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Papuaniugini / Independent State of Papua New Guinea |
6 00 S, 147 00 E ![]() |
La Papouasie-Nouvelle-Guinée
est un Etat d'Océanie, baigné par l'Océan
Pacifique et la Mer de Corail, qui occupe principalement la partie
orientale de l'île de
Nouvelle-Guinée,
dont la partie Ouest appartient à l'Indonésie,
et les îles Bismarck. La superficie totale du pays est de 462.840
km² et sa population d'environ 10,3 millions d'habitants (2025).
Carte de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée). - Administrativement, la Papouasie-Nouvelle-Guinée se divise en 18 provinces, une région autonome (Bougainville) et un district (la capitale Port Moresby) : Les provinces de la Papouasie-Nouvelle-Guinée
Port Moresby a 284.000 habtitants. Les autres villes sont nettement moins peuplées : Lae (77.000 hab.), Arawa (41.000), Mount Hagen (34.000), Popondetta (28.500), Madang (27.500),, etc. Géographie physique de la Papouasie-Nouvelle-GuinéeRelief.Le relief de la Papouasie-Nouvelle-Guinée est dominé par une chaîne montagneuse centrale spectaculaire, connue sous le nom de Highlands ou chaîne Centrale. Cette chaîne, qui s'étend sur plus de 1600 kilomètres de l'ouest à l'est, comprend certains des sommets les plus élevés d'Océanie, notamment le mont Wilhelm, point culminant du pays à 4509 mètres. Ces montagnes sont jeunes, escarpées et souvent instables, soumises à une intense activité sismique et volcanique. Cette zone renferme également des vallées profondes et encaissées, habitées depuis des millénaires par des populations agricoles isolées. À l'est et au nord de la chaîne centrale, des zones volcaniques actives se développent, en particulier dans les îles de la Nouvelle-Bretagne et de Bougainville, où des volcans comme le Tavurvur et le Bagana entrent régulièrement en éruption. Les coulées de lave, les cendres volcaniques et les glissements de terrain y façonnent constamment le paysage. Les plaines côtières, bien que plus accessibles, sont souvent marécageuses, notamment dans la région de la rivière Sepik et autour du golfe de Papouasie, où d'immenses deltas, lagunes et mangroves créent un environnement humide et instable. Climat.
CĂ´tes.
Biogéographie de la Papouasie-Nouvelle-GuinéeLa Papouasie-Nouvelle-Guinée se trouve à la jonction de deux grandes régions fauniques : la zone orientale de l'Indomalayenne et la région australasienne. Cette situation charnière a favorisé une faune hybride, combinant des espèces d'origine asiatique avec des lignées plus anciennes issues du Gondwana, comme les monotrèmes (échidnés) et les ratites (casoars). L'insularité de nombreuses régions, ainsi que la fragmentation géographique interne due aux montagnes et aux vallées, a aussi encouragé la spéciation allopatrique, menant à des micro-endémismes très localisés.La Papouasie-Nouvelle-Guinée est ainsi l'un des territoires les plus riches et les plus complexes du point de vue biogéographique. Elle forme une partie centrale de la région appelée Wallacea-Mélanésie, un des foyers majeurs de biodiversité mondiale. Sa biogéographie est marquée par un exceptionnel taux d'endémisme, tant pour la flore que pour la faune, avec des écosystèmes qui s'étagent du littoral corallien jusqu'aux sommets alpins des Hautes-Terres. La flore de Papouasie-Nouvelle-Guinée est dominée par les forêts tropicales humides, qui couvrent environ 75 % de la surface terrestre. Ces forêts, extrêmement diversifiées, comprennent plus de 13 000 espèces végétales identifiées, dont environ 60 % sont endémiques. On y trouve une grande variété de fougères, d'arbres à bois dur comme les Agathis et les Araucarias, et surtout d'orchidées, avec plus de 3000 espèces répertoriées. La stratification écologique des montagnes crée des niches écologiques très distinctes : les forêts de nuages à mousses d'altitude, les prairies montagnardes, et même des zones de végétation alpine au-dessus de 3500 mètres d'altitude. La faune terrestre est tout aussi remarquable. La Papouasie-Nouvelle-Guinée abrite plus de 700 espèces d'oiseaux, dont environ la moitié sont endémiques. Les oiseaux du paradis y sont emblématiques, avec leurs plumages extravagants et leurs comportements de parade uniques. On y trouve aussi des casoars, des calao, des pigeons couronnés géants, et de nombreux passereaux rares. Chez les mammifères, on compte environ 280 espèces, majoritairement des marsupiaux (comme les couscous, les kangourous arboricoles et les dasyuridés), ainsi que plusieurs chauves-souris endémiques. L'absence de grands carnivores terrestres a favorisé des adaptations comportementales uniques chez ces espèces. Du point de vue herpétologique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée présente une diversité impressionnante d'amphibiens et de reptiles, avec plus de 400 espèces de grenouilles, dont une majorité sont endémiques. Parmi elles, les grenouilles arboricoles Litoria rivalisent en variété avec celles d'Amérique du Sud. On y trouve