| On
avait déjà constaté, six cents ans avant JC, que l'ambre (èlektron)
acquérait par le frottement la propriété d'attirer les corps légers,
tels que morceaux de papier, fragments de liège, etc. Cette propriété
a été attribuée à une cause spéciale, qui a reçu le nom d'électricité.
La nature de l'électricité
a tardé à être connue. C'est seulement lorsque la structure de l'atome
et l'électron ont été découverts qu'il a
été possible de donner une explication aux manifestations électriques
de la matière.
L'électricité est
une propriété de petites particules constituant
l'atome, appelées électron et proton.
Ces deux particules sont entièrement différentes et il s'ensuit qu'il
existe deux types d'électricité, qu'on a qualifiés conventionnellement
de positive et de négative. L'électron est porteur de l'électricité
négative et et proton de l'électricité positive.
On appelle charge
élémentaire la quantité d'électricité de l'électron ou du proton.
Les valeurs des charges du proton et de l'électron sont numériquement
égales mais de signe différent. La charge e (notée aussi
qe
pour l'électron et qp pour le proton) de ces
particules est : e = ±1,6 x 10-19 coulombs.
Un corps, avec excès
ou défaut d'électrons, sera dit chargé et le nombre d'électrons en
excès ou en défaut donnera la mesure de sa charge. Lorsque le corps a
un excès d'électrons sa charge électrique
est négative; si le corps a un manque d'électrons, sa charge est positive.
• La quantité
q
de charge d'un corps électrisé est un multiple de la quantité de charge
fondamentale e : q = ±n.e (n' ' ).
Électricité statique
Isolants, conducteurs
et semi-conducteurs.
Au XVIIe
siècle, William Gilbert ,
médecin anglais, découvre les propriétés électriques d'une foule d'autres
corps que l'ambre; et, Ã la suite de nombreuses observations, on divisa
les corps en corps idio-électriques, pouvant s'électriser par
le frottement, et corps anélectriques, qui ne le pouvaient pas.
Cette distinction disparut vers 1725. Stephen Gray
montra que les corps pouvaient être divisés en bons conducteurs
et en mauvais conducteurs. La terminologie évolua encore par la
suite et on parle aujourd'hui de conducteurs, d'isolants et de semi-conducteurs.
Les
isolants.
On dit qu'un corps
est isolant lorsque les électrons ne peuvent pas le traverser;
la raison en est que le matériau qui le constitue ne possède pas ou très
peu d'électrons libres. Exemples de corps isolants : les verres,
les résines, le caoutchouc durci ou éboniye, la paraffine.
Les
conducteurs.
Un corps est un
conducteur
lorsqu'il permet, au contraire, aux électrons de circuler d'un bout Ã
l'autre. Le matériau qui le constitue ayant, dans ce cas, suffisamment
d'électrons libres. Exemples de corps conducteurs : les métaux, l'eau,
la vapeur d'eau, le corps humain.
Les
semi-conducteurs.
Un corps est un
semi-conducteur
lorsque les électrons ne peuvent le traverser que dans une seule direction.
Les matériaux ayant cette propriété sont issus d'un procédé technique,
appelé dopage, qui consiste à introduire des impuretés (de l'arsenic
ou de l'indium) dans la structure cristalline d'éléments tels que le
silicium ou le germanium. Cette technologie, qui permet la réalisation
de diodes et des transistors, est la base de l'électronique.
Attractions et
répulsions.
Otto von Guericke ,
dans la seconde moitié du XVIIe siècle,
a constaté que les corps légers qui ont été attirés, et qui sont venus
au contact des corps électrisés, sont ensuite repoussés. Charles
Dufay, vers 1735, à l'aide du pendule électrique (petite balle de
moelle de sureau, suspendue à un fil de soie qui est fixé lui-même Ã
un support de verre), a montré de son côté :
1°) qu'il
y a deux espèces d'électricités, et seulement deux : celle qui apparaît
sur du verre frotté avec du drap et qu'il appelle l'électricité vitrée,
et celle qui apparaît sur la résine frottée avec une fourrure ou un
tissu de laine et qu'il nomme l'électricité résineuse.
