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Rues et monuments de Paris
Paris : XVIIIe arrondissement
La Butte-Montmartre
Rues, boulevards, places

Place des Abbesses
Rue des Abbesses
Rue Affre
Rue d'Aubervilliers
Boulevard Barbès
Rue Caulaincourt
Rue Cavé
Rue Championnet
Place de la Chapelle
Rue de la Chapelle
Rue du Chevalier de la Barre
Avenue de Clichy
Boulevard de Clichy
Rue de Clignancourt
Rue Cortot
Rue Damrémont
Rue Eugène-Carrière
Rue de l'Evangile
Rue de la Fontaine-du-But
Rue Girardon
Rue Hermel

Rue Joseph-De-Maistre
Rue Labat
Rue Lamarck
Rue Leibniz
Rue Lepic
Rue Marcadet
Rue des Martyrs
Rue Marx-Dormoy
Rue du Mont-Cenis
Rue Myrha
Rue Norvins
Rue Ordener
Boulevard d'Ornano
Rue d'Orsel
Rue Pajol
Rue Philippe-de-Girard
Rue des Poissonniers
Rue Polonceau
Rue du Poteau
Rue Ramey
Rue Ravignan
Rue Riquet
Boulevard de Rochechouart
Rue Ronsard
Rue du Ruisseau
Rue Saint-Eleuthère
Avenue de Saint-Ouen
Place Saint-Pierre
Rue Saint-Vincent
Rue des Saules
Rue Stephenson
Rue Tholozé
Rue Yvonne-le-Tac

Edifices religieux, curiosités.

Eglise du sacré-Coeur
Eglise St-Pierre de Montmartre
Cimetière Montmartre
Abbaye de Montmartre

Les vignes de Montmartre
Les Moulins
La porcelaine de Clignancourt
Les anciennes fontaines

La Butte Montmartre, qui donne son  nom à tout le XVIIIe arrondissement de Paris, n'en occupe que sa partie occidentale et correspond à l'ancien village de Montmartre, qui forme aujourd'hui les quartiers des Grandes Carrières et de Clignancourt. A l'Est de l'arrondissement se trouvent les quartiers de La Goutte-d'Or et de La Chapelle, eux-mêmes issus de la partition de l'ancien village de La Chapelle, agrégé à Paris comme Montmartre, en 1860.
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paris : la rue Norvins, à Montmartre.
La rue Norvins, au coeur de Montmartre.

Montmartre : Grandes Carrières et Clignancourt

Montmartre était une localité ancienne, située au Nord de Paris, sur la colline ou butte du même nom (129 m d'altitude); commune de 1790 à 1860 (département de Paris, puis de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, canton de Neuilly-sur-Seine); fit partie du XVIIIe arrondissement de Paris au moment de l'annexion de 1860; toutefois, dès 1790, Montmartre intra muros fut compris dans le territoire de la capitale. Les exploitations de gypse et les fouilles ont décelé à Montmartre d'assez nombreux vestiges de l'époque préhistorique et les débris fossiles sur lesquels Cuvier a fondé deux sciences nouvelles : la paléontologie et l'anatomie comparée. Aucun oppidum gaulois n'y est signalé. L'expression de mont de Mercure, dans Frédégaire, celle de mont de Mars à laquelle aurait succédé le nom de mont des Martyrs, d'après Hilduin, ont donné lieu à des hypothèses sur un temple ou sur une statue, soit de Mercure, soit de Mars, qu'aucun texte et qu'aucune découverte archéologique ne sont venus confirmer. La tradition chrétienne y place le martyre de saint Denis et de ses compagnons Rustique et Eleuthère, mais le plus ancien témoignage de cette tradition ne remonte qu'au IXe siècle.