aussi des serpents élapidés (dont plusieurs espèces venimeuses), de nombreux geckos, scinques et varans, ainsi que les fameux crocodiles d'eau douce de la Sepik. Les écosystèmes côtiers et marins sont également d'une richesse exceptionnelle. Les récifs coralliens de la mer de Bismarck et de la mer des Salomon hébergent plus de 2000 espèces de poissons, de nombreux invertébrés marins, ainsi qu'un ensemble unique de mammifères marins (dugongs, dauphins) et de tortues marines. Ces habitats sont cependant fortement menacés par les impacts du changement climatique, le blanchissement des coraux et les pressions anthropiques. Ces dernières, bien que longtemps limitées par l'accès difficile aux zones forestières, s'intensifient aujourd'hui avec l'exploitation forestière, les activités minières et l'expansion de l'agriculture. La déforestation affecte les zones côtières et les basses terres, menaçant à la fois la biodiversité et les systèmes écologiques locaux. Plusieurs zones ont été identifiées comme prioritaires pour la conservation, notamment les forêts des monts Owen Stanley, les Hautes-Terres du sud, et les récifs autour de la Nouvelle-Irlande.
Port-Moresby dans les années 1950. Source : National Library of Australia. Géographie humaine de la Papouasie-Nouvelle-GuinéePopulation.La Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec une population estimée à environ 10,3 millions d'habitants en 2025, présente une démographie caractérisée par une croissance rapide, une diversité ethno-linguistique extrême et un mode de vie majoritairement rural. Sa population est jeune, avec plus de 60 % âgée de moins de 25 ans, ce qui génère une pression croissante sur les infrastructures sociales, l'éducation, la santé et l'emploi. Le taux de croissance annuel est élevé, aux alentours de 2,5 %, alimenté par une fécondité moyenne de 3,6 enfants par femme, bien que des variations importantes existent selon les régions et le niveau d'urbanisation. La structure démographique reflète une transition encore incomplète : les taux de mortalité infantile et maternelle restent élevés, surtout dans les zones reculées où l'accès aux soins de santé est limité. La majorité de la population vit dans des zones rurales, généralement isolées, où la médecine traditionnelle coexiste avec les soins modernes. Les services publics sont fortement concentrés autour des centres urbains comme Port Moresby, Lae et Mount Hagen, mais ces villes n'accueillent qu'environ 15 à 20 % de la population totale. Cette faible urbanisation contraste fortement avec la majorité des pays voisins du Pacifique. La Papouasie-Nouvelle-Guinée est l'un des pays les plus culturellement fragmentés du monde. Elle compte des centaines groupes ethnolinguistiques, chacun avec ses traditions, normes sociales et structures communautaires spécifiques. Cette diversité est ancrée dans une histoire de peuplement très ancienne, qui remonte à plus de 50.000 ans, et renforcée par la géographie montagneuse qui a favorisé l'isolement des groupes humains. La société papouasienne est largement organisée autour de structures sociales traditionnelles, telles que les clans, les tribus et les systèmes lignagers. Dans la majorité des communautés, le pouvoir local est exercé par des chefs coutumiers ou des « big men », dont l'autorité repose sur l'éloquence, la générosité, les alliances matrimoniales et la capacité à redistribuer des ressources. Les rites initiatiques, les échanges rituels (comme le système du moka dans les Highlands) et les cérémonies coutumières sont encore largement pratiqués et structurent la vie sociale et les relations intercommunautaires. Le lien au sol et au territoire est fondamental : environ 97 % des terres sont détenues selon des droits coutumiers, ce qui complique la mise en oeuvre des politiques de développement. L'appartenance clanique détermine les droits fonciers, l'accès aux ressources naturelles et les obligations sociales. Dans de nombreuses régions, les mécanismes de justice traditionnelle sont encore plus importants que les institutions judiciaires de l'État. La coexistence de cette organisation sociale traditionnelle avec les institutions modernes génère des tensions mais aussi des hybridations. Le système politique national, inspiré du modèle de Westminster, est aussi profondément influencé par les dynamiques locales. Le vote repose souvent sur des loyautés tribales, et les élections sont marquées par le clientélisme, les rivalités de clans et parfois des conflits violents. L'État peine à assurer une cohésion nationale forte, tant les allégeances locales dominent les représentations collectives. Les inégalités sociales sont prononcées, notamment entre les zones urbaines et rurales, entre hommes et femmes, et entre les différentes régions du pays. Les femmes, bien que très actives dans l'agriculture de subsistance et les marchés locaux, sont sous-représentées dans les sphères politique et économique, et font face à des niveaux élevés de violence domestique et communautaire. Certaines initiatives ont émergé pour promouvoir l'autonomisation des femmes, notamment dans le cadre du développement local et de l'éducation, mais les changements restent lents. Enfin, la Papouasie-Nouvelle-Guinée fait face à des enjeux sociaux contemporains croissants : l'urbanisation informelle rapide, la délinquance urbaine, le chômage des jeunes, la perte de repères traditionnels, et les tensions intertribales alimentées par les migrations internes. Des mouvements religieux, souvent évangéliques, jouent un rôle croissant dans la réorganisation des normes sociales, et concurrencent les croyances ancestrales. Quelques-unes des principales villes de la Papouasie-Nouvelle-Guinée
