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Marie de Médicis

Marie de Médicis, reine de France, née à Florence le 26 avril 1573, morte à Cologne le 3 juillet 1642. Fille du grand-duc de Toscane François Il (Les Médicis), et de l'archiduchesse Jeanne d'Autriche, elle fut élevée par sa tante Christine de Lorraine, femme du grand-duc Ferdinand Il.. C'était une personne de belle prestance, grande, grosse, les yeux ronds, froide, hautaine, fastueuse, paresseuse, vindicative, d'humeur acariâtre. Son mariage avec Henri IV fut négocié par Sillery et d'Alincourt, célébré par procuration à Florence (5 octobre 1600) avec une grande pompe. Marie de Médicis arriva par mer, accompagnée d'une foule d'Italiens et déployant un luxe extrême. Le roi la joignit à Lyon le 9 décembre. Il s'en lassa vite et le mois suivant revint à sa maîtresse, la marquise de Verneuil, qu'il logea près de la reine. Celle-ci ne cessait de quereller son mari, et la prompte naissance d'un dauphin la rendit forte, lui créant un parti. Elle groupa autour d'elle les amis de l'Espagne et des jésuites, les vieux ligueurs, à côté d'indignes favoris parmi lesquels était Concini, époux de Léonora Galigaï. Lorsque Henri IV se prépara à sa campagne d'Allemagne, elle obtint d'être nommée régente avec une voix dans le conseil de régence composé de 15 membres (20 mars 1610). Elle arracha aussi au roi la célébration de la cérémonie du sacre, retardée jusqu'alors (13 mai 1640); Henri IV savait que le sacre de la reine serait son arrêt de mort et, en effet, il fut assassiné le lendemain. Bien que Marie n'en ait paru ni surprise ni affligée, sa complicité n'est pas prouvée. 

En deux heures, le duc d'Epernon assura tout et imposa au parlement de lui donner la régence du royaume, invoquant des lois qui n'existaient pas. Un lit de justice consacra la chose le lendemain. Le pouvoir passait aux ennemis du roi assassiné. La réaction commença. La reine garda d'abord Sully, mais ne prit conseil que du nonce, de l'ambassadeur d'Espagne, du père Cotton, de Concini et d'Epernon. Bientôt elle congédia Sully (16 janvier 1611), dissipa le trésor déposé à la Bastille, prodigua des cadeaux à Guise, à Condé, à ses favoris. Peu intelligente et sans esprit de suite, elle n'eut d'autre idée que l'alliance espagnole, fiança Louis XIII à l'infante Anne d'Autriche et Élisabeth de France à l'infant Philippe (1612). L'inquiétude des protestants fut le prétexte de nouveaux troubles; les grands n'obéissaient plus; ils finirent par s'insurger ouvertement. Condé, au nom de la noblesse, réclama la convocation des États généraux. La régente leur céda par le traité de Sainte-Menehould (15 mai 1614), donnant 150 000 écus à Condé, 300 000 livres à Mayenne, la Bretagne au duc de Vendôme, Mézières au duc de Nevers, etc.
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Rubens : Marie de Médicis.
Marie de Médicis, par Rubens (ca. 1621).

Les princes ne désarmant pas, Marie de Médicis eut une lueur d'énergie et les y obligea en marchant contre eux les armes à la main. Louis XIII fut déclaré majeur le 20 octobre 1614, mais il laissa sa mère gouverner; les États généraux furent réunis et renvoyés au bout de cinq mois, sans aucun résultat. Condé reprenant les armes, la reine mère, appuyée par Guise et d'Épernon, le déclara criminel de lèse-majesté et s'en alla avec une armée conduire à Bordeaux sa fille Élisabeth fiancée à l'infant Philippe et chercher Anne d'Autriche dont le mariage avec Louis XIII fut célébré (octobre 1615). Aussitôt après elle traita avec les grands, leur prodigua les dons, renvoya Sillery et d'Épernon, mit Condé à la tête du conseil (3 mai 1616). Quatre mois après, elle le fit arrêter; la guerre civile reprit, mais le roi, excité par son favori de Luynes, fit tuer Concini (24 avril 1617). Marie de Médicis fut quelque temps prisonnière dans sa chambre; son fils refusa de la voir, l'interna à Blois (3 mