est remplacé à la tête du pays par l'ayatollah Ali Khamenei (1939-2026)..

Suite Ă  l'Ă©lection du rĂ©formateur Hojjat al-Eslam Mohammad Khatami Ă  la prĂ©sidence en 1997 et d'un parlement rĂ©formiste en 2000, une campagne visant Ă  favoriser la rĂ©forme politique en rĂ©ponse au mĂ©contentement populaire a Ă©tĂ© lancĂ©e. Le mouvement a Ă©chouĂ© quand les politiciens conservateurs, soutenus par le guide suprĂŞme, des institutions d'autoritĂ© non Ă©lues comme le Conseil des gardiens, et les services de sĂ©curitĂ© ont annulĂ© et bloquĂ© les mesures de rĂ©forme tout en augmentant la rĂ©pression sĂ©curitaire. En commençant par les Ă©lections municipales nationales en 2003 et en poursuivant jusqu'aux Ă©lections de parlement en 2004, les conservateurs ont rĂ©tabli leur contrĂ´le sur les institutions gouvernementales Ă©lues de l'Iran. L'opĂ©ration de reprise en main du pays par les conservateurs  a culminĂ© avec l'investiture en aoĂ»t 2005 de l'extrĂ©miste Mahmud Ahmadinejad Ă  la prĂ©sidence. A dĂ©faut d'apporter des solutions aux problèmes socio-Ă©conomiques, celui-ci sait habilement exacerber les sentiments nationalistes de ses concitoyens (menaces Ă  l'encontre d'IsraĂ«l, programme d'enrichissement nuclĂ©aire). Sa réélection controversĂ©e en juin 2009 a dĂ©clenchĂ© dans tout le pays des protestations qui ont Ă©tĂ© rapidement rĂ©primĂ©es. 

Due principalement Ă  la mauvaise gestion du gouvernement et aux sanctions internationales dont l'Iran, dĂ©signĂ© de longue date comme État parrain du terrorisme, a fait l'objet  par les États-Unis, l'ONU et l'Union EuropĂ©enne, la dĂ©tĂ©rioration des conditions Ă©conomiques a provoquĂ© au moins deux grandes manifestations en juillet et octobre 2012, mais la situation de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure de l'Iran est restĂ©e stable. Les vellĂ©itĂ©s d'indĂ©pendance du prĂ©sident Mahmud Ahmadinejad ont irritĂ© les personnalitĂ©s les plus haut placĂ©es du rĂ©gime, Ă  commencer par le guide suprĂŞme. Il s'est dès lors heurtĂ© Ă  une opposition conservatrice pendant la dernière annĂ©e de sa prĂ©sidence et Ă  une aliĂ©nation de ses partisans politiques. 

En juin 2013, les Iraniens ont Ă©lu Ă  la prĂ©sidence un religieux centriste, le Dr Hasan Fereidun Ruhani. Ce membre de longue date du rĂ©gime a fait des promesses de rĂ©forme de la sociĂ©tĂ© et de la politique Ă©trangère du pays. 
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Le dossier nucléaire iranien

Le programme nuclĂ©aire iranien a Ă©tĂ© lancĂ© dans les annĂ©es 1950 sous le Chah Mohammad Reza Pahlavi, avec l'aide des États-Unis dans le cadre du programme Atoms for Peace. L'objectif initial Ă©tait de dĂ©velopper l'Ă©nergie nuclĂ©aire Ă  des fins civiles. L'Iran a reçu une assistance technique et scientifique des États-Unis, de la France et d'autres pays occidentaux. Un rĂ©acteur de recherche a Ă©tĂ© fourni par les États-Unis et a Ă©tĂ© mis en service Ă  TĂ©hĂ©ran en 1967. Le Chah voyait l'Ă©nergie nuclĂ©aire comme un pilier de la modernisation et du dĂ©veloppement de l'Iran. Il avait Ă©galement des ambitions rĂ©gionales et nationalistes, et il a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© qu'il envisageait potentiellement une option militaire nuclĂ©aire Ă  long terme, bien que cela soit sujet Ă  dĂ©bat. Quoi qu'il en soit, par la s   signature du TNP (TraitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire) en 1968 et sa ratification en 1970, l'Iran s'est engagĂ© Ă  ne pas dĂ©velopper d'armes nuclĂ©aires.

