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 L'histoire de l'Asie
Histoire d'Israël

Dès 1917, une lettre du gouvernement britannique, connue sous le nom de déclaration Balfour, soutenait l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. Pendant longtemps cela n'a correspondu qu'à une vue abstraite. Après le démantèlement de l'Empire Ottoman, la Palestine est passé, en 1920, sous mandat du Royaume Uni. S'ouvre alors une période durant laquelle les revendications pour la création d'un Etat juif gagnent du terrain, malgré les tensions avec les populations arabes locales. C'est finalement l'Holocauste qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale convainc les grandes puissances de crééer un Etat nouveau à l'intérieur duquel les Juifs auraient les moyens d'assurer leur sécurité.

L'Assemblée générale des Nations unies adopte le 29 novembre 1947 la résolution 181, qui prévoit le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe, avec Jérusalem placée sous un régime international spécial. Les dirigeants juifs acceptent le plan, mais les dirigeants arabes le rejettent. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, président de l'Agence juive, proclame de l'État d'Israël. Le lendemain débute  la guerre israélo-arabe, lorsque les armées de cinq États arabes (Égypte, Transjordanie, Syrie, Liban, et Irak) envahissent le nouvel État juif. Israël parvient à repousser les attaques et à étendre son territoire au-delà des frontières prévues par le plan de partage de l'ONU. Des armistices sont signés en 1949 avec l'Égypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Israël contrôle environ 78 % du territoire de la Palestine mandataire. En 1950, la Knesset adopte la Loi du Retour, permettant à tout Juif d'immigrer en Israël et d'obtenir la citoyenneté.

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Les sionismes

Le sionisme est un mouvement politique et idéologique né à la fin du XIXe siècle qui visait à la création d'un État juif indépendant en Palestine, région historiquement associée aux Juifs. 

Le sionisme émerge en réponse à l'antisémitisme persistant et aux persécutions des Juifs en Europe. Le mouvement est également inspiré par les idées nationalistes en vogue à l'époque. Considéré comme le père fondateur du sionisme politique moderne, Herzl publie L'État juif en 1896, où il appelle à la création d'un État juif souverain. En 1897, il organise le premier congrès sioniste à Bâle, en Suisse, qui marque la fondation officielle du mouvement sioniste.

Le sionisme, tel qu'il est entendu par Herzl (sionisme politique) vise à encourager l'immigration juive en Palestine (alors sous domination ottomane) pour y établir un foyer national juif. Le but ultime est la création d'un État juif indépendant où les Juifs peuvent exercer leur droit à l'autodétermination.

Il existe aussi d'autres formes de sionisme : le sionisme culturel , promu par Ahad Ha'am, défend la renaissance culturelle juive et la revitalisation de la langue hébraïque; le sionisme socialiste combine les idéaux sionistes avec ceux du socialisme et préconise la création de communautés agricoles collectives (kibboutzim) et une société égalitaire; enfin, le sionisme religieux Insiste sur le lien spirituel et religieux des Juifs avec la Terre d'Israël, considérée comme la terre promise par Dieu.

Les kibboutzim

L'histoire des kibboutzim (kibboutz au singulier) est intimement liée à celle du sionisme et de la création de l'État d'Israël. Au début du XXe siècle, dans un contexte de montée du sionisme et de volonté de retour à la terre d'Israël, de jeunes Juifs, principalement issus d'Europe de l'Est et imprégnés d'idéaux socialistes, ont commencé à s'installer en Palestine. Ils cherchaient à construire une société nouvelle, basée sur l'égalité, le travail collectif et la propriété commune. Le premier kibboutz, Degania Alef, fut fondé en 1909 sur les bords du lac de Tibériade. Les débuts furent extrêmement difficiles. Ces pionniers, souvent sans expérience agricole, devaient défricher des terres arides et marécageuses, lutter contre les maladies et les conditions climatiques difficiles, tout en faisant face aux tensions politiques et aux conflits avec les populations arabes locales.

