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Mars

Mars est sans doute le plus romain des dieux, Son culte eut la préminence sur celui de Jupiter. C'est que Mars touche de très près à l'histoire de Rome, d'abord parce que la tradition fait de lui le père de Romulus. ensuite parce que ses fonctions de dieu de l'agriculture, puis de dieu de la guerre, correspondent aux deux états successifs du citoyen romain, qui fut un agriculteur avant d'être un conquérant. 

Venise : statue de Mars (palais des Doges).
Statue de Mars du Palais des Doges (escalier des Géants),
à Venise, par Sansovino (1554). Photo : © Odette Jodra, 2012.

Mars (Mamers) figurait au nombre des douze frères Arvales et des dieux Lares, divinités tutélaires de la ville de Rome. Il était de plus au nombre des dii consentes, qui commandaient aux éléments et présidaient aux évolutions de l'année; aussi la vieille année romaine, instituée par Romulus, fils de Mars et d'Ilie, ou de Réa Silvia, commençait-elle par le Ie mois de Mars. 

Le mois de Mars. - C'était le premier mois de l'année; les Romains lui avaient donné Minerve pour divinité tutélaire, quoiqu'il prit son nom de dieu Mars. il était symbolisé par un homme vêtu d'une peau de louve, allusion à la nourrice de Rémus et de Romulus. Ausone place auprès de lui un bouc pétulant, une hirondelle qui gazouille, un vase plein de lait, qui, avec l'herbe verdoyante, annoncent le retour du printemps. Le printemps est en effet non seulement la saison de la végétation, mais aussi la saison de la guerre; c’est Mars qui guide les jeunes gens qui émigrent lors des printemps sacrés pour fonder de nouvelles villes. 
Le nom du champ de Mars, des temples, des fêtes, parmi lesquelles on remarque surtout les Equiries, témoignent de l'importance de son culte à Rome. Le loup , l'épervier, le coq, et de plus le gazon, la planète Mars, ainsi que le mardi, lui étaient consacrés.

Mars, dieu agricole.
L'origine de son nom est discutée : les uns la rattachent à une racine mar ou mas, qui signifierait la force génératrice, d'autres adoptent la racine mar avec le sens de briller, ce qui impliquerait que Mars fut d'abord une divinité solaire. Le formes les plus anciennes de son nom sont Maurs et Mavors, d'où est venue par contraction la forme usuelle Mars. D'autres formes (Marspiter et Maspiter) ont été créées par l'adjonction du terme pater.

Les Latins considéraient Mars comme le fils de Junon; la déesse l'aurait enfanté, non pas avec l'aide de Jupiter, mais par une sorte d'union mystique avec une fleur merveilleuse. Mars crut en outre, comme époux de la vestale Rea Silvia, surprise par lui en plein sommeil, père de Romulus et de Remus.

Ses attributions furent d'abord rustiques. Dans les temps anciens. Mars est le dieu de la végétation et de la nature génératrice. Sous le nom de Silvanus, qui devint par la suite une divinité distincte, il préside à la prospérité des troupeaux. Il habite les regions de forêts et de montagnes. Il protège aussi, de façon générale, l'agriculture : à ce titre, on le trouve associé à Robigus qui préserve les blés de la rouille (robigo). 

Plusieurs animaux lui sont consacrés : le pic, le cheval, et le loup dont l'image apparaît fréquemment dans les sanctuaires du dieu : ce fut une louve qui allaita Romulus et Remus. Parmi les plantes et les arbres qui lui sont dédiés, on cite le figuier, le chêne, le cornouiller, le laurier, la fève.
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Sacrifice à Mars.
Détail d'un suovetaurile (sacrifice à Mars). Art romain. Musée du Louvre.

Mars apparaît encore comme un dieu purement agricole dans les fêtes des Ambarvalia, qui étaient célébrées le 29 mai à Rome. C'étaient des fêtes de purification. On offrait à Mars les suovetaurilia, au cours desquels on promenait un porc, un bélier et un taureau avant de les immoler au dieu.

Tous ces détails, joints à ce fait que Mars était le dieu du printemps: et que ses fêtes les plus importantes étaient célébrées à cette époque, montrent que Mars était un dieu essentiellement agricole. On l'appelait Mars Gradivus (de grandiri = devenir grand).

Mars figure aussi, on l'a dit, dans le chant des Arvales, collège de prêtres chargés du culte de Dea Dia, déesse champêtre, proche parente de Cérès.

Mars, dieu guerrier.
Ses attributions guerrières ne vinrent qu'ensuite et finirent d'ailleurs par supplanter les autres, qui furent transférées à Cérès et à Liber. Mars est le dieu des batailles. On l'honore dans son temple de Rome avant de partir en expédition. Avant le combat on lui offre des sacrifices, et après la victoire on l'associe au partage du butin. Mars paraît d'ailleurs quelquefois sur le champ de bataille, escorté de Bellona et de Vacuna, déesses guerrières : de Pavor et de Pallor, qui inspirent la terreur aux ennemis; de Honos et de Virtus, qui insufflent l'honneur et le courage aux Romains. Mars conserve alors son précédent surnom de Gradivus, mais celui-ci change, par corruption, de sens et se rattache au verbe gradi = marcher. Il s'agit donc d'un Mars fantassin. Après la victoire, il est accompagné de Vitula et de Victoria.
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Mars étrusque.
Mars étrusque en bronze.
Musée archéologique de Florence.

Mars était vénéré en Etrurie, en Ombrie, dans la Sabine, où il était associé à la déesse Nerio, dans le Samnium; chez les Osques, dans le Latium. Ses tempes étaient très nombreux, et les Romains en élevaient encore dans les pays conquis.

A Rome, où il est célébré sous la forme de Mars et sous celle de Quirinus, il a un sacrarium au Palatin, dans la Roma Quadrata de Romulus : c'est là que se trouvent les lances sacrées du dieu et les douze bouclier (Ancilia), objets de son culte. Voulant donner au roi Numa un gage de sa bienveillance, Mars - ou Jupiter, selon Ovide - fit tomber du ciel un bouclier, auquel fut désormais attaché le destin de Rome. Pour prévenir tout risque de vol et de destruction, Numa fit faire onze boucliers identiques au premier, et les plaça tous sous la garde d'un collège particulier de prêtres, appelés les Saliens. Les rites des Saliens avaient eu primitivement pour objet de protéger la croissance des plantes.

Les représentations de Mars.
Ses représentations dérivent presque toutes de l'art grec. Son image la plus romaine serait celle d'un Mars barbu, cuirassé et casqué, reproduit d'après une statue de Mars Ultor, élevée dans le temple construit par Auguste. Quant aux nombreuses figures de Mars gravées sur les médailles, elles sont de style grec, et reproduisent le type d'Arès. Sur les monnaies romaines, une marche accélérée indique le Mars Gradivus; l'aigle des légions et autres signes, le Mars Stator ou Ultor; des trophées, des Victoires, une branche d'olivier, le Mars Victor ou Pacifer. Les Romains représentèrent encore Mars avec Ilia ou Réa Sylvia.
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Mars sur une monnaie romaine.
Mars barbu et caqué sur une monnaie romaine. (BNF).

Sa compagne (soeur, épouse ou fille) Bellone avait à Rome un temple célèbre près de la porte Carmentale. Le Sénat y donnait audience aux ambassadeurs. En face de ce temple se dressait la "colonne de guerre", que le fécial frappait de sa lance lors d'une déclaration de guerre. Les prêtres de Bellone étaient choisis parmi les gladiateurs. (F. Guirand, A.V. Pierre / GE)

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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