|
|
| . |
|
||||||
| Astronomie |
|
|
| Le système planétaire du Soleil |
Les exoplanètes |
|
|
L'application
du terme planète a beaucoup évolué au cours du temps. Les planètes
étaient pour les anciens astronomes grecs
les « astres errants », c'est-à -dire ceux qui, par opposition
aux « étoiles fixes » ne suivaient pas le mouvement régulier de la
sphère
céleste. Le mot a désigné ensuite les plus gros objets en orbite
autour du Soleil. Ces objets ayant en commun,
non seulement de graviter autour de leur étoile, mais aussi de se distinguer
de celle-ci par la source de l'énergie qui sont susceptible d'émettre
: les
étoiles puisent leur énergie dans les réactions
nucléaires qui se déroulent en leur sein (et éventuellement à leur
surface); les planètes ne brillent pas par elles-mêmes, elles réfléchissent
la lumière de leur étoile, et si elles émettent de l'énergie par elle-même,
celle-ci est, comparativement, extrêmement faible, et correspond pour
l'essentiel à l'énergie résiduelle accumulée lors de leur formation.
Au cours des dernières décennies, des milliers de planètes ont été découvertes en orbite autour d'autres étoiles. Il est même apparu que potentiellement presque chaque étoile ordinaire de notre Galaxie peut être entourée d'un système planétaire. Mais aussi que les systèmes possibles peuvent êtres différents du nôtre, aussi bien par la distribution des planètes qu'ils contiennent que par la nature même de ces planètes. Outre les types déjà connus, on a ainsi identifié des planètes des masses comprises entre celle de la Terre et celle de nos planètes géantes. Ce sont les super-Terres et les mini-Neptunes, les unes rocheuses, les autres gazeuses; ce sont aussi des planètes beaucoup plus grosses que notre Jupiter : des super-Jupiters dont la masse peut même s'approcher de celle des plus petites étoiles, les naines brunes. Cette moisson a enrichi la vision que les astronomes avaient de la formation et de l'évolution du Système solaire. Les modèles déjà existants fournissaient un cadre qui s'est globalement conservé : ils envisageaient et envisageaient toujours les planètes comme un sous-produit contemporain de la formation des étoiles : les planètes se forment par l'accumulation de la matière au sein du disque de poussières et de gaz dont s'entoure leur étoile à sa naissance. La présence de planètes géantes très proches de leur étoile (ce qui est très différent de ce que l'on observe dans le Système solaire) suggère la possibilité de migrations au cours du temps des planètes, même les plus massives. La découverte de planètes autour d'étoiles ayant terminé leur vie nucléaire active (naines blanches, étoiles à neutrons), laisse penser que des planètes nées en même temps que leur étoile peuvent leur survivre, mais invitent aussi supposer que des planètes peuvent se former très tardivement, à partir de la matière éjectée par les étoiles à la fin de leur vie. Les planètes du Système solaireVue d'ensemble du Système solaire.Le Système solaire se compose du Soleil et de nombreux objets plus petits : les planètes proprement dites, leurs satellites et leurs anneaux, et des « débris » tels que les astéroïdes, les comètes et la poussière interplanétaire ( Du point de vue de leurs caractéristiques intrinsèques, on distingue trois sortes de planètes : les planètes géantes ou planètes joviennes, semblables à Jupiter, les planètes telluriques, semblables à la Terre, et les planètes naines. Certains satellites
sont des planètes naines, à l'instar de la Lune,
d'autres, de forme irrégulière, sont similaires à la plupart astéroïdes.
Quelques astéroïdes peuvent cependant être classés parmi les planètes
naines. Les anneaux sont constitués de poussières et de particules et
blocs glacés plus gros. Les noyaux des comètes sont des blocs amalgamant
poussières et glace. Les comètes et les astéroïdes se distinguent principalement
par la proportion relative relative de la glace et autres constituants
volatils qu'ils contiennent.
Les principaux objets du Système solaire représentés à la même échelle. Une classification
selon les caractéristiques orbitales.
