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La découverte et l'exploration de l'Amérique
Aperçu L'Amérique du Nord L'Amérique du Sud
Si l'on met à part les incursions, et même les premiers établissements, des Vikings au Nord de l'Amérique, on peut dire que les Européens n'ont véritablement eu connaissance de l'existence du continent américain qu'à partir des découvertes faites par Christophe Colomb et de ses équipages en 1492 (Les Grandes Découvertes). Il abordèrent  le 12 octobre aux Bahamas, et en 1498 , le navigateur découvrit la Terre-Ferme (l'Amérique continentale). 

Sans doute, bien longtemps avant la découverte de Christophe Colomb, l'Amérique avait été connue par des pirates scandinaves; sous la conduite d'Éric le Rouge, qui atteignit le Groenland en 986, et vit son fils Leif l'Heureux et ses compagnons s'établir, en 1002, dans l'île de Terre-Neuve, et par la suite plus au sud. Reste que ces découvertes sont restées trop confidentielles pour avoir changé quoi ce ce soit à l'histoire du monde. Celle-ci ne basculera qu'à la fin XVe siècle, quand ces vastes contrées seront réellement connues de l'Europe auront pris place au sein de l'ensemble des connaissances géographiques. A partir de là des empires seront détruits, d'autres se construiront.

De fait, cette découverte a aussi une conquête sanguinaire. A la nouvelle de cette découverte, de tous les points de l'Europe, souvent de ses contrées les plus déshéritées, comme l'Estrémadure, en Espagne, on vit se lever des aventuriers ruinés, que leurs passions avides, trop à l'étroit dans l'ancien monde, poussaient vers le nouveau. La soif de l'or était presque partout, l'imagination la plus exaltée ne pouvait rêver plus de trésors que n'en contenait l'Amérique; on se mit à suivre les navigateurs cherchant d'autres mondes encore dans ce monde récemment  connu. Et ce fut un terrible malheur pour les Amérindiens, présents sur le continent depuis plusieurs dizaines de milliers d'années, qui se virent soudain a la merci de la cupidité brutale des Européens. Ceux-ci furent conduits d'abord par les Cortez,  les Pizarro, les Almagro, les Pinzon, etc. 

Mais, sans cesse, pendant les siècles suivants, alors que les voyages de découvertes se poursuivaient (Magellan, Lewis et Clarke, Quadra et Vancouver, Humboldt et Bonpland, Franklin et Parry, etc.), de nouvelles populations vont continuer d'immigrer en Amérique et lui donner le visage qu'on lui connaît aujourd'hui. Ces populations auront été parfois poussés au-delà de l'océan, parce que persécutées pour des raisons religieuses, comme en Angleterre au XVIIe siècle, parfois pour des raisons politiques (et se sera encore souvent le cas jusqu'à nos jours), parfois poursuivis encore par la misère, toujours attirées par des récits éblouissants, le plus souvent trompeurs. A cela s'est ajoutée une immigration de nature toute différente, la traite esclavagiste, à l'origine d'une composante importante des populations actuelles des États-Unis, des Antilles et Brésil.

La Découverte

Qui a découvert l'Amérique?
A la fin du XVIIIe siècle  et au XIXe siècle, divers savants se sont demandé si l'Amérique n'avait pas été découverte et visitée par des marins de l'ancien continent avant Christophe Colomb. Comme le soulignait par exemple Bailly, des auteurs anciens tels que  Platon et Sénèque ont mentionné une vaste terre située à l'Ouest de l'Europe et qu'ils appellent l'Atlantide. Mais Platon n'évoquait l'existence de cette île immense que dans le cadre d'un mythe, c'est-à-dire d'un récit inventé, dans le but de mettre en scène la conception qu'avait le philosophe l'ordre et du désordre dans la Cité, une obsession de la culture grecque ancienne, et qui n'a rien de géographique ou d'historique. Et même si, cédant à une forme de fondamentalisme, on veut  prendre à la lettre ce récit, il devient vite évident que cette Atlantide n'a rien à voir avec ce que l'on sait de l'Amérique précolombienne. Peut-être plus crédible est cependant le témoignage de Diodore de Sicile, qui parle d'un navire phénicien qui, poussé par la tempête, fut jeté bien loin à l'Ouest, de l'Afrique, sur une terre couverte de grandes forêts, arrosée par des fleuves immenses. Les textes précis manqueront probablement toujours pour trancher cette discussion dont l'importance géographique est en somme secondaire. 