L'étymologie mons Martyrum, qui a pour elle toutes les vraisemblances, peut parfaitement correspondre à des martyrs. inconnus, anonymes, dont les reliques furent ensevelies, non au sommet de la Butte, mais à mi-côte de la pente méridionale. C'est là, en effet, que le 13 juillet 1611 des ouvriers, qui creusaient le sol de la chapelle dite du « Saint-Martyre », mirent à jour une cave voûtée sur les parois de laquelle se lisaient encore des fragments d'inscriptions, lettres isolées ou groupes de lettres indéchiffrables. Les trois lettres DIO ont paru corroborer la légende relative à saint Denis : c'est l'opinion de Le Blant, qui cite d'autres monuments similaires. Vers la fin du XIe siècle, il est question du Sanctum Martyrium dans un acte de donation de Montmartre et de ses dépendances au prieuré de Saint-Martin des Champs. Cette chapelle fut dotée par Constance, comtesse de Toulouse, fille de Louis VI, par Philippe le Bel, par des particuliers. C'est là qu'en 1534, le jour de l'Assomption, Ignace de Loyola reçut les voeux de ses neuf compagnons (c'était le début des Jésuites). Après la découverte de 1611, à la suite de pieux pèlerinages de Marie de Médicis et de nombreux dons, elle fut érigée en prieuré régulier dont la collation appartint à l'abbesse de Montmartre. 
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Paris : la rue de l'Abreuvoir, à Montmartre.
Paris : la rue Foyatier, à Montmartre.
La rue de l'Abreuvoir
La rue Foyatier

Quant à la butte proprement dite, elle était habitée à l'époque mérovingienne (sarcophages découverts en 1875). En 627, le Saxon Aegina, coupable d'un meurtre, y est relégué. En 944, un ouragan y renversa, selon Flodoard, une maison très ancienne : celle peut-être dont en 1736 l'on a découvert les vestiges, décrits par l'abbé Lebeuf. C'est de cette hauteur que, pendant le siège de Paris (886), le comte Eudes, qui était allé demander du secours à Charles le Gros, se fit voir aux assiégés afin de favoriser son passage; c'est là que l'empereur campa et traita honteusement. En 978, le césar allemand Otton Il, par provocation, vient y chanter avec ses troupes un alleluia, mais il défend de toucher aux églises : ce qui ne signifie pas d'une façon certaine qu'il y eût alors plusieurs églises à Montmartre même. En 1096, Bouchard IV de Montmorency, suzerain de Montmartre, confirme la donation que ses tenanciers en ont faite, au moins en partie, au prieuré de Saint-Martin. 

Enfin, entre cette date et celle de 1134, Montmartre, avec son église d'en haut, est cédé à Louis VI, à la reine Adélaïde et à leur fils Louis le Jeune, afin d'y établir des religieuses de l'ordre de Saint-Benoît. Cette église paroissiale dédiée à saint Pierre et qui garde encore aujourd'hui son vocable (L'église saint-Pierre de Montmartre), dépendit de l'abbaye de Montmartre, et de l'abbesse quant à la nomination du curé; c'est en 1147 qu'Eugène III, avec saint Bernard, en fit une nouvelle dédicace à saint Denis, Rustique et Eleuthère; elle fut rebâtie au XIIe siècle, et l'on y rapporta quatre colonnes antiques, qui subsistent, et qui furent empruntées on ne sait à quel monument. Quant à l'abbaye contemporaine de la reconstruction, elle reçut une dotation en terres suffisante pour l'entretien de soixante religieuses, nombre fixé par Louis VII et le pape Alexandre III
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Paris : vue depuis la rue Poulbot, à Montmartre.
Paris : plaques sur la place du Tertre, à Montmartre.
Un balcon sur Paris, rue Poulbot.
Plaques sur la place du Tertre.
Ci-dessous : le cabaret du Lapin Agile et, à droite, la vigne du Clos-Montmartre.
Paris : le cabaret du Lapin Agile et la vigne du Clos-Montmartre.

En 1559, un incendie détruisit les bâtiments situés en haut de la colline, et ils ne furent rétablis que partiellement en 1561 : une partie de la communauté se transféra en bas, autour du Saint-Martyre, dont l'emplacement serait, d'après l'abbé Le Rebours, rue Yvonne Le Tac, n° 9. C'est là que vint camper Henri IV : les vieilles religieuses s'étaient enfuies dans Paris, parmi les ligueurs. Mais les autres se montrèrent fort bonnes royalistes : et l'une d'elles, Marie de Beauvillier, ne fut pas insensible aux hommages du Béarnais. (Quant à Gabrielle d'Estrées, sa légende montmartroise ne date guère que de 1845, époque où le bal fondé au Château-Rouge (Rue de Clignancourt) sentit le besoin d'une patronne historique). A la levée du siège, la chronique rapporte que toutes les religieuses partirent pour Senlis dans les fourgons royaux. Marie de Beauvillier, devenue abbesse de Montmartre, réforma le monastère qu'elle avait quelque peu scandalisé.