L'avènement du système héliocentrique de Copernic (XVIe siècle) a fait voir aussi la Terre comme une planète. Après l'invention du télescope, trois autres objets principaux ont été joints à la liste des planètes : Uranus (1781), Neptune(1846) et Pluton (1930). Par la suite, Pluton est apparu comme le, premier représentant d'une foule d'objets circulant dans une région externe du Système solaire (la ceinture de Kuiper), et aujourd'hui appelées objets transneptuniens. À ce jour, plus de 1750 objets transneptuniens ont été découverts. Une autre famille
d'objets avait été identifiée auparavant, celles des astéroïdes. Ces
objets, très nombreux et que l'on a d'abord appelés petites planètes,
circulent majoritairement entre l'orbite de Mars et celle de Jupiter, et
forment la ceinture d'astéroïdes. Le premier d'entre eux, Cérès,
a été découvert en 1801. Depuis, on a répertorié autour de 750 000
astéroïdes dans cette ceinture; environ 20 000 astéroïdes ont aussi
des orbites qui les rapprochent de l'orbite terrestre.
Orbites des principaux objets du Système solaire. - Les huit principales planètes inscrivent leurs orbites (en bleu) à peu près sur le même plan (plan de l'écliptique), alors que les orbites des objets transneptuniens (en rouge) s'en écarttent sensiblement. Le constat serait encore plus avec les orbites des comètes dont le plan est quelconque. Signalons enfin qu'il existe un grand réservoir des petits objets glacés, noyaux cométaires, à la périphérie du Système solaire et que l'on appelle le nuage de Oort. Certains de ces objets peuvent, sous l'effet de diverses perturbations, voir leur orbite les précipiter vers les régions centrales du Système solaire où il deviennent alors des comètes. (Les comètes avaient longtemps été prises pour des phénomènes astmosphériques. L'observation de la comète de 1577 par Tycho Brahé lui a permis de montrer qu'il s'agissait bien d'astres circulant dans les mêmes régions que les planètes). A l'exception des comètes, dont l'orbite peut s'inscrire sur un plan quelconque, tous ces objets tournent dans le même sens autour du Soleil et orbitent approximativement dans le même plan, appelé le plan de l'écliptique. Chacun reste dans sa propre « voie de circulation », suivant une orbite elliptique plus ou moins allongée, mais généralement presque circulaire, autour du Soleil. Si l'on s'en tient à ne considérer les objets du Système solaire qu'en fonction de leur orbite, on doit encore nommer une autres classe d'objets : les satellites. Les anneaux qui entourent les planètes géantes pouvant aussi rapportés à cette classe d'objets. Les satellites sont des objets qui gravitent autour d'autres objets, comme la Lune autour de la Terre, une analogie qui les fait aussi appeler lunes. A l'exception de Mercure et de Vénus toutes les planètes citées plus haut possèdent des satellites. Mars en possède deux très petits, les quatres planètes géantes, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, en possèdent chacune une multitude, de dimensions très diverses, et qui font parfois parler à leur propos de « systèmes planétaires en miniature ». Pluton a cinq satellites connus. Certains autres objets transneptuniens en possèdent aussi (Eris, à peu près de la même taille que Pluton, en possède au moins une); même chose pour certains astéroïdes. On a dénombré à ce jour environ 200 satellites. Saturne est la planète qui possède le système d'anneaux le plus spectaculaire. Il a été découvert en 1655 par Huygens, mais il a fallu attendre les dernières décennies du XXe siècle pour découvrir ceux, bien plus discrets, que possèdent Jupiter, Uranus et de Neptune. En 2017, on en aussi a identifié un autour de Haumea, un objet transneptunien. Ces anneaux ne sont pas des objets solides : ils sont constitués d'innombrables petites particules (typiquement de quelques millimètres à quelque centimètres, parfois de quelques kilomètres), suivant chacune sa propre orbite et qui peuvent être vues, elles aussi, comme des satellites en orbite autour de l'équateur de leur planète. Une classification
selon les caractères physiques.
Les
planètes géantes.
Les
planètes telluriques.
Les
planètes naines.
Les
petits corps.