Malgré ces défis, le mouvement kibboutzique a rapidement pris de l'ampleur. D'autres kibboutzim furent créés, souvent avec l'aide de fonds collectés auprès de communautés juives à travers le monde. Ces communautés se sont organisées selon des principes collectivistes radicaux. La propriété était commune, le travail était partagé, les décisions étaient prises collectivement lors d'assemblées générales, et les besoins de chacun étaient satisfaits par la communauté. Les enfants étaient élevés collectivement dans des "maisons d'enfants", renforçant ainsi l'idée d'une communauté unie et égalitaire. Les kibboutzim jouèrent un rôle crucial dans le développement agricole de la Palestine mandataire, en expérimentant de nouvelles techniques d'irrigation et de cultures adaptées au climat local. Ils devinrent aussi des centres de formation pour les nouveaux immigrants et des avant-postes de défense dans un territoire souvent hostile.

Avec la création de l'État d'Israël en 1948, les kibboutzim ont continué à jouer un rôle important. Ils ont participé activement à la construction du pays, à la fois sur le plan économique et militaire. De nombreux kibboutzim se sont installés dans des zones frontalières, contribuant à la sécurité du jeune État. Les kibboutzim ont connu leur âge d'or dans les années 1950 et 1960. Ils étaient perçus comme un modèle de société alternative, attirant l'attention du monde entier. Leur économie s'est diversifiée, allant au-delà de l'agriculture pour inclure l'industrie et le tourisme. Les kibboutzim ont également joué un rôle politique important, fournissant de nombreux leaders au sein du mouvement travailliste et du gouvernement israélien.

Cependant, à partir des années 1980, les kibboutzim ont commencé à faire face à des difficultés. La crise économique israélienne, la mondialisation et l'évolution des mentalités ont mis à mal le modèle kibboutzique traditionnel. L'individualisme croissant, la diminution de l'idéologie socialiste et les difficultés économiques ont conduit à des remises en question. De nombreux kibboutzim se sont endettés et ont dû entreprendre des réformes profondes. Ces réformes ont souvent impliqué une privatisation partielle de certains aspects de la vie kibboutzique, comme le logement ou la consommation, et une plus grande différenciation des salaires.

Aujourd'hui, les kibboutzim sont très diversifiés. Certains ont conservé une organisation collectiviste proche du modèle originel, tandis que d'autres ont évolué vers des formes plus communautaires, voire semi-privées. L'agriculture reste une activité importante pour beaucoup, mais d'autres se sont tournés vers l'industrie de haute technologie, le tourisme ou les services. Si le rôle central des kibboutzim dans la société israélienne a diminué, ils restent un élément important du paysage social et culturel du pays. Ils continuent de représenter un laboratoire social, confronté aux défis de la modernité tout en cherchant à préserver certaines de leurs valeurs fondatrices, comme la solidarité, l'égalité et le sens de la communauté.

En 1956, Israël, la France et le Royaume-Uni attaquent l'Égypte après la nationalisation du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser (Crise de Suez). Israël occupe un moement le Sinaï mais se retire sous la pression internationale, en particulier des États-Unis et de l'URSS. Les années qui suivent sont marquées par une forte immigration, un développement économique et des tensions persistantes avec les pays arabes voisins. Les frontières sont souvent le théâtre d'incidents armés, et Israël fait face à une guérilla menée par des fedayins palestiniens.

Les 5-10 juin 1967,  Israël mène une attaque préventive (Guerre des Six Jours) contre l'Égypte, la Jordanie et la Syrie, s'emparant la Cisjordanie, de la bande de Gaza, du Sinaï et le plateau du Golan. La Résolution 242 de l'ONU appelle au retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés, mais laisse des ambiguïtés sur l'ampleur de ce retrait. Israël commence à établir des colonies dans les territoires occupés, ce qui provoque des tensions internationales et locales. Les territoires resteront un point central des conflits israélo-arabes futurs.

Entre 1968 et 1970, une guerre d'usure oppose Israël et l'Égypte le long du canal de Suez. En 1972,Les Jeux olympiques de Munich sont marqués par la prise d'otages et l'assassinat de 11 athlètes israéliens par le groupe terroriste palestinien Septembre Noir.

L'Égypte et la Syrie lancent  en 1973une attaque surprise contre Israël pendant Yom Kippour,  , le jour le plus sacré du calendrier juif. Initialement en difficulté, Israël parvient à repousser les attaquants et à franchir le canal de Suez en Égypte et avancer sur le plateau du Golan. Cette guerre du Kippour (6-25 octobre 1973) entraîne un changement de perception international et mène à une réévaluation des politiques de sécurité en Israël.

