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La Bavière

Bavière, Noricum, puis Boiaria ou Bajuvaria en latin, Baiern ou, auj., Bayern en allemand. Aujourd'hui land d'Allemagne du Sud, jadis royaume, composé de deux parties séparées par le royaume de Wurtemberg et le grand-duché de Bade, et situées, l'une à l'Est, sur le Danube, l'autre à l'Ouest, sur la rive gauche du Rhin. La première, qui formait la presque totalité du royaume, avait pour bornes, au Nord les principautés de Reuss, les duchés et le royaume de Saxe; à l'Ouest la Hesse électorale, les grands-duchés de Hesse-Darmstadt et de Bade et le royaume de Wurtemberg; au Sud et à l'Est le Vorarlberg, la Bohème et l'Inn. La deuxième, beaucoup plus petite, était comprise entre le grand-duché de Bade à l'Est le grand-duché de Darmstadt au Nord-Est, celui du Bas-Rhin à l'Ouest, et la France au Sud; capitale, Munich.

Au temps de César, cette contrée paraît avoir été encore déserte; mais sous Auguste on la voit déjà figurer au nombre des provinces romaines elle était comprise dans la Vindélicie et le Norique. Au Ve siècle, les Boii ou Boioarii, venus de Bohème, étendirent leurs possessions dans le Norique occidentale; ces nouveaux conquérants furent eux-mêmes soumis du temps de Dagobert par les Francs Austrasiens (630-660). A cette époque la Bavière était gouvernée par des ducs de la famille des Agilolfinges, dont le fondateur, Agilulf, régnait vers 530. Les ducs agilolfinges continuèrent à régir la Bavière au nom des rois francs jusqu'à Odilon, qui en 743 prit le titre de roi. Il essaya, mais en vain, de se soustraire à la suzeraineté de Charles Martel. Tassillon, son successeur (748-788), imitant son exemple, viola le serment de fidélité qu'il avait prêté, à Pepin et se ligua contre Charlemagne, d'abord avec Didier, roi des Lombards, et avec le duc d'Aquitaine, puis avec les Avars; mais vaincu et pris par le roi des Francs, il alla finir ses jours dans un couvent (788). Charlemagne confia le gouvernement du duché à Gérold, comte de Souabe. Louis le Débonnaire l'érigea en royaume, 814, et le donna à son fils aîné, Lothaire, qui en 817 le céda à Louis le Germanique. Le royaume de Bavière comprenait alors, outre la Bavière propre, la Carinthie, la Carniole, l'Istrie, le Frioul, l'ancienne Pannonie, la Moravie et la Bohème

En 912, la dynastie des Carolingiens s'étant éteinte en la personne de Louis l'Enfant, les Bavarois se choisirent pour chef le margrave Arnoul; fils de Luitpold, qui prit le titre de duc. A sa mort (937), le duché passa successivement dans diverses maisons : il fut possédé par des ducs de la maison de Saxe (947-1004), de celle de Franconie (1004-1070), par les Guelfes ou Welfs de la maison d'Este (1070-1139), puis par des ducs autrichiens; en 1180, il tomba entre les mains d'Othon, comte palatin de Bavière, descendant d'Arnoul de Wittelsbach, fils de Luitpold, et chef de la maison qui régna jusqu'à la fin du siècle XVIIIe siècle. Sous les successeurs de ce prince, le duché de Bavière, qui avait été considérablement réduit, reprit de nouveaux accroissements. Après la mort d'Othon l'Illustre (1253), ses deux fils, Louis II et Henri XIII, se partagèrent ses États : Louis régna sur la Haute-Bavière, et Henri sur la Basse. Louis III, dit le Bavarois, fils de Louis Il, réunit en 1312 la Haute et Basse-Bavière, et fut couronné empereur en 1313. Louis III agrandit considérablement ses domaines lorsqu'il mourut (1347) il possédait outre la Bavière, le Brandebourg, la Hollande, la Zélande, le Tyrol, etc. 
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Bavière : le château de Neuschwanstein.
Le château de Neuschwanstein, en Bavière. C'est le plus connu des châteaux que fit contruire
Louis II de Bavière. Son architecture et sa décoration sont un hommage à diverses légendes médiévales. Source : The World Factbook.

Les fils de Louis se partagèrent ces diverses provinces, et formèrent un grand nombre de branches qui s'éteignirent rapidement, de sorte qu'en 1507, Albert II de la branche de Munich, réunit de nouveau toute la Bavière. Les successeurs d'Albert s'opposèrent de toutes leurs forces à la réforme et prirent parti pour l'Empereur dans la guerre de Trente Ans. En récompense, l'empereur Ferdinand II éleva le duc Maximilien à la dignité d'électeur (1623), et rendit ce titre héréditaire dans sa famille. Cette dignité lui fut confirmée en 1648 par le traité de Westphalie. Son petit-fils, Maximilien-Emmanuel (1679-1726), s'étant déclaré pour la France dans la guerre de la succession d'Espagne, fut, après la bataille d'Hochstoedt (1704), mis au ban de l'Empire et il ne rentra dans ses droits qu'après la paix de Bade (1714). Charles-Albert, qui lui succéda, prétendit à la succession de l'empereur Charles VI, conquit la Bohème et l'Autriche, et se fit même couronner à Francfort en 1742, sous le nom de Charles VII; mais vaincu par François de Lorraine, à la tête des troupes autrichiennes, il se vit forcé non seulement de renoncer à l'empire, mais d'abandonner la Bavière elle-même à François de Lorraine; il mourut avant la fin de la guerre. Maximilien-Joseph, son fils, fit la paix avec François et recouvra ses États par la paix de Fussen (1745).

La Bavière jouissait d'un peu de repos lorsque la mort de Maximilien-Joseph, dernier rejeton des Wittelsbach, souleva de nouvelles discordes (1777). Charles-Théodore, électeur palatin, allié à cette famille, parvint cependant à régner en Bavière, malgré l'Autriche; et après sa mort (1799), son neveu, Maximilien-Joseph, lui succéda. La Bavière eut beau coup à souffrir pendant les guerres de la Révolution. Par la paix de Lunéville, elle dut céder ses possessions sur la rive gauche du Rhin, mais elle reçut d'amples compensations. Longtemps fidèle alliée de la France, elle fut obligée de lui fournir de nombreux contingents. Elle signa l'acte de la confédération du Rhin, et sous la protection de Napoléon, qui avait considérablement agrandi son territoire, elle fut érigée en royaume dès 1806; néanmoins, après les désastres de 1813, Maximilien tourna ses armes contre la France. Pour prix de cette conduite, il reçut au congrès de Vienne la confirmation de sa royauté et de ses possessions. Il donna en 1818 à ses États une charte constitutionnelle. Son fils, Louis I, signala son règne par son goût pour les  beaux-arts. Il abdiqua en 1848 en faveur de son fils Maximilien II qui, pour maintenir l'importance de la Bavière, s'est constamment opposé à toute tentative de centralisation de l'Allemagne. En 1866, la bavière se rapprocha de l'Autriche contre l'Allemagne. Elle gagna ainsi une période de complète indépendance. Mais en 1870, il ne lui fut plus possible de résister à la politique d'unification des Etats allemands menée par Bismark.  Le 23 novembre 1870, un traité fut signé qu, tout en garantissant des droits spécifiques à la Bavière, la rattachait à l'empire allemand.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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