Comme deux corps
différents, frottés l'un contre l'autre, se chargent d'électricités
contraires; et, comme un même corps peut prendre l'une ou l'autre électricité,
selon les circonstances, on a ensuite remplacé respectivement les expressions
de vitrée et résineuse par celles de positive et
négative.
Dans le cas du verre frotté avec un drap, des électrons ont quitté le
verre en direction du drap; dans le cas de la résine frottée avec de
la fourrure, des électrons en surnombre sont venus sur la résine en provenance
de la fourrure.
2°) que deux deux
corps chargés électriquement se repoussent ou s'attirent en fonction
du signe de leurs charges. Si les charges sont de même signe (tous les
deux de charge positive ou tous les deux de charge négative), il se repoussent.
Si leurs charges sont de signes différents (une charge positive pour l'un
et une charge négative pour l'autre), alors ils s'attirent.
Dufay a fait voir en
outre que tous les corps sont électrisables par frottement, à la seule
condition que les deux surfaces frottées l'une contre l'autre soient de
nature différente. Pour les corps isolants, la propriété électrique
se manifeste uniquement aux points qui ont été frottés; pour les corps
conducteurs, elle se manifeste en tous les points. Aussi, pour conserver
l'électricité sur un corps conducteur, il est nécessaire de l'isoler.
La loi de Coulomb.
En 1785, Charles
Coulomb ,
a pu mesurer, au moyen de sa balance électrique, les forces avec lesquelles
deux charges électriques s'attirent ou se repoussent. Il a pu ainsi établir
la loi suivante :
• Deux
charges électriques q et q' s'attirent ou se repoussent
avec une force F, dans la direction de la droite qui les joint,
directement proportionnelle au produit de leurs charges et inversement
proportionnelle au carré de la distance d qui les sépare. Autrement
dit :
F = k.|q|.|q'|/d²
Dans le système
SI qui mesure les forces en newtons (N), les charges en coulombs (C) et
les distances en mètres (m).
La
constante de Coulomb et la permittivité électrique.
La loi de Coulomb
fait apparaître un facteur k, aussi appelé constante de Coulomb,
qui est reliée une grandeur nommée la permittivité du vide, notée 0
,
telle k = 1/4 0.
En unités SI ou a :
k = 8, 98755179.109
N.m².C-²
Valeur arrondie que
l'on arrondira encore ici à :
k = 9. 109-unités
SI.
De façon générale, la notion de permittivité
électrique répond à l'affaiblissement mesuré des forces electrostatiques
selon le milieu dans lequel un phénomène électrostatique est étudié.
On définit alors une permittivité
qui correspondra à ce milieu et une permittivité relative qui correspondra
au rapport / 0.
Comment charger
un corps?
Electrisation
par frottement.
On vient de voir
que l'on peut charger (ou électriser) un corps par frottement : en frottant
un corps avec un autre, celui qui est le plus capable de céder des électrons
les donne à l'autre en capacité de recevoir. Comme on l'a dit, celui
qui cède est chargé positivement et l'autre négativement.
Electrisation
par simple contact.
Il est également
possible de charger un corps déchargé par simple contact avec un corps
chargé. Si le corps chargé a des électrons en excès par rapport
au corps déchargé, il en cède à ce dernier qui est alors chargé négativement.
Si, au contraire, il a un défaut d'électrons par rapport au corps déchargé,
il en acquiert à partir de celui-ci, qui se retrouve chargé positivement.
Electrisation
par influence.
L'électrisation
par influence, découverte par John Canton (17-18-1772) en 1754, ne nécessite
aucun contact, mais un simple rapprochement d'un corps électrisé.
Lorsqu'un corps chargé
négativement s'approche d'un corps déchargé, les électrons du corps
déchargé s'éloignent jusqu'à ce qu'ils soient dans le extrémité opposée.
Si l'extrémité est mise à la terre, les électrons s'écoulent vers
la terre; et si la communication avec la terre cesse, le corps est chargé
positivement.