En 1674, la juridiction qu'exerçaient les abbesses et qui comportait le droit de haute justice fut diminuée et réglée par Louis XIV, qui d'autre part, en 1681, réunit le monastère d'en haut et le monastère d'en bas, souvent en hostilité. L'abbaye était d'ailleurs commendataire, et parmi les abbesses des XVIIe et XVIIIe siècles on trouve les plus grands noms de France (Guise, Bellefonds, La Tour d'Auvergne, La Rochefoucault, Rochechouart, Montmorency-Laval, etc.). L'abbaye fut supprimée en 1790, évacuée en 1792, et ses biens vendus comme biens nationaux. Toutefois, l'église Saint-Pierre, redevenue purement paroissiale, n'a cessé qu'à de rares périodes de crises politiques d'être ouverte au culte. Le nom officiel de Mont-Marat  donné à Montmartre n'eut cours que pendant la Terreur.

Montmartre se défendit avec le courage du désespoir en 1814 et en 1815. En 1836, on y établit un « calvaire » qui se terminait au petit cimetière, aujourd'hui fermé mais respecté, qui avoisine l'église. En 1847, le banquet du Château-Rouge, à Montmartre, fut le premier de la campagne qui aboutit à la révolution de 1848. Enfin, bien que depuis 1860 l'histoire de Montmartre (qui avait alors 36.000 habitants) se confonde avec celle de Paris, il convient de rappeler ici quelques faits locaux postérieurs à cette date. 

C'est, rue des Rosiers (auj rue du Chevalier-de-La-Barre) que la Commune y a débuté en 1871. Pendant la période de réaction qui suivit, des cléricaux et des dévots pensèrent à consacrer la France, par un voeu national, au Sacré-Coeur de Jésus : Sacratissimo cordi Jesu Christi Gallia poenitens et devota. Mais, d'après le Concordat, une loi est nécessaire pour autoriser la construction d'une basilique ouverte au public. Cette loi fut votée le 25 juillet 1873, après une discussion des plus violentes : les modérés la firent passer moyennant la suppression des mots Sacré Coeur. La basilique du « Voeu national », dont le plan est dû à Abadie, a été commencée en 1875, et inaugarée le 5 juin 1891 par l'archevêque de Paris. Les travaux ne furent achévés qu'en 1919, et ce fut d'ailleurs le nom de Sacré Coeur, qui finalement s'imposa pour cette église. Après la mort du premier architecte, ils avaient été poursuivis par Rauline et Laisné.
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Paris : la basilique du Sacré-Coeur.
Vues de la basilique du Sacré-Coeur.

En 1878, la ville de Paris a fait l'acquisition du terrain (enclos dans l'ancien moulin de la Galette, qui est resté une propriété privée)(Les moulins de Montmartre), où se trouve la mire de Cassini (mire du Nord). En voici l'inscription, en partie oblitérée :

L'an M. DCC. XXXVI 
Cet obélisque a été élevé par ordre du roi pour servir d'alignement à la méridienne de Paris du côté du Nord. Son axe est le 2931 toises deux pieds de 14 face méridionale de l'Observatoire de Paris

En 1897, la conservation et la restauration de l'église Saint-Pierre, un instant menacée, ont été décidées sur un rapport de Fournière. Mais à cette époque Montmartre écrivait, déjà depuis quelques temps, une tout autre histoire, tout entière peuplée d'écrivains et d'artistes. On y relève les noms de Gérard de Nerval, Alphonse Allais, Francis Carco, Pierre Mac Orlan, Apollinaire, Max Jacob, Courteline ou encore Aristide Bruant. Et, côté peintres, ceux de Degas, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Renoir, Pissarro, Utrillo, Picasso, Modigliani et beaucoup d'autres qui firent les grandes heures du Moulin de la Galette, du Lapin Agile ou du Chat Noir, du moins jusqu'à la Première Guerre mondiale. Ensuite, ce fut Montparnasse qui devint à la mode.
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Utrillo : la rue des Abbesses.
La rue des Abbesses, par Maurice Utrillo (ca. 1910).