En 1979, après la rĂ©volution islamique qui a renversĂ© le Chah, le programme nuclĂ©aire a Ă©tĂ© mis en pause et ralenti en raison du chaos rĂ©volutionnaire, de la suspicion envers le Chah et de l'idĂ©ologie anti-occidentale du nouveau rĂ©gime. La guerre dĂ©vastatrice avec l'Irak  (1980-1988) a peut-ĂŞtre jouĂ© un rĂ´le dans la reprise ultĂ©rieure du programme nuclĂ©aire, certains arguant que cela a renforcĂ© le sentiment de vulnĂ©rabilitĂ© de l'Iran et la nĂ©cessitĂ© de dĂ©velopper des capacitĂ©s de dissuasion. Dans les annĂ©es 1990, l'Iran a relancĂ© son programme nuclĂ©aire, cette fois de manière plus discrète. Il a cherchĂ© Ă  acquĂ©rir des technologies et des Ă©quipements auprès de sources diverses, notamment sur le marchĂ© noir nuclĂ©aire dirigĂ© par le scientifique pakistanais A.Q. Khan.L'Iran a commencĂ© Ă  construire des installations nuclĂ©aires secrètes, notamment l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et le rĂ©acteur Ă  eau lourde d'Arak.

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, les services de renseignement occidentaux ont commencé à détecter des signes d'un programme nucléaire clandestin en Iran. En août 2002, un groupe d'opposition iranien a révélé l'existence des installations de Natanz et d'Arak, déclenchant une crise internationale. L'AIEA (Agence Internationale de l'Énergie Atomique) a commencé à mener des inspections en Iran pour vérifier la nature du programme nucléaire. L'Iran a initialement nié avoir des activités nucléaires non déclarées, mais les inspections ont révélé des preuves du contraire. Les États-Unis et d'autres pays occidentaux ont accusé l'Iran de chercher secrètement à développer des armes nucléaires, malgré les dénégations iraniennes qui insistaient sur la nature pacifique du programme. Le Conseil de sécurité de l'ONU a imposé une série de sanctions à l'Iran à partir de 2006, ciblant son programme nucléaire et son économie. D'autres pays, comme les États-Unis et l'Union Européenne, ont également imposé leurs propres sanctions. Des négociations intensives ont eu lieu entre l'Iran et le groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne) pour trouver une solution diplomatique à la crise.

Le 14 juillet 2015, après des annĂ©es de nĂ©gociations, l'Iran et le P5+1 ont conclu Ă  Vienne un accord historique, le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action). L'Iran s'est engagĂ© Ă  limiter considĂ©rablement son programme nuclĂ©aire en Ă©change de la levĂ©e progressive des sanctions internationales. Le JCPOA imposait des restrictions strictes Ă  l'enrichissement d'uranium, au stock d'uranium enrichi, au dĂ©veloppement de centrifugeuses avancĂ©es, au rĂ©acteur d'Arak et Ă  d'autres aspects du programme nuclĂ©aire iranien. Le JCPOA prĂ©voyait un rĂ©gime d'inspections renforcĂ© de l'AIEA pour vĂ©rifier le respect de l'accord par l'Iran. En contrepartie, les sanctions internationales liĂ©es au programme nuclĂ©aire iranien ont Ă©tĂ© progressivement levĂ©es. 

En mai 2018, le président américain Donald Trump a retiré unilatéralement les États-Unis du JCPOA et a rétabli les sanctions américaines contre l'Iran. Il a critiqué l'accord comme étant "terrible" et "unilatéral". Le rétablissement des sanctions américaines a eu un impact économique sévère sur l'Iran, portant ainsi un coup à l'héritage de Ruhani et à l'économie iranienne. En réponse au retrait américain et à la réimposition des sanctions, l'Iran a progressivement commencé à se désengager de certains de ses engagements au titre du JCPOA. Il a augmenté ses niveaux d'enrichissement d'uranium, a développé des centrifugeuses avancées et a réduit sa coopération avec l'AIEA. Le retrait américain du JCPOA a conduit à une escalade des tensions entre l'Iran et les États-Unis et à une nouvelle crise internationale. Depuis 2021, des négociations indirectes ont eu lieu pour tenter de relancer le JCPOA, mais elles sont restées largement infructueuses. Aujourd'hui, le programme nucléaire iranien est plus avancé qu'avant le JCPOA. L'Iran possède un stock important d'uranium enrichi à des niveaux de pureté plus élevés et a développé des centrifugeuses avancées. Les experts estiment que l'Iran est techniquement plus proche que jamais de pouvoir produire une arme nucléaire si elle le décidait). Cependant, l'Iran continue de nier avoir l'intention de développer des armes nucléaires et insiste sur la nature pacifique de son programme.

