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Les
forĂŞts de nuage (forĂŞts de nuages, forĂŞts de brume), sont
des écosystèmes montagneux caractérisés par une couverture nuageuse
permanente ou fréquente, généralement situés entre 1000 et 4000 mètres
d'altitude dans les régions tropicales ou subtropicales. Elles se développent
dans des zones oĂą les courants d'air humide rencontrent des reliefs, provoquant
une condensation continue qui forme des nuages ou de la brume. Elles sont
notamment répandues dans les régions suivantes :
• Dans les Andes sud-américaines (Équateur, Colombie, Pérou, Venezuela), notamment dans les régions de la cordillère orientale ou du massif de Chocó. • En Amérique centrale, on les trouve au Costa Rica (Monteverde), au Panama et au Guatemala.Malgré leur importance, les forêts de nuage sont menacées par la déforestation, l'exploitation minière, le changement climatique (déplacement de la couche nuageuse vers des altitudes plus élevées) et la pollution. Leur conservation repose sur des mesures de protection accrues, la reforestation et la gestion communautaire, tout en soulignant leur rôle essentiel dans la fourniture d'eau et la résilience climatique. Leur climat est marqué par des températures fraîches et stables (12 à 20°C), une humidité proche de 100 % et une pluie modérée, mais la principale source d'eau provient de la condensation sur les feuilles (précipitation horizontale), essentielle pour les plantes et l'hydrologie locale. Ces conditions créent un environnement propice à une biodiversité exceptionnelle, avec une forte endémicité due aux adaptations spécifiques des espèces aux conditions microclimatiques. Flore.
Les arbres dominants comprennent des genres tels que Quercus (chênes), Podocarpus (pin des nuages), Magnolia ou Polylepis, dont les feuilles généralement petites et coriaces, recouvertes de poils ou de trichomes, limitent l'évaporation tout en captant la vapeur d'eau de la brume. Certaines espèces développent des racines aériennes pour absorber l'humidité ambiante, comme les fougères Huperzia ou les orchidées Cattleya. La strate supérieure de la canopée, formée par des arbres de grande taille, intercepte une partie de la pluie et de la brume, laissant filtrer peu de lumière, ce qui favorise la croissance de plantes à faible exigence en lumière, comme les lycopodes (Lycopodiaceae) ou les gentianes alpines. Ces plantes ont souvent des cycles de floraison courts et synchronisés avec les périodes de brume intense. Les forêts de nuage servent aussi de refuge à des espèces en voie de disparition, comme certaines variétés de Dendrobium ou de Vanda. Leur adaptation à des microclimats extrêmes rend ces végétaux particulièrement vulnérables au changements climatique, qui menaceleur survie et leur rôle dans la régulation hydrique et la biodiversité locale. Faune.
Parmi les oiseaux, les colibris (comme le colibri à couronne violette) et les trogons dominent, avec leurs longues becs s'adaptant aux fleurs des orchidées et broméliacées. Le quetzal resplendissant, symbole de la forêt, y niche dans les cavités d'arbres et dépend des fruits des arbres de la canopée. Les amphibiens, sensibles aux variations de l'humidité, y prospèrent : les crapauds arboricoles, les grenouilles à poison (Dendrobates) et des salamandres (Bolitoglossa) y sont omniprésents, leurs peaux perméables bénéficiant de la brume pour éviter la déshydratation. Les reptiles, comme les lézards arboricoles et certaines espèces de serpents (Chironius), se camouflent dans la végétation épiphyte. Les insectes sont au coeur de la biodiversité des forêts de nuage. Les papillons (Morpho), les lépidoptères nocturnes et les coléoptères, ainsi que des orthoptères, participent au cycle des nutriments et servent de proie à de nombreux prédateurs. De nombreuses espèces développent des adaptations spécifiques, comme des couleurs vives pour le camouflage (les Arhopala), des pattes adhérentes pour grimper sur les mousses, ou des cycles de reproduction synchronisés avec les pluies. Les micro-habitats fournis par les broméliacées, qui stockent de l'eau, hébergent des microfaunes aquatiques, comme des copepodes (crustacés) ou des larves d'insectes. Cependant, cette faune est vulnérable aux perturbations climatiques et à la déforestation, menaçant des espèces endémiques comme le tapir à dents de sabre (Tapirus pinchaque) ou des oiseaux comme le tapaculo des Andes. La dégradation des nuages orographiques ou l'élévation des températures pourrait également perturber les niches écologiques de ces animaux, dont beaucoup dépendent d'un équilibre fragile entre humidité, température et ressources alimentaires. |
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