Grandes-Carrières.
Montmartre a fourni une quantité énorme de plâtre pour la construction des maisons de Paris. Comme le rappelle un dicton local : Il y a plus de Montmartre à Paris que de Paris à Montmartre. On peut affirmer que la principale source des richesses de Montmartre fut ses carrières qui furent exploitées de temps immémorial, avant le IIIe siècle de notre ère. Ces carrières étaient si nombreuses, qu'il n'était que temps en 1860 d'en interdire l'exploitation et de consolider la Butte Montmartre. 
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Le chemin des ânes

Au mois d'octobre 1779 se produisit une aventure qui égaya fort les beaux esprits de la capitale. En fouillant une carrièree abandonnée de la Butte, des ouvriers rencontrèrent une sorte de table de pierre portant des vestiges décriture. Tout de suite la pierre mystérieuse qui avait été soigneusement enveloppée d'une bâche fut examinée et retournée dans toua les sens. Elle portait cette inscription : 

I C
I
L
E
C E M H
I N
D E
S A N E S
« Mais quand il a fallu rechercher dans quelle langue étaient écrits ces caractères et ce qu'ils signifoient,  écrit Bachaumont,ils se sont inutilement cassé la tête. Ils ont consulté M. Court de Gebelin, le savant auteur du Monde primitif et l'homme le plus versé dans la connaissance des hiéroglyphes; il s'est avoué incapable d'y rien comprendre.»
Les uns opinaient pour du latin ce devait être la pierre tombale de quelque martyr, contemporain de Saint-Denis et de Saint-Eleuthère, bref, à bout de recherches et d'énigmes de toutes sortes, la commission nommée à cet effet, n'ayant rien trouvé, on apprit enfin, que seul, l'ancien bedeau de la paroisse pouvait donner la clé de ce mystère. Il fut mandé en toute hâte, et à la grande stupéfaction de l'assemblée, il leur expliqua en riant, que ce qu'ils avaient pris pour un objet si précieux, était tout simplement une pierre servant à indiquer une carrière, sur laquelle un bonhomme quelconque, avait gravé au hasard
ces lettres qui réunies, formaient les mots : ICI LE CHEMIN DES ÂNES.
«  Il y avait dans ce canton des carrières à plâtre, poursuit Bachaumont, et c'étoit une indication aux plâtriers qui venoient en charger des sacs sur leurs ânes, dont ils se servent pour cette expédition. 

Si l'on trouvoit une pareille anecdote dans quelque ana, on la prendroit pour une plaisanterie : un ne peut contester l'authenticité de celle-ci. »

Comme on le sait, à Montmartre, on ne plaisante pas avec les ânes. Certains y sont même capables peindre des chefs-d'oeuvre avec un pinceau attaché à leur queue...

Sellier signale un fait peu connu : C'est dans les carrières de Montmartre qu'en décembre 1789, Marat vint se cacher, pour fuir les poursuites de la Commune et du Châtelet qu'il avait violemment attaqués dans son journal l'Ami du Peuple. II y fut arrêté et remis en liberté par le Comité des recherches.

Hormis des carrières, il y a un peu de tout dans le quartier des Grandes-Carrières :  deux cimetières, dont un dominé par un pont; des hôpitaux (Bichat), plusieurs groupes scolaires, divers établissements où les « quatre-z'arts » et la chorégraphie sont fort en honneur, des sites extrêmement pittoresques, deux moulins qui ne mouent plus rien depuis longtemps,  des points de vue superbes sur la ville et la banlieue, etc. 

Clignancourt.
Le nom de Clignancourt remonte à l'époque gallo-romaine et signifie enclos de Cleninus. Il est plus difficile de dire ce qu'était ce Cleninus : peut-être le possesseur de la bâtisse romaine dont on a retrouvé des restes, peut-être un tout autre propriétaire. Cet hameau annexe de Montmartre appartint à partir du Moyen âge aux Liger et aux Brisard jusqu'en 1669, puis il fut cédé à l'abbesse de Montmartre. Avant 1788 Clignancourt était un écart de la paroisse de Montmartre.

Le quartier actuel occupe les deux versants de la Butte; cela ne correspond pas à la vérité historique, car le fief de Clignancourt ne s'étendait que sur le versant qui est au Nord, et même au delà de la rue Marcadet. Il y avait d'autres lieux-dits encore : le Poteau, les Grandes-Friches, les Hauts-Malassis, les Rapines, et, en allant vers l'Est, la Chardonnière, les Torlettes, la Croix-Moreau. 