Les astéroïdes et les satellites qui leur sont apparentés sont formés de roches; leur surface est couverte de cratères de diamètres divers. Les noyaux cométaires et les centaures sont des objets formés d'un agglomérat de roches (ou de poussières) et de glace (d'eau, de dioxyde et de monoxyde de carbone). La plupart des astéroïdes sont des vestiges de la population initiale du Système solaire qui existait avant la formation des planètes elles-mêmes. Les comètes sont également des vestiges de la formation du Système solaire, mais elles se sont formées et continuent (à de rares exceptions près) à orbiter autour du Soleil dans des régions éloignées et plus froides, figées dans une sorte de gel cosmique profond. L'histoire de notre système planétaireIl y a environ 4,6 milliards d'années, dans un bras spiral de la Voie lactée, un vaste nuage de gaz et de poussières interstellaires (appelé nébuleuse solaire), composé principalement d'hydrogène, d'hélium et de traces d'éléments plus lourds forgés par des générations d'étoiles antérieures, amorça un effondrement gravitationnel. Cet effondrement fut probablement déclenché par l'onde de choc d'une supernova voisine, dont la violence comprima suffisamment la matière pour que la gravité prenne le dessus sur la pression gazeuse. Ce moment marque le début de toute l'histoire planétaire de notre système.En s'effondrant sur elle-même, la nébuleuse se mit à tourner plus vite en vertu de la conservation du moment cinétique. La matière s'aplatit progressivement en un disque tournoyant, le disque protoplanétaire, tandis que la concentration centrale de matière s'échauffait sous l'effet des pressions croissantes jusqu'à atteindre les conditions nécessaires à l'amorçage des réactions de fusion nucléaire, donnant naissance au proto-Soleil, appelé à devenir l'étoile qui allait dominer le système par sa masse et son influence gravitationnelle. Ce disque, épais de quelques millions de kilomètres à peine mais s'étendant sur plusieurs centaines d'unités astronomiques, contenait tous les ingrédients nécessaires à la construction des futurs mondes. À l'intérieur de ce disque régnaient de forts gradients de température. Près du proto-Soleil, les températures dépassaient le millier de degrés, empêchant la condensation de tout matériau volatil, comme l'eau ou le méthane. Seuls les matériaux réfractaires (silicates, oxydes métalliques, fer, nickel) ont pu rester à l'état solide. Plus loin, au-delà d'une frontière critique appelée la ligne des glaces (située approximativement là où se trouve aujourd'hui la ceinture d'astéroïdes, entre Mars et Jupiter), la température chutait suffisamment pour que l'eau, l'ammoniac, le méthane et d'autres composés volatils se solidifient en grains de glace. Cette ligne des glaces allait jouer un rôle déterminant dans la différenciation entre planètes rocheuses et planètes géantes. La formation des planètes est passée par plusieurs étapes successives. D'abord, les grains de poussière et de glace en suspension dans le disque entrèrent en collision à des vitesses faibles, s'agglomérant peu à peu en corps de plus en plus grands : les planétésimaux. Ces objets, d'abord millimétriques puis centimétriques, atteignirent progressivement des tailles de l'ordre du kilomètre, et même de plusieurs centaines de kilomètres pour les plus favorisés. Ce processus fut extrêmement violent et chaotique : la plupart des collisions étaient destructrices, mais les impacts à faible vitesse relative permettaient la croissance. Une fois qu'un corps atteignait une taille suffisante, sa gravité propre commençait à attirer la matière environnante de façon beaucoup plus efficace, dans ce qu'on appelle l'accrétion runaway, ou emballement gravitationnel. Les corps les plus massifs croissaient alors de plus en plus vite, au détriment des plus petits, et devinrent des protoplanètes. Dans la région interne du disque, quatre protoplanètes rocheuses prirent le dessus : les embryons de Mercure, Vénus, la Terre et Mars. Leur croissance s'effectua en dizaines de millions d'années, au cours d'une phase particulièrement brutale marquée par des collisions colossales entre protoplanètes. La Terre actuelle est elle-même le résultat de plusieurs impacts géants. Le plus décisif survint il y a environ 4,5 milliards d'années, lorsqu'un corps de la taille de Mars (que les scientifiques ont baptisé Théia) percuta la proto-Terre sous un angle oblique. L'énergie libérée fut phénoménale : une partie du manteau des deux corps fut vaporisée et éjectée