Après la guerre du Kippour, les accords de désengagement sont signés en 1974 avec l'Égypte et la Syrie, conduisant au retrait israélien de certaines zones occupées. En 1977, pour la la première fois un gouvernement de droite prend le pouvoir en Israël à la suite de l'élection de Menahem Begin et du parti Likoud. Cette année voit également la visite historique du président égyptien Anouar el-Sadate en Israël, amorçant le processus de paix entre les deux pays.

En 1978, les Accords de Camp David, accords préliminaires établissant un cadre pour la paix sont signés par Israël et l'Égypte, sous la médiation du président américain Jimmy Carter. Le Traité de paix israélo-égyptien est signé l'année suivante. Israël accepte de restituer le Sinaï à l'Égypte en échange de la reconnaissance et de la normalisation des relations.

A partir de la fin des années 1970 et pendant plus d'une une dizaine d'années, une série d'opération sont lancées par Israel pour accueilir des milliers de Juifs éthiopiens (Falashas). Une opération permise par la Loi du Retour, qui a des motivations diverses. Certaines sont humanitaires, les Falashas en péril dans leur pays se voient offrir un refuge. D'autres sont plus politiques, et relèvent de préoccupations démographiques : Israël a besoin d'augmenter sa population juive, pour conserver la préminence de celle-ci dans un pays ou la composante arabe de la population s'accroît rapidement.

Israël envahit le Liban en 1982 (opération Paix en Galilée) pour expulser l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Beyrouth et mettre fin aux attaques transfrontalières. L'invasion conduit à une occupation prolongée du sud du Liban. En 1985, Israël se retire du Liban, tout en maintenant une « zone de sécurité » dans le sud du Liban, occupée par les Forces de défense israéliennes et leurs alliés de l'Armée du Sud-Liban.

La Première Intifada, un soulèvement palestinien dans les territoires occupés de la Cisjordanie et de Gaza contre l'occupation israélienne, débute en 1987. Ce conflit dure jusqu'en 1993 et entraîne une escalade de la violence et des tensions.

En 1988, le roi Hussein de Jordanie renonce à toute revendication sur la Cisjordanie, ouvrant la voie à une reconnaissance de l'OLP comme représentant du peuple palestinien. En 1991 se tient la Conférence de Madrid au cours de laquelle Israël et des représentants arabes se rencontrent pour des négociations de paix sous la médiation des États-Unis et de l'URSS. Deux ans plus tard, en 1993, Israël et l'OLP, représentée par Yasser Arafat, signent un accord de paix historique à Oslo. Israël reconnaît l'OLP comme représentant du peuple palestinien et accorde une autonomie limitée à certaines régions de la Cisjordanie et de Gaza.

Israël et la Jordanie signent en 1994 un traité de paix, normalisant les relations entre les deux pays. Mais l'année suivante,  le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif opposé au processus de paix. En 1996, Benjamin Netanyahou, du Likoud, est élu Premier ministre, et adopte une position plus sceptique vis-à-vis du processus de paix. En 2000 a lieu le sommet de Camp David II entre Ehud Barak, Premier ministre israélien, et Yasser Arafat, président de l'Autorité palestinienne, sous la médiation du président américain Bill Clinton. L'échec de ces négociations contribue au déclenchement de la Seconde Intifada.

La Seconde Intifada éclate en septembre 2000 après la visite controversée d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Cette période de violence intense entre Israéliens et Palestiniens dure plusieurs années. En 2002, Israël lance l'opération Rempart en Cisjordanie en réponse aux attentats-suicides palestiniens. Un mur de séparation est construite en Cisjordanie pour prévenir les attaques terroristes.
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Les colonies juives dans les territoires palestiniens

Les colonies juives dans les territoires palestiniens sont un sujet central aux conflits israélo-palestiniens. Ces colonies, également appelées implantations, sont des communautés juives construites dans les territoires occupés par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967 (Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du Golan). 

Certains Israéliens et gouvernements considèrent les colonies comme une barrière de sécurité pour protéger Israël contre des attaques potentielles. Les mouvements sionistes religieux voient quant à eux les territoires comme faisant partie intégrante de la Terre d'Israël, ancrée dans des promesses bibliques. Le développement des colonies est aussi perçu comme un moyen de renforcer la présence israélienne et de compliquer toute solution de partage territorial.

