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Le
cycle
de Chapman est le modèle photochimique fondamental décrivant la formation,
le maintien et la destruction de l'ozone dans la
stratosphère terrestre. Il est proposé
en 1930 par le physicien Sydney Chapman afin d'expliquer pourquoi une couche
riche en ozone existe entre environ 15 et 50 km d'altitude, avec un maximum
de concentration vers 20 à 30 km. Ce modèle constitue la base de la chimie
atmosphérique moderne, même si l'on sait aujourd'hui que d'autres réactions
catalytiques impliquant les radicaux HOx, NOx, ClOx et BrOx jouent également
un rôle essentiel dans la destruction de l'ozone.
Le cycle commence
par la photodissociation du dioxygène
(O2) sous l'action du rayonnement ultraviolet
solaire de très courte longueur d'onde (principalement les UV-C, inférieurs
à environ 242 nm). L'énergie des photons
est suffisante pour rompre la liaison entre les deux atomes
d'oxygène, produisant deux atomes d'oxygène
dans leur état fondamental. Cette étape constitue la principale source
d'oxygène atomique dans la haute stratosphère.
Les atomes d'oxygène
ainsi produits sont extrêmement réactifs. Lorsqu'ils rencontrent une
molécule de dioxygène, ils peuvent former une molécule
d'ozone (O3). Cette réaction nécessite toutefois
la présence d'un troisième corps, généralement une molécule d'azote
(N2) ou de dioxygène (O2), qui
absorbe l'excès d'énergie libéré lors de la réaction et stabilise
la nouvelle molécule d'ozone. Sans ce troisième corps, l'ozone nouvellement
formé se redissocierait immédiatement.
L'ozone absorbe ensuite
efficacement les rayonnements ultraviolets de moyenne longueur d'onde (UV-B
et une partie des UV-C), ce qui entraîne sa photodissociation. Cette réaction
produit une molécule de dioxygène et un atome d'oxygène. Ce processus
est essentiel car il convertit l'énergie du rayonnement ultraviolet en
énergie thermique, réchauffant ainsi la stratosphère et protégeant
les organismes vivants des rayonnements les plus énergétiques.
L'atome d'oxygène
formé peut alors réagir avec une autre molécule d'ozone selon une réaction
de recombinaison conduisant à deux molécules de dioxygène. Cette réaction
constitue l'un des principaux mécanismes de destruction naturelle de l'ozone
dans le modèle de Chapman.
L'ensemble du cycle
établit ainsi un équilibre dynamique entre production et destruction
de l'ozone. Tant que les vitesses de ces différentes réactions restent
comparables, la concentration d'ozone demeure relativement stable. Cet
équilibre dépend fortement de l'intensité du rayonnement solaire, de
l'altitude, de la température et de la densité
de l'air. Le cycle est particulièrement efficace
dans la stratosphère parce que la densité atmosphérique y est suffisamment
élevée pour permettre les collisions moléculaires nécessaires tout
en laissant pénétrer une quantité importante de rayonnement ultraviolet.
Le modèle original
de Chapman prédit toutefois des concentrations d'ozone supérieures Ã
celles observées. Cette différence s'explique par l'existence de cycles
catalytiques impliquant des radicaux libres, découverts plusieurs décennies
après la publication du modèle. Les espèces chimiques contenant de l'hydrogène,
de l'azote, du chlore ou du brome
peuvent détruire un très grand nombre de molécules d'ozone sans être
elles-mêmes consommées, ce qui réduit la concentration réelle d'ozone
par rapport aux prévisions du modèle initial. Malgré cette limitation,
le cycle de Chapman reste le cadre conceptuel fondamental de la photochimie
de l'ozone et constitue la première approximation utilisée pour comprendre
la structure chimique de la stratosphère. |
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