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Padoue

Padoue (Anc. Patavium, en italien Padova) est une ville d'Italie, ch.-l, de la province de ce nom; elle est située sur le Bacchiglione et sur un canal qui débouche dans la Brenta, au milieu d'une plaine fertile, à 37 km à l'Ouest de Venise. Elle est peuplée  par 201 000 habitants. A Padoue sont nés Tite-Live, Asconius Pedianus, Mantegna, Jean le Padouan, J. B. Belzoni, etc. 

La décadence de Venise en a fait la cité la plus vivante et la plus riche de la Vénétie. Par le chiffre croissant de sa population, par l'importance de ses maisons de banques et le développement de son commerce, par sa situation au point de croisement de lignes ferrées qui la relient au Sud à Bologne (123 km), à l'Ouest à Milan  (228 km), au Nord à Bellune (110 km), à l'Est à Venise (37 km), elle est devenue le centre économique des provinces comprises entre les Alpes, le Pô et le Mincio. Elle en est depuis longtemps le centre intellectuel. Son Université,  où professèrent Galilée, Fallope, etc., est une des plus anciennes d'Italie, puisqu'elle a été fondée en 1222, et une des plus fréquentées. 
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Bas-relief : plan de Padoue.
Ancien plan de Padoue sur un bas-relief de la façade de l'église santa Maria del Giglio, à Venise.
© Photo : Serge Jodra, 2012.

Monuments.
La ville ancienne est entourée par une veille enceinte, de forme elliptique, traversée par les dérivations du Bacchiglione, sillonnée par des rues étroites, tortueuses et souvent bordées de galeries (portici), ne couvre pas entièrement l'espace compris entre les murs qui l'enserrent, et dont elle est séparée par d'immenses jardins; aussi la circulation, très inégale, est-elle aussi active au centre que nulle sur la périphérie. Elle est traversée par une grande artère, qui, sous des noms divers, la parcourt dans sa plus grande largeur. Au point de vue artistique, elle ne peut lutter avec Venise, Bologne où même Vérone, mais elle contient un certain nombre de monuments intéressants. 

1° Au centre et sur la rue centrale se trouvent, concentré sur un étroit espace, les places Garibaldi et Cavour, le Palais de l'Université orné de belles arcades construites en 1552 par Sansovino, et le café Pedrocchi, une des curiosités de la ville. Un peu plus au Sud la place Victor-Emmanuel ou Prato della Valle est un immense espace planté d'arbres, orné de statues et bordé par la grandiose église de Sainte-Justine (1516-1532);

2° le quartier Sud-Est contient les principales curiosités de Padoue : l'église Saint-Antoine, immense construction consacrée au patron de Padoue (115 m de long sur 55 de large), commencée en 1231, achevée en 1575, restaurée en 1749, remarquable par l'alliance du style gothique et du style byzantin, ornée d'une magnifique chapelle contenant les reliques du saint; la Scuola del Santo, édifice annexé à l'église et contenant 17 fresques de Titien (1508-1511); le Musée municipal, élégant bâtiment moderne ; enfin la statue équestre du condottiere Gattamelata, achevée par Donatello en 1453;

3° dans le quartier Nord-Est sont situées deux églises voisines, riches en chefs-d'oeuvre de la peinture; l'une, celle des Eremitani, bâtie au XIIIe siècle et restaurée en 1880, renferme des fresques de Mantegna et de ses contemporains de l'école du Squarcione, qui comptent parmi les oeuvres d'art les plus considérables du Nord de l'Italie; dans l'autre, la Madonna dell' Arena (1303), on admire des fresques intéressantes de Giotto;

4° dans le quartier Ouest on remarque : le Dôme, ou cathédrale, édifice du milieu de la Renaissance, renfermant le tombeau de Pétrarque; la Piazza dell'Unita d'Italia, bordée au Sud par la Loggia del Consiglio, beau monument du commencement de la Renaissance; le Salone ou palais de justice construit de 1472 à 1219, et dont le nom vient d'une immense salle voûtée en bois, datant de 1420 (de 83 m de long sur 28 de large); enfin le palais municipal.

Histoire.
Padoue (Patavium) est une des plus anciennes villes de l'Italie du Nord. Selon la légende, elle aurait été fondée par le Troyen Anténor; d'après l'histoire, elle appartint d'abord à la confédération étrusque du Nord, puis aux Vénètes; elle pouvait mettre en ligne 20.000 hommes et défit en 302 av. J.-C. le roi de Sparte Cléonyme. Elle accepta la domination romaine et devint un municipe vers 215. Enrichie par le commerce, ce fut la plus opulente ville de l'Italie du Nord, illustrée par Tite-Live qui y naquit en 59 av. J.-C.  Ses habitants passaient pour lourds; mais on louait leurs moeurs; le latin qu'on parlait à Padoue n'était pas très pur et l'on accusait Tite-Live lui-même de patavinité.

Saccagée successivement par Alaric (413), par Attila (452) et par Totila, abandonnée par une grande partie de ses habitants, qui se réfugièrent au milieu de la lagune dans l'île de Rialto (à Venise), elle fut reconstruite par Narsès, puis prise et brûlée, après une longue résistance, par les Lombards d'Agilulf (610). 

Occupée ensuite par Charlemagne, puis par les Hongrois, elle acquit son autonomie municipale, confirmée par Otton ler, et se gouverna sous la direction de deux consuls annuels. En 1164, elle entra dans la ligue lombarde, accéda à la trêve de Venise (1177). 

Les podestats qu'elle avait mis à la tête de la commune en 1475 menacèrent bientôt ses libertés; choisis dans la maison de Romano, ils devinrent de véritables seigneurs; le plus illustre d'entre eux, Ezzelino da Romano, exerça de 1237 à 1256 une terrible tyrannie. Après sa chute et la victoire des Guelfes, les dissensions entre le peuple et la noblesse obligèrent à recourir de nouveau à un podestat qui fut choisi dans la famille de Carrara

En 1311, la cité se donna à l'empereur Henri VII qui y établit Gérard d'Isola; mais l'année suivante, elle le chassa, et bientôt rappela Niccolo et Obizzo de Carrara. Après une sanglante guerre avec Vicence, Jacopo de Carrara fut proclamé capitaine général (1318). Sa famille conserva la principauté de Padoue jusqu'en 1405. Francesco 1er, allié de Jean-Galéas de Milan contre les Vénitiens, fut trahi par son allié qui l'emprisonna et le fit mourir (1393). Son fils Francesco Il fut dépouillé par les Vénitiens de ses possessions, et en dernier lieu de Padoue (1405), puis étranglé avec sas deux fils (1406). 

La ville fut annexée au territoire vénitien et, en 1509, c'est la résistance qu'elle opposa à l'empereur Maximilien qui fit échouer l'entreprise de la ligue de Cambrai contre la république de Venise. Elle y resta annexée jusqu'en 1797; occupée le 28 avril par les Français, elle fut cédée à l'Autriche le 17 octobre par le traité de Campo-Formio. Le traité de Presbourg (26 décembre 1805) la donna à Napoléon Ier, qui l'adjoignit au royaume d'Italie ou elle fut le chef-lieu du département de la Brenta. Le traité de Paris du 30 mai 1814 et: les traités de Vienne la rendirent à l'Autriche. Le 8 février 1848, elle s'insurgea sans succès. Le traité de Vienne du 3 octobre 1866 la rétrocéda à Napoléon III et par son intermédiaire à l'Italie. (Albert Pingaud).

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Dictionnaire Villes et monuments
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