La plupart des colonies se trouvent en Cisjordanie, divisée en zones A, B et C selon les accords d'Oslo. La Zone C, sous contrôle israélien total, contient la majorité des colonies. Le Plateau du Golan, officiellement annexé par Israël en 1981, possède également des colines, et de quartiers quartiers juifs ont aussi été établis à Jérusalem-Est. Colonies notables :

• Ariel. - Une des plus grandes colonies de Cisjordanie, mentionnée pour son impact sur le territoire.

• Ma'ale Adumim. - Grande colonie proche de Jérusalem, considérée comme stratégique pour le maintien de Jérusalem sous contrôle israélien.

• Gush Etzion. - Bloc de colonies au sud de Jérusalem, symbolique pour les sionistes religieux.

La majorité de la communauté internationale considère les colonies comme illégales, en particulier la quatrième Convention de Genève qui interdit le transfert de population dans des territoires occupés. Israël conteste cette interprétation.

Les colonies sont devenues un obstacle majeur dans les négociations de paix. Les Palestiniens voient l'expansion des colonies comme une appropriation du territoire devant constituer leur futur État. Leur existence empêcherait dailleurs largement la viabilité de cet État. En attendant, les droits humains sont violés : les Palestiniens vivant en Cisjordanie font face à des restrictions de mouvement, des démolitions de maisons et des expropriations. Les infrastructures comme les routes et l'eau sont souvent contrôlées par les autorités israéliennes au profit des colonies.

Les Accords d'Oslo (1993-1995) ont été une tentative de créer un cadre pour la paix, incluant des dispositions sur le contrôle des territoires, mais les colonies continuent de s'étendre. Les Accords d'Abraham (2020), qui traduisaient une normalisation entre Israël et certains pays arabes (Émirats arabes unis, Bahreïn, Soudan, Maroc) n'ont pas abordé directement la question des colonies, ce qui peut s'interpréter comme un désintérêt des pays arabes pour la question palestinienne. Cette situation a modifié la dynamique régionale et locale. 

La solution à deux États, prônée par de nombreux acteurs internationaux, préconise la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël, mais les colonies compliquent cette vision. L'idée d'un fédération israelo-palestinienne, qui tiendrait compte des interdépendances entre les différentes composantes de la région,  est plus minoritaire et sans doute plus difficile encore à réaliser. Certains plaident pour le démantèlement des colonies dans le cadre d'un accord de paix, tandis que d'autres, notamment dans la droite israélienne, appellent à l'annexion formelle de certaines parties de la Cisjordanie.

Yasser Arafat meurt en novembre 2004. Mahmoud Abbas lui succède à la tête de l'Autorité palestinienne. L'année suivante, Israël se retire unilatéralement de la bande de Gaza, démantelant les colonies et retirant ses forces militaires dans le cadre du plan de désengagement de Sharon. Ce statut distinct pour la bande de Gaza et la Cisjordanie va bientôt conduire à une scission de fait dans la gouvernance palestinienne. l'Autorité palestinienne va garder la main sur la Cisjordanie et sombrer progessivement dans la corruption et l'inaction, tandis que dans la bande de Gaza, c'est un parti islamiste, le Hamas, qui s'installera et placera la population du territoire sous une dictature de fer. 

En 2006 éclate un conflit entre Israël et le parti-milice chiite Hezbollah au Liban (guerre de 33 jours), déclenché par l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah. Ce conflit cause des destructions importantes au Liban et en Israël. En 2008-2009,  Israël mène à Gaza une offensive contre le Hamas en réponse aux tirs de roquettes sur le sud d'Israël (Opération Plomb), et une nouvelle fois en 2012 avec l'opération Opération Pilier de Défense. L'Opération Bordure Protectrice, en 2014n sera un autre conflit majeur éclate entre Israël et le Hamas, qui entraîne des pertes humaines importantes des deux côtés et des destructions à Gaza.