Quelques autres auteurs - dont quelques uns (G. Elliot Smith et W.J. Perry) défendaient encore ce point de vue, aujourd'hui obsolète, dans les années 1920 - frappés de vagues ressemblances entre les débris de l'art mexicain et péruvien avec le style archaïque égyptien, ont supposé que les Phéniciens avaient non seulement découvert, mais colonisé l'Amérique. En admettant que cette thèse soit prouvée, ce qui n'est nullement le cas et que des Phéniciens soient allés par hasard dans le nouveau monde et en soient revenus, il paraît certain qu'ils n'y sont pas retournés. L'historien des Mongols, de Guignes, a essayé, en 1761, de démontrer que c'était aux Chinois que revenait l'honneur de cette découverte. Suivant lui et d'après Neumann, les marins chinois, dès le Ve siècle ap. J.-C., seraient arrivés en Amérique par le Kamtchatka et les îles Aléoutiennes et y auraient même importé le bouddhisme. Ils auraient donné à ce continent le nom de Fou-sang. Cette hypothèse est très contestée, bien qu'il soit vraisemblable que les Chinois et les Japonais ont connu l'existence du continent américain. Et même aussi, si les vrais découvreurs de l'Amérique, dont descendent les Amérindiens actuels, venaient bien d'Asie orientale (et peut-être aussi, pour certains, d'Océanie). 

Plus assurés sont les voyages en Amérique des Scandinaves, ces Phéniciens du Nord, comme on les a parfois surnommés. Les sagas islandaises mentionnent les exploits de deux aventuriers partis de l'Islande, Gunnbjoern, puis Eric le Rouge, qui découvrirent le Groenland en 970 et en 983. Leif, fils d'Éric, et Bioern Hersuefson, au commencement du XIe siècle, cinglant vers le Sud-Ouest, découvrit le Labrador, Terre-Neuve (présence attestée à l'Anse-aux-Meadows en 1021), l'Acadie, la Nouvelle Angleterre, et trouvèrent ces pays occupés par des Inuit (ceux-ci seront ensuite refoulés vers le Nord par les Amérindiens). Les traces de ces aventuriers furent suivies par des colons qui s'établirent sur des territoires désignés sous les noms de terre pierreuse (Halluland), terre boisée (Markland) et enfin terre de la vigne (Vinland). Celle-ci ne serait autre que la grande île qui couvre New York, Long-Island. L'archéologie atteste effectivement de divers établissements vikings le long des côtes nord-ouest des États-Unis (au Cap Cod, notamment) et du Canada (Les découvertes des Vikings) . On suit jusqu'en 1409, d'une manière très confuse, il est vrai, l'histoire lacunaire que les textes permettent de reconstituer de ces établissements. Mais ces découvertes furent abandonnées et l'existence de l'Amérique resta encore ignorée de l'Europe pendant près d'un siècle. En France, où l'on s'imagine si volontiers avoir été les premiers partout (au point qu'on se demande comment on s'est débrouillé avec un tel palmarès pour ne l'être plus nulle part), on a dit que les pêcheurs français de Saint-Malo et ceux ceux du cap Breton (Gascogne) étaient arrivés les premiers sur l'autre bord de l'Atlantique où ils auraient exploité les pêcheries de Terre-Neuve. Et, on trouve, en effet, dès 1504, des Bretons et des Dieppois dans ces parages. Il est possible que ces flottilles n'en fussent pas à leurs premières traversées; mais si, par une discrétion que pourrait expliquer la volonté de garder secrets les emplacements de zones de pêche très riches, les patrons de ces navires avaient été conduits à cacher ainsi leurs découvertes, on a tout de même peine à croire qu'ils aient gardé le silence sur leur supposée antériorité après le bruit fait par celles des Espagnols. 

Les voyages de Colomb.
C'est en cherchant par l'Ouest la route des Indes que Christophe Colomb arrive dans le nouveau monde. Persuadé, à la suite de longs calculs fondés sur les relations de voyage de Marco Polo et sur les données de Ptolémée, que la distance entre Lisbonne et le Japon (Zipango) était de cent degrés de longitude, il conduit le projet de s'y rendre en évitant le périple dangereux de l'Afrique. Il se trompait de la moitié environ; mais cette erreur n'ôte rien à son mérite. L'entreprise était assez terrible pour épouvanter un marin ordinaire. Rebuté par plusieurs rois auxquels il exposa ses plans, il fit enfin accueilli par Isabelle la Catholique, signa un traité avec elle et, parti du petit port de Palos (Andalousie) le 3 août 1492, il aborda avec ses équipages le 12 octobre dans l'île de Guanahani, qu'il appela San Salvador et qui est probablement celle qu'en appelle aujourd'hui Watling, et se situe dans l'archipel qui a aujourd'hui le nom d'îles Bahamas. La chaîne des îles à laquelle elles appartenaient reçut très vite le nom d'Antilles.

Continuant ses explorations, Christophe Colomb reconnut Cuba et Haïti qu'il appela d'abord Hispaniola, ou L'Espagnole, et plus tard San Domingo, du prénom de son frère. Il rentra, chargé de trésors dans le port de Palos le 15 mars 1493 et revint en Amérique en septembre de la même année, rapportant la fameuse bulle d'Alexandre VI (4 mai 1493), par laquelle toutes les terres situées à 370 milles à l'Ouest des Açores devaient appartenir aux Espagnols. Dans ce second voyage, Colomb découvrit quelques unes des petites Antilles, la Jamaïque et Porto-Rico. C'est dans sen troisième voyage seulement, en 1498, qu'après avoir longé l'île de la Trinité (Trinidad), il descendit sur le continent même, près de l'embouchure de l'Orénoque. 