groupes ethnolinguistiques. La Papouasie-Nouvelle-Guinée est l'un des pays les plus riches en diversité ethnolinguistique au monde, avec environ 850 langues vivantes, représentant près de 12 % des langues de la planète. Cette incroyable variété linguistique est répartie entre: les langues austronésiennes et les langues non-austronésiennes, souvent appelées langues papoues. Cette dualité linguistique reflète une histoire complexe de migrations, d'isolements géographiques, de contacts culturels et de coexistence durable entre groupes distincts. Les langues austronésiennes, introduites à partir du littoral sud-est asiatique il y a environ 3000 à 4000 ans, sont surtout parlées sur les côtes, les îles de l'archipel Bismarck et les îles de l'Amirauté. Elles sont apparentées aux langues parlées en Indonésie, aux Philippines et jusqu'à Hawaii ou Madagascar. Elles regroupent environ 15 % des langues du pays, mais certains de leurs groupes comptent parmi les plus nombreux en termes de locuteurs. Ces langues sont généralement plus homogènes et présentent une structure grammaticale relativement régulière, facilitant les échanges entre communautés insulaires. En revanche, les langues non-austronésiennes, ou papoues, constituent une mosaïque linguistique extrêmement fragmentée. Elles sont parlées dans les hautes terres, les vallées isolées, les forêts intérieures et certaines parties du littoral. Elles ne forment pas une famille unifiée mais un ensemble de plus de 60 familles distinctes, souvent sans lien de parenté entre elles. Cette diversité extrême est due à des millénaires d'isolement géographique entre les communautés, provoqué par le relief montagneux, les forêts denses et l'absence de réseaux de communication. Certaines langues, comme le kalam, l'enga ou le huli, sont parlées par plusieurs dizaines de milliers de personnes, tandis que d'autres, comme le tauade ou l'abaga, ne comptent que quelques centaines de locuteurs. Les groupes ethniques correspondants sont tout aussi variés. Chaque langue est généralement associée à un groupe ethnique distinct, qui se définit par son territoire, ses coutumes, ses alliances matrimoniales et ses normes sociales. Ces groupes peuvent être très différents d'un versant de montagne à l'autre. Par exemple, dans les Highlands, des groupes comme les Enga, les Huli, les Chimbu ou les Dani (partagés avec l'Indonésie) possèdent des identités culturelles puissantes, fondées sur des systèmes de compensation, de rivalité intertribale, de cérémonies rituelles et de jardinage de subsistance intensif. Dans les plaines de la Sepik ou les régions côtières, d'autres peuples comme les Abelam, les Iatmul ou les Tolai possèdent des structures sociales fondées sur les échanges cérémoniels et les systèmes de parenté complexes. La coexistence de ces centaines de groupes ne s'est pas faite sans conflits historiques, mais repose en grande partie sur des équilibres locaux, des alliances, et un respect fort des territoires coutumiers. Les langues sont aussi des marqueurs d'identité et de prestige, conservées avec fierté malgré la montée des langues véhiculaires comme le tok pisin (créole à base d'anglais), l'hiri motu (dans le sud) et l'anglais, langue officielle de l'État. Le tok pisin joue aujourd'hui un rôle fondamental d'interlangue. Parlé comme seconde langue par la majorité des Papouasiens et comme langue maternelle par une minorité urbaine croissante, il permet la communication entre locuteurs de langues différentes dans les marchés, les institutions, les médias et les églises. L'hiri motu, quant à lui, a un usage plus restreint, principalement dans la région du golfe de Papouasie. L'anglais est la langue de l'enseignement secondaire et supérieur, mais reste peu maîtrisé dans les zones rurales. Face à cette richesse linguistique, le pays fait aussi face à des défis. Plusieurs langues minoritaires sont en danger de disparition, notamment dans les zones touchées par l'exode rural, la scolarisation exclusive en anglais ou les conflits intercommunautaires. Des initiatives de documentation linguistique, de revitalisation et d'enseignement bilingue ont été lancées par des chercheurs et des institutions nationales comme le Summer Institute of Linguistics, mais restent limitées en moyens. Culture.
