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Fête de l'Assomption

Assomption (de la sainte Vierge). - Cette fête chrétienne se célèbre au 15 août, en référence à la montée au ciel de Marie.

Le pape Benoît XIV (De Fest. Assumpt.; Migne , Theol. curs. compl.; Paris, 1842, t. XXVI, p. 144) déclare que les plus anciens Pères de l'Eglise primitive ont gardé le silence sur l'assomption corporelle de la bienheureuse Marie; mais que les Pères du Moyen âge et ceux des siècles suivants, grecs comme latins, la relatent en termes précis. 
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Murillo : Assomption.
L'Assomption, par Murillo.

La vérité est qu'aucun des écrivains orthodoxes des quatre premiers siècles n'en parle; et il paraît bien démontré que la mention introduite dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, ainsi que les écrits et les sermons attribués à saint Athanase, à saint Jérôme et à saint Augustin sur ce sujet sont des falsifications. Pour trouver des documents certains, il faut remonter jusqu'à Grégoire de Tours (539-593), André de Crète, qu'on suppose avoir vécu vers 635? ou vers 713, Hildephonse de Tolède (657) et Jean Damascène (676-760). Tous reproduisent les traits principaux du récit de Méliton.

La fête fut instituée en Orient par l'empereur Maurice (582-602) qui la fixa au 15 août; cependant elle ne fut étendue à tout l'Empire que par Manuel Comnène (1143-1180). En Occident, les pays du rit gallican ne le connurent pas avant l'introduction de la liturgie romaine, qui l'avait reçue, au VIIe siècle, de l'Eglise grecque. Elle n'existait pas dans l'Eglise anglo-saxonne au commencement du VIIIe siècle (abbé Duchesne, Origine du culte chrétien; Paris, 1889, in-8). Des capitulaires de Charlemagne et de son successeur (813, 819) adoptèrent la date du 15 août. En 847, le pape Léon IV institua l'octave de l'Assomption : ce qui l'élevait au rang des grandes fêtes de l'Eglise

En France, elle a reçu une solennité particulière de l'acte de Saint-Germain (10 février 1638) par lequel Louis XIII choisit ce jour pour consacrer sa personne et son royaume à la Sainte Vierge, et obtenir un dauphin, qui fut Louis XIV. Ce voeu fut, renouvelé en 1738 par Louis XV. Conservée comme obligatoire, lors du Concordat, par l'indult de réduction, la fête de l'Assomption est restée jour légalement férié. Napoléon ler, le consacra au saint dont il portait le nom, et en fit une fête nationale. Cette disposition a été reprise sous le second empire et abandonnée sous la IIIe République.

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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