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Rues et monuments de Paris
Rue Saint-Eleuthère
Rue Saint-Éleuthère, à Paris  (XVIIIe'arrondissement). - Cette rue relie, en les prolongeant, la rue du Mont-Cenis à la rue du Cardinal-Dubois. La partie qui va du Nord au Sud s'appelait rue du Pressoir; l'autre partie orientée de l'Ouest à l'Est était la rue Neuve-Saint-Paul. Il s'agit d'une rue  très ancienne, qui doit son nom au compagnon de saint Denis martyrisé comme lui, ainsi que saint Rustique, dans le voisinage, suivant la légende. La maison du bailliage de l'abbaye de Montmartre se trouvait près de l'impasse dite autrefois cour du Pressoir, qui a été englobée par la rue Saint-Eleuthère, du côté de la place du Tertre.

Au n° 2, s'ouvre la rue Azaïs (1867), dont le nom a été donné en 1875 en mémoire d'Hyacinthe Azaïs, auteur d'un système philosophique (1766-1845). Cette rue, qui aboutit au parvis du Sacré-Coeur, longe le réservoir de Montmartre dessiné par Diet (eau de Seine et eau de la Dhuys). Ce réservoir est sur l'emplacement de l'ancien pressoir abbatial. (Les anciennes fontaines de Montmartre). 
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Paris : le réservoir de Montmartre.
Le réservoir de Montmartre (à l'arrière-plan : le Sacré-Coeur).

Entre la rue Azaïs et la partie méridionale de la rue Saint-Eleuthère, on peut voir le jardin des Arènes de Montmartre (1941) et le Square Nadar. Il y a dans ce dernier une statue du Chevalier de La Barre. Une plaque sur son socle indique : 

"Au chevalier de La Barre, supplicié à l'âge de 19 ans, le 1er juillet 1766 pour n'avoir pas salué une procession". 
Dès 1769, Voltaire s'était indigné dans le Dictionnaire philosophique du sort réservé a
ce jeune homme : 
"Lorsque le chevalier de La Barre fut convaincu d'avoir chanté des chansons impies, et même d'avoir passe, devant une procession de capucins sans ôter son chapeau, les juges d'Abbeville ordonnèrent, non seulement qu'on lui arrachât la langue, qu'on lui coupât la main, et qu'on brûlât son corps à petit feu, mais ils l'appliquèrent encore à la torture pour savoir combien de chansons il avait chantées, et combien de processions il avait vues passer, le chapeau sur la tête." 
Après lui avoir broyé les os et tenaillé les chairs, il fut conduit à l'échafaud et décapité. Cette condamnation inique ayant été annulée par la Convention, La Barre fut réhabilité le 25 brumaire an II (15 novembre 1794).
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Statue du chevalier de la Barre.
La statue du chevalier de La Barre, dans le square Nadar. © Photos : Serge Jodra, 2013.

Les républicains avaient érigé en 1885, rue Lamarck, au pied de la basilique du Sacré-Coeur, une première statue déplacée dans ce square en 1927. Elle correspondait à une forme de prostestation contre la construction du Sacré-Coeur, jugée par beaucoup comme scandaleuse dans une république laïque, d'autant, que l'édification de cette église avait été présentée en son temps comme une "expiation des crimes de la Commune". Une statue, donc, à défaut d'un édifice qui serait destiné à quelque chose comme "l'expiation des crimes de l'Eglise". La statue fut enlevée et envoyée à la fonte en 1941 par le gouvenement de Vichy. Une nouvelle statue du chevalier remplace l'ancienne depuis 2001. 

A l'angle de la rue Saint-Eleuthère et de la rue Foyatier (qui longe le funiculaire) se trouve le Panorama du Sacré-Coeur (auj. Panoramique du Funiculaire), ouvert en 1900, et qui loue toujours sa salle du 1er étage. (F.de Rochegude).

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Dictionnaire Villes et monuments
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