Un autre Européen, Sébastien Cabot, avait vu avant Colomb le continent américain. Lorsqu'on apprit en Europe les merveilleuses découvertes de Colomb, le roi Henri VII Tudor, à qui Colomb avait inutilement exposé ses projets, fit partir une petite expédition sons le commandement de Jean Cabot. Celui-ci quitta Bristol en mai 1497 avec son fils Sébastien et revint au bout de trois mois après avoir touché, croit-on, à Terre-Neuve. En 1498, au printemps, l'expédition repart commandée cette fois par Sébastien, débarque au Labrador par 58° de latitude Nord, puis longe le continent jusqu'aux parages déjà espagnols, c'est-à-dire jusqu'à la presqu'île de Floride. Ce voyage aboutit à une déception. Les Anglais cherchaient les métaux précieux; ils n'en trouvèrent pas et se découragèrent. Au contraire, la fièvre des découvertes devenait plus intense en Espagne, stimulée par la rivalité des Portugais jetés sur la côte du Brésil en 1500. Colomb, dans son quatrième et dernier voyage, chercha en vain in passage vers l'océan Indien et releva la côte depuis Guatemala jusqu'au Darien. Rappelé en Espagne, il y mourut le 20 mai 1506.
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Carte des voyages de Christophe Colomb.
Les Voyages de Colomb.
Les premiers explorateurs nommèrent "côte ferme", 
Terra firma, le littoral de l'Amérique du Sud, de l'embouchure
de l'Orénoque au golfe d'Uraba.

Les successeurs de Colomb.
L'année suivante, en 1507, Pinzon et Diaz de Solis longent le Yucatan, tandis que Sebastian Ocampo achève de faire le périple de Cuba et reconnaît, en 1508, que cette terre est une île. En 1511, les Espagnols transfèrent dans cette île leur quartier général et Diego Velasquez, gouverneur, y fonde en 1512 la ville de Baracoa. Santiago de Cuba, qu'il crée en 1514, devient la capitale et garde ce titre jusqu'en 1589. C'est également en 1512 que Ponce de Léon, ayant découvert la Floride, y fonde Saint-Augustin, la première ville européenne de l'Amérique du Nord. Enfin, en 1513, Nuñez de Balboa, s'étant avance dans l'isthme de Panama, apprit des indigènes l'existence d'une grande mer située à l'Ouest; il continua sa marche et aperçut, en effet, du haut d'une montagne, l'océan que Magellan devait, quelques années plus tard, appeler  le Pacifique. Ainsi, en vingt ans, les Espagnols avaient relevé presque tous les rivages à l'Est et au Sud de la mer des Caraïbes. Restaient à découvrir le Mexique et le nord du golfe. La génération des premiers explorateurs fait place alors aux conquérants ou conquistadores, non moins célèbres pour leur intrépidité que pour leur férocité. Déjà, le nouveau monde, que Colomb avait donné à Léon et à Castille, suivant les termes de son épitaphe, était connu sous le nom que nous lui donnons, en 1507; un an après la mort de Christophe Colomb avait paru le livre du cosmographe Martin Waldseemüller (Hylacomylus) qui donnait aux îles nouvelles le nom de Terra America et, en 1520, Petrus Apianus publia la première carte portant officiellement ce nom. Ce nom venait de celui d'un autre navigateur, Amérigo Vespucci, qui n'avait eu tout au plus le mérite d'explorer, en 1499, la côte Nord-Est de l'Amérique du Sud et qui avait publié une relation de son voyage. 

Les explorations

L'Amérique du Nord.
Au tournant du XVIe siècle, l'Amérique du Nord demeure pour les Européens une terre à peine esquissée, devinée plus que connue, héritée des tâtonnements de Christophe Colomb et de Jean Cabot. C'est pourtant à partir de cette époque que se déploie, sur près de quatre siècles, une vaste entreprise de reconnaissance du continent, portée par des motivations mêlées : la quête d'un passage vers l'Asie, l'espoir de métaux précieux, le désir d'évangéliser les peuples autochtones et, très vite, la rivalité géopolitique entre l'Espagne, la France, l'Angleterre, les Provinces-Unies puis la Russie.