Les pratiques culturelles varient grandement entre les régions montagneuses, les zones côtières et les îles. Dans les Hautes-Terres, la culture est souvent structurée autour de la compétition interclanique symbolique, notamment à travers des échanges rituels tels que le moka. Ces échanges codifient des relations de pouvoir et de dette et s'accompagnent de danses, de chants et de cérémonies spectaculaires. Les porcs, en particulier, ont une valeur sociale capitale, associés à la richesse, aux alliances et aux rites de passage. Dans les régions de la Sepik, la culture matérielle est particulièrement développée. Les hommes vivent habituellement dans des maisons des esprits (tambaran) magnifiquement décorées, qui abritent des objets sacrés et servent de centres rituels. L'art sculpté, les masques, les tambours et les représentations totémiques des ancêtres sont omniprésents. La transmission de savoirs religieux et sociaux passe par des cérémonies d'initiation masculine très codifiées, parfois accompagnées de scarifications, de jeûnes et de retraits temporaires du monde familial. La musique et la danse jouent un rôle fondamental dans la vie quotidienne comme dans les rituels. Chaque groupe possède ses instruments traditionnels, comme le garamut (tambour à fente), les flûtes de pan, les arcs musicaux ou les percussions corporelles. Les chants sont utilisés pour la narration mythique, les rituels agricoles, les funérailles, les fêtes et les célébrations de victoires guerrières. Les danses sont souvent élaborées, accompagnées de costumes faits de plumes, de peaux, de peintures corporelles et d'objets rituels, et peuvent durer plusieurs jours lors des grands rassemblements cérémoniels appelés sing-sing. Les croyances religieuses traditionnelles sont centrées sur les ancêtres, les esprits de la nature, les forces invisibles et les pouvoirs magiques. De nombreuses communautés croient en des forces surnaturelles résidant dans les montagnes, les rivières, les pierres ou les objets sacrés. Le chamanisme, la sorcellerie (sanguma) et les pratiques divinatoires sont encore influents dans les décisions communautaires et les interprétations des événements. Toutefois, ces systèmes coexistent aujourd'hui avec des formes variées de christianisme, majoritairement protestantes et catholiques, introduites au XXe siècle. Dans bien des cas, une syncrétisation a eu lieu, où les figures chrétiennes sont intégrées dans des cosmologies locales. Les arts visuels sont omniprésents : sculpture sur bois, fabrication de masques, tissage, orfèvrerie, tatouages et peinture corporelle sont autant de formes d'expression traditionnelles qui ont aussi trouvé leur place dans des espaces contemporains, comme les galeries urbaines ou les festivals. Chaque objet artisanal peut avoir une signification : les masques peuvent incarner les esprits des ancêtres, les armes sont ornées de motifs totémiques, les tissus sont porteurs d'histoires mythiques. Dans les régions insulaires comme les îles Trobriand, la fabrication de canoës décorés et l'art de la navigation traditionnelle sont des éléments majeurs de l'identité culturelle. Les mythes fondateurs sont transmis oralement et varient d'un groupe à l'autre, bien qu'on retrouve souvent des thèmes communs : la création du monde par un ancêtre primordial, les esprits de la forêt, les animaux totémiques, et les récits expliquant les frontières sociales et naturelles. L'oralité est essentielle : elle structure la mémoire collective, la morale, les lois coutumières et les récits historiques. La culture culinaire est elle aussi diversifiée, reposant sur le taro, la patate douce, l'igname, les bananes, le sagou et la noix de coco. Le mumu, four traditionnel creusé dans le sol, est utilisé pour cuire collectivement les aliments lors de cérémonies ou de fêtes communautaires. Les repas ont généralement une dimension rituelle et renforcent les liens sociaux. Enfin, la culture contemporaine évolue rapidement. De jeunes artistes, musiciens et écrivains papous émergent dans les villes,, qui abordent des formes hybrides où s'entrelacent traditions, christianisme, politique et modernité. Le sport, notamment le rugby à XIII, est devenu un marqueur culturel national. L'État tente de promouvoir une identité nationale à travers l'éducation, les médias et les célébrations officielles, mais l'identité papouasienne reste fondamentalement plurielle, enracinée dans des milliers de cultures locales qui coexistent et se réinventent au quotidien. Economie.
