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La photodissociation
est un processus chimique par lequel une molécule
est fragmentée en atomes ou en molécules plus
petites sous l'effet de l'absorption d'un ou plusieurs photons.
Ce phénomène repose sur les principes fondamentaux de la photochimie
et de la mécanique quantique. Lorsqu'une molécule
est exposée à un rayonnement
électromagnétique, elle peut absorber un photon dont l'énergie
correspond exactement à la différence d'énergie entre son état fondamental
et un état électronique excité. Si l'énergie du photon absorbé est
supérieure ou égale à l'énergie de liaison qui maintient les atomes
ensemble au sein de la molécule, la liaison
chimique peut se rompre. L'énergie d'un photon est inversement proportionnelle
à sa longueur d'onde, ce qui signifie que les rayonnements les plus énergétiques,
tels que les ultraviolets et les rayons
X, sont les plus susceptibles de provoquer la photodissociation, bien
que certaines liaisons faibles puissent être rompues par la lumière
visible ou même infrarouge dans des
cas spécifiques.
Ce processus est ordinairement décrit
à l'aide de courbes d'énergie potentielle. Lorsqu'une molécule absorbe
un photon, la transition électronique se produit si rapidement que les
noyaux
atomiques n'ont pas le temps de se déplacer, conformément au principe
de Franck-Condon. La molécule se retrouve ainsi projetée sur une
courbe d'énergie potentielle d'un état excité. Si cet état excité
est répulsif, ou si la molécule se trouve à un niveau vibrationnel supérieur
à l'énergie de dissociation de cet état, les atomes s'éloignent les
uns des autres jusqu'à ce que la liaison soit complètement rompue. Les
fragments résultants sont souvent des radicaux libres, c'est-à -dire des
espèces chimiques possédant un ou plusieurs électrons
non appariés, ce qui les rend extrêmement réactifs et capables d'initier
de nombreuses réactions chimiques en chaîne.
Dans l'atmosphère
terrestre, la photodissociation joue un rôle central dans la régulation
de la composition chimique et la protection des organismes vivants. Le
cycle de Chapman en est l'exemple le plus
emblématique. Sous l'effet du rayonnement solaire ultraviolet de courte
longueur d'onde, la molécule de dioxygène subit une photodissociation
pour former deux atomes d'oxygène libres. Ces
atomes réagissent ensuite avec d'autres molécules de dioxygène pour
former de l'ozone. Par ailleurs, l'ozone lui-même
absorbe les rayons ultraviolets de moyenne longueur d'onde et se photodissocie
en une molécule de dioxygène et un atome d'oxygène. Ce cycle continu
d'absorption et de fragmentation est ce qui constitue la couche d'ozone,
filtrant la majeure partie du rayonnement ultraviolet nocif du Soleil avant
qu'il n'atteigne la surface de la Terre.
D'autres processus atmosphériques dépendent
également de ce type de photolyse. La vapeur d'eau présente dans la haute
atmosphère peut être photodissociée en radicaux hydroxyle et hydrogène,
le radical hydroxyle étant souvent qualifié de détergent de l'atmosphère
en raison de sa capacité à oxyder et
à éliminer de nombreux polluants et gaz à effet
de serre. De même, les oxydes d'azote et les
composés organiques volatils émis par les activités humaines ou naturelles
subissent une photodissociation sous l'effet de la lumière solaire, déclenchant
des réactions complexes qui aboutissent à la formation d'ozone troposphérique,
un composant majeur du smog photochimique, nuisible à la santé et Ã
l'environnement.
La photodissociation est un phénomène
omniprésent dans le milieu interstellaire et les
atmosphères planétaires. Dans les nuages moléculaires
de l'espace, le rayonnement ultraviolet des étoiles
proches peut briser les molécules, limitant ainsi leur abondance et influençant
la chimie prébiotique qui pourrait mener à la formation de systèmes
planétaires. Sur des planètes comme Mars
ou Vénus, la photodissociation du dioxyde de carbone
et de la vapeur d'eau par le rayonnement solaire
contribue à l'échappement atmosphérique, expliquant en partie pourquoi
ces planètes ont perdu l'eau liquide qui aurait pu exister à leur surface
dans le passé. Le rayonnement brise les molécules d'eau, et l'hydrogène
résultant s'échappe plus facilement dans l'espace, laissant derrière
lui l'oxygène ou permettant son interaction avec la surface.
En chimie de laboratoire et dans les applications
industrielles, la photodissociation est exploitée de manière contrôlée.
Elle est à la base de la photolithographie, un processus essentiel Ã
la fabrication des semi-conducteurs et des circuits intégrés, où des
polymères photosensibles sont décomposés ou réticulés par exposition
à la lumière pour créer des motifs microscopiques. Elle est également
utilisée dans la synthèse de certains composés chimiques difficiles
à obtenir par des voies thermiques classiques, car l'apport d'énergie
par les photons permet d'accéder à des états de transition et des produits
de réaction spécifiques qui ne seraient pas favorisés par la simple
augmentation de la température. |
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