en orbite, formant un anneau de débris qui se ré-accrétèrent rapidement pour donner naissance à la Lune. Cet impact géant explique à la fois la taille inhabituelle de la Lune par rapport à la Terre, l'inclinaison axiale de notre planète et la faible densité du satellite, composé essentiellement de matériaux du manteau terrestre pauvres en fer. Au cours de cette même période, les planètes internes ont subi un phénomène de différenciation interne : suffisamment chauffées par les impacts, par la désintégration des isotopes radioactifs à courte durée de vie comme l'aluminium-26, et par la compression gravitationnelle, leurs intérieurs ont fondu partiellement. Le fer et le nickel, plus denses, ont coulé vers le centre pour former des noyaux métalliques, tandis que les silicates moins denses ont remontés vers la surface pour constituer le manteau et la croûte. Mercure a été si violemment frappée (peut-être par un impact géant qui arracha une grande partie de son manteau) que son noyau ferreux représente aujourd'hui près de 85 % de son rayon total, une anomalie unique dans le Système solaire. Au-delà de la ligne des glaces, la situation a été radicalement différente. Les planétésimaux y étaient non seulement plus abondants, car la glace ajoutait une masse considérable de matériaux solides, mais ils s'e sont assemblés aussi plus rapidement. Jupiter constitue l'exemple le plus frappant : son noyau rocheux et glacé a atteint une masse critique d'environ dix à quinze fois celle de la Terre en quelques millions d'années seulement, peut-être aussi peu que trois millions d'années après la formation du Soleil. À partir de ce seuil, la gravité du noyau est devenue suffisamment puissante pour capturer directement le gaz du disque protoplanétaire. Ce processus d'accrétion gazeuse s'est emballé, et Jupiter a gonflé rapidement pour atteindre sa masse actuelle, plus de 318 fois celle de la Terre. Elle est aujourd'hui de loin la planète la plus massive du Système solaire, contenant à elle seule plus de deux fois la masse de toutes les autres planètes réunies. Saturne a suivi un chemin similaire, mais sa formation a été légèrement plus lente, en partie parce que la matière disponible dans sa région du disque était moins dense. Elle a accumulé tout de même assez de gaz pour devenir une géante gazeuse massive, bien que moins grande que Jupiter. Ses anneaux, si caractéristiques, ne sont pas un vestige primordial de la formation : ils sont probablement beaucoup plus jeunes, formés il y a quelques centaines de millions d'années seulement par la désintégration d'une lune ou la capture et la disruption d'un corps glacé qui s'était approché trop près. Uranus et Neptune ont eu une histoire plus laborieuse. Plus éloignées du Soleil, elles évoluaient dans une région où la densité du disque était plus faible et les orbites plus longues, rendant les collisions et l'accrétion beaucoup plus lentes. Elles n'ont pu pas accumuler autant de gaz que Jupiter et Saturne avant que le vent solaire, lors de la phase T Tauri du jeune Soleil, ne dissipe le disque protoplanétaire, n'en laissant survivre, dans les confins glacés du système, que les corps (inchangés depuis) de la ceinture de Kuiper et du lointain nuage d'Oort, réservoirs de comètes. Le résultat est que ces deux planètes sont des géantes de glace plutôt que des géantes gazeuses : leurs intérieurs sont dominés par de l'eau, de l'ammoniac et du méthane sous haute pression, avec une enveloppe gazeuse relativement mince. La composition exacte de leurs intérieurs reste mal connue, et elles demeurent les planètes les moins explorées du Système solaire. L'une des grandes révolutions de la planétologie moderne a été la reconnaissance que le Système solaire n'a pas toujours ressemblé à ce qu'il est aujourd'hui. Les orbites des planètes géantes ont beaucoup migré au cours des premiers centaines de millions d'années. Selon le modèle dit de Nice (du nom de la ville où il a été développé) Jupiter et Saturne ont atteint à un moment donné un rapport orbital de 1:2 (résonance de moyen mouvement), ce qui a destabilisé profondément le Système solaire externe. Neptune et Uranus ont été projetées vers des orbites beaucoup plus éloignées et ont échangé probablement leurs positions. Ce bouleversement a envoyé des torrents de planétésimaux glacés vers l'intérieur du Système solaire, provoquant ce qu'on appelle le Grand Bombardement Tardif (approximativement entre 4,1 et 3,8 milliards d'années), un épisode pendant lequel la Lune, Mercure et probablement