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L'application
du terme planète a beaucoup évolué au cours du temps. Les planètes
étaient pour les anciens astronomes grecs
les « astres errants », c'est-à -dire ceux qui, par opposition
aux « étoiles fixes » ne suivaient pas le mouvement régulier de la
sphère
céleste. Le mot a désigné ensuite les plus gros objets en orbite
autour du Soleil. Ces objets ayant en commun,
non seulement de graviter autour de leur étoile, mais aussi de se distinguer
de celle-ci par la source de l'énergie qui sont susceptible d'émettre
: les
étoiles puisent leur énergie dans les réactions
nucléaires qui se déroulent en leur sein (et éventuellement à leur
surface); les planètes ne brillent pas par elles-mêmes, elles réfléchissent
la lumière de leur étoile, et si elles émettent de l'énergie par elle-même,
celle-ci est, comparativement, extrêmement faible, et correspond pour
l'essentiel à l'énergie résiduelle accumulée lors de leur formation.
Au cours des dernières
décennies, des milliers de planètes ont été découvertes en orbite
autour d'autres étoiles. Il est même apparu que potentiellement presque
chaque étoile ordinaire de notre
Galaxie peut être
entourée d'un système planétaire. Mais aussi que les systèmes possibles
peuvent êtres différents du nôtre, aussi bien par la distribution des
planètes qu'ils contiennent que par la nature même de ces planètes.
Outre les types déjà connus, on a ainsi identifié des planètes des
masses comprises entre celle de la Terre et celle
de nos planètes géantes. Ce sont les super-Terres
et les mini-Neptunes, les unes rocheuses, les autres gazeuses; ce sont
aussi des planètes beaucoup plus grosses que notre
Jupiter
: des super-Jupiters dont la masse peut même s'approcher de celle des
plus petites étoiles, les naines brunes.
Cette moisson a enrichi
la vision que les astronomes avaient de la formation et de l'évolution
du Système solaire. Les modèles déjÃ
existants fournissaient un cadre qui s'est globalement conservé : ils
envisageaient et envisageaient toujours les planètes comme un sous-produit
contemporain de la formation des étoiles : les
planètes se forment par l'accumulation de la matière au sein du disque
de poussières et de gaz dont s'entoure leur étoile à sa naissance. La
présence de planètes géantes très proches de leur étoile (ce qui est
très différent de ce que l'on observe dans le Système solaire) suggère
la possibilité de migrations au cours du temps des planètes, même les
plus massives. La découverte de planètes autour d'étoiles ayant terminé
leur vie nucléaire active (naines blanches,
étoiles
à neutrons), laisse penser que des planètes nées en même temps
que leur étoile peuvent leur survivre, mais invitent aussi supposer que
des planètes peuvent se former très tardivement, à partir de la matière
éjectée par les étoiles à la fin de leur vie.
Les planètes du
Système solaire
Vue d'ensemble du
Système solaire.
Le Système solaire
se compose du Soleil et de nombreux objets plus petits : les planètes
proprement dites, leurs satellites et leurs anneaux,
et des « débris » tels que les astéroïdes,
les comètes et la poussière interplanétaire
( Le nuage
zodiacal). La plupart de ces objets se
sont formés en même temps que le Soleil il y a environ 4,5 milliards
d'années. Ils représentent des amas de matière qui se sont condensés
à partir d'un énorme nuage de gaz et de poussière, la nébuleuse solaire.
La partie centrale de ce nuage est devenue le Soleil, et une petite fraction
de la matière dans les parties externes a formé les autres objets.
Du point de vue de
leurs caractéristiques intrinsèques, on distingue trois sortes de planètes
: les planètes géantes ou planètes joviennes,
semblables à Jupiter, les planètes
telluriques, semblables à la Terre, et les
planètes
naines.
Certains satellites
sont des planètes naines, à l'instar de la Lune,
d'autres, de forme irrégulière, sont similaires à la plupart astéroïdes.
Quelques astéroïdes peuvent cependant être classés parmi les planètes
naines. Les anneaux sont constitués de poussières et de particules et
blocs glacés plus gros. Les noyaux des comètes sont des blocs amalgamant
poussières et glace. Les comètes et les astéroïdes se distinguent principalement
par la proportion relative relative de la glace et autres constituants
volatils qu'ils contiennent.
-
Les
principaux objets du Système solaire représentés à la même échelle.