En février 2020, l'Iran a organisé des élections législatives et, en juin 2021, des élections présidentielles, dont est sorti vainqueur Ebrahim Raïssi, un religieux intransigeant avec une carrière de plusieurs décennies dans le système judiciaire iranien, mais avec une expérience en politique étrangère et en économie limitées. Sa présidence s'inscrit dans un contexte de tensions économiques persistantes, de pandémie de covid-19 et de pressions internationales continues. Raïssi a réaffirmé l'engagement de l'Iran à développer son programme nucléaire tout en cherchant à alléger les sanctions par le biais de négociations, bien que les progrès soient limités. Sous sa présidence, l'Iran a continué à enrichir de l'uranium à des niveaux supérieurs à ceux autorisés par l'accord sur le nucléaire iranien, augmentant les inquiétudes internationales. Raïssi a affirmé sa volonté de lever les sanctions tout en insistant sur le droit de l'Iran à poursuivre son programme nucléaire à des fins pacifiques. Les négociations pour rétablir l'accord ont été complexes, avec des avancées et des blocages successifs, reflétant les tensions persistantes entre l'Iran et les puissances occidentales, notamment les États-Unis.

Parallèlement, l'Iran a renforcé ses relations avec la Chine et la Russie, cherchant par là à contrer l'influence occidentale et à diversifier ses partenariats économiques et militaires. En 2021, l'Iran a signé un accord de partenariat stratégique de 25 ans avec la Chine, englobant des domaines tels que l'énergie, les infrastructures et la sécurité. Le rapprochement avec la Russie s'est traduit par la fourniture à ce pays d'équipements militaires (drones, principalement) pour l'aider dans sa guerre d'agression contre l'Ukraine.

L'Iran a cherché à renforcer son influence au Moyen-Orient en soutenant divers groupes et gouvernements alignés sur ses intérêts. Cela inclut le soutien au Hezbollah au Liban, au gouvernement syrien de Bashar al-Assad, aux milices chiites en Irak et aux Houthis au Yémen. L'Iran a aussi été impliqué dans plusieurs conflits par procuration dans la région. La guerre en Syrie a été particulièrement notable, avec l'Iran fournissant un soutien militaire significatif au régime d'Assad. De même, en Irak, les milices soutenues par l'Iran ont joué un rôle clé dans la lutte contre Daech mais ont également été sources de tensions avec les forces américaines et les gouvernements locaux. Ces actions ont accru les tensions avec les voisins sunnites de l'Iran, notamment l'Arabie saoudite, ainsi qu'avec Israël.

Sous la prĂ©sidence de RaĂŻssi, Ă  qui tout son itinĂ©raire a valu le surnom  de « Boucher de TĂ©hĂ©ran »,  l'Iran a Ă©galement Ă©tĂ© tĂ©moin de divers mouvements sociaux. Les manifestations contre la corruption, les difficultĂ©s Ă©conomiques et les restrictions sociales ont Ă©tĂ© rĂ©currentes. En 2019, de grandes manifestations ont Ă©clatĂ© suite Ă  une augmentation soudaine du prix du carburant, ce qui a conduit Ă  une rĂ©pression sĂ©vère (plus de 1500 personnes tuĂ©es). 

