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| Les langues > Langues indo-pacifiques |
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Les
langues
papoues correspondent Ă un vaste ensemble de familles linguistiques
parlées principalement en Nouvelle-Guinée Certaines familles sont relativement bien établies, comme la famille Trans-Nouvelle-Guinée, qui constitue l'un des ensembles les plus vastes avec plusieurs centaines de langues parmi lesquelles l'enga, le huli ou le dani. D'autres groupes sont beaucoup plus restreints, parfois constitués d'une ou deux langues seulement, et leur classification reste débattue. La morphologie varie fortement : on trouve des langues très agglutinantes, d'autres plus isolantes, et certaines qui utilisent des systèmes élaborés de préfixes et suffixes marquant les relations grammaticales. Le marquage de la personne sur le verbe, les systèmes de temps-aspect-modalité et les constructions ergatives sont fréquents, mais non universels. La phonologie des langues papoues se caractérise souvent par des inventaires consonantiques riches et des systèmes vocaliques relativement simples. Les occlusives prénasalisées, les séries contrastées de consonnes glottalisées ou aspirées, ainsi que des distinctions fines dans les consonnes coronales sont courantes dans plusieurs régions. Certaines langues possèdent des tonalités ou des systèmes de hauteur mélodique, mais ce trait reste minoritaire. Les systèmes pronominaux jouent un rôle essentiel dans l'étude des relations génétiques potentielles entre langues papoues. Les pronoms personnels constituent souvent des indices plus stables que le vocabulaire ordinaire, et une partie des comparaisons historiques repose sur l'identification de modèles pronominaux partagés. Par exemple, dans plusieurs langues de Trans-Nouvelle-Guinée, on retrouve des racines pronominales similaires pour la première et la deuxième personne. Toutefois, ces parallèles restent parfois difficiles à interpréter en raison du contact prolongé entre groupes voisins. Le multilinguisme et les contacts linguistiques sont des facteurs déterminants dans la dynamique papoue. Les échanges commerciaux anciens, les alliances et les conflits ont entraîné de nombreux emprunts lexicaux, convergences grammaticales et créations de zones linguistiques intermédiaires. Dans certaines régions, la proximité avec des langues austronésiennes a façonné des langues papoues qui partagent des structures syntaxiques ou des traits phonologiques avec leurs voisines océaniques, au point de brouiller les frontières entre familles. Les langues papoues reflètent également des conceptions spécifiques de la catégorie et de la référence. Beaucoup d'entre elles possèdent des systèmes complexes de classificateurs nominaux, basés sur la forme, la consistance, l'usage culturel ou la position spatiale. Les démonstratifs et les particules directionnelles sont particulièrement développés, souvent liés à la topographie montagneuse : la langue encode non seulement la position d'un objet mais aussi son orientation par rapport à des pentes, vallées ou cours d'eau. Toutes ces langues sont intimement liées aux identités locales. Elles servent de marqueurs d'appartenance clanique et de frontières sociales. Toutefois, plusieurs sont menacées, notamment dans les zones urbaines ou côtières où les langues véhiculaires, telles que le tok pisin ou l'indonésien, gagnent en importance. Malgré cela, certaines langues papoues restent très vivantes, parlées par des dizaines de milliers de locuteurs et transmises activement aux jeunes générations. L'étude des langues papoues demeure un domaine en plein développement, en partie parce que de nombreuses langues restent peu décrites ou seulement documentées par des notes de terrain fragmentaires. Les recherches actuelles combinent linguistique historique, typologie, travail ethnographique et outils numériques pour mieux comprendre la diversité linguistique exceptionnelle de cette région. Les langues de Trans-Nouvelle-GuinéeLes langues dites de Trans-Nouvelle-Guinée (TNG) constituent un vaste ensemble comptant plusieurs centaines de langues papoues parlées principalement en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans les régions montagneuses de Papouasie occidentale. Ce