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Les Parthes
Les Parthes, c.-à-d. bannis en langue scythique, sont un peuple de  l'Asie, formé d'exilés scythes, qui s'établirent, à une époque inconnue, au Sud-Est de la mer Caspienne, dans le voisinage des Hyrcaniens. Sujets tour à tour des Perses, d'Alexandre et des Séleucides, ils restèrent dans l'obscurité jusqu'en 255 av. J.-C., époque où l'un d'eux, nommé Arsace, se souleva contre Antiochus II Théos. Son successeur, Arsace II, joignit l'Hyrcanie à la Parthiène, et, avec le secours des Grecs de la Bactriane, révoltés contre Séleucus II, triompha des Syriens. 

C'est alors que le royaume des Parthes commence véritablement à exister, 238. Reconnus libres par Antiochus le Grand, en 211, les Parthes devinrent conquérants avec Mithridate Ier ou Arsace VI, qui enleva plusieurs provinces aux Grecs de la Bactriane, soumit l'Inde jusqu'à l'Hyphase, et, vers l'Ouest, prit sur les Séleucides la Médie, 160, la Babylonie, l'Assyrie, la Mésopotamie, donna son frère pour roi aux Arméniens, 149, et fit prisonnier le roi de Syrie, Démétrius II. Mais Phraate II perdit toutes ses conquêtes, et fut tué dans une expédition contre les Scythes, comme son fils Mithridate II par les Arméniens, qui, sous Tigrane, devinrent un instant le peuple prépondérant de cette partie de l'Asie, 88. 

L'abaissement de l'Arménie après la ruine de Mithridate, roi de Pont, et la réduction de la Syrie en province romaine, 64, mirent en contact les Romains et les Parthes, séparés par l'Euphrate. Les vaines tentatives de Crassus, 54, et d'Antoine, 36, convainquirent Auguste de l'inutilité d'une expédition, et, profitant des embarras intérieurs de Phraate IV, qui, détesté de ses sujets, voulait s'assurer l'appui de l'Empire, il exigea qu'il lui rendit les aigles enlevées aux armées de Crassus et d'Antoine, et lui livrât ses fils et ses petits-fils en otages. Pendant les règnes d'Auguste, de Tibère et de Claude, les Parthes vinrent chercher à Rome des souverains, qu'ils massacraient bientôt, les accusant d'avoir oublié dans les délices de Rome les manières de vivre de leurs ancêtres. 

L'Arménie, dont les deux Empires se disputaient le droit de nommer le souverain, amena Trajan sur les bords du Tigre, 114, et, après une campagne longue et glorieuse, ce fleuve devint, à la place de l'Euphrate, la frontière de l'empire romain. Mais Hadrien rendit le pays conquis. Cependant les Parthes attirèrent encore sur eux les armes romaines par leurs invasions. Séleucie et Ctésiphon furent pris par Cassius, lieutenant de Lucius Vérus, collègue de Marc-Aurèle. La première ne se releva pas de ses ruines; Ctésiphon fut pris une deuxième fois par Septime-Sévère, 197, et Caracalla enleva définitivement aux Parthes l'Osrhoène. Ces désastres et des troubles intérieurs amenèrent bientôt la chute de l'empire des Parthes. 

Un soldat persan, Artaxerxès ou Ardschir, fils ou petit-fils de Sassan, souleva la Perse, la Mésopotamie, la Médie, tua le dernier Arsacide, Artaban IV, et fonda le second empire persan ou empire des Sassanides, 226. 

Les Parthes étaient renommés comme cavaliers et comme archers : ils vivaient presque toujours à cheval, et c'était en fuyant qu'ils étaient le plus redoutables, attirant l'ennemi sur leurs traces et lui décochant des flèches en courant. Une armure de mailles de fer, qui couvrait presque entièrement le cheval et le cavalier, les rendait à peu près invulnérables. Leur infanterie était composée en grande partie d'esclaves. 

Le roi et les grands avaient adopté de bonne heure les habitudes fastueuses, les vices et la corruption des monarques orientaux, en y joignant un goût assez vif pour les arts et la littérature des Grecs. Le roi Orodès faisait représenter dans son palais les Bacchantes d'Euripide, quand on lui apporta la tête de Crassus; les médailles des Arsacides portent des légendes en langue grecque, et, entre autres titres de ces princes, on lit celui de Philhellène ou ami des Grecs.

Le gouvernement était monarchique. Les rois pouvaient désigner leur successeur, ou l'aristocratie choisissait son souverain, sans tenir compte de la priorité de naissance, pourvu qu'on ne sortit pas de la famille royale des Arsacides. L'aristocratie était représentée par un sénat, qui pouvait déposer le roi. Un généralissime ou suréna avait le commandement des forces militaires, et, s'il laissait au roi l'apparence du pouvoir, il l'exerçait en réalité. L'Empire était divisé en 18 grandes provinces, qui formaient comme autant de principautés particulières, confiées soit aux fils, soit aux frères du roi, soit à des hommes puissants, qui, portant le diadème et ayant le titre de roi, ne laissaient au souverain qu'une autorité nominale, et lui suscitaient un compétiteur lorsqu'il voulait leur faire sentir son autorité.

La religion des Parthes était celle de Zoroastre (Mazdéisme), qu'ils avaient adoptée depuis qu'ils avaient été soumis par les Perses; mais Ils l'avaient profondément altérée par le mélange de superstitions étrangères, surtout des croyances helléniques; on comptait 70 sectes différentes, qui interprétaient chacune à leur manière les doctrines de Zoroastre. (Dz).

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