Des manifestations plus importantes encore ont eu lieu dans tout le pays en septembre 2022, après la mort d'une jeune femme kurde de 22 ans, Masha Alini, arrĂŞtĂ©e et rouĂ©e de coups par la police des moeurs pour avoir mal portĂ© son foulard (selon les critères du rĂ©gime). Cet Ă©vĂ©nement a agi comme un dĂ©tonateur, dĂ©clenchant un vaste mouvement de protestation inĂ©dit. Des foules de femmes et d'hommes sont descendues dans les rues en scandant « Femmes, vie, libertĂ© »  (Zan, Zendegi, Azadi), brĂ»lant publiquement leur voile et se coupant les cheveux en signe de solidaritĂ©. La rĂ©action de la police a, cette fois encore, Ă©tĂ© plus brutale : 560 personnes, dont près de 70 mineurs, ont Ă©tĂ© assassinĂ©es par le rĂ©gime dans la rue ou dans les prisons. Vingt mille personnes ont Ă©tĂ© emprisonnĂ©es. Le 6 mars 2024, l'ONU a accusĂ© le rĂ©gime iranien de coordonner les crimes contre l'humanitĂ©. Le mouvement ne s'est jamais complètement Ă©teint par la suite. Il a changĂ© de forme mais a maintenu une pression constante sur les autoritĂ©s. Ebrahim RaĂŻssi est mort dans un accident d'hĂ©licoptère, au nord-ouest de l'Iran, le 19 mai 2024. De nouvelles Ă©lections prĂ©sidentielles ont Ă©tĂ© tenues en juin-juillet et ont donnĂ© la victoire Ă  Massoud Pezeshkian, prĂ©sentĂ© comme le moins conservateur des candidats en lice.

L'Iran a subi de graves revers stratĂ©giques sur la scène rĂ©gionale. L'affaiblissement de ses alliĂ©s historiques, le Hezbollah et le Hamas, a culminĂ© avec la chute du prĂ©sident syrien Bachar al-Assad, un alliĂ© clĂ©, en 2024. Avec IsraĂ«l, les tensions ont atteint un niveau sans prĂ©cĂ©dent après la frappe aĂ©rienne israĂ©lienne sur un bâtiment du consulat iranien, Ă  cĂ´tĂ© de l'ambassade du pays Ă  Damas, le 1er avril 2024. En reprĂ©sailles, le 13 avril suivant,  l'Iran a lancĂ© une attaque dirigĂ©e directement contre le territoire israĂ©lien avec des drones, et des missile de croisière et  balistiques. Une frappe limitĂ©e a touchĂ© l'Iran en retour, le 18 avril 2024. Au final des dĂ©gats limitĂ©s de part et d'autre, chacun ayant visiblement veillĂ© Ă  contenir l'escalade.

Un coup le plus dur fut porté en juin 2025, lorsqu'Israël et les États-Unis ont mené une guerre de douze jours contre l'Iran, frappant ses infrastructures militaires et ses installations nucléaires, et tuant de hauts responsables de la sécurité. Cette attaque a brisé l'image de protecteur du régime, qui fondait sa légitimité sur sa capacité à garantir la sécurité extérieure du pays. La combinaison de ces défaites, d'une gestion économique désastreuse et de la réimposition de l'ensemble des sanctions internationales en septembre 2025 (via le mécanisme de snapback déclenché par les Européens) a précipité l'économie dans le chaos. La monnaie nationale s'est effondrée, l'inflation a explosé, et des biens de première nécessité sont devenus inaccessibles pour une large part de la population.

C'est dans ce contexte de crise totale que le mĂ©contentement a de nouveau explosĂ© fin 2025. Le 28 dĂ©cembre, les commerçants du Grand Bazar de TĂ©hĂ©ran, traditionnellement un pilier conservateur du rĂ©gime, ont fermĂ© leurs Ă©choppes, un acte de dĂ©fiance qui a fait tache d'huile dans tout le pays. Le mouvement, initialement focalisĂ© sur l'effondrement Ă©conomique, a rapidement fusionnĂ© avec les revendications politiques et sociales inassouvies depuis 2022, donnant naissance aux manifestations les plus massives et radicales jamais vues. Les slogans appelaient dĂ©sormais ouvertement Ă  la chute du rĂ©gime, certains manifestants allant jusqu'Ă  scander le nom de Reza Pahlavi, le fils de l'ancien chah en exil, symbole d'un retour Ă  la monarchie. 

Face à ce qu'elle percevait comme une menace existentielle, la réponse du régime a été d'une violence inouïe. Le 8 janvier 2026, l'accès à Internet a été entièrement coupé pour empêcher l'organisation et la visibilité de la contestation. Les forces de sécurité, notamment les Gardiens de la Révolution et les Bassidjis, ont reçu l'ordre de tirer sur la foule. Selon des sources au sein du ministère iranien de la Santé, le bilan des 8 et 9 janvier 2026 pourrait s'élever à 30 000 morts à travers le pays, ce qui en ferait l'un des massacres de manifestants les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale. D'autres estimations, plus prudentes, font état de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers de morts en quelques semaines. Des figures clés de la contestation ont été arrêtées et des centaines de manifestants ont été tués par les forces de sécurité.

