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| La
civilisation chinoise est l'une des plus anciennes du monde, avec
une continuité culturelle, politique et linguistique remarquable qui s'étend
sur plus de quatre millénaires. Son berceau se trouve dans le bassin du
fleuve Jaune (Huang He), où se sont développées
les premières sociétés sédentaires vers 2000 av. JC. Ces communautés
agricoles, fondées sur la culture du millet, ont progressivement donné
naissance à des structures étatiques complexes, marquant le début de
ce que l'on considère comme la civilisation chinoise classique. La Chine
antique s'est construite autour d'une conception du monde centrée sur
l'harmonie cosmique, la hiérarchie sociale, la famille et le rôle central
de l'empereur, vu comme le Fils du Ciel, intermédiaire entre le
ciel et la terre.
Les premières dynasties chinoises, comme la Xia (mythique ou semi-légendaire) et la Shang (vers 1600–1046 av. JC), ont laissé des traces archéologiques importantes, notamment des inscriptions sur os oraculaires et des objets en bronze de grande qualité. La dynastie Shang est caractérisée par un système religieux animiste et ancestral, où les rois consultaient les ancêtres par la divination pour guider leurs décisions. L'art du bronze, utilisé pour des vases rituels, des armes et des instruments, atteint un haut niveau de sophistication. La dynastie suivante, la Zhou (1046–256 av. JC), s'impose en invoquant la Mandat du Ciel, une idée fondamentale selon laquelle le droit de régner est accordé par le ciel aux souverains vertueux, et retiré en cas de tyrannie ou de désordre. Ce concept justifiera les changements dynastiques tout au long de l'histoire chinoise. La période des Zhou est caractérisée par une décentralisation progressive du pouvoir, avec l'émergence de royaumes vassaux qui finissent par s'affronter lors de l'époque des Printemps et Automnes (771–476 av. JC) puis des Royaumes combattants (475–221 avant J.-C.). C'est dans ce contexte de fragmentation et de conflits que naît un extraordinaire essor intellectuel, souvent appelé le "printemps des cent écoles de pensée". Parmi les courants majeurs, le confucianisme, fondé par Confucius (Kong Fuzi), prône la vertu morale, le respect des rites (li), la piété filiale et l'ordre social fondé sur des relations hiérarchisées. Le taoïsme, attribué à Laozi et son Livre de la Voie et de la Vertu (Dao De Jing), valorise la simplicité, la spontanéité, l'harmonie avec le Tao (la Voie), principe fondamental de l'univers, et la non-action (wu wei). Le légalisme, développé par Han Feizi et appliqué par le premier empereur Qin Shi Huang, met l'accent sur la loi stricte, la discipline et le pouvoir absolu de l'État pour maintenir l'ordre. En 221 avant J.-C., après avoir conquis les six autres royaumes, le roi Zheng de Qin unifie la Chine et se proclame Qin Shi Huang Di, le Premier Empereur. Il instaure un empire centralisé, remplace les féodalités par des provinces administrées par des fonctionnaires nommés, impose un système de poids et mesures unique, standardise l'écriture et fait construire des routes et des canaux. Il ordonne également la construction de la Grande Muraille, en reliant et renforçant des ouvrages préexistants, pour protéger le nord des incursions des peuples nomades comme les Xiongnu. Cependant, son règne est marqué par une répression brutale des opposants, notamment des lettrés confucéens, et par la censure des textes jugés subversifs. La dynastie Han (206 av. JC – 220 ap. JC) succède aux Qin après une brève période de troubles. Elle consolide l'unité de l'empire, rétablit une certaine tolérance intellectuelle et adopte progressivement le confucianisme comme idéologie officielle de l'État. Sous les Han, un système de sélection des fonctionnaires par des examens commence à se mettre en place, fondé sur la connaissance des classiques confucéens. Ce système, perfectionné par la suite, deviendra un pilier de