la Terre ont été criblées de cratères géants. Des traces de cet épisode sont encore lisibles sur la surface de la Lune sous forme de vastes bassins d'impact. Cependant, des découvertes récentes nuancent cette vision d'un cataclysme soudain et généralisé, suggérant plutôt que cette intensification des impacts a pu être un phénomène plus étalé dans le temps ou localement concentré, certains cratères lunaires majeurs résultant d'événements isolés plutôt que d'une tempête systémique unique. Malgré ces débats scientifiques, il est admis que cette phase a joué un rôle crucial en apportant sur Terre une part significative de l'eau et des molécules organiques nécessaires à l'émergence future des organismes vivants. Jupiter elle-même aurait pu, selon certains modèles, migrer bien plus près du Soleil dans sa jeunesse (comme on l'observe pour des Jupiter chauds dans d'autres systèmes planétaires) avant d'être repoussée vers l'extérieur par les interactions gravitationnelles avec Saturne. Cette migration vers l'intérieur puis vers l'extérieur est parfois appelée le Grand Tack. Elle aurait tronqué la distribution de matière dans la région de Mars, expliquant pourquoi Mars est si petite par rapport à la Terre et à Vénus, et pourrait également expliquer la ceinture d'astéroïdes actuelle, dont la masse totale est infime comparée à celle d'une planète normale, Jupiter ayant perturbé et dispersé la majorité des corps qui auraient pu s'y accréter, et maintenant , par résonnance gravtiationnelle, l'état de fragmentation encore observé de cette région. Mercure, la plus intérieure des planètes, reste une énigme partielle. Sa densité extrême, bien supérieure à ce qu'on attendrait pour sa position, suggère qu'elle a perdu une grande partie de son manteau primitif. Deux hypothèses principales s'affrontent : soit un impact géant a arraché son manteau comme évoqué précédemment, soit des vaporisations répétées par la chaleur intense du jeune Soleil ont sublimé et emporté les couches silicatées superficielles. La mission Messenger, qui a orbité autour de Mercure entre 2011 et 2015, a révélé des abondances en éléments volatils étonnamment élevées en surface, ce qui complique l'hypothèse d'un chauffage intense. La question n'est toujours pas définitivement tranchée. Mars, de son côté, est souvent considérée comme un embryon planétaire resté dans un état de croissance inachevée. Sa petite taille (un dixième de la masse terrestre) est précisément ce qu'on attend d'une planète dont la croissance a été interrompue très tôt par les perturbations gravitationnelles de Jupiter. Elle possède néanmoins un passé géologique riche : des volcans colossaux comme Olympus Mons, le plus grand volcan du Système solaire, des vallées de rift comme Valles Marineris, et des traces très nettes d'eau liquide ayant coulé à sa surface il y a plus de trois milliards d'années, à une époque où son atmosphère était probablement plus épaisse et son climat plus clément. Vénus présente l'une des énigmes les plus profondes du Système solaire. Planète soeur de la Terre en termes de taille et de masse, elle aurait dû suivre une évolution similaire, et pourtant elle est aujourd'hui un enfer : une surface à 465 degrés Celsius sous une pression atmosphérique équivalente à celle à 900 mètres de profondeur dans nos océans, avec des nuages d'acide sulfurique. Sa rotation est rétrograde et extrêmement lente. Ces anomalies pourraient résulter d'un impact géant primitif, d'une dynamique atmosphérique particulière, ou d'un emballement de l'effet de serre provoqué par une évaporation totale des océans qu'elle a peut-être possédés dans sa jeunesse. La mission EnVision de l'Agence spatiale européenne, prévue pour la prochaine décennie, devrait apporter des éléments de réponse essentiels. La Terre, quant à elle, a bénéficié d'une combinaison de circonstances exceptionnelles : une position dans la zone habitable du Soleil, une masse suffisante pour retenir une atmosphère et maintenir une tectonique des plaques, une Lune géante qui stabilise son axe d'inclinaison) évitant des variations climatiques catastrophiques (et la présence d'eau liquide en surface. L'eau terrestre proviendrait en partie de planétésimaux hydratés de la région externe de la ceinture d'astéroïdes, livrés lors du Grand Bombardement Tardif, et peut-être en partie de comètes, même si les proportions respectives font encore débat. L'avenir du Système solaire est d'ores et déjà tracé par les lois de l'évolution stellaire. D'ici environ 1 milliard d'années