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| Les Bellini
sont une famille de peintres vénitiens des XVe
et XVIe siècles. Ce nom a été illustré
par trois maîtres considérables qui ont joué un rôle capital dans la
création de l'école de Venise :
Jacopo
Bellini.
On sait, par des témoignages autographes,
que Jacopo a longtemps parcouru l'ltalie L'auteur est un curieux qui s'intéresse
à toutes les possibilités, à toutes les formes de l'art graphique. La
nature vivante l'émeut autant que l'Antiquité.
Il dessine des animaux comme son contemporain
Vittore Pisano, il étudie des projets de compositions à nombreux personnages,
il cherche des attitudes mouvementées et difficiles, il s'exerce aux problèmes
de la perspective, il crayonne des portraits
pleins de caractère, il multiplie avec une patience d'archéologue les
reproductions d'après les monuments épigraphiques, les statues,
les bas-reliefs, le décor sculpté du monde
romain. A ce point de vue, Jacopo Bellini est le précurseur immédiat
et le vrai maître d'Andrea Mantegna qui devait
plus tard devenir son gendre.
Aux approches de 1430, Jacopo était de retour à Venise. Les oeuvres qu'il y fit alors sont perdues ou, si elles existent, elles n'ont pas de date certaine. En 1436, il est provisoirement fixé à Vérone. Il peignit sur un des murs de la cathédrale une Crucifixion, qui n'a été effacée ou recouverte qu'au XVIIIe siècle par un évêque ennemi de la peinture archaïque. Une autre Crucifixion de la même époque serait conservée au palais épiscopal de Vérone. De retour à Venise, Jacopo exécuta des fresques dans une chapelle de l'église San Zaccaria (1442). Il en reste encore quelques vestiges fort délabrés et noircis : c'est à peine si l'on y reconnaît la main d'un artiste qui n'a pas tout à fait rompu avec les rudesses primitives. Un peu plus tard et sans doute à partir
de 1444, Jacopo Bellini fit un assez long séjour à Padoue,
où il put connaître Donatello qui travaillait
alors au modèle de la statue équestre de Gattamelata; il y rencontra
aussi un maître fort autorisé, Squarcione,
et il semble avoir été un instant son rival. Jacopo parait s'être installé
à Padoue, et y était encore en 1459. Il avait amené avec lui ses deux
fils, Gentile auquel il s'était plu à donner le prénom de son cher maître
Gentile da Fabriano, Giovanni qui, comme son frère, s'exerçait déjÃ
à la peinture, et la jeune Nicolosia dont Mantegna allait devenir le mari.
C'est à ce moment que Jacopo peignit au Santo le tableau d'autel de la
chapelle de Gattamelata. Ses fils l'aidèrent dans cette oeuvre qui a péri,
mais qui portait l'inscription suivante : lacobi Bellini Veneti patris
ac Gentilis et Joannis natorum opus, avec la date 1460. L'écrivain
anonyme dont J. Morelli a publié les notes a vu à Padoue d'autres ouvrages
de Jacopo. Il y avait de lui une figure à fresque
sur un des pilastres du Santo; et chez des
amateurs, de précieux portraits, celui du
père de Leonico Tomeo et celui à jamais regretté de Gentile da Fabriano.
Il est possible qu'après avoir terminé les travaux qui le retenaient
à Padoue, Jacopo soit retourné à Venise
et qu'il y soit mort; mais nous ne savons rien d'exact sur les dernières
années de sa vie.
Gentile
Bellini.
En même temps, Gentile faisait beaucoup
de portraits, et - chose nouvelle pour Venise
- il les peignait à l'huile, car, comme
son frère, il s'était lié vers 1473 avec Antonello de Messine qui, au
retour de son voyage en Flandre Bien que Gentile Bellini n'eût pas donné
dès cette époque l'exacte mesure de ses forces, il était déjà l'espoir
de l'école et il jouissait de la considération universelle. On en eut
la preuve lorsque Mehemet II pria la République
de lui envoyer son meilleur peintre. Gentile fut désigné, et, le 3 septembre
1479, il partit pour Constantinople.
Il fut très noblement accueilli : il peignit le portrait du sultan, celui
sans doute qui se retrouve en Angleterre
Procession sur la place Saint-Marc, à Venise, par Gentile Bellini (1496, Accademia). C'est à cette manière nouvelle que se
rattachent les derniers tableaux de Gentile. Plusieurs ont péri; mais
il nous reste encore au musée de l'Accademia de Venise
la Procession sur la place Saint-Marc (1496) et le Miracle de
la Sainte-Croix (1500). Ces deux peintures, qui proviennent de la Scuola
de Saint-Jean-l'Evangéliste, ne sont pas seulement précieuses pour l'art;
elles ont une valeur archéologique indiscutable, car elles conservent,
avec l'autorité d'un témoin fidèle, l'aspect de Venise au moment où
finissait le XVe siècle. La galerie Brera
à Milan Gentile Bellini n'a pas été seulement un peintre de scènes historiques; il a peint des madones, comme celle du musée de Berlin; il a été aussi un éminent portraitiste, assidu à conserver la physionomie particulière de ses modèles et à dire quelque chose de leur caractère moral. Indépendamment de l'effigie de Mehemet, on cite de lui le portrait d'un doge (musée Correr à Venise), celui de la reine Cornaro à Budapest, et au Louvre, le tableau, d'une exécution à la fois si généreuse et si souple, qui réunit en un même cadre les visages de deux jeunes gens. Ces portraits ne sont pas, comme un le croyait jadis, ceux de Gentile et de son frère. Mais, pour être inconnus, les deux personnages représentés n'en sont pas moins d'une distinction suprême et d'une saveur toute vénitienne. Ici, il ne reste plus rien des procédés méticuleux du passé et des sécheresses d'Antonello de Messine. Avant 1507, l'école deVenise est complètement affranchie dans le portrait. Titien va venir. Giovanni
Bellini.