Dès 1513, Juan Ponce de León, gouverneur de Porto Rico, débarque sur la côte qu'il baptise la Floride, croyant y trouver une île et, dit la légende, une fontaine de jouvence. Il y retourne en 1521 pour y fonder une colonie, mais succombe à une blessure infligée par les Calusa (Les Indiens du Sud-Est). Quelques années plus tard, en 1527, Pánfilo de Narváez conduit une expédition autrement plus ambitieuse vers le golfe du Mexique; elle se solde par un désastre, ses navires se brisant sur les côtes du Texas. De ce naufrage émerge l'une des aventures les plus extraordinaires du siècle : Ãlvar Núñez Cabeza de Vaca, accompagné de quelques survivants dont l'esclave marocain Estevanico, erre pendant huit années, de 1528 à 1536, à travers le Texas, le nord du Mexique et probablement le sud-ouest actuel des États-Unis, vivant parmi diverses nations indiennes avant de rejoindre enfin une colonie espagnole. Son récit, publié à son retour, nourrit en Europe le mythe de cités fabuleusement riches dissimulées dans l'intérieur du continent.

C'est ce mythe des Sept Cités de Cíbola, relayé par le moine franciscain Marcos de Niza, qui pousse le vice-roi de Nouvelle-Espagne à financer en 1540 l'expédition de Francisco Vásquez de Coronado. Celui-ci remonte jusqu'aux pueblos zuñis de l'actuel Nouveau-Mexique, n'y trouvant que des villages de pierre sèche bien éloignés des trésors espérés. Il envoie l'un de ses lieutenants, García López de Cárdenas, qui devient le premier Européen à contempler le Grand Canyon du Colorado, tandis que lui-même pousse jusque dans les grandes plaines, en direction du Kansas actuel, à la recherche d'une cité chimérique nommée Quivira. L'expédition rentre bredouille en 1542, mais elle a dessiné les premiers contours du Sud-Ouest américain.

Au même moment, plus à l'est, Hernando de Soto mène de 1539 à 1543 une expédition tout aussi considérable. Débarqué près de la baie de Tampa, il traverse la Géorgie, les deux Carolines, le Tennessee et l'Alabama, infligeant aux populations rencontrées de lourdes pertes par les combats et les épidémies importées. En 1541, sa troupe atteint et traverse le grand fleuve qu'elle appelle Río Grande et que l'on connaît aujourd'hui comme le Mississippi. De Soto meurt l'année suivante de fièvre; ses hommes, sous la conduite de Luis de Moscoso, redescendent le fleuve jusqu'au golfe du Mexique avant de regagner péniblement le Mexique en 1543.

Pendant que l'Espagne explore le Sud et le Sud-Ouest, la France tente sa chance plus au nord. En 1524, le Florentin Giovanni da Verrazzano, au service de François Ier, longe la côte atlantique depuis la Caroline jusqu'à Terre-Neuve, découvrant au passage la baie de New York qu'il prend d'abord pour l'entrée d'une mer intérieure. Une décennie plus tard, Jacques Cartier reçoit mission d'aller plus loin : en 1534, il explore le golfe du Saint-Laurent; l'année suivante, il remonte le fleuve jusqu'aux bourgades iroquoiennes de Stadaconé, près de l'actuelle ville de Québec, et d'Hochelaga, au pied du mont qu'il nomme Mont Royal. Une troisième expédition, en 1541-1542, menée conjointement avec Jean-François de La Rocque de Roberval, tente d'établir une colonie permanente à Cap-Rouge; l'entreprise échoue devant l'hiver, les maladies et la déception de minéraux pris pour de l'or et des diamants qui ne sont que pyrite et quartz, donnant naissance à l'expression "faux comme un diamant du Canada".

La seconde moitié du XVIe siècle connaît un certain ralentissement de l'effort exploratoire français, absorbée par les guerres de Religion, tandis que l'Espagne consolide sa présence dans le Sud-Ouest. En 1598, Juan de Oñate fonde la province de Santa Fe de Nuevo México, et en 1610 Pedro de Peralta établit la ville de Santa Fe elle-même, point d'ancrage à partir duquel rayonneront pendant deux siècles missions et expéditions espagnoles vers les Grandes Plaines et les hauts plateaux.

Le XVIIe siècle s'ouvre sur la relance décisive de l'entreprise française, portée par Samuel de Champlain. Après une première reconnaissance du Saint-Laurent en 1603, il fonde en 1608 l'habitation de Québec, base à partir de laquelle il explore en 1609 le lac qui portera son nom, puis pousse en 1615 jusqu'au lac Huron en s'alliant aux Hurons et aux Algonquins contre la Confédération iroquoise (Les Indiens des forêts du Nord-Est). Ses interprètes, tels Étienne Brûlé, s'enfoncent plus loin encore dans l'intérieur, atteignant probablement le lac Supérieur et la Pennsylvanie actuelle, devenant ainsi parmi les premiers Européens à contempler les Grands Lacs.

Du côté anglais, l'installation à Jamestown en 1607 s'accompagne d'explorations limitées mais précises : le capitaine John Smith cartographie avec soin la baie de Chesapeake entre 1607 et 1609. Les tentatives antérieures de Walter Raleigh à Roanoke, dans les années 1580, avaient déjà esquissé la côte de la Caroline, avant de s'achever par la disparition mystérieuse de la colonie. En 1609, au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, l'Anglais Henry Hudson remonte le fleuve qui portera son nom jusqu'à la hauteur de l'actuelle Albany, ouvrant la voie à l'installation néerlandaise de la Nouvelle-Hollande, centrée sur La Nouvelle-Amsterdam.