Une classification
selon les caractéristiques orbitales.
Le système géocentrique
des Anciens faisait tourner autour de la la Terre, outre le Soleil et la
Lune, cinq « astres errants » ou planètes : Mercure,
Vénus,
Mars,
Jupiter et
Saturne.
L'avènement du système
héliocentrique de Copernic (XVIe
siècle) a fait voir aussi la Terre comme une planète. Après l'invention
du télescope, trois autres objets principaux ont été joints à la liste
des planètes : Uranus (1781), Neptune(1846)
et Pluton (1930).
Par la suite, Pluton
est apparu comme le, premier représentant d'une foule d'objets circulant
dans une région externe du Système solaire
(la ceinture de Kuiper), et aujourd'hui
appelées
objets transneptuniens. À ce jour, plus de 1750 objets
transneptuniens ont été découverts.
Une autre famille
d'objets avait été identifiée auparavant, celles des astéroïdes. Ces
objets, très nombreux et que l'on a d'abord appelés petites planètes,
circulent majoritairement entre l'orbite de Mars et celle de Jupiter, et
forment la ceinture d'astéroïdes. Le premier d'entre eux, Cérès,
a été découvert en 1801. Depuis, on a répertorié autour de 750 000
astéroïdes dans cette ceinture; environ 20 000 astéroïdes ont aussi
des orbites qui les rapprochent de l'orbite terrestre.
-
Orbites
des principaux objets du Système solaire. - Les huit principales planètes
inscrivent leurs orbites (en bleu) à peu près sur le même plan (plan
de l'écliptique), alors que les orbites des objets transneptuniens (en
rouge) s'en écarttent sensiblement. Le constat serait encore plus avec
les orbites des comètes dont le plan est quelconque.
Signalons enfin qu'il
existe un grand réservoir des petits objets glacés, noyaux cométaires,
à la périphérie du Système solaire et que l'on appelle le nuage
de Oort. Certains de ces objets peuvent, sous l'effet de diverses perturbations,
voir leur orbite les précipiter vers les régions centrales du Système
solaire où il deviennent alors des comètes. (Les comètes avaient longtemps
été prises pour des phénomènes astmosphériques. L'observation de la
comète de 1577 par Tycho Brahé lui a permis de
montrer qu'il s'agissait bien d'astres circulant dans les mêmes régions
que les planètes).
A l'exception des
comètes, dont l'orbite peut s'inscrire sur un plan quelconque, tous ces
objets tournent dans le même sens autour du Soleil et orbitent approximativement
dans le même plan, appelé le plan de l'écliptique. Chacun reste
dans sa propre « voie de circulation », suivant une orbite elliptique
plus ou moins allongée, mais généralement presque circulaire, autour
du Soleil.
Si l'on s'en tient
à ne considérer les objets du Système solaire qu'en fonction de leur
orbite, on doit encore nommer une autres classe d'objets : les satellites.
Les anneaux qui entourent les planètes géantes pouvant aussi rapportés
à cette classe d'objets.
Les satellites sont
des objets qui gravitent autour d'autres objets, comme la Lune autour de
la Terre, une analogie qui les fait aussi appeler lunes. A l'exception
de Mercure et de Vénus toutes les planètes citées plus haut possèdent
des satellites. Mars en possède deux très petits, les quatres planètes
géantes, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, en possèdent chacune une
multitude, de dimensions très diverses, et qui font parfois parler Ã
leur propos de « systèmes planétaires en miniature ». Pluton a cinq
satellites connus. Certains autres objets transneptuniens en possèdent
aussi (Eris, à peu près de la même taille que
Pluton, en possède au moins une); même chose pour certains astéroïdes.
On a dénombré à ce jour environ 200 satellites.
Saturne est la planète
qui possède le système d'anneaux le plus spectaculaire.
Il a été découvert en 1655 par Huygens, mais
il a fallu attendre les dernières décennies du XXe
siècle pour découvrir ceux, bien plus discrets, que possèdent Jupiter,
Uranus et de Neptune. En 2017, on en aussi a identifié un autour de Haumea,
un objet transneptunien. Ces anneaux ne sont pas des objets solides : ils
sont constitués d'innombrables petites particules (typiquement de quelques
millimètres à quelque centimètres, parfois de quelques kilomètres),
suivant chacune sa propre orbite et qui peuvent être vues, elles aussi,
comme des satellites en orbite autour de l'équateur de leur planète.