regroupement hypothétique d'abord par Stephen Wurm dans les années 1970, repose sur des ressemblances lexicales et morphologiques que la recherche contemporaine réévalue constamment. Certaines langues jadis incluses en ont été retirées, tandis que d'autres continuent d'être examinées. Malgré ces incertitudes, le regroupement reste l'une des propositions les plus significatives pour décrire la diversité linguistique de Nouvelle-Guinée.La géographie accidentée de la Nouvelle-Guinée a largement contribué à l'extrême fragmentation linguistique de cet ensemble. Des vallées isolées, des chaînes montagneuses abruptes et des systèmes sociaux localisés ont limité les migrations et favorisé la diversification interne. Il en résulte une mosaïque de langues souvent parlées par quelques centaines ou quelques milliers de locuteurs, chacune ayant développé des traits particuliers. Certaines branches, telles que les langues des Hautes-Terres, comptent parmi les sous-groupes les mieux représentés et les mieux documentés, tandis que d'autres ne sont connues que par de maigres données recueillies au siècle dernier. La phonologie varie fortement d'une langue à l'autre, mais plusieurs tendances générales se dégagent. Les inventaires consonantiques sont en général de taille modérée, dominés par des oppositions simples de lieu et de manière d'articulation, tandis que les systèmes vocaliques tendent à être relativement réduits, souvent composés de cinq voyelles. Le contraste de longueur vocalique demeure courant dans plusieurs sous-groupes. La présence de tons est rare, contrairement à d'autres régions du monde, même si certaines langues présentent des distinctions d'accent ou de hauteur dérivées de phénomènes historiques. Le lexique des langues de Trans-Nouvelle-Guinée est profondément enraciné dans la vie matérielle et rituelle des sociétés de Nouvelle-Guinée. Les champs sémantiques liés à l'agriculture traditionnelle, notamment l'igname et la culture du taro, jouent un rôle important, ce qui nourrit l'hypothèse selon laquelle l'expansion préhistorique de proto-locuteurs aurait été accompagnée d'une diffusion de techniques horticoles. Toutefois, le contact linguistique intensif caractéristique de la région a généré de nombreux emprunts, rendant parfois difficile la distinction entre héritage commun et diffusion aréale. Caractéristiques
générales de langues de Trans-Nouvelle-Guinée.
La plupart adoptent un ordre des mots en sujet-objet-verbe (SOV), ce qui entraîne un usage intensif de postpositions au lieu de prépositions. Les modificateurs précèdent souvent le nom, mais cet ordre peut varier selon les domaines sémantiques et les familles locales. Les langues affichent fréquemment une structure syllabique simple avec un nombre limité de consonnes, un système vocalique généralement restreint à cinq voyelles et une phonologie dépourvue de ton dans la plupart des branches, bien que certaines aient développé des systèmes d'accent ou de hauteur secondaire. La prosodie reste toutefois plus dépendante de l'accent lexical que d'oppositions tonales fonctionnelles. Un trait commun important concerne les pronoms personnels : de nombreuses langues possèdent des formes correspondant approximativement à na pour la première personne et ga ou ya pour la deuxième personne. Ces formes sont centrales dans la reconstruction comparative du proto-Trans-Nouvelle-Guinée et constituent l'un des indices fondamentaux de la parenté historique entre les groupes. La morphologie nominale est peu développée dans de nombreux sous-groupes, mais certaines familles possèdent des traits distinctifs : systèmes de genre ou de classification nominale, distinctions entre possession aliénable et inaliénable, ou encore marquage optionnel de l'animé. Les pluriels lexicaux sont fréquents, et la pluralité peut être exprimée de façon analytique, par des particules ou par des modifications phonologiques. Les démonstratifs sont souvent complexes et distinguent des nuances fines de distance ou de visibilité. La morphologie verbale constitue le domaine le plus développé et le plus diversifié. Beaucoup de langues marquent la personne du sujet sur le verbe, certaines marquent également la personne de l'objet, et quelques-unes expriment même des distinctions de genre ou de nombre via les affixes