Benjamin Netanyahou est réélu Premier ministre en 2015. Son gouvernement adopte une position ferme contre l'accord sur le nucléaire iranien signé par les grandes puissances mondiales. En 2018,  les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, reconnaissent Jérusalem comme capitale d'Israël et transfèrent leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, suscitant des réactions internationales et des violences à Gaza. Deux ans plus tard, par les accords d'Abraham supervisés par les Etats-Unis, Israël normalise ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc, ce qui marque un tournant significatif dans les relations israélo-arabes. Cependant, des tensions se font jour à Jérusalem et des affrontements ont lieu à la mosquée Al-Aqsa, qui déclenchent une guerre de 11 jours entre Israël et le Hamas, en mai 2021.

Entre 2019 et 2021, Israël a connu une série de quatre élections législatives  en raison de l'instabilité politique et de l'incapacité à former des coalitions durables. En 2021, Naftali Bennett (Yamina) et Yair Lapid (Yesh Atid) ont formé un gouvernement de coalition diversifié, succédant à Benjamin Netanyahou, après 12 ans de mandat. Ce gouvernement comprenait pour la première fois un parti arabe (Ra'am) au sein de la coalition.  C'est dans ce contexte qu'en 2020, le président américain de l'époque, Donald Trump, dévoile son plan de paix pour le Moyen-Orient, surnommé le deal du siècle. Ce plan propose une solution à deux États très favorable à Israël, prévoyant l'annexion potentielle de 30 % de la Cisjordanie, avec notamment les colonies et la vallée du Jourdain, tout en maintenant Jérusalem unifiée comme capitale d'Israël. Bien que ce plan ait été rejeté par les Palestiniens et de nombreux États arabes à l'époque, il est resté une référence importante. La fin de cette année voit la normalisation des relations avec plusieurs pays arabes via les Accords d'Abraham, un tournant diplomatique majeur.

Après la chute du gouvernement Bennett-Lapid, en 2022, de nouvelles élections ont eu lieu, ramenant Benjamin Netanyahou au pouvoir à la tête d'un gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire du pays. Cette coalition, composée de partis religieux nationalistes, engage rapidement une réforme judiciaire controversée visant à réduire les pouvoirs de la Cour suprême. Ses opposants y voient un "coup d'État régimiste" qui menace le caractère démocratique de l'État, fragilisant le système de freins et contrepoids. Ce projet de réforme provoque un mouvement de protestation sociale d'une ampleur et d'une durée sans précédent dans l'histoire du pays, creusant un fossé profond entre les partisans du gouvernement et une partie de la société civile, inquiète pour l'avenir de la démocratie libérale en Israël.

Une tragédie inédite, mais aussi un événement majeur dans l'histoire d'Israël a eu lieu le 7 octobre 2023 quand le Hamas a lancé depuis la bande de Gaza une attaque terroriste d'une violence inouïe contre Israël, soit contre des villes et aussi contre un festival de musique. Les actes les plus ignobles sont commis. Hommes, femmes, enfants, bébés sont massacrés. Plus de 800 civils et près de 500 soldats israéliens son tués, soit 1290 morts. 252 personnes sont prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza. Le terme de pogrom est parfois utilisé pour désigner ce déchaînement de sauvagerie antisémite, et cette attaque est décrite comme le jour le plus meurtrier pour les Juifs depuis la Shoah. Elle a un effet de sidération totale sur la population et fait voler en éclats le concept de dissuasion et de sécurité sur lequel l'État hébreu s'était construit. 

Israël riposte aussitôt en lançant l'opération Épées de fer. La bande Gaza subit d'intenses bombardement, l'armée entre dans le territoire. L'objectif annoncé est la libérations des otages (une partie seront libéré par la suite en échange de prisonniers palestiniens détenus par Israël), et l'éradication totale du Hamas. L'élimination d'un mouvement criminel comme le Hamas est assurément légitime. Restent les moyens mis en oeuvre par le gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou, en coalition avec l'extrême droite. Non seulement, pensent de nombreux observateurs, l'usage de la force risque bien s'être inefficace, voire contre-productif, mais aussi il a un impact dramatique sur un population palestinienne, déjà victime depuis des décennies de la politique totalitaire du Hamas. Plusieurs millions de personnes sont déplacées dans la bande Gaza. Autour de 40 000 personnes vont être tuées, dont au moins 16 000 civils (chiffres d'octobre 2024) lors des bombardements ou des combats au sol. Les villes ont été massivement détruites, ajoutant encore du malheur au malheur des populations civiles. 