Si le corps approché
est chargé positivement, les électrons de l'extérmité opposée vienne
s'accumuler à l'extrémité la plus proche; quand on relie à la terre
le corps déchargé, il envoie des électrons pour occuper l'espace laissé
par ceux que le corps y avaient. Lorsque la laison est coupée (en conservant
à proximité le corps chargé) , le corps initialement déchargé est
maintenant chargé négativement.
Sources
d'électricité statique.
Tous les phénomènes
mécaniques, physiques, chimiques et physiologiques peuvent fournir de
l'électricité statique. Tous les corps, qu'ils soient bons ou mauvais
conducteurs, peuvent s'électriser par le frottement; la nature et la quantité
d'électricité produite dépendent d'une foule de circonstances (durée,
vitesse, chaleur développée, etc.). Deux corps pressés l'un contre l'autre
se trouvent, au moment où on les sépare, chargés d'électricités contraires.
Haüy
a reconnu qu'on peut électriser le plus grand nombre des cristaux naturels
en les comprimant dans la main, et que, de plus, les cristaux soumis Ã
cette compression conservent longtemps leur électricité. La cristallisation
de certains corps, le clivage et la dilatation de certains cristaux, l'évaporation
des eaux salées, certaines réactions chimiques (action d'un acide sur
une base, action de deux acides l'un sur l'autre) donnent naissance Ã
de l'électricité.
Les conducteurs
électrisés
Distribution
de l'électricité sur les conducteurs.
Quand un corps conducteur
est électrisé, il n'y a d'électricité qu'à la surface. Un très grand
nombre d'expériences ont permis de le démontrer; celles de Faraday
sont les plus connues.
Pour définir avec
précision la distribution de l'électricité sur la surface d'un conducteur,
on convient d'appeler densité électrique en un point la charge électrique
répartie autour de ce point. Pour mesurer expérimentalement la densité
électrique en un point, on applique en ce point un plan d'épreuve (petit
disque métallique isolé de surface s). Quand on retire le plan
d'épreuve, on conçoit qu'il emporte sa charge; en le portant dans la
balance de Coulomb, on peut déterminer cette charge q. Le quotient
q/s donne la densité µ.
On trouve ainsi que
: sur une sphère isolée, la densité électrique est la même en tous
les points; sur un ellipsoïde, les densités électriques aux extrémités
des axes sont proportionnelles aux longueurs de ces axes. L'électricité
ainsi accumulée à la surface des corps conducteurs tend à abandonner
le corps, et exerce sur l'air une force répulsive qu'on appelle tension
électrostatique, dont la valeur, par unité de surface, a pour mesure
2 .µ².
Pouvoir
des pointes.
Benjamin Franklin
(1706-1790) a montré que si le conducteur se termine par une pointe,
la densité électrique µ tend à devenir indéfiniment grande en ce point;
par suite, la tension électrostatique surpasse la résistance de l'air,
et les choses se passent comme si l'électricité s'écoulait par cette
pointe. (Dans l'obscurité, on aperçoit une aigrette lumineuse).
Déperdition
de l'électricité.
Un conducteur électrisé
ne peut jamais conserver indéfiniment sa charge : il y a déperdition
progressive, soit par les supports, qui ne sont jamais absolument isolants,
soit par l'air.
Principe
de la conservation de l'électricité.
Il résulte de toutes
les expériences précédentes que : quand un système de corps est isolé
électriquement, tous les phénomènes électriques dont il est le siège
ne peuvent que faire varier la distribution sans changer la quantité totale
d'électricité qu'il possède. Ce principe est une conséquence des hypothèses
émises par Maxwell
sur la constitution des milieux par lesquels se propagent les forces électriques.
La quantité totale d'électricité dans l'univers reste constante, au
même titre que la quantité de matière et la quantité d'énergie.
Champ électrique.
Un champ
électrique est une région de l'espace dans laquelle une charge électrique
q' est soumise à une force électrique. Un tel champ peut ainsi être
engendré par une charge q.
Un champ électrique,
noté E, est ordinairement illimité, sauf quand le système est
à l'intérieur d'un conducteur fermé et relié au sol. E
est une grandeur vectorielle dont le sens et l'intensité sont représentés
en chaque point par les mêmes données que force électrique F
mesurée en ce point.