Si la répression sanglante a semblé, fin janvier 2026, avoir vidé les rues, la situation est loin d'être stable. Le régime, dirigé par un guide suprême âgé de 86 ans et dont la santé est jugée fragile, est plus isolé que jamais sur le plan international, et son économie est en ruine. La perte de ses relais régionaux et l'échec de sa dissuasion militaire l'ont considérablement affaibli. C'est dans ce contexte que des frappes massives ont et menées sur l'Iran par Israël et les Etats-Unis, le 28 février 2026. Dès le premier jour, elles ont tué plusieurs hauts responsables iraniens, à commencer par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.



François Heisbourg, Iran, le choix des armes?, Stock, 2007. - L'Iran va-t-il ou non gagner la partie de bras de fer avec l'Occident, en se dotant de l'arme nucléaire? La question est de première importance, non seulement en raison des déclarations du président Ahmaninejad et de l'idée d'une croisade anti-occidentale, mais aussi parce que ce serait l'avènement d'un monde nouveau où la possession de l'arme atomique serait la règle et non plus l'exception. Le livre s'articule ne plusieurs parties avec tout d'abord un état des lieux : - origine et motivations de la décision iranienne; - état actuel du programme balistique et atomique iranien; - poids des acteurs extérieurs et leurs intérêts, États-Unis, Israël, Chine Russie, Inde, Europe; - situation intérieure de l'Iran et luttes pour le pouvoir; - contexte stratégique régional, voisins arabes de l'Iran. Puis François Heisbourg examine les scénarios possibles : coopération, coercition ou confrontation, et si confrontation, de quelle nature? avec quelles conséquences prévisibles ou possibles?

Le livre a été écrit à mesure du déroulement des événements et paraît au moment où l'Assemblée des Nations Unies se réunit pour débattre de la question iranienne. (couv).

Yves Porter, Les Iraniens, histoire d'un peuple, Armand Colin, 2006. - On connaĂ®t la question posĂ©e par Montesquieu : "Comment peut-on ĂŞtre persan?" C'est pour y rĂ©pondre que l'on tente ici de retracer "l'histoire d'un peuple", en Ă©cho au titre de la collection. Mais peut-on d'ailleurs parler d'"un" peuple? Si l'Iran est, Ă©tymologiquement, le "pays des Aryens", il constitue en rĂ©alitĂ© une mosaĂŻque qui s'est formĂ©e sur une très longue durĂ©e, mĂŞlant des religions et des groupes ethnolinguistiques diffĂ©rents. 

Ainsi, ceux qu'on appelle les Iraniens ne sont probablement pas apparus avant la fin du IIe ou le dĂ©but du Ier millĂ©naire avant J.-C. De mĂŞme, le chiisme duodĂ©cimain, aujourd'hui Ă  la base de la Constitution de la RĂ©publique islamique, ne s'est Ă©tabli comme religion d'Etat qu'Ă  partir du dĂ©but du XVIe siècle. 

Après un rapide survol de la configuration physique du territoire, l'auteur retrace les principales étapes historiques de ce monde iranien aux multiples facettes. Parallèlement à l'histoire événementielle, quelques détours mettent en lumière des sites ou des monuments remarquables, des personnalités de l'art et de la culture des différentes époques. (couv.).

Shirin Ebadi, Iranienne et libre, La Découverte, 2006. - Avocate (elle fut la première femme iranienne à devenir avocate en 1975) et militante des droits de l'homme, Shirin Ebadi incarne aujourd'hui la résistance des femmes iraniennes au pouvoir autocratique du régime islamique de Téhéran. À ce titre, son action fut distinguée en 2003 par le comité d'Oslo qui, pour la première fois, attribua son prestigieux prix Nobel de la paix à une femme musulmane. Ce livre raconte une vie tout entière consacrée à la justice. C'est aussi le récit des combats d'une femme exceptionnelle contre l'obscurantisme religieux et l'oppression des femmes. (couv.).

 
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