La seconde moitié du XVIIe siècle voit les Français pousser méthodiquement vers l'intérieur du continent, dans le sillage du commerce des fourrures et des missions jésuites. En 1634, Jean Nicolet atteint la baie des Puants, sur le lac Michigan, espérant y trouver le passage vers la Chine et croyant, en accueillant les Winnebagos vêtus de soie chinoise rapportée d'Asie par des intermédiaires, être parvenu à ses fins. En 1673, Louis Jolliet et le père Jacques Marquette descendent le Mississippi depuis le Wisconsin jusqu'au confluent de l'Arkansas, repoussant alors la crainte de tomber sur des postes espagnols. Quelques années plus tard, en 1682, René-Robert Cavelier de La Salle achève leur œuvre en descendant le fleuve jusqu'à son embouchure dans le golfe du Mexique, où il proclame solennellement la possession, au nom de Louis XIV, de l'immense bassin auquel il donne le nom de Louisiane. La Salle périt en 1687, assassiné par ses propres hommes lors d'une tentative malheureuse de fonder une colonie au Texas.

Tandis que les colons anglais des treize colonies commencent, au tournant du XVIIIe siècle, à franchir les premières chaînes des Appalaches à la recherche de nouvelles terres, la France pousse son avantage vers l'ouest. Entre 1731 et 1743, la famille La Vérendrye, partie du lac Supérieur, explore le bassin de la rivière Saskatchewan et atteint le lac Winnipeg, avant que les fils de Pierre Gaultier de Varennes ne s'avancent, en 1742-1743, jusqu'aux abords des Black Hills, dans l'espoir toujours déçu de découvrir une mer occidentale ouvrant sur le Pacifique.

L'Espagne, de son côté, achève au même moment l'exploration et la colonisation de la Californie. En 1769, Gaspar de Portolá et le franciscain Junípero Serra conduisent une expédition terrestre depuis la Basse-Californie qui aboutit à la fondation de la mission de San Diego, avant que Portolá, poussant plus au nord, ne découvre la baie de San Francisco. Quelques années plus tard, en 1775-1776, Juan Bautista de Anza relie par voie terrestre la Sonora à la Californie, permettant la fondation du presidio de San Francisco. Dans le même temps, la Russie s'intéresse au Pacifique nord : en 1741, l'expédition de Vitus Bering et Alexeï Chirikov atteint les côtes de l'Alaska, ouvrant la voie au commerce des fourrures de loutre de mer qui attirera bientôt promyshlenniki russes et marchands britanniques.

La compétition pour le Pacifique nord-ouest s'intensifie dans le dernier quart du XVIIIe siècle. En 1778, lors de son troisième voyage, James Cook longe et cartographie la côte depuis l'Orégon jusqu'à l'Alaska, tandis que George Vancouver, entre 1792 et 1794, en dresse une carte d'une précision remarquable, explorant en détail le détroit qui porte son nom et la côte de l'actuelle Colombie-Britannique. C'est dans ce contexte que l'Écossais Alexander Mackenzie, au service de la Compagnie du Nord-Ouest, réalise en 1793 la première traversée terrestre connue du continent nord-américain au nord du Mexique, depuis le lac Athabasca jusqu'à l'embouchure de la rivière Bella Coola, sur le Pacifique.

L'acquisition par les États-Unis du vaste territoire de la Louisiane en 1803 ouvre une nouvelle ère d'exploration officielle. Le président Thomas Jefferson confie à Lewis et Clark la conduite du Corps of Discovery, qui quitte Saint-Louis en 1804, remonte le Missouri, franchit les montagnes Rocheuses grâce notamment à l'aide de la jeune Shoshone Sacagawea, puis descend la Columbia jusqu'au Pacifique, qu'il atteint à l'automne 1805, avant de regagner Saint-Louis en 1806. Cette expédition fondatrice est presque immédiatement suivie par celle de Zebulon Pike, qui explore en 1806-1807 le Colorado, découvre le pic qui portera son nom, avant d'être arrêté par les autorités espagnoles au Nouveau-Mexique. Au nord, pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest, l'arpenteur David Thompson cartographie méthodiquement l'ouest canadien et devient, en 1811, le premier Européen à descendre l'intégralité du fleuve Columbia jusqu'à son embouchure.

La traite des fourrures continue d'alimenter l'exploration dans les décennies suivantes. La Pacific Fur Company de John Jacob Astor fonde en 1811 le poste d'Astoria à l'embouchure de la Columbia, tandis que les "Astoriens" qui regagnent l'est par voie terrestre découvrent, sous la conduite de Robert Stuart, le col du South Pass qui deviendra plus tard la grande porte d'entrée des Rocheuses pour les pionniers. Dans les années 1820, Jedediah Smith redécouvre ce passage, traverse le premier par voie terrestre le désert du Mojave pour rejoindre la Californie depuis l'intérieur, puis explore le Grand Bassin, contribuant plus qu'aucun autre trappeur à combler les lacunes de la carte de l'Ouest américain.