l'augmentation séculaire de la température du Soleil rendra probablement la Terre inhabitable. Dans environ cinq milliards d'années, le Soleil aura épuisé les réserves d'hydrogène de son coeur. Il commencera alors à se dilater de manière spectaculaire pour devenir une géante rouge, englobant très probablement les orbites de Mercure et de Vénus, et vaporisera peut-être en partie la Terre. Après cette phase, l'étoile éjectera ses couches externes dans l'espace, formant une nébuleuse planétaire éphémère mais lumineuse, tandis que son noyau résiduel se contractera pour devenir une naine blanche dense et chaude. Dépouillé de son étoile nourricière, le Système solaire deviendra un ensemble de mondes froids et sombres, continuant à orbiter pendant des éons autour d'un vestige stellaire. Les exoplanètesUne exoplanète, également appelée planète extrasolaire, est une planète située en dehors de notre Système solaire, c'est-à -dire qu'elle orbite autour d'une étoile autre que notre Soleil. Contrairement aux étoiles, les exoplanètes, à l'image des planètes du Système solaire, ne produisent pas leur propre lumière mais réfléchissent ou réémettent celle de leur étoile hôte, ce qui rend leur observation particulièrement délicate. La première confirmation de l'existence d'une exoplanète remonte à 1992, lorsque Aleksander Wolszczan et Dale Frail ont détecté deux planètes orbitant autour d'un pulsar, PSR B1257+12. Toutefois, la première exoplanète découverte autour d'une étoile de type solaire, 51 Pegasi b, a été identifiée en 1995 par Michel Mayor et Didier Queloz à l'Observatoire de Haute-Provence, une avancée majeure qui leur a valu le prix Nobel de physique en 2019. Depuis ces découvertes pionnières, le nombre d'exoplanètes confirmées n'a cessé de croître grâce aux progrès technologiques : en février 2026, plus de 6000 exoplanètes étaient répertoriées, et les astronomes estiment que la majorité des étoiles de notre Galaxie abritent au moins une planète.La détection des
exoplanètes représente un défi technique considérable en raison des
distances impliquées et du contraste lumineux extrême entre une étoile
brillante et sa planète beaucoup plus sombre. Plusieurs méthodes ont
été développées pour surmonter ces obstacles. La méthode
du transit, aujourd'hui la plus utilisée, consiste à observer la légère
baisse de luminosité d'une étoile lorsqu'une planète passe devant elle
depuis notre point de vue. Cette technique permet de déterminer la taille
de la planète et sa période de révolution. La méthode des vitesses
radiales, quant à elle, mesure les infimes oscillations d'une étoile
causées par l'attraction gravitationnelle d'une planète en orbite, ce
qui permet d'estimer la masse de l'exoplanète.
D'autres approches complètent ce panel : l'imagerie directe, qui utilise
des coronographes pour masquer la lumière de l'étoile et révéler la
planète; la microlentille gravitationnelle,
qui exploite la déformation de l'espace-temps
pour amplifier la lumière d'étoiles lointaines; et l'astrométrie, qui
suit avec précision les mouvements d'une étoile dans le ciel. Des missions
spatiales dédiées comme Kepler, TESS, CHEOPS ou le télescope James Webb
ont considérablement accru notre capacité à découvrir et à étudier
ces mondes lointains.
Les exoplanètes observées à différents stades de leur vie éclairent les processus de migration planétaire, d'accrétion de matière ou d'interaction avec leur environnement stellaire. D'autre part, la recherche d'exoplanètes situées dans la "zone habitable" (la région autour d'une étoile où les conditions permettent théoriquement la présence d'eau liquide à la surface d'une planète) nourrit la quête d'une éventuelle biologie extraterrestre. Des missions comme PLATO, Ariel ou le futur Nancy Grace Roman Space Telescope visent non seulement à découvrir de nouvelles exoplanètes, mais aussi à analyser la composition de leur atmosphère à la recherche de biosignatures, c'est-à -dire de molécules potentiellement liées à l'activité biologique, comme l'oxygène, le méthane ou le dioxyde de carbone. L'exploration des exoplanètes stimule l'innovation technologique, poussant au développement d'instruments d'observation toujours plus sensibles et précis, tout en renouvelant notre vision de la place de la Terre dans l'univers. Chaque nouvelle découverte contribue à écrire une histoire cosmique plus riche et plus complexe, où notre planète n'est qu'un exemple parmi une myriade de mondes possibles. Petite typologie (provisoire) des exoplanètes
|
| . |
|
|
|
||||||||
|