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Aperçu |
La
matière
interstellaire est loin d'être répartie uniformément. On la rencontre
pour l'essentiel concentrée en masses bien définies, des nuages de diverses
sortes, dans lesquels ont peut définir en première approche deux grandes
catégories : les nuages diffus, principalement formés d'atomes
d'hydrogène,
et les nuages denses, parfois gigantesques, riches en molécules
et renfermant des poussières. En fait, il existe
également des types de nuages intermédiaires entre ces deux familles.
L'évolution d'un type à l'autre étant possible, et pouvant le plus souvent
être mis en rapport avec les effets perturbateurs des étoiles
massives proches.
Les nuages diffus |
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Mise en ordre |
Ces
nuages sont excessivement diluées. Ils referment un million à un milliard
d'atomes par mètre cube. Cela peut paraître beaucoup, mais pour comparaison,
l'air que nous respirons contient autour de 25
milliards de milliards de milliards de molécules par mètre cube. La température
des nuages diffus est de l'ordre d'une centaine de kelvins. Dans ces conditions,
l'hydrogène s'y rencontre principalement sous sa forme atomique neutre.
D'autres atomes y sont également présents en petites quantités ainsi
quelques molécules (CN et CH, par exemple). Du fait de l'existence d'un
fond diffus UV dans toute la Galaxie, une petite
proportion d'atomes est également ionisée (ions de calcium et de titane,
notamment). Parmi les nuages diffus, il est intéressant deux familles
un peu particulières, les cirrus infrarouges,
et les nuages à grande vitesse.
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Les cirrus infrarouges - Ces nuages couvrent littéralement la voûte céleste, comme l'a montré dans les années 1980 le satellite IRAS qui a permis de les découvrir. De par leur leurs caractéristiques physiques, ils appartiennent bien à la catégorie des nuages diffus. Ils partagent cependant avec les nuages denses une certaine richesse en poussières. Ce sont d'ailleurs ces dernières, lumineuses dans l'infrarouge, qui expliquent leur nom. Il semble que les cirrus infrarouge correspondent à une étape précoce de cheminement que suivent les atomes expulsées dans l'espace par les étoiles à la fin de leur évolution. Les nuages à grande vitesse - Un tiers de la voûte céleste est occupé des cohortes par de nuages très subtils se déplaçant à grande vitesse (de l'ordre de 400 km/s!), et qui se détectent par la méthode qui permet classiquement de repérer les masses d'hydrogène neutre interstellaire, c'est-à -dire la raie à 21 cm. Trop rapides pour être en orbite autour de la Galaxie, certains de ces bolides énigmatiques qui s'ébattent, pense-t-on, dans le halo de la Voie lactée pourraient être des trombes de gaz intergalactique s'abattant en chute libre sur notre Galaxie. D'autres nuages à grande vitesse ou HVCs (High velocity clouds), pourraient en revanche avoir été expulsés dans le halo, à partir du disque galactique, par l'effet d'explosions rapprochées de supernovae.Les nuages denses Lorsque le masses
de gaz interstellaire sont plus froides encore que ne le sont celles qui
composent les nuages diffus, elles peuvent devenir plus denses. La densité
peut y dépasser plusieurs milliards de particules par mètre cube. Des
molécules peuvent s'y former en beaucoup plus grand nombre. Plus de 120
espèces moléculaires ont déjà été identifiées, parmi lesquelles,
comme on peut s'y attendre la molécule la plus largement majoritaire étant
celle de hydrogène H2.
Avec une température d'une dizaine de degrés au-dessus du zéro absolu, ces nuages sont les objets les plus froids de l'univers. Une bonne part d'entre eux, les nuages moléculaires géants, sont aussi les plus gros objets que l'on puisse rencontrer dans une galaxie. Les nuages moléculaires
géants.
