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| La physique |
| L'électromagnétisme |
| L'électromagnétisme
est une branche de la physique qui décrit les interactions entre les charges
électriques, qu'elles soient au repos ou en mouvement, à travers les
champs électriques et magnétiques. L'interaction électromagnétique
est l'une des quatre interactions fondamentales de la nature (avec la gravitation,
l'interaction forte et l'interaction faible). Elle est à l'origine d'une
vaste gamme de phénomènes que nous observons au quotidien, de la lumière
visible qui nous éclaire aux technologies de communication sans fil qui
nous connectent.
L'électromagnétisme classique est une théorie unifiée qui relie dans un seul cadre cohérent deux phénomènes autrefois considérés comme indépendants : l'électricité et le magnétisme. Cette unification a été réalisée au XIXe siècle grâce aux travaux de scientifiques comme Michael Faraday, André-Marie Ampère, et surtout James Clerk Maxwell. La relativité d'Einstein a réalisé une unification supplémentaire, d'abord en consolidant l'unification précédente (les champs électrique et magnétique se transforment l'un en l'autre selon le référentiel d'observation.) et surtout en inscrivant dans un même cadre mécanique et électromagnétisme, dont les principes étaient jusque-là incompatibles. la formulation ultérieure de l'électromagnétisme selon les principes de la mécanique quantique a donné naissance à l'électrodynamique quantique, une théorie elle-même réunie à une autre intercation fondamentale, l'interaction faible, dans le cadre de la théorie électrofaible. Concepts fondamentauxLa charge électrique.Tout commence avec la notion de charge électrique, une propriété intrinsèque de certaines particules subatomiques, comme les électrons et les protons. La charge électrique peut être positive ou négative. Les charges de même signe se repoussent, tandis que les charges de signes opposés s'attirent. La
loi de Coulomb.
F = k0.|q.q'|/d² Dans le système
SI, F s'exprime en newtons (N), q et q' en coulombs
(C) et d en mètres (m). Le facteur k0,
aussi appelé constante de Coulomb (dans le vide), est reliée une grandeur
nommée la permittivité du vide, notée Le champ électrique.
Le champ magnétique.
La force de Lorentz.
F= q (E + v Λ B) où F est la force (vecteur) subie par une charge q en mouvement à la vitesse v dans un champ électromagnétique (E = champ électrique, B = champ magnétique). Le symbole Λ est celui du produit vectoriel qui traduit l'orthogonalité de F par rapprt à v et à B). Les équations de MaxwellA la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, les phénomènes électriques et magnétiques étaient le travail quotidien des physiciens. L'utilisation du concept de champ magnétique et électrique n'a été diffusée que lorsque James Clerk Maxwell a montré, entre 1861 et 1865, que tous les phénomènes électriques et magnétiques pouvaient être compris et synthétisés dans le cadre d'une unique théorie, dont Oliver Heaviside (1850-1925) et Josiah Willard Gibbs ont ensuite extrait les quatre équations sur lesquelles cette théorie repose et qui sont aujourd'hui appelées équations de Maxwell. Ces équations constituent le fondement de l'électromagnétisme classique et décrivent de manière exhaustive le comportement des champs électrique et magnétique et leurs relations avec leurs sources, à savoir les charges et les courants électriques. Elles montrent que les champs électriques et magnétiques sont interdépendants : un champ électrique variable crée un champ magnétique, et inversement.Loi de Gauss pour
l'électricité.
![]() (On donnera de la même façon les formes intégrales et différentielles pour les trois autres lois. NB : le point (.) désigne le produit scalaire, le lambda majuscule (Λ) désigne le produit vectoriel. Le symbole ∇ (nabla) peut désigner différents opérateurs : ∇. = divergence (div); ∇Λ = rotationnel (rot)).Loi de Gauss pour le magnétisme. Il n'existe pas de monopôles magnétiques. La deuxième équation, la loi de Gauss pour le magnétisme, stipule que les distributions des sources magnétiques sont toujours neutres dans le sens où elles ont un pôle nord et un pôle sud, autrement dit que le flux du champ magnétique à travers n'importe quelle surface fermée est toujours nul. Cela traduit mathématiquement le fait qu'il n'existe pas de monopôles magnétiques. Les lignes de champ magnétique se referment toujours sur elles-mêmes, formant des boucles continues. - ![]() Loi de l'induction
de Faraday.