Dans les années 1840, John C. Frémont, surnommé le Pathfinder, mène pour le compte du gouvernement fédéral plusieurs expéditions qui cartographient avec précision la piste de l'Orégon, le Grand Bassin et la Sierra Nevada, accompagné du trappeur Kit Carson. Ses rapports, largement diffusés, nourrissent l'imaginaire de la "Destinée manifeste" et préparent, sans le vouloir tout à fait, le terrain de la conquête de la Californie lors de la guerre américano-mexicaine de 1846-1848. Cette guerre elle-même donne lieu à d'importantes reconnaissances militaires, telles que la longue marche de Stephen Watts Kearny vers la Californie, tandis que la ruée vers l'or qui suit, à partir de 1848, provoque une exploration intensive, quoique souvent improvisée, des cours d'eau et des massifs de la Sierra Nevada.

Dans les années 1850, le Congrès américain finance plusieurs grandes campagnes de reconnaissance destinées à déterminer le meilleur tracé pour un futur chemin de fer transcontinental : les Pacific Railroad Surveys explorent simultanément plusieurs itinéraires entre le 32e et le 49e parallèle, produisant une documentation scientifique considérable sur la géologie, la botanique et l'ethnographie de l'Ouest, sous la supervision du Corps des ingénieurs topographiques de l'armée.

Au sortir de la guerre de Sécession, l'exploration scientifique systématique de l'Ouest américain s'organise autour de quatre grandes campagnes connues sous le nom de Great Surveys : celle de Clarence King le long du quarantième parallèle, celle de Ferdinand Hayden dans le Wyoming et le Montana, celle de George Wheeler dans le Sud-Ouest et celle, la plus célèbre, de John Wesley Powell. Cet ancien officier manchot descend en 1869, à la tête d'une poignée de hommes embarqués sur des barques de bois, l'intégralité du fleuve Colorado à travers le Grand Canyon, exploit renouvelé et approfondi lors d'une seconde expédition en 1871-1872. C'est également l'expédition Hayden de 1871, en révélant au pays les geysers et les sources chaudes du haut bassin de la Yellowstone, qui conduit le Congrès à créer, en 1872, le premier parc national du monde.

Vers la fin du siècle, les blancs restants sur la carte du continent se réduisent à de rares étendues désertiques ou montagneuses. Le recensement de 1890 constate officiellement qu'il n'existe plus de ligne de front continue séparant les terres occupées des terres vierges, constat qui inspirera trois ans plus tard à l'historien Frederick Jackson Turner sa célèbre thèse sur la fermeture de la frontière américaine. L'âge des grandes expéditions de reconnaissance territoriale touche alors à son terme, cédant la place, au XXe siècle, à des explorations d'une autre nature : campagnes paléontologiques dans les badlands, relevés archéologiques des cités pueblos abandonnées, ou approfondissement scientifique de régions déjà repérées mais encore mal connues dans leur détail.

L'Amérique du Sud.
Les premières découvertes européennes en Amérique du Sud commencent lorsque Christophe Colomb touche en 1498, au cours de son troisième voyage, l'embouchure de l'Orénoque et la côte du Venezuela. Il croit encore approcher les rivages de l'Asie. C'est cependant à partir de cette reconnaissance, et des voyages qui la prolongent immédiatement, que se dessinent les premiers contours d'un continent entièrement nouveau pour les Européens, auquel le cartographe Martin Waldseemüller donnera bientôt le nom d'America, en hommage au navigateur florentin Amerigo Vespucci, qui parcourt entre 1499 et 1502, au service de l'Espagne puis du Portugal, une grande partie du littoral atlantique sud-américain.

L'année 1500 marque un tournant décisif pour le Portugal : la flotte de Pedro Ãlvares Cabral, déroutée vers l'ouest alors qu'elle fait voile vers les Indes, touche la côte du Brésil actuel, près de l'actuel État de Bahia, et en prend possession au nom de la couronne portugaise, ouvrant ainsi un territoire qui restera, conformément au traité de Tordesillas, dans l'orbite lusitanienne. Quelques années plus tard, en 1516, l'Espagnol Juan Díaz de Solís explore l'estuaire du Río de la Plata, qu'il prend d'abord pour un passage vers l'océan recherché, avant d'y être tué par des indigènes charrúas. C'est finalement Ferdinand Magellan qui, en 1520, découvre à l'extrémité méridionale du continent le détroit qui portera son nom, ouvrant enfin la voie maritime vers le Pacifique et permettant l'achèvement, sous la conduite de Juan Sebastián Elcano après la mort de Magellan, du premier tour du monde de l'histoire.