La force que le champ
électrique exerce sur une unité de charge électrique q', en un point,
prend le nom d'intensité du champ électrique créé par une charge q
au point et est représentée par :
E = F
/ q
Le module du champ
électrique E créé par une charge électrique q à une distance r de
celle-ci est alors : E =F/q , soit : E = 9.109.q/r²
. Autrement dit, la force de module F subie par une particule q' dans le
champ électrique d'intensité E, sera donnée par :
F = .9.109.q.q'/r²
, et l'on retrouve ainsi la loi de Coulomb.
Champ
électrique créé en un point par un ensemble de charges.
Si l'on considère
n
charges ponctuelles qi réparties dans l'espace et immobiles,
le champ électrique qu'elles créent ensemble en un point donné
est égal la somme géométrique des champs électriques créé individuellement
par chacune des charges en ce point. Soit :
E = F/q
= Ei
= E1 + E2
+ E3 +... +En
Lignes
de force d'un champ
Une ligne de force
est une ligne imaginaire qui décrit la direction qu'une charge électrique
suivrait en un point du champ. Les lignes de force d'une charge positive
sont des droites qui partent de la charge et celles d'une charge
négative sont les droites qui convergent vers elle. Dans le cas de plusieurs
charges, ce sont des courbes qui partent des charges positives et se terminent
aux charges négatives.
Potentiel électrique.
Un champ électrique
est capable de produire un travail W sur une charge électrique ponctuelle
q placée en un de ses points. Le potentiel électrique est défini
en un point du champ comme le travail nécessaire pour mener l'unité de
charge électrique positive depuis l'infini jusqu'au point considéré,
ou pour éloigner l'unité de charge négative de ce point à l'infini.
Il est représenté par V.
V = W/q ou, pour
une distance r définie, V = 9.109.q/r
En pratique on recourt
à la notion de tension ou de différence de potentiel entre
deux points A et B, que l'on note U et qui est la différence entre
le potentiel électrique mesuré en A et le potentiel électrique mesuré
en B :
U = VA-VB
,
soit U =
9.109.q (1 / rA
- 1 / rB)
Le travail W d'une
charge ponctuelle q entre A et B est indépendante du chemin parcouru est
dépend seulement de la différence VA-VB
:
W = q (VA-VB)
= q.U
Dans le système
SI, le potentiel est mesuré en volts (v). Le potentiel est de 1 volt si
le travail est de 1 joule pour chaque coulomb.
Énergie électrique.
L'électrisation
d'un conducteur correspond à un accroissement de son énergie potentielle;
réciproquement, quand un conducteur électrisé se décharge, il y a diminution
de son énergie potentielle. On démontre que l'énergie, évaluée en
joules, est donnée par la formule W = 1/2 .q.U, où q est exprimé en
coulombs et
U en volts.
Effets généraux
des décharges électriques.
Quand on produit
une décharge électrique à travers un milieu plus ou moins mauvais conducteur,
l'énergie mise en jeu donne lieu à divers effets, tels que effets mécaniques,
calorifiques, lumineux, chimiques, physiologiques.
Condensateurs.
On appelle condensateurs
des dispositifs conducteurs conçus pour stocker les charges électriques.
Ils sont généralement constitués d'une armature faite de de lames
ou plaques métalliques se faisant face et très proches l'une de l'autre,
et séparée par des substances isolantes appelées diélectriques.
Dans certains cas, le diélectrique est de l'air. L'invention des condesateurs
remonte aux recherches de Musschenbroek
en 1746 (bouteille de Leyde).
Quantité
d'électricité stockée.
Si l'on soumet les
deux plaques à une différence de potentiel U, des quantités d'électricité
+Q et -Q apparaissent sur chacune des plaques. Q est alors appelée la
charge du condensateur et elle est proportionnelle à U :
Q = C.U
Capacité
électrique d'un conducteur.
La constante C,
qui dépend des caractéristiques géométriques du condensateur et de
la permittivité électrique relative
du diélectrique utilisé, est appelée la capacité électrique du
condensateur; elle correspond à sa capacité à stocker des charges électriques..