l'administration impériale pendant des siècles. Les Han étendent leurs frontières vers le sud, le sud-ouest et le centre de l'Asie, ouvrant la route de la Soie, un réseau commercial reliant la Chine à l'Inde, la Perse, l'Arabie et, indirectement, à l'Empire romain. Cette route favorise non seulement les échanges économiques (soie, porcelaine, épices), mais aussi culturels et religieux, notamment l'introduction du bouddhisme depuis l'Inde. Le bouddhisme, religion d'origine indienne, pénètre en Chine vers le Ier siècle de notre ère. Bien qu'initialement perçu avec méfiance comme une croyance étrangère, il s'adapte progressivement aux valeurs chinoises, intégrant des éléments du taoïsme et du confucianisme. Des écoles bouddhiques comme le Chan (plus tard appelé Zen au Japon) émergent, mêlant méditation, intuition et simplicité. Le bouddhisme influence profondément l'art, l'architecture (pagodes, grottes sculptées comme celles de Dunhuang), la littérature et la philosophie. Les périodes suivantes,
marquées par des divisions ( Les dynasties Song (960–1279) marquent une nouvelle période de prospérité économique et culturelle, malgré des pressions militaires croissantes. C'est sous les Song que l'on assiste à des avancées majeures : impression sur bois, utilisation de la boussole en navigation, développement de la monnaie papier, essor des villes marchandes et de la classe des lettrés-fonctionnaires. La philosophie néo-confucéenne, développée par des penseurs comme Zhu Xi, reformule les enseignements de Confucius en intégrant des concepts métaphysiques et en insistant sur l'étude des classiques et la rectification du coeur et de l'esprit. La domination mongole sous la dynastie Yuan (1271–1368), fondée par Kubilaï Khan, marque une interruption de la souveraineté chinoise, mais aussi une période d'échanges accrus avec l'Asie centrale et l'Europe, illustrée par le voyage de Marco Polo. La dynastie Ming (1368–1644) restaure le pouvoir chinois, reconstruit la Grande Muraille, lance des expéditions maritimes gigantesques sous l'amiral Zheng He, qui atteint l'Afrique de l'Est, et consolide l'architecture impériale avec la construction de la Cité interdite à Pékin. La céramique Ming, notamment la porcelaine bleue et blanche, devient célèbre dans le monde entier. La dynastie Qing (1644–1912), fondée par les Mandchous, est la dernière dynastie impériale. Elle étend les frontières de la Chine à leur plus grand territoire, en englobant le Tibet, le Xinjiang et Taïwan. Cependant, à partir du XVIIIe siècle, l'empire se rigidifie, résiste aux innovations occidentales et entre en déclin face aux pressions des puissances coloniales européennes. Les guerres de l'opium, les révoltes intérieures comme celle des Taiping, et les concessions étrangères affaiblissent progressivement l'autorité impériale. En 1912, après la Révolution de Xinhai, l'empire est aboli et la République de Chine est proclamée, mettant fin à plus de deux mille ans de monarchie. Le XXe siècle voit des bouleversements profonds : guerres civiles, invasion japonaise, montée du communisme, et en 1949, la fondation de la République populaire de Chine sous la direction du Parti communiste chinois, tandis que Taïwan devient un État séparé. Malgré ces transformations, la civilisation chinoise conserve une identité forte, fondée sur une langue écrite commune (le chinois classique puis le mandarin), une tradition philosophique et morale ancrée dans le confucianisme, un respect profond de la famille et des ancêtres, et une conception de l'État comme garant de l'harmonie sociale. La Chine antique a également inventé ou perfectionné des technologies fondamentales : la soie, le papier, l'imprimerie, la poudre à canon, la boussole, dont l'impact a été mondial. Son héritage culturel — calligraphie, peinture, musique, cuisine, médecine traditionnelle, arts martiaux — a lui aussi acquis une notoriété mondiale. |
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