C'est cependant la conquête du Pérou qui constitue l'épisode le plus retentissant de cette première moitié du XVIe siècle. Parti de Panama, dont l'isthme avait été franchi dès 1513 par Vasco Núñez de Balboa pour atteindre le premier l'océan Pacifique, Francisco Pizarro débarque sur la côte péruvienne en 1532 avec une poignée d'hommes, capture l'empereur inca Atahualpa à Cajamarca et précipite, en quelques années seulement, l'effondrement du plus vaste empire que l'Amérique précolombienne ait connu. Son associé Diego de Almagro pousse ensuite plus au sud, en 1535-1537, à travers les hauts plateaux andins et le désert d'Atacama, jusqu'au territoire du Chili, dans des conditions si éprouvantes que la traversée de la cordillère coûte la vie à des centaines de ses hommes et de leurs auxiliaires indigènes.

Au nord du Pérou, plusieurs expéditions distinctes convergent presque simultanément vers le plateau de Bogotá, donnant lieu à l'une des rencontres les plus singulières de l'histoire des conquêtes espagnoles. Sebastián de Belalcázar, parti du Pérou, fonde Quito en 1534 puis Popayán et Cali, avant de remonter vers le nord; Nicolás de Federmann, venu du Venezuela au service des banquiers allemands Welser, traverse les plaines du Llano; et Gonzalo Jiménez de Quesada, depuis Santa Marta, gravit la cordillère orientale et soumet en 1537-1538 le royaume muisca, fondant Santa Fe de Bogotá. Les trois expéditions se retrouvent presque au même endroit, à quelques mois d'intervalle, après avoir suivi des itinéraires totalement indépendants.

C'est de cette région, où circulaient des objets d'or muiscas associés à un rite de purification au lac de Guatavita, que naît le mythe d'El Dorado, lequel allait pendant deux siècles attirer dans l'intérieur du continent quantité d'expéditions ruineuses. La plus fameuse de ces tentatives reste indirectement à l'origine de la découverte du fleuve Amazone : en 1541, Gonzalo Pizarro, frère du conquérant du Pérou, envoie son lieutenant Francisco de Orellana en reconnaissance le long d'un affluent à la recherche du "pays de la cannelle"; emporté par le courant et incapable de revenir en amont, Orellana se résout à descendre l'intégralité du fleuve jusqu'à l'Atlantique, qu'il atteint en 1542, après avoir affronté, selon son récit, des guerrières qui lui inspirent le nom d'Amazones donné depuis au plus grand fleuve du monde.

Pendant ce temps, Pedro de Valdivia mène la conquête du Chili au-delà des positions atteintes par Almagro, fondant Santiago en 1541, mais se heurte durablement à la résistance des Mapuches, dont la guerre d'Arauco se prolongera, par vagues, pendant près de trois siècles sans que les Espagnols ne parviennent à soumettre entièrement cette nation au sud du fleuve Biobío. Plus au sud-est, sur les rives du Río de la Plata, Pedro de Mendoza fonde en 1536 un premier établissement à l'emplacement de l'actuelle Buenos Aires, rapidement abandonné devant les attaques indigènes et la famine; c'est Domingo Martínez de Irala qui assure la pérennité de la présence espagnole en fondant Asunción, base à partir de laquelle seront explorés le bassin du Paraná et les confins du Gran Chaco. Le même Ãlvar Núñez Cabeza de Vaca dont on connaît la traversée de l'Amérique du Nord deux décennies plus tôt devient à son tour, dans les années 1540, gouverneur du Río de la Plata et participe à l'exploration de cette région.

L'obsession d'El Dorado continue cependant à pousser des hommes vers les pires extrémités. En 1560-1561, Lope de Aguirre, lancé dans une expédition vers les sources de l'Amazone à la recherche du pays mythique d'Omagua, se mutine, fait assassiner le chef de l'expédition et descend le fleuve à la tête d'une troupe de plus en plus réduite, semant la terreur jusqu'à son exécution sur la côte vénézuélienne. Vers la fin du même siècle, le mythe traverse jusqu'en Angleterre : Antonio de Berrío explore la région du haut Orénoque dans les années 1580-1590 à la recherche de la cité dorée, tandis que l'Anglais Walter Raleigh, déjà connu pour ses tentatives nord-américaines, conduit en 1595 puis en 1617 deux expéditions vers la Guyane dans le même espoir, sans plus de succès que ses prédécesseurs espagnols.

Le XVIIe siècle voit l'exploration se déplacer vers le Brésil portugais, où des troupes de pionniers appelées bandeirantes s'enfoncent méthodiquement dans l'intérieur du continent, bien au-delà de la ligne théorique fixée par le traité de Tordesillas, à la recherche d'esclaves indigènes, d'émeraudes et de métaux précieux. C'est dans ce contexte que le capitaine portugais Pedro Teixeira accomplit, entre 1637 et 1639, un exploit comparable à celui d'Orellana près d'un siècle plus tôt, en remontant cette fois l'intégralité de l'Amazone depuis Belém jusqu'à Quito, puis en redescendant le fleuve : cette expédition consolide durablement la revendication portugaise sur l'ensemble du bassin amazonien. Au même moment, les missions jésuites établies au Paraguay organisent, à travers leurs réductions, une exploration religieuse et administrative méthodique du bassin du Paraná et des marges du Chaco.