Le secteur des ressources extractives constitue le pilier principal de l'économie nationale. L'exploitation minière est particulièrement développée, avec des gisements majeurs d'or (mine de Porgera, Lihir, Hidden Valley), de cuivre (mine d'Ok Tedi, projet de Frieda River), de nickel et de cobalt (Ramu). Ces projets attirent des investissements étrangers considérables, mais sont couramment la source de controverses en matière de répartition des bénéfices, d'impact environnemental et de déplacement des populations locales. Le secteur pétrolier et gazier s'est considérablement développé depuis le lancement du projet PNG LNG en 2014, opéré par ExxonMobil, qui exporte du gaz naturel liquéfié (GNL) vers les marchés asiatiques. Ce projet représente une part significative du produit intérieur brut et des recettes d'exportation. Malgré ces richesses, la majorité de la population ne bénéficie pas directement de ces industries extractives. Plus de 80 % des Papouasiens vivent dans des zones rurales et dépendent de l'agriculture de subsistance. Les cultures vivrières comprennent la patate douce, le taro, le manioc, l'igname, la banane et le sagou. L'agriculture commerciale est dominée par la production de café, de cacao, d'huile de palme et de coprah, exportés vers les marchés internationaux. Le café des Highlands constitue une source de revenu importante pour des milliers de petits producteurs. Toutefois, la chaîne de valeur reste peu intégrée, et les infrastructures de transport limitent fortement l'accès aux marchés extérieurs. La pêche constitue un autre secteur économique stratégique, notamment la pêche au thon dans la zone économique exclusive du pays, l'une des plus vastes et poissonneuses du Pacifique. Une partie importante des captures est réalisée par des flottes étrangères sous licence, bien que le gouvernement tente d'augmenter la transformation locale pour générer plus de valeur ajoutée. L'aquaculture reste marginale mais en développement. L'industrie manufacturière est faible et se concentre essentiellement autour de Port Moresby et Lae. Elle comprend la transformation alimentaire, les boissons, le textile, le bâtiment et quelques activités d'assemblage. L'économie reste fortement dépendante des importations pour les biens manufacturés, les équipements et les produits pétroliers, ce qui expose le pays aux fluctuations des prix mondiaux. Le secteur des services est en croissance, notamment dans les télécommunications, le transport et la finance, mais reste concentré dans les zones urbaines. Le développement du numérique a progressé, bien qu'il existe de grandes disparités entre les régions. Le tourisme, malgré un potentiel culturel et écologique exceptionnel, reste marginal en raison du manque d'infrastructures, de l'instabilité sécuritaire dans certaines régions et de la difficulté d'accès à de nombreux sites. L'économie informelle occupe une place centrale dans la vie quotidienne, notamment dans les marchés urbains, les transports locaux, la vente de produits agricoles et artisanaux, et les petits services. Cette économie invisible mais dynamique absorbe une grande partie de la main-d'oeuvre, en particulier les femmes, et joue un rôle clé dans la résilience sociale et la sécurité alimentaire. Les défis économiques sont nombreux. Le pays souffre d'un déficit chronique d'infrastructures (routes, ponts, ports, énergie), qui entrave le développement local et régional. La corruption, la mauvaise gouvernance, les conflits fonciers, les tensions intertribales et l'absence de planification urbaine limitent la croissance inclusive. Le chômage des jeunes est élevé, particulièrement dans les centres urbains, où les migrations rurales créent des poches de pauvreté et de marginalisation. Cependant, des opportunités existent. Le potentiel agricole est considérable si les investissements ciblent l'agro-industrie, les chaînes de valeur locales et la sécurité foncière. Les énergies renouvelables, notamment l'hydroélectricité, la biomasse et le solaire, offrent des perspectives pour améliorer l'accès à l'énergie hors réseau. La diversification économique, à travers l'éducation, les TIC, la finance inclusive et l'entrepreneuriat, est au cœur des stratégies récentes soutenues par les partenaires internationaux. La politique économique nationale cherche à concilier croissance des exportations et inclusion sociale, mais les inégalités régionales, la faible capacité institutionnelle et la dépendance aux ressources rendent cet équilibre difficile à atteindre. L'intégration régionale, notamment dans le cadre du Forum des Îles du Pacifique et de la coopération avec l'Australie, la Chine et le Japon, oriente également les priorités économiques du pays. |
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