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Les frères Pinzón

Martin Alonzo Pinzón et Vicente Yáñez Pinzón sont deux frères qui accompagnèrent Colomb dans son 1er, voyage, et qui firent ensuite par eux-mêmes quelques découvertes. Issus du petit port andalou de Palos, ils incarnent la combinaison d'audace, de savoir-faire technique et d'esprit d'entreprise qui caractérise l'âge des grandes découvertes. Leur héritage maritime perdure dans la mémoire de Palos, où leur maison natale est devenue un lieu de mémoire, et dans les cartes du Nouveau Monde qu'ils ont contribué à tracer. 

Ils naissent à Palos de la Frontera, en Andalousie, dans la seconde moitié du XVe siècle, au sein d'une famille de marins et d'armateurs renommée. Leur père, Martín González Pinzón, est un navigateur expérimenté et un homme d'affaires prospère, propriétaire de plusieurs navires marchands. Cette origine maritime façonne profondément leur destin : dès leur jeunesse, les deux frères apprennent la navigation, le commerce maritime et la gestion des équipages. Martin Alonzo, l'aîné, devient rapidement une figure influente dans la petite communauté portuaire de Palos. Il accumule richesse et réputation grâce à ses voyages commerciaux en Afrique de l'Ouest, où il participe au commerce d'or, d'ivoire et d'esclaves — activités courantes à l'époque pour les marins andalous. Son expérience, son autorité naturelle et sa connaissance approfondie des vents et des courants atlantiques en font un interlocuteur incontournable lorsqu'un certain Christophe Colomb cherche à convaincre les autorités espagnoles de financer une expédition vers l'ouest. 

Lorsque Colomb arrive à Palos en 1492, muni d'une ordonnance royale obligeant la ville à lui fournir deux navires, il peine à recruter des marins : son projet paraît trop risqué, voire chimérique. C'est alors que Martin Alonzo Pinzón entre en scène. Convaincu du potentiel de l'entreprise - peut-être parce qu'il a lui-même eu connaissance de rumeurs sur des terres inconnues à l'ouest, ou parce qu'il perçoit une opportunité commerciale majeure -, il décide non seulement de soutenir Colomb, mais aussi d'investir personnellement dans l'expédition. Il met à disposition la Pinta, un navire rapide et maniable, qu'il commande lui-même, tandis que son frère cadet, Vicente Yáñez, prend la barre de la Niña. Martin Alonzo joue un rôle crucial dans le recrutement de l'équipage : grâce à son prestige local, il parvient à convaincre des marins réticents de se joindre à l'aventure. Pendant la traversée, son leadership et son expérience s'avèrent précieux, notamment lors des moments de tension à bord. Il n'hésite pas, à un moment critique, à s'écarter temporairement de la route imposée par Colomb, persuadé d'avoir repéré des signes de terre - une initiative qui, selon certaines sources, aurait pu précipiter la découverte des Amériques. 

Vicente Yáñez, quant à lui, bien que plus jeune, possède déjà une solide expérience maritime. Il commande la Niña avec compétence durant tout le premier voyage. Après la découverte des îles Caraïbes, il participe activement à l'exploration des côtes et au premier contact avec les peuples autochtones. À la suite du naufrage de la Santa María, c'est à bord de la Niña, sous son commandement, que Colomb regagne l'Espagne. Vicente Yáñez ne se contente pas de cette première expédition : il poursuit une carrière d'explorateur indépendant. En 1499, il entreprend son propre voyage vers l'ouest, financé par des marchands andalous. C'est lors de cette expédition qu'il atteint, le 26 janvier 1500, les côtes du Brésil -  avant même que Pedro Ãlvares Cabral n'y arrive officiellement au nom du Portugal le 24 avril de la même année. Il explore l'embouchure de l'Amazone, qu'il nomme Río Santa María de la Mar Dulce, et remonte une partie du fleuve, établissant ainsi l'un des premiers contacts européens avec cette région. Plus tard, il participe à d'autres missions, notamment en Amérique centrale, et devient gouverneur de Puerto Rico pour un bref mandat. 

Martin Alonzo, en revanche, ne survit pas longtemps à son retour d'Amérique. Épuisé par le voyage et peut-être en désaccord avec Colomb sur la répartition des honneurs et des profits, il meurt peu après son arrivée en Espagne, probablement en 1493. Son rôle dans la réussite de l'expédition de 1492 reste souvent sous-estimé dans les récits traditionnels, dominés par la figure de Colomb, mais les historiens reconnaissent aujourd'hui qu'il fut bien plus qu'un simple capitaine : il fut un co-architecte de l'entreprise, un stratège maritime et un moteur essentiel de sa réalisation. 

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Dictionnaire biographique
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