Les poussières interstellaires Les poussières interstellaires sont de minuscules particules solides présentes dans l'espace entre les étoiles, mélangées au gaz qui constitue le milieu interstellaire. Bien qu'elles ne représentent qu'environ 1 % de la masse totale de ce milieu, leur influence sur l'évolution des galaxies, la formation des étoiles et l'apparition des systèmes planétaires est considérable. Leur taille varie généralement de quelques nanomètres à quelques micromètres, ce qui les rend extrêmement petites à l'échelle humaine, mais suffisamment nombreuses pour modifier profondément les propriétés physiques des régions qu'elles occupent. Ces grains sont principalement constitués de silicates, de carbone sous différentes formes (graphite, carbone amorphe, hydrocarbures aromatiques polycycliques), ainsi que de composés riches en oxygène, magnésium, fer ou silicium. Dans les régions les plus froides, leur surface peut être recouverte de glaces composées d'eau, d'ammoniac, de méthane ou de monoxyde de carbone. La composition exacte dépend des conditions locales et de l'histoire de chaque nuage interstellaire. L'origine des poussières
interstellaires est liée aux dernières phases de l'évolution
stellaire. Les étoiles géantes rouges et les
étoiles de la branche asymptotique des géantes ( Les poussières interstellaires jouent un rôle essentiel dans l'absorption et la diffusion du rayonnement. Lorsqu'une lumière stellaire traverse un nuage riche en poussières, une partie de cette lumière est absorbée et une autre est diffusée. Ce phénomène provoque l'extinction interstellaire, qui diminue l'éclat apparent des étoiles lointaines. La diffusion est plus efficace pour les courtes longueurs d'onde, ce qui entraîne un rougissement de la lumière observée : les étoiles apparaissent plus rouges qu'elles ne le sont réellement. L'étude de cet effet permet aux astronomes d'estimer la quantité de matière présente entre la source lumineuse et l'observateur. Après avoir absorbé l'énergie des étoiles, les grains de poussière se réchauffent légèrement et réémettent cette énergie principalement sous forme de rayonnement infrarouge. De nombreuses régions de formation stellaire, invisibles dans le domaine visible à cause de l'opacité des nuages, deviennent ainsi observables grâce aux télescopes infrarouges. Les observations dans ces longueurs d'onde ont révélé l'existence de vastes structures poussiéreuses au sein de notre Galaxie et d'autres galaxies. La présence des poussières favorise également la chimie interstellaire. Leur surface agit comme un support sur lequel des atomes et des molécules peuvent se rencontrer et réagir. La formation de l'hydrogène moléculaire (H2), molécule la plus abondante de l'univers après l'hydrogène atomique, dépend largement de ces surfaces solides. Des molécules plus complexes peuvent également se former dans les couches de glace qui recouvrent certains grains. Ces processus chimiques sont considérés comme importants dans l'apparition des molécules organiques prébiotiques. Les poussières contribuent directement à la naissance des étoiles. Dans les nuages moléculaires denses, elles absorbent une partie du rayonnement ambiant et favorisent le refroidissement du gaz. Un gaz plus froid peut se contracter sous l'effet de la gravitation jusqu'à former des protoétoiles. Sans ce mécanisme de refroidissement, la formation stellaire serait beaucoup moins efficace. Au cours de la formation des systèmes planétaires, les grains de poussière présents dans les disques protoplanétaires s'agglomèrent progressivement. Les collisions entre particules conduisent à la formation de grains plus gros, puis de cailloux, de planétésimaux et finalement de planètes. Les poussières interstellaires constituent donc la matière première à partir de laquelle se sont formées la Terre et les autres corps du Système solaire. L'existence des poussières interstellaires a été mise en évidence au début du XXe siècle grâce aux travaux de l'astronome néerlandais Jan Hendrik Oort et surtout de Robert Julius Trumpler. En étudiant les amas d'étoiles, Trumpler remarqua que les étoiles lointaines apparaissaient plus faibles et plus rouges que prévu, ce qui démontrait la présence d'une matière absorbante répartie dans l'espace galactique. Aujourd'hui, les poussières interstellaires sont étudiées à l'aide de nombreux observatoires terrestres et spatiaux. Les télescopes infrarouges, les radiotélescopes et les missions spatiales ont permis de mieux comprendre leur structure et leur distribution. Certaines particules d'origine interstellaire ont même été collectées indirectement dans des météorites primitives et analysées en laboratoire, fournissant des informations précieuses sur les conditions physiques qui régnaient avant la formation du Système solaire. |
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