verbaux. Les systèmes verbaux comportent souvent plusieurs séries de préfixes et de suffixes exprimant l'aspect, le mode, la direction du mouvement, la valence verbale et l'orientation spatiale. Le temps grammatical est généralement moins marqué que l'aspect ou la modalité : de nombreuses langues privilégient les distinctions accompli/inaccompli, perfectif/imperfectif, ou réel/irréel plutôt que des temps strictement chronologiques. La dérivation verbale joue un rôle central, permettant de modifier la valence : causatifs, applicatifs, réciproques et détransitivants sont courants. Ces processus peuvent être marqués par des affixes spécifiques ou par la modification interne de la racine. Les verbes sériels sont présents dans plusieurs branches, permettant de combiner des actions ou de préciser un trajet, une manière ou un résultat sans recourir à des subordonnées. La subordination grammaticale repose souvent sur la nominalisation : les propositions relatives, conditionnelles ou temporelles sont fréquemment exprimées au moyen de formes verbales nominalisées qui précèdent l'élément principal. Cette structure orientée vers la gauche contribue à une syntaxe parfois dense mais régulière, où les relations logiques sont exprimées par une chaîne de constituants modifiés successivement. Les systèmes d'accord peuvent être très complexes, notamment dans les familles où le verbe encode non seulement le sujet mais aussi l'objet, la direction, la transitivité et parfois un marquage d'évidentialité. Cependant, d'autres sous-groupes présentent des systèmes minimalistes, soulignant la diversité interne de la famille. L'expression du discours et de la pragmatique repose souvent sur des particules ou sur des modifications aspectuelles ou modales du verbe, plutôt que sur des marqueurs indépendants. Les interrogatives, les impératifs et les formes polies sont fréquemment marqués par des suffixes verbaux ou par des particules finales. Classification
interne des langues de Trans-Nouvelle-Guinée.
Langues
enganiques.
Langues
du groupe chimbu-wahgi.
Langues
du groupe kainantu-goroka.
Langues
binanderean.
Langues
finisterre-huon.
Les
langues madang.
Langues
zau méridionales.
Langues
asmat-kamoro.
Les
langues kiriwina-goodenough.
Autres
groupes de langues.
Les autres familles de langues papouesLe autres familles de langues papoues forment un ensemble dispersé dans toute la Nouvelle-Guinée et ses archipels voisins. Beaucoup sont de petite taille, certaines ne regroupant que quelques langues, mais plusieurs ensembles régionaux se distinguent par des caractéristiques cohérentes qui permettent de discerner des affinités internes malgré la grande diversité typologique.Langues de la
région Bird's Head.
Dans la même région, les langues East Bird's Head et celles des groupes isolés comme Abun ou Maybrat montrent une forte stabilité lexicale interne et parfois des systèmes fonologiques avec de nombreuses consonnes glottalisées ou prénasalisées. Les familles du Bird's Head-Sentani, qui s'étendent vers la baie de Cenderawasih, regroupent plusieurs petites familles ou isolats, dont les langues sentani autour du lac Sentani. Ces langues présentent des morphotypes généralement agglutinants, avec un ordre des mots souvent SOV et une utilisation de particules enclitiques indiquant la possession ou les relations actancielles. Leur vocabulaire montre peu d'emprunts austronésiens malgré la proximité géographique, probablement en raison d'un ancien enracinement local. Langues Torricelli.
Langues skou.
Les familles de
la rivière Sepik.
La famille Sépik se distingue par ses morphologies nominales complexes, l'abondance de suffixes dérivationnels et la relative simplicité du verbe. Les pronoms de base semblent afficher des correspondances internes solides, utilisées pour étayer des hypothèses de parenté ancienne. Les langues du Ramu, voisines mais non apparentées, favorisent au contraire des morphologies verbales plus riches, avec des systèmes TAM détaillés et des marques d'accord sujet-objet. La proximité géographique entre Sépik et Ramu a entraîné des emprunts réciproques, ce qui complexifie l'évaluation historique. Les familles du
Golfe.
Les langues elema,
binandere et kunimaipa.
Petites familles
et isolats.
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