Dans un condensateur
dont l'armature est faite de deux plaques parallèles de surface s
placées l'une de l'autre à une distance d, on a :
C= 8,85.10-12. .s/d
La capacité électrique
se mesure en farads lorsque la charge est mesurée en coulombs et le potentiel
en volts (système SI).
Courants électriques
Les métaux ont dans
leur structure des électrons qui sont capables de se déplacer lorsqu'une
force externe agit sur eux. Ces électrons sont appelés libres.
Les extrémités
d'un conducteur, étant connectées à deux points différents d'un champ
électrique, permettent aux forces de ce champ d'agir sur les électrons
libres pour les faire se déplacer du point du plus grand potentiel Ã
celui du moins potentiel. Cette différence de potentiel est aussi appelée
force électromotrice (malgré son nom imposé par l'usage, il s'agit bien
d'une tension mesurée en volts et non d'une force au sens habituel, qui
elle serait mesurée en newtons). Le dispositif matériel qui engendre
cette force électromotrice (f.é.m) est appelé un générateur de f.é.m.
Ce peut être une pile, par exemple.
Le mouvement des
électrons le long du conducteur est appelé courant électrique. Ainsi,
l'énergie électrique potentielle est transférée aux électrons et devient
de l'énergie cinétique.
Il est également
possible de déplacer des charges électriques, et donc d'engendrer un
courant, dans un liquide soumis de la même façon à un potentiel électrique
et dans lequel les charges électriques sont représentées par des
ions positifs et des ions négatifs. Un liquide placé dans ces conditions
est appelé un électrolyte.
Intensité et
sens d'un courant
L'intensité
du courant électrique.
L'intensité I d'un
courant électrique constant mesure la quantité Q de charges qui
traversent une section donnée d'un conducteur pendant une durée t
:
I = Q / t
On mesure l'intensité
en ampères (A) : 1 ampère = 1 coulomb/ seconde.
Si, par exemple,
la section considérée est traversée par 8 coulombs en 3 secondes, l'intensité
du courant est de I = 8/3 = 2,666 ampères.
L'intensité d'un
courant donne la clé de divers effets produits par le passage d'un courant
: effets calorifiques, électromagnétiques, électrodynamiques, etc.
Le
sens du courant électrique.
Le courant électrique,
par convention, est censé circuler du potentiel le plus élevé au
au potentiel le plus bas, c'est-à -dire dans le sens opposé au mouvement
des électrons
Pour conserver un
courant électrique, il est nécessaire de maintenir un camp électrique.
Types de courants
électriques.
Si nous envisageons
les courants au point de vue de la loi de variation de leur sens et de
leur intensité, dans un fil conducteur donné, on peut définir deux grandes
classes : les courants continus et les courants variables.
Les
courants continus.
Les courants continus
(ou constants) sont engendrés par des sources d'électricité telles qu
'entre les extrémités du conducteur soit maintenue une différence de
potentiel ayant, toujours le même signe et une valeur sensiblement constante
(piles, accumulateurs, machines dynamo-électriques à courant continu,
etc.).
Les
courants variables.
On peut distinguer
parmi les courants variables, les courants alternatifs et les courants
ondulés.
• Courants
alternatifs. - Quand de signe de différence de potentiel et sa valeur
changent rapidement et périodiquement (alternateurs), le conducteur est
parcouru par un courant alternatif. Son sens et son intensité changent
périodiquement.
• Courants ondulés.
- Ces courants peuvent se voir comme un cas intermédiaire entre les courants
continus et les courants constants : les courants ondulés sont engendrés
par une différence de potentiel ayant toujours le même signe, mais une
valeur variant périodiquement.
Les courants alternatifs
employés communément affectent une forme périodique sensiblement sinusoïdale,
c'est-Ã -dire que, si l'on trace une courbe en portant en abscisses les
temps t et en ordonnées les intensités i(t) , on obtient une courbe
ayant la forme générale d'une sinusoïde : i (t) = I sin ( .t),
où I est l'intensité maximale du courant et
la pulsation.
Lorsqu'il
s'agit de courants alternatifs, le sens changeant périodiquement, il y
a lieu de définir la loi de ses variations, qui sont presque toujours
considérées comme sinusoïdales. On appelle alors période (T) le temps
qui s'écoule entre les moments où la force électromotrice reprend la
même valeur et le même signe. L'inverse de ce temps 1/T est la fréquence
f, et la quantité 2
/T est la pulsation du courant.