La famine menace. Israël, qui conserve le soutien des Etats-Unis, se voit vertement reprocher son jusqu'au-boutisme. Le 25 mars 2024, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a bénéficié de l'abstention des Etats-Unis, en appelle à un cessez-le-feu humanitaire immédiat. La guerre se poursuit et donne l'impression de n'avoir d'autre perspective que sa perpétuation. Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) émet des mandats d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, contre l'ancien ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant, et contre Mohammed Deif, dirigeant militaire du Hamas. En août 2025, l'ONU déclarera l'état de famine dans la bande de Gaza.

Parallèlement les tensions avec la République islamique d'Iran se poursuivent. En juin 2025, les échanges de tirs dégénèrent en une confrontation directe, la "guerre de 12 jours", au cours de laquelle Israël frappe des installations nucléaires iraniennes et des cibles militaires de premier plan, tandis que l'Iran riposte. Cette confrontation, combinée aux opérations contre ses relais armés régionaux (Hamas à Gaza, Hezbollah au Liban et Houthis au Yémen), affaiblit considérablement l'"axe de la résistance" mené par Téhéran. Le Hezbollah perd une grande partie de son arsenal et nombre de ses commandants de haut rang, et le régime syrien de Bachar al-Assad, allié clé, s'effondre .

Le point d'orgue de ce conflit est l'accord de cessez-le-feu d'octobre 2025, négocié sous l'égide des États-Unis. Il met fin à la guerre à Gaza et permet le retour de tous les otages, vivants et morts. Mais surtout, cet accord est entériné par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies en novembre 2025. Cette résolution est historique à plus d'un titre : pour la première fois, l'ONU fait référence au plan de paix américain de 2020 comme base de solution, lui conférant ainsi une légitimité internationale. Elle prévoit la mise en place d'un conseil de paix pour reconstruire Gaza et conditionne l'aide à une réforme de l'Autorité palestinienne. Pour Israël, c'est une victoire diplomatique majeure qui légitime, dans le cadre de ce plan, la possibilité d'annexer une partie de la Cisjordanie, annulant de fait la portée de la résolution 2334 de 2016 qui condamnait la colonisation. 

La guerre, bien que coûteuse en vies humaines et en image, a donc abouti à un renforcement significatif de la position stratégique et diplomatique d'Israël selon certains analystes, qui parlent d'une "victoire" ayant apparemment rétabli la dissuasion par la destruction. Cependant, cette "victoire" militaire et diplomatique contraste avec une réalité intérieure et internationale en pleine mutation. Sur le plan international, l'image d'Israël s'est fortement dégradée dans l'opinion publique mondiale, en particulier en Europe, où les critiques sur la conduite de la guerre et la situation humanitaire à Gaza sont vives. 

À l'intérieur, les fractures sociales se sont aggravées. Si la société civile a fait preuve d'une résilience et d'une mobilisation impressionnantes après le 7 octobre, notamment pour soutenir les évacués et les familles de victimes, la prolongation de la guerre et l'incertitude politique ont engendré une profonde lassitude. Un phénomène nouveau et préoccupant pour le pays s'est amplifié : l'émigration. Entre 2020 et 2024, le solde migratoire est devenu négatif pour la première fois, avec un nombre croissant d'Israéliens, souvent très diplômés et issus des secteurs de la tech, qui ont quitté le pays de façon permanente. Ce mouvement a été interprété comme un vote de défiance, un signal d'alarme sur l'avenir du projet sioniste, alimenté par l'insécurité persistante, le coût de la vie, et un sentiment d'éloignement vis-à-vis d'une société devenue plus religieuse et nationaliste .

Début 2026, Israël se trouve donc à la croisée des chemins. Militairement et diplomatiquement puissant, le pays a su exploiter un conflit majeur pour imposer un nouveau cadre régional et international favorable à ses intérêts stratégiques. Mais cette puissance s'exerce dans un contexte de fragilité interne croissante, de polarisation politique extrême et de remise en question de sa légitimité à l'étranger. Cependant, le 28 février 2026, l'attaque conjointe d'Israël et des Etats-Unis contre l'Iran, qui dès le premier jour a décapité le régime islamique (sans toutefois en altérer les bases) a rebattu les cartes. Une nouvelle ère d'incertitudes a été ouverte à l'échelle régionale (et même mondiale si l'on considère les problèmes d'acheminement des hydrocarbures induits), par cette initiative. Mais, à l'intérieur du pays, la perspective pour Israël d'en finir avec son principal ennemi a fortement relevé la cote de Netanyahou et de son parti, le Likoud, en vue des prochaines élections, prévues officiellement en octobre 2026.