Une classification
selon les caractères physiques.
Une autre manière
d'envisager les objets qui gravitent autour du Soleil consiste considérer
leurs caractéristiques physiques - entendons par là aussi bien leur composition
que leurs dimensions et leur masse, ainsi que leur forme. Il existe des
corrélations entre ces différents aspects (ainsi d'ailleurs, en partie,
avec les distances de ces objets au Soleil), qui permettent une nouveau
type de classement avec quatre types d'objets : les planètes géantes,
les planètes telluriques, les planètes naines et ce que
nous appellerons ici les petits corps. Les trois premiers types
correspondent à des objets sensiblement sphériques et possèdent une
différenciation interne, c'est-à -dire une structuration interne concentrique.
Les petits corps ont une forme irrégulière et n'ont pas de structuration
interne (on range dans cette catégoroie la plupart des astéroïdes, les
noyaux des comètes et certains satellites de planètes).
Les
planètes géantes.
Quatre planètes
méritent ce nom : Jupiter, Saturne Uranus et Neptune. Jupiter est, et
de loin la plus grosse de ces planètes. Son volume est 1400 fois celui
de la Terre et elle concentre plus de matière que toutes les autres planètes
réunies. Jupiter et Saturne possèdent d'importants manteaux d'hydrogène
liquide. Uranus et Neptune renferment peu d'hydrogène et d'hélium par
rapport à Jupiter et Saturne (et au Soleil). Chaque planète géante a
un noyau de « glace » et de « roche » équivalent à environ 10 masses
terrestres. Elles doivent leur dimensions principalement à leur enveloppe
atmosphérique extraordinairement épaisse. Cette enveloppe, qui a les
caractères d'une atmosphère véritable (gazeuse) dans ses parties supérieures,
devient liquide dans les parties les plus profondes du fait de la pression
de plus en plus importante subie par le gaz. Ces planètes sont ainsi principalement
composées de glaces, de liquides et de gaz plus légers. Elles n'ont pas
de surfaces solides et ressemblent davantage à de vastes océans sphériques
avec des noyaux beaucoup plus petits et denses.
Les
planètes telluriques.
Les planètes telluriques
sont la Terre (tellus = terre, sol) et des deux autres planètes
qui lui ressemblent le plus : Vénus et Mars. Ce sont des mondes de dimensions
relativement modestes, composés principalement de roche et de métal.
Toutes ont des surfaces solides qui portent les traces de leur histoire
géologique sous la forme de cratères, de montagnes et de volcans. Les
planètes telluriques ont aussi une
atmosphère
- beaucoup plus dense que celle de la Terre dans le cas de Vénus, et beaucoup
plus ténue dans celui de Mars.
Les
planètes naines.
Les planètes naines
(à ne pas confondre avec les petites planètes, terme obsolète désignant
les astéroïdes) sont des objets encore plus petits. Il s'agit de corps
sphériques et à la surface solide, qui est parfois très ancienne et
cratérisée comme dans le cas de la Lune, mais qui a aussi peut être
(et peut continuer d'être) modifiée (rajeunie) par divers processus.
Nous rangerons dans la catégorie des planètes naines deux planètes traditionnelles
(Mercure et Pluton), la Lune et plusieurs
satellites
des planètes géantes - les quatre satellites
principaux de Jupiter (Io, Europe, Ganymède, Callisto), les principaux
satellites de Saturne (Ã commencer par Titan)
et d'Uranus (Miranda, Obéron, etc.), le principal satellite de Neptune
(Triton), ainsi que plusieurs astéroïdes (Pallas,
Cérès,
Vesta, Hygeaia) et, outre Pluton et son
satellite Charon, plusieurs autres objets transneptuniens (Eris, Makemake,
Haumea, Sedna). Certaines planètes naines possèdent un atmosphère. A
l'exception très notable de celle de Titan, ces atmosphères sont excessivement
ténues, et parfois seulement transitoires.
Les
petits corps.
Les petits corps
sont des objets dont les dimensions s'étagent généralement entre quelques
dizaines de mètres et quelques dizaines de kilomètres (voire cent Ã
deux-cents kilomètres, dans le cas des centaures,
qui correspondent à une catégorie d'objets transneptuniens). Les différents
débris qui constituent les anneaux peuvent aussi être rangés parmi
les petits corps, tout comme la très grande majorité des astéroïdes,
des noyaux cométaires. Nombre de satellites sont également dans ce cas
: les deux de Mars (Phobos et Déimos),
et la plupart des satellites des planètes géantes. Tous ces satellites
semblent d'ailleurs être de petits astéroïdes capturés gravitationellement
par les planètes autour desquels ils tournent aujourd'hui.