![]() Loi d'Ampère-Maxwell.
![]() μ0​ : perméabilité du vide (4π.10−7 H/m) Ondes électromagnétiquesÀ partir des deux dernières équations, Maxwell a conclu que le résultat net de ces deux champs variables, électrique et magnétique, est la production d'une onde électromagnétique qui se propage dans l'espace, ce qui définit ainsi la composition électromagnétique de la lumière.Si un champ électrique varie dans le temps, il crée un champ magnétique variable. Ce champ magnétique variable, à son tour, induit un champ électrique variable, et ainsi de suite. Les deux champs se génèrent mutuellement et se propagent dans l'espace sous la forme d'une onde, même en l'absence de charges ou de courants. Ces ondes électromagnétiques se déplacent dans le vide à une vitesse constante, la vitesse de la lumière, soit approximativement 3.108 m/s (300 000 kilomètres par seconde). Elles ne nécessitent aucun milieu matériel pour se propager, contrairement aux ondes mécaniques. En général, les ondes électromagnétiques proviennent de charges électriques accélérées. L'ensemble des ondes électromagnétiques est appelé le spectre électromagnétique. Celui-ci comprend, par ordre croissant d'énergie ou de fréquence (ou par ordre de longueur d'onde décroissante), les ondes radio (radiodiffusion, télévision), les micro-ondes (téléphonie, radar, cuisson), l'infrarouge (thermographie, télécommandes), la lumière visible (vision, optique), l'ultraviolet (stérilisation, fluorescence), les rayons X (imagerie médicale) et les rayons gamma (médecine nucléaire, astrophysique). Toutes ces ondes ne sont que des manifestations différentes du même phénomène fondamental : l'interaction dynamique et propagative des champs électrique et magnétique, mais chaque type d'onde interagit différemment avec la matière ce qui explique qu'à chaque domaine du spectre correspondent des applications spécifiques. Électromagnétisme et relativité restreinteLa relativité restreinte, formulée par Albert Einstein en 1905, révolutionne la manière dont on comprend l'espace, le temps et les lois de la physique, notamment en ce qui concerne l'électromagnétisme. Avant cette théorie, les lois de l'électromagnétisme, telles que décrites par les équations de Maxwell, semblaient entrer en conflit avec les principes de la mécanique classique, en particulier avec la notion de vitesse absolue. La relativité restreinte résout ce conflit en révisant les concepts fondamentaux de l'espace et du temps, et en montrant que les lois de l'électromagnétisme sont non seulement compatibles avec cette nouvelle vision, mais qu'elles en constituent une expression naturelle.la relativité restreinte transforme l'électromagnétisme d'une théorie basée sur des champs séparés et des lois apparemment ad hoc en une théorie géométrique et unifiée, où le champ électrique et le champ magnétique ne sont que des projections d'un même objet fondamental, dépendant du point de vue de l'observateur. Cette unification n'est pas seulement esthétique : elle est nécessaire pour garantir que les lois de la physique soient les mêmes pour tous les observateurs inertiels, et elle prédit correctement des phénomènes comme l'induction électromagnétique ou la propagation des ondes lumineuses à vitesse constante. L'électromagnétisme, dans ce cadre, devient une manifestation directe de la structure de l'espace-temps lui-même. L'un des postulats fondamentaux de la relativité restreinte est que les lois de la physique sont identiques dans tous les référentiels inertiels, c'est-à -dire des systèmes de coordonnées en mouvement rectiligne uniforme les uns par rapport aux autres. Un second postulat affirme que la vitesse de la lumière dans le vide, notée c, est constante et identique dans tous les référentiels inertiels, indépendamment du mouvement de la source ou de l'observateur. Ce second postulat, en particulier, a des conséquences profondes sur la manière dont on conçoit les champs électriques et magnétiques. En mécanique classique, on considérait que les champs électrique et magnétique étaient des entités distinctes. Par exemple, un fil conducteur parcouru par un courant produit un champ magnétique, tandis qu'une charge au repos crée un champ électrique. Toutefois, la relativité restreinte montre que ces deux champs ne sont en réalité que deux aspects d'une même entité physique : le champ électromagnétique. Ce champ est décrit de manière unifiée par un objet mathématique