Cet exemple - et l'on en pourrait citer d'autres - suffit à établir que le second des Bellini a obéi longtemps à l'inspiration mantegnesque. Elle est lisible encore dans l'admirable tableau de la galerie Brera, où l'on voit le Christ mort soutenu par la Vierge pleurante et par saint Jean. De toutes les peintures de l'école de Venise, c'est peut-être la plus expressive. Giovanni lui-même n'est jamais allé plus loin dans la note pathétique. Mais peu à peu il remplaça cette passion pour le drame par des qualités nouvelles. En 1474,. il travaillait avec son frère à la décoration de la salle du Grand Conseil au palais des doges et il y montra dans de vastes compositions historiques une curieuse entente du mouvement et de la vie. C'est alors que, s'étant lié avec Antonello de Messine, il apprit de l'artiste voyageur les procédés de la peinture à l'huile et renonça presque complètement à la détrempe qui jusque-là lui avait suffi. Il trouva dans ce nouveau mode de travail des souplesses qui lui permirent d'exprimer de la manière la plus délicate le modelé des carnations féminines ou juvéniles et de marier les tons dans un ensemble plus harmonieux. Bientôt Giovanni Bellini commença cette
suite presque innombrable de Madones pour lesquelles il a créé
un type particulier fait de gravité mélancolique, de mystère et de douceur
maternelle. Celle de l'Académie des Beaux-Arts (Gallerie dell'Accademia)
de Venise, où l'enfant est représenté debout
retenu par les deux mains de sa mère, date de 1487. Mais déjà l'âge
du chef-d'oeuvre était venu pour Giovanni. C'est une incomparable merveille
que le tableau à trois compartiments qu'on peut admirer à l'église
Santa Maria dei Frari (1488). L'oeuvre affecte encore les dispositions
traditionnelles : le cadre est découpé et sculpté à l'ancienne mode.
La Vierge, tenant l'Enfant sur ses genoux, est assise comme une
statue sur un socle accosté de deux petits anges
musiciens : dans les compartiments latéraux, de saints personnages se
tiennent debout et recueillis. Les ornements d'une architecture simulée
se suivent dans les trois panneaux du triptyque et donnent de l'unité
à l'oeuvre, si grave d'ailleurs, si puissante et si douce dans son harmonie
chaleureuse. On peut étudier ici ces carnations ambrées qui expliquent
historiquement Giorgione, Vittore
Carpaccio et Titien. La même année (1488)
le maître acheva une autre peinture célèbre, conservée à San Pietro
de Murano, la Vierge adorée par le doge A. Barbarigo. Les figures
principales, les saints qui les assistent, les
anges ravis de leur propre musique, tous les
acteurs de la scène vivent dans une atmosphère chaude, lumineuse et respirable.
Présentation de Jésus au Temple, par Giovanni Bellini (1459, Galleria Querini Stampalia, Venise). . A la fin du XVe
siècle, Giovanni vieillissait, mais il était encore plein d'ardeur et,
plus que jamais, il se sentait entraîné vers l'art nouveau. Quelques-unes
de ses dernières peintures sont des chefs-d'oeuvre. De ce nombre est la
grande composition qui décore une des chapelles
de l'église San Zaccaria (Venise).
La Vierge glorieuse y trône, superbe et douce, ayant auprès d'elle
saint Jérôme et saint Pierre, sainte Catherine et sainte
Lucie. Cette composition, où la grandeur s'allie à la grâce, est
de 1505. Le sentiment est toujours le même, l'exécution ne trahit aucune
lassitude et cependant l'auteur était presque octogénaire. Albrecht
Dürer, qui se trouvait à Venise en 1506
écrit que Giovanni Bellini est bien vieux, mais qu'il est encore le meilleur
des peintres de la ville. Qu'eut-il dit, s'il fut revenu en 1513? Il aurait
vu Giovanni peindre pour l'église San Gian Crisostomo le beau tableau,
où se groupent, dans un profond paysage, les ascétiques figures de saint
Jérôme, saint Christophe et saint Augustin. Les années passaient
légères et clémentes sur le front du maître infatigable.
Extase de Saint François, par Giovanni Bellini (ca. 1480). . -
Il est sorti de l'atelier de Giovanni une légion d'élèves qui, pour la plupart, sont devenus des maîtres : Giorgione et Titien sont les plus fameux; mais l'histoire ne doit oublier ni Lorenzo Lotto, ni Cima da Conegliano, ni Girolamo da Santa Croce. Lorsqu'il mourut en 1516, Bellini avait transformé l'art vénitien, et son action fut aussi durable que bienfaisante. (Paul Mantz). |
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| Bellini
(Laurent). - Célèbre anatomiste, né à Florence
en 1643, mort en 1704, professa pendant 30 ans la médecine
et l'anatomie |
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| Bellini (Vincent). - Compositeur né à Catane (Sicile) en 1802, mort à Puteaux près Paris en 1835, a fait pour les théâtres de Naples, de Milan et de Paris, plusieurs opéras qui eurent un grand succès : il Pirata, la Straniera, la Sonnambula, Norma, i Puritani; il promettait de nouveaux chefs-d'oeuvre quand il fut enlevé par une mort prématurée. Cet artiste laissait à désirer pour l'harmonie et l'orchestration; mais il excellait dans l'expression des sentiments tendres et mélancoliques : ses accents vont au coeur. Norma est regardée comme son triomphe. |
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