Les astéroïdes
et les satellites qui leur sont apparentés sont formés de roches; leur
surface est couverte de cratères de diamètres divers. Les noyaux cométaires
et les centaures sont des objets formés d'un agglomérat de roches (ou
de poussières) et de glace (d'eau, de dioxyde et de monoxyde de carbone).
La plupart des astéroïdes sont des vestiges de la population initiale
du Système solaire qui existait avant la formation des planètes elles-mêmes.
Les
comètes sont également des vestiges de
la formation du Système solaire, mais elles se sont formées et continuent
(à de rares exceptions près) à orbiter autour du Soleil dans des régions
éloignées et plus froides, figées dans une sorte de gel cosmique profond.
Les exoplanètes
Une exoplanète,
également appelée planète extrasolaire, est une planète située en
dehors de notre Système solaire, c'est-à -dire qu'elle orbite autour d'une
étoile autre que notre Soleil. Contrairement aux étoiles,
les exoplanètes, à l'image des planètes du Système solaire, ne produisent
pas leur propre lumière mais réfléchissent ou réémettent celle de
leur étoile hôte, ce qui rend leur observation particulièrement délicate.
La première confirmation de l'existence d'une exoplanète remonte à 1992,
lorsque Aleksander Wolszczan et Dale Frail ont détecté deux planètes
orbitant autour d'un pulsar, PSR B1257+12. Toutefois,
la première exoplanète découverte autour d'une étoile de type
solaire, 51 Pegasi b, a été identifiée en 1995 par Michel Mayor
et Didier Queloz à l'Observatoire de Haute-Provence, une avancée majeure
qui leur a valu le prix Nobel de physique en 2019. Depuis ces découvertes
pionnières, le nombre d'exoplanètes confirmées n'a cessé de croître
grâce aux progrès technologiques : en février 2026, plus de 6000 exoplanètes
étaient répertoriées, et les astronomes estiment que la majorité des
étoiles de notre Galaxie abritent au moins une
planète.
La détection des
exoplanètes représente un défi technique considérable en raison des
distances impliquées et du contraste lumineux extrême entre une étoile
brillante et sa planète beaucoup plus sombre. Plusieurs méthodes ont
été développées pour surmonter ces obstacles. La méthode
du transit, aujourd'hui la plus utilisée, consiste à observer la légère
baisse de luminosité d'une étoile lorsqu'une planète passe devant elle
depuis notre point de vue. Cette technique permet de déterminer la taille
de la planète et sa période de révolution. La méthode des vitesses
radiales, quant à elle, mesure les infimes oscillations d'une étoile
causées par l'attraction gravitationnelle d'une planète en orbite, ce
qui permet d'estimer la masse de l'exoplanète.
D'autres approches complètent ce panel : l'imagerie directe, qui utilise
des coronographes pour masquer la lumière de l'étoile et révéler la
planète; la microlentille gravitationnelle,
qui exploite la déformation de l'espace-temps
pour amplifier la lumière d'étoiles lointaines; et l'astrométrie, qui
suit avec précision les mouvements d'une étoile dans le ciel. Des missions
spatiales dédiées comme Kepler, TESS, CHEOPS ou le télescope James Webb
ont considérablement accru notre capacité à découvrir et à étudier
ces mondes lointains.
.
L'étude des exoplanètes
revêt une importance scientifique fondamentale à plusieurs titres. D'une
part, elle permet de mieux comprendre les mécanismes de formation et d'évolution
des systèmes planétaires, en offrant un échantillon statistique bien
plus vaste que notre unique Système solaire de référence.
Les exoplanètes
observées à différents stades de leur vie éclairent les processus de
migration planétaire, d'accrétion de matière ou d'interaction avec leur
environnement stellaire. D'autre part, la recherche d'exoplanètes situées
dans la "zone habitable" (la région autour d'une étoile où les conditions
permettent théoriquement la présence d'eau liquide
à la surface d'une planète) nourrit la quête d'une éventuelle biologie
extraterrestre.