Les rues pour s'y rendre n'étaient pas nombreuses : c'étaient la chaussée de Clignancourt, la rue des Poissonniers, dirigées du Sud au Nord, la rue Marcadet (ancien chemin des Boeufs) de l'Ouest à l'Est, et partant du sommet de la butte, la rue du Mont-Cenis, jadis nommée rue Saint-Denis et aussi chemin de la Procession, parce que c'était la route suivie par les processions qui allaient de l'abbaye de Montmartre à celle de Saint-Denis, et réciproquement. 

Au moment de l'annexion, en 1860, la Butte seule était habitée; tout le reste du sol appartenait à la culture maraîchère. On commença par y construire une église : Notre-Dame de Clignancourt, qui fut inaugurée le 20 octobre 1863. A noter aussi une chapelle du XVIe siècle (rue Marcadet).

La Chapelle : quartiers de la Chapelle et de la Goutte d'Or

Les quartiers actuels de la Chapelle et de la Goutte d'Or correspondent exactement aux limites de l'ancienne commune de La Chapelle, commune de l'arrondissement et du canton de Saint-Denis à partir de 1790, après avoir été, pendant plusieurs siècles, paroisse de la banlieue de Paris, finalement annexée à Paris en 1860.

Son histoire remonte haut. A l'époque romaine, une des voies les plus importante; de la Gaule traversait ce territoire; dans Paris, c'était la rue Saint-Martin; au delà, le faubourg Saint-Martin, la rue du Château-Landon, celle de Philippe-de-Girard et une route sensiblement parallèle à la rue de la Chapelle et à la route nationale n° 1 Jusqu'à Saint-Denis, où la voie romaine se bifurquait en deux branches, l'une allant vers l'Ouest (route du Havre), l'autre vers le Nord (route de Calais). Au Moyen âge, un autre chemin fut créé, pour relier Paris à Saint-Denis; il partait de la maison de Seine dans cette dernière ville, et aboutissait aux Halles. Suivi surtout par les marchands de poissons, il leur dut son nom : rue Poissonnière, du Faubourg-Poissonnière, rue des Poissonniers, chemin des Poissonniers, formant une seule et même voie.

La légende prétend que sainte Geneviève allant, chaque semaine, prier sur le tombeau de saint Denis, s'arrêtait à La Chapelle devant un oratoire construit par ses soins, d'où l'origine du lieu, mais comme la Vie de cette sainte, presque contemporaine de son existence, n'en dit rien, nous observerons le même silence. Il est infiniment croyable que La Chapelle-Saint-Denis (tel était son nom officiel) date du temps où les moines de Saint-Denis, qui en possédaient toutes les terres, y installèrent une colonie de laboureurs et vignerons et transformèrent en paroisse la chapelle primitive du lieu. Le territoire était presque en entier couvert de vignes; maintenant, il est, pour les deux tiers, envahi par l'industrie des transports : voies et ateliers du chemin de fer des gares du Nord et de l'Est, voies de raccordement de ces deux réseaux entre eux et avec l'ancien chemin de fer de Ceinture.
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Paris : rue de la Goutte-d'Or.
Boutiques de services téléphoniques, rue de la Goutte d'Or. © Photos : Serge Jodra, 2013.

Le quartier de la Goutte-d'Or s'est créé, après 1830, sur les dernières ondulations du versant oriental de la butte Montmartre, au lieu dit la Goutte-d'Or, dénomination provenant d'une enseigne de cabaret (sans doute en référence aux vignobles qu'on trouvait là auparavant). Il a gardé sa physionomie de faubourg, si pittoresquement, si admirablement décrite dans L'Assommoir d'Émile Zola. La rue de la Charbonnière rappelle aussi un ancien lieu-dit; celle de Jessaint porte le nom d'un ancien préfet de la Seine; la rue Polonceau, celui d'un ingénieur de la Compagnie du chemin de fer du Nord; la rue Jean-Francois-Lépine consacre la mémoire d'un philanthrope qui fit de grandes libéralités à la commune de La Chapelle.  (H. Monin / F. Bournon).



Jean-Paul Caracalla, Montmartre, gens et légendes, Table Ronde, 2007.
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Dictionnaire Villes et monuments
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