Courants
diphasés, triphasés, polyphasés.
Dans la pratique
industrielle, on a quelquefois intérêt à considérer simultanément
plusieurs courants alternatifs, et on a imaginé des machines pour les
produire et les utiliser facilement.
• Les
courants diphasés. La combinaison de deux courants alternatifs de
même période et de même intensité maximum, mais tels que l'un ait sa
valeur absolue maximum quand l'autre a son intensité nulle (ce qu'on énonce
habituellement en disant que les deux courants sont décalés d'un quart
de période l'un par rapport à l'autre), prennent le nom de courants
diphasés.
• Les courants
triphasés. - Si l'on considère des groupes de trois courants alternatifs
de même période et de même intensité, mais décalés, l'un par rapport
à l'autre, de un tiers de période, on a des courants triphasés.
• Les courants
polyphasés. - On peut facilement généraliser cette notion et concevoir
d'autres groupements, auxquels on donne le nom générique de courants
polyphasés.
L'intérêt de ces courants
provient notamment de la facilité qu'ils donnent de produire des champs
tournants et de construire des moteurs électriques performants.
Résistance d'un
conducteur. Loi d'Ohm.
Résistance
d'un conducteur.
Les conducteurs
s'opposent, plus ou moins, au mouvement des électrons. La difficulté
que les électrons trouvent à se déplacer à l'intérieur du conducteur
se mesure par une grandeur appelée résistance. La résistance
dépend de la nature du conducteur, de sa longueur L et de la section
s.
Elle est donnée par :
R = .L
/ s
,
appelée résistivité, est une constante propre à chaque matériau.
Son inverse (1 / )
est appelé conductivité.
La résistance se
mesure en ohms (symbole )
. Un conducteur a une résistance d'un ohm lorsque sa résistivité est
de 1, sa longueur de 1 mètre et sa section de 1 mm².
Un
conducteur dont on ne considère que les propriétés de résistivité
(ou de conductivité) est ordinairement appelé aussi une résistance.
Une synonymie malencontreuse. Pour éviter la confusion qu'elle introduit
entre l'objet matériel et la grandeur qui définit l'une de ses propriétés,
on a suggéré d'employer le plutôt mot résistor pour le nommer.
La
loi d'Ohm.
La loi d'Ohm relie
la résistance R d'un conducteur au courant électrique d'intensité I
et à la différence de potentiel ou tension U nécessaire pour maintenir
ce courant. Cette relation s'exprime comme suit :
U = RI
Si R est mesuré
en ohms et I en ampères, la différence de potentiel nécessaire pour
maintenir le courant, I, est mesuré en volts.
Si, par exemple,
un conducteur soumis à une tension U de 15 volts est traversé par un
courant de 3 ampères, sa résistance R = U/I de 15/3 = 5 ohms. Si
un courant engendré par une différence de potentiel de 8 volts traverse
un conducteur d'une résistance de 6 ohms, l'intensité de ce courant sera
: I = U/R = 8/6 = 1,333 ampères.
Travail d'un courant
électrique. Effet Joule.
Le
travail d'un courant électrique.
On a vu plus haut
que le travail W d'une charge électrique ponctuelle q qui va d'un point
A de potentiel électrique VA à un point
B de potentiel VB est égal au produit
de cette charge par la différence de potentiel existant entre A et B,
soit :
W = q.( VA-VB)
q.U
Ce résultat s'applique
aussi aux courants électriques (au lieu de considérer une seule charge
q, on prend en compte toutes les charges Q en mouvement dans le courant).
Or comme Q= I.t,
il s'ensuit que :
W = U.I.t
Autrement dit, le
travail W effectué dans un conducteur d'intensité I soumis à une tension
U pendant la durée t, est égal au produit de ces trois grandeurs. Lorsque
R est mesuré en ohms, I en ampères et t en secondes. W est mesuré en
joules.
Si l'on remplace
U par RI (loi d'Ohm) on obtient pour le travail l'expression suivante :
W=R.I².t
La
puissance d'un courant électrique.