Le XVIIIe siècle s'ouvre sur la découverte de gisements d'or, puis de diamants, dans la région des Minas Gerais à partir des années 1690-1700, ce qui provoque une nouvelle vague d'expansion bandeirante vers le centre du Brésil et le Mato Grosso. C'est également à cette époque que l'exploration scientifique fait son apparition sur le continent : entre 1735 et 1744, l'Académie des sciences française envoie en Équateur une mission géodésique conduite par Charles Marie de La Condamine, chargée de mesurer un arc de méridien à l'équateur afin de déterminer la forme exacte de la Terre; à l'issue de ses travaux, La Condamine choisit de regagner l'Europe en descendant l'intégralité de l'Amazone, devenant le premier savant à en livrer une description scientifique détaillée. Dans le même temps, les rivalités territoriales entre l'Espagne et le Portugal en Amérique du Sud donnent lieu à plusieurs commissions de démarcation, notamment après le traité de Madrid de 1750, dont les arpenteurs parcourent et cartographient des régions frontalières jusque-là mal connues.

C'est cependant l'expédition d'Alexander von Humboldt et d'Aimé Bonpland, entre 1799 et 1804, qui marque l'apogée de l'exploration scientifique du continent à l'époque coloniale. Les deux savants remontent l'Orénoque, découvrent et décrivent le canal naturel du Casiquiare reliant ce fleuve au bassin amazonien, traversent les Andes colombiennes et équatoriennes, et Humboldt atteint, sur les pentes du volcan Chimborazo, en 1802, une altitude alors inégalée par aucun Européen. Leurs observations, embrassant aussi bien la géographie que la botanique, la géologie ou le climat, posent les fondements d'une approche résolument moderne de l'exploration, fondée sur la mesure et la comparaison plutôt que sur la seule narration du merveilleux.

Les guerres d'indépendance du début du XIXe siècle donnent elles-mêmes lieu à des prouesses géographiques notables, à commencer par la traversée des Andes accomplie en 1817 par José de San Martín, qui fait franchir à son armée, par plusieurs cols à plus de quatre mille mètres d'altitude, la cordillère séparant l'Argentine du Chili, afin de prendre par surprise les troupes royalistes. Quelques années plus tard, entre 1832 et 1835, le jeune naturaliste Charles Darwin parcourt, à bord du Beagle, les côtes et l'intérieur de l'Amérique du Sud, de la Patagonie et de la Terre de Feu aux Andes chiliennes et péruviennes, accumulant des observations qui nourriront plus tard sa théorie de l'évolution.

Le milieu du XIXe siècle voit affluer dans le bassin amazonien une génération de naturalistes britanniques dont les explorations conjuguent collecte scientifique et reconnaissance géographique : Henry Walter Bates y séjourne onze années à partir de 1848, Alfred Russel Wallace l'accompagne dans les premières années de ce périple, tandis que Richard Spruce se consacre plus particulièrement à l'exploration botanique du haut Amazone et des Andes équatoriales. Plus au sud, l'exploration de la Patagonie progresse à son tour, à travers les voyages de l'aventurier britannique George Chaworth Musters parmi les Tehuelches dans les années 1870, puis grâce aux campagnes de Francisco Moreno, surnommé Perito Moreno, dont les relevés contribuent dans les années 1880-1890 à fixer la frontière entre l'Argentine et le Chili le long de la cordillère australe.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle sont également marqués par les explorations liées à l'essor du caoutchouc, qui pousse négociants et géographes à remonter des affluents amazoniens jusque-là à peine fréquentés, parfois au prix d'une exploitation très brutale des populations indigènes locales. C'est dans ce contexte de continent encore partiellement inconnu dans son détail que s'inscrivent les dernières grandes explorations du tournant du siècle : la redécouverte, en 1911, par l'archéologue américain Hiram Bingham, de la cité inca de Machu Picchu, dissimulée par la végétation sur un éperon andin; l'expédition conjointe menée en 1913-1914 par l'ancien président américain Theodore Roosevelt et le général brésilien Cândido Rondon, qui descendent et cartographient pour la première fois un affluent inconnu du Madeira rebaptisé depuis "rivière du Doute"; et les tentatives, à partir des années 1920, du colonel britannique Percy Fawcett pour localiser, dans le Mato Grosso, une cité perdue qu'il nomme simplement Z, recherche qui s'achève par sa propre disparition, jamais élucidée, au coeur de la forêt brésilienne.



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Sur le web - Le site L'Amiral de la Mer Océane.
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