Des missions comme
PLATO, Ariel ou le futur Nancy Grace Roman Space Telescope visent non seulement
à découvrir de nouvelles exoplanètes, mais aussi à analyser la composition
de leur atmosphère à la recherche de biosignatures,
c'est-à -dire de molécules potentiellement liées à l'activité biologique,
comme l'oxygène, le méthane
ou le dioxyde de carbone.
L'exploration des
exoplanètes stimule l'innovation technologique, poussant au développement
d'instruments d'observation toujours plus sensibles et précis, tout en
renouvelant notre vision de la place de la Terre dans l'univers.
Chaque nouvelle découverte contribue à écrire une histoire cosmique
plus riche et plus complexe, où notre planète n'est qu'un exemple parmi
une myriade de mondes possibles.
Petite typologie
(provisoire) des exoplanètes
| •
Les
géantes gazeuses constituent l'une des catégories les plus facilement
détectables. Elles sont composées principalement d'hydrogène et d'hélium,
comme Jupiter et Saturne dans notre propre système. Leur masse peut être
plusieurs fois supérieure à celle de Jupiter. Certaines se trouvent très
près de leur étoile, ce qui leur vaut le nom de Jupiter chauds. Ces mondes
connaissent des températures extrêmement élevées, parfois supérieures
à 1000 °C, et effectuent souvent une révolution complète en quelques
jours seulement. Leur atmosphère peut être soumise à des vents violents
et à une forte évaporation due au rayonnement stellaire. L'un des
exemples les plus célèbres est 51 Pegasi b, première exoplanète découverte
autour d'une étoile semblable au Soleil en 1995. Il s'agit d'un Jupiter
chaud. HD 209458 b, surnommée Osiris, est une autre géante gazeuse remarquable,
car son atmosphère en cours d'évaporation a pu être étudiée en détail.
• Les géantes
glacées ressemblent davantage à Uranus et Neptune. Bien qu'elles
possèdent également une enveloppe gazeuse, elles contiennent une proportion
plus importante d'eau, d'ammoniac et de méthane sous forme de glaces ou
de fluides comprimés. Leur masse est généralement inférieure à celle
des grandes géantes gazeuses. Ces planètes se situent souvent plus loin
de leur étoile et présentent des températures plus modérées. Ce type
de planète possède moins d'exemples clairement identifiés, car la composition
interne reste difficile à déterminer. HAT-P-11 b, située dans la constellation
du Cygne, est souvent considérée comme une planète proche du type Neptune.
GJ 436 b constitue également un exemple important; cette planète possède
une atmosphère riche en hydrogène et présente des caractéristiques
rappelant Neptune.
• Les super-Terres
sont des planètes rocheuses dont la masse est comprise entre environ une
et dix fois celle de la Terre. Elles représentent l'une des catégories
les plus fréquentes dans la Galaxie, alors qu'aucun exemple n'existe dans
le Système solaire. Certaines pourraient posséder une atmosphère dense
et des océans, tandis que d'autres seraient plus sèches ou géologiquement
très actives. Leur gravité plus importante pourrait influencer fortement
leur climat et la structure de leur atmosphère.
Les super-Terres
sont très nombreuses. Kepler-10 b fut l'une des premières super-Terres
rocheuses confirmées. 55 Cancri e est une super-Terre extrêmement chaude
orbitant autour de son étoile en moins d'une journée. LHS 1140 b, plus
tempérée, est particulièrement étudiée pour son potentiel d'habitabilité.
• Les mini-Neptunes
constituent une catégorie intermédiaire entre les super-Terres et les
géantes glacées. Leur taille est supérieure à celle de la Terre, mais
elles possèdent une enveloppe importante de gaz entourant un noyau solide.
Elles sont probablement très communes dans l'Univers. Leur atmosphère
épaisse rend leur surface, si elle existe sous forme solide, difficilement
accessible et probablement inhospitalière. Les mini-Neptunes sont abondantes
parmi les découvertes de la mission Kepler. K2-18 b en est un exemple
célèbre : elle possède une épaisse atmosphère. TOI-270 c et Kepler-138
d appartiennent également à cette catégorie intermédiaire entre les
super-Terres et les géantes glacées.
• Les planètes
telluriques sont essentiellement composées de roches et de métaux.