Le système politique israélien.
Israël utilise un système électoral proportionnel, ce qui conduit souvent à la formation de gouvernements de coalition qui puise dans la grande diversité de partis politiques existants et qui refléte une large gamme d'opinions politiques, religieuses et sociales. Aucun parti n'a généralement suffisamment de sièges pour gouverner seul, nécessitant des alliances entre partis pour former une majorité à la Knesset (parlement israélien).
Voici un aperçu des principales forces politiques en Israël :

Partis politiques principaux-

• Likoud. -  Orientation : droite, nationaliste (Benjamin Netanyahou). - Le Likoud est le principal parti de droite en Israël. Il est favorable à une politique de sécurité stricte, à l'expansion des colonies en Cisjordanie et s'oppose généralement à de grandes concessions territoriales pour la paix avec les Palestiniens.

• Yesh Atid. -  Centre (Yair Lapid). Yesh Atid se concentre sur des réformes socio-économiques, la lutte contre la corruption, et une politique de sécurité équilibrée. Le parti est favorable à une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien.

• Bleu et Blanc (Kahol Lavan). - Centre à centre-droit (Benny Gantz). Ce parti prône une approche centriste. Il met l'accent sur la sécurité nationale et la nécessité de négociations pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

• Shas. - Droite, religieux sépharade (Aryeh Deri). Parti ultra-orthodoxe représentant les Juifs sépharades. Le Shas se concentre sur les questions religieuses et sociales, et sur le soutien aux institutions religieuses.

• United Torah Judaism (UTJ). - Droite, religieux ashkénaze (Moshe Gafni). Coalition de partis ultra-orthodoxes ashkénazes, UTJ se concentre sur la protection des intérêts des communautés ultra-orthodoxes, notamment en matière d'éducation et d'exemptions militaires.

• Yamina. - Droite (Naftali Bennett, usqu'à sa dissolution en 2022). Le Yamina est un parti nationaliste religieux prônant l'annexion de parties de la Cisjordanie et soutenant une politique de sécurité dure.

• Meretz. - Gauche (Nitzan Horowitz , jusqu'en 2022). -  Parti social-démocrate et pacifiste, Meretz soutient une solution à deux États, les droits des minorités, et une société plus laïque.

• Parti travailliste (Avoda). - Centre-gauche (Merav Michaeli). Le Parti travailliste soutient des politiques sociales progressistes, la paix avec les Palestiniens basée sur une solution à deux États, et des réformes économiques.

• Nouvel espoir (Tikva Hadasha). - Centre-droit (Gideon Sa'ar). Formé par d'anciens membres du Likoud, le New Hope se concentre sur les réformes gouvernementales et la sécurité nationale tout en restant sceptique vis-à-vis de concessions territoriales majeures.

• Joint List. - Gauche, principalement arabe (Ayman Odeh). Coalition de partis arabes israéliens et de partis communistes. La Joint List plaide pour les droits des citoyens arabes d'Israël, la fin de l'occupation des territoires palestiniens et l'égalité des droits.

Les noms donnés entre paraenthèses sont les noms des leaders des partis au moment de la mise en ligne de cette page et n'ont pas été actualisés.

Au cours des dernières années (et parfois de longue date)  les principales thématiques qui ont animé le débat politique en Israel sont les suivantes :

• La question de la sécurité et des relations avec les Palestiniens reste centrale. Les opinions varient de la promotion de la solution à deux États à l'annexion de la Cisjordanie.

• Le rôle de la religion dans la société et l'État est un sujet de débat, avec des tensions entre les partis laïcs et religieux.

• Les inégalités sociales, les réformes économiques et la gestion de la pandémie de covid-19 sont également des questions importantes.

• Les relations d'Israël avec les États-Unis, les pays arabes, et la communauté internationale, ainsi que la gestion des accords d'Abraham, sont également des sujets de préoccupation.

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