La puissance P du
courant considéré correspond par définition à au travail effectué
par unité de temps, soit, en vertu des deux équations précédentes :
P= U.I ou P= R.I²
Si la valeur de toutes
ses grandeurs sont exprimées dans le système SI, la puissance s'exprime
en watts (W).
L'effet
Joule.
La capacité Ã
fournir un travail s'appelle l'energie. Energie et travail se mesurent
dans le même unité (le joule) et se calculent grâce aux mêmes formules.
Mais le travail a, au moins dans sa définition d'origine, un caractère
purement mécanique, alors que l'énergie peut apparaître sous diverses
formes (mécanique, électrique, thermique, etc.).
Lorsqu'on considère
le passage d'un courant électrique dans un conducteur, une portion de
l'énergie cinétique des électrons en mouvement dans ce conducteur est
transformée en chaleur. Ce dégagement de chaleur est appelé l'effet
Joule. Si toute l'énergie est transformée en chaleur (ce qui est
le cas quand le conducteur est entièrement défini par sa résistance
électrique), on retrouve la formule : W=R.I².t
Effets des courants.
Les effets des courants
électriques sont extrêmement nombreux. Nous ne signalerons que les principaux
1° Effets
magnétiques. Électromagnétisme.
.
2° Effets Mécaniques.
Moteurs électriques.
3° Effets physiques.
a) Osmose
électrique.
b) Phénomènes électrocapillaires.
c) Actions calorifiques.
Un courant qui traverse un conducteur échauffe celui-ci. Ce phénomène
est régi par la loi de Joule, énoncée plus haut. Des applications de
cette propriété se rencontrent dans l'éclairage électrique par incandescence,
la soudure électrique, le chauffage électrique, etc.
4° Effets Chimiques. Électrolyse
et galvanoplastie.
5° Effets physiologiques.
Un courant passant dans les membres affecte les nerfs et provoque une sensation
douloureuse; il fait subir aux muscles des contractions involontaires.
Un faible courant, lancé à travers le globe de l'oeil, occasionne une
sensation semblable à celle produite par un éclair de lumière. Les contractions
musculaires sont mises en évidence par l'expérience de Galvani sur les
pattes de grenouilles.
Circuits électriques
Un circuit électrique
est composé par un ou plusieurs générateurs de force électromotrice
(tension) relié à une suite de conducteurs, à travers lesquels les charges
électriques peuvent circuler, de condensateurs ou d'autres dispositifs.
Lorsqu'on a seulement à considérer des conducteurs ordinaires, chacun
des composants d'un circuit est appelé résistance ou résistor et est
désigné par la lettre R, qui signifiera à la fois, selon le contexte,
l'objet lui-même (le résistor) et sa caractéristique électrique (la
résistance).
Classes de circuits.
Plusieurs types
de circuits peuvent être construits : circuits en série, parallèles
ou mixtes. Un circuit série est un circuit qui constitue un chemin unique
pour le courant. Un circuit parallèle est un circuit dans lequel le courant
peut passer par des chemins différents. Un circuit mixte est un circuit
qui associe des circuits en série et des circuits en parallèle.
On peut avoir aussi
bien des générateurs de f.é.m que des résistors montés en parallèle
ou en série.
Résistance
équivalente.
Dans tout circuit,
un ensemble de résistances (résistors) peut être remplacé par une seule
résistance appelée résistance équivalente.
Dans un circuitsen
série, la résistance équivalente Re de n résistances
Ri est obtenue comme suit :
Re = R1
+ R2 + R3
+ ... + Rn
L'intensité du courant
traversant chaque résistance est la même et le potentiel ou l'énergie
consommée par chacune d'elles est calculé par la loi d'Ohm. La somme
des potentiels totaux est le potentiel appliqué et est égale à Re.I.
Dans un circuit en
parallèle, la résistance équivalente est donnée par l'équation :
1/Re =
1/R1 + 1/R2
+ 1/R3 + ... + 1/Rn
Dans ce cas, le potentiel
nécessaire pour produire le courant est le même pour tous.
Les intensités
des courants dans chaque branche du circuit sont différentes. |