Elles ressemblent à Mercure, Vénus, la Terre ou Mars. Leur diamètre
est relativement faible comparé à celui des géantes gazeuses. Certaines
présentent des conditions extrêmes, avec des températures très élevées,
tandis que d'autres se situent dans la zone habitable de leur étoile,
c'est-à -dire une région où l'eau liquide pourrait exister en surface.
Ces mondes sont particulièrement étudiés dans la recherche d'une éventuelle
vie extraterrestre. Proxima Centauri b, située autour de l'étoile la
plus proche du Soleil, est probablement une planète rocheuse de ce type.
TRAPPIST-1 e, |
TRAPPIST-1
f et Kepler-186 f sont également considérées comme des candidates intéressantes
pour l'étude de l'habitabilité.
• Les planètes
océaniques sont des mondes hypothétiques ou potentiellement observés
dont une grande partie de la masse serait constituée d'eau. Elles pourraient
être recouvertes d'océans profonds s'étendant sur plusieurs centaines
de kilomètres. Sous ces océans, la pression pourrait être si forte qu'elle
formerait des glaces exotiques, séparant l'eau liquide du noyau rocheux.
Certains objets connus pourraient correspondre à ce type. Kepler-138 d
et Kepler-138 c semblent contenir une proportion importante d'eau sous
différentes formes. K2-18 b a également été proposée comme candidate
possible à un monde riche en eau, bien que sa nature exacte fasse encore
l'objet de débats.
• Les planètes
désertiques possèdent peu ou pas d'eau en surface. Leur environnement
rappelle certains scénarios envisagés pour Mars ou des régions très
arides de la Terre. Malgré leur sécheresse, certains modèles suggèrent
qu'elles pourraient rester habitables dans certaines conditions grâce
à une atmosphère adaptée. Aucune planète de ce type n'a encore été
identifiée avec certitude. Certains chercheurs suggèrent que Kepler-452
b ou TRAPPIST-1 c pourraient présenter des environnements relativement
secs, mais aucune preuve directe ne permet aujourd'hui de les classer définitivement
dans cette catégorie.
• Les planètes
de lave sont situées extrêmement près de leur étoile. Les températures
y sont si élevées que les roches peuvent fondre et former des mers de
magma. La différence de température entre les faces éclairée et sombre
est souvent gigantesque, surtout lorsque la planète présente toujours
le même hémisphère à son étoile. 55 Cancri e constitue l'exemple
le plus célèbre, avec des températures pouvant dépasser 2000 °C. CoRoT-7
b et Kepler-78 b sont également considérées comme des mondes recouverts
en partie de magma.
• Les planètes
carbonées sont des objets théoriques dans lesquels le carbone serait
plus abondant que l'oxygène. Leur composition pourrait inclure du graphite,
des carbures et, dans certaines conditions, d'importantes quantités de
diamant. Leur existence reste encore difficile à confirmer avec certitude.
55 Cancri e a longtemps été présentée comme une possible planète riche
en carbone, voire en diamant, mais les observations plus récentes ont
remis cette hypothèse en question. Aucun exemple n'est aujourd'hui confirmé
de manière certaine.
• Les mondes
circumbinaires orbitent autour de deux étoiles au lieu d'une seule.
Leurs conditions climatiques sont complexes en raison de la variation de
l'éclairement reçu. Ces systèmes rappellent les célèbres paysages
imaginés dans certaines œuvres de science-fiction où deux soleils apparaissent
dans le ciel. Des mondes circumbinaires ont été observés à plusieurs
reprises. Kepler-16 b est l'exemple le plus célèbre; elle gravite autour
d'un système de deux étoiles et rappelle la planète fictive Tatouine
de Star Wars. Kepler-34 b et Kepler-47 c appartiennent également
à cette catégorie.
• Les planètes
errantes, également appelées planètes vagabondes, ne sont liées
gravitationnellement à aucune étoile. Elles auraient été éjectées
de leur système d'origine ou se seraient formées de manière indépendante.
Ces objets parcourent l'espace interstellaire dans l'obscurité et représentent
un domaine de recherche encore relativement récent. Ces planètes errantes
sont difficiles à détecter puisqu'elles ne sont éclairées par aucune
étoile. CFBDSIR 2149-0403 est un candidat sérieux à ce statut. OGLE-2016-BLG-1928,
un objet de masse comparable à celle de la Terre détecté par microlentille
gravitationnelle, pourrait être l'une des plus petites planètes errantes
connues. |
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