appelé le tenseur électromagnétique, noté Fμν, qui regroupe les six composantes indépendantes des champs électrique E et magnétique B en un seul objet géométrique. Lorsqu'on change de référentiel inertiel — par exemple, en passant d'un observateur au repos par rapport à une charge à un observateur en mouvement par rapport à elle — les composantes de ce tenseur se transforment selon les règles de la transformation de Lorentz. Cela signifie que ce qui apparaît comme un champ électrique pur dans un référentiel peut apparaître comme une combinaison de champ électrique et magnétique dans un autre. Ainsi, l'électricité et le magnétisme ne sont pas des phénomènes indépendants, mais des manifestations différentes d'un même champ, selon le mouvement relatif de l'observateur. Un exemple classique illustre ce point : considérons un fil électriquement neutre parcouru par un courant. Dans le référentiel du laboratoire, les charges positives (ions fixes) et les charges négatives (électrons mobiles) se compensent, donc il n'y a pas de champ électrique. Cependant, le mouvement des électrons crée un courant, donc un champ magnétique. Si maintenant on place une charge test en mouvement parallèle au fil, elle subit une force magnétique. Mais si on se place dans le référentiel de la charge test, celle-ci est au repos. Or, dans ce référentiel, les électrons du fil, qui étaient en mouvement dans le laboratoire, sont maintenant moins rapides (ou plus rapides, selon la direction), tandis que les ions fixes du fil apparaissent en mouvement. En raison de la contraction de Lorentz, les distances entre les charges sont modifiées différemment selon leur vitesse, ce qui entraîne une densité de charge apparente non nulle dans ce nouveau référentiel. Il apparaît donc un champ électrique qui exerce une force sur la charge test, qui est au repos. Ce champ électrique dans le nouveau référentiel correspond exactement à la force magnétique observée dans le laboratoire. Ainsi, la force ressentie par la charge est la même, mais son interprétation (électrique ou magnétique) dépend du référentiel. Ce phénomène montre que les effets électriques et magnétiques sont relatifs au mouvement de l'observateur, et que seule la description unifiée par le champ électromagnétique est invariante. Les équations de Maxwell, qui régissent l'électromagnétisme, s'écrivent alors de manière compacte et covariante (c'est-à -dire respectant les symétries de la relativité restreinte) en utilisant le formalisme du tenseur électromagnétique et des quadrivecteurs. Par exemple, les deux équations de Maxwell sans sources (homogènes) s'écrivent comme la nullité de la dérivée extérieure du tenseur F, soit ∂λFμν + ∂μFνλ + ∂νFλμ = 0, tandis que les deux autres (avec sources) s'écrivent comme ∂μFμν = μ0 Jν, où Jν est le quadrivecteur densité de courant. La covariance de ces équations sous les transformations de Lorentz signifie qu'elles gardent la même forme dans tous les référentiels inertiels, ce qui est une exigence fondamentale de la relativité. Ainsi, la relativité restreinte ne modifie pas les équations de Maxwell — elle les justifie et les intègre dans un cadre plus profond, où l'espace et le temps sont unifiés en un espace-temps à quatre dimensions, et où les champs électromagnétiques sont des objets géométriques naturels de cet espace-temps. De l'électromagnétisme à l'électrodynamique quantiqueÀ l'échelle atomique, les lois classiques de l'électromagnétisme, bien qu'extrêmement précises à grande échelle, ne suffisent plus à décrire les phénomènes observés. Des effets tels que l'émission ou l'absorption discrète de lumière par les atomes, la stabilité des niveaux d'énergie électroniques, ou encore les interactions entre particules chargées et champs lumineux à très faible intensité, ne peuvent être expliqués par la théorie classique de Maxwell. C'est à ce stade que l'électrodynamique quantique (QED, Quantum Electrodynamics) prend le relais, en offrant une description complète, précise et fondamentalement nouvelle de l'interaction entre la lumière et la matière. Cette théorie ne se contente pas de corriger l'ancienne : elle en redéfinit complètement les fondements, en intégrant la dualité onde-particule, les fluctuations du vide, et la nature relativiste des particules. Elle marque ainsi le passage d'une description continue et déterministe à une description probabiliste, fondamentalement quantique, de l'interaction électromagnétique.L'électrodynamique quantique est une théorie quantique des champs qui décrit comment les particules chargées, notamment les électrons et les positrons, interagissent entre elles par l'intermédiaire du champ électromagnétique, dont le quantum est le photon. Contrairement à l'électromagnétisme classique, où les champs E et B sont des entités continues qui évoluent selon des équations différentielles, en QED, le champ électromagnétique est quantifié : il est constitué de particules élémentaires, les photons, qui sont des bosons de spin 1 et de masse nulle. Ces photons sont les médiateurs de l'interaction électromagnétique. Dans ce cadre, une charge électrique n'interagit pas directement avec une autre charge à distance, comme le suggère la loi de Coulomb classique. Au lieu de cela, les particules chargées échangent des photons virtuels — des photons qui ne sont pas directement observables, mais qui apparaissent comme des intermédiaires dans les calculs des interactions. Ces échanges sont décrits par des diagrammes de Feynman, des outils graphiques qui permettent de visualiser et de calculer les amplitudes de probabilité des processus quantiques. Par exemple, la répulsion entre deux électrons est interprétée comme l'échange d'un ou plusieurs photons virtuels entre eux, ce qui modifie leur trajectoire. Un point fondamental de la QED est qu'elle combine la mécanique quantique non relativiste, la relativité restreinte et la théorie quantique des champs. Cela signifie que les particules ne sont plus simplement des points matériels, mais des excitations de champs quantiques omniprésents dans l'espace-temps. L'électron, par exemple, est vu comme une excitation du champ électronique, décrit par un spineur de Dirac, solution de l'équation de Dirac (une équation relativiste qui prédit non seulement le spin de l'électron, mais aussi l'existence de son antiparticule, le positron). Lorsqu'un électron interagit avec le champ électromagnétique, cette interaction est décrite par un terme de couplage dans le lagrangien de la théorie, proportionnel à la charge électrique e et au produit du courant électromagnétique (associé à l'électron) par le potentiel électromagnétique (associé au photon). Ce couplage est faible — la constante d'interaction, appelée constante de structure fine (α ≈ 1/137), est petite — ce qui permet d'utiliser la théorie des perturbations pour calculer les probabilités des processus physiques avec une précision extraordinaire. La QED réussit à expliquer des phénomènes inaccessibles à la théorie classique. Par exemple, elle prédit avec une exactitude remarquable le moment magnétique de l'électron, en tenant compte des corrections dues aux boucles de photons virtuels et aux paires électron-positron apparaissant momentanément dans le vide quantique. Ce que l'on appelle le « vide » en QED n'est pas un espace vide au sens classique, mais un état dynamique foisonnant d'activités : des paires particule-antiparticule apparaissent et disparaissent constamment, et les champs subissent des fluctuations quantiques. Ces effets, comme la polarisation du vide, modifient les propriétés des particules et sont confirmés expérimentalement, par exemple dans l'effet Casimir ou le décalage de Lamb des niveaux d'énergie de l'hydrogène. De même, l'émission spontanée d'un photon par un atome excité, qui semble arbitraire en mécanique quantique non relativiste, trouve une explication naturelle en QED : elle résulte de l'interaction entre l'électron atomique et les fluctuations du champ électromagnétique quantifié, même en l'absence de champ extérieur. Le champ n'est jamais totalement « éteint »; même dans son état fondamental, il possède des fluctuations de point zéro qui peuvent induire la transition de l'électron vers un niveau d'énergie inférieur. La puissance de la QED réside aussi dans sa capacité à calculer des processus complexes, comme la diffusion Compton (photon sur électron), l'annihilation électron-positron en photons, ou la création de paires matière-antimatière à partir de photons très énergétiques. Chaque processus est décomposé en contributions de différents diagrammes de Feynman, et les résultats sont en accord avec les mesures expérimentales jusqu'à douze décimales près dans certains cas — ce qui en fait la théorie physique la plus précisément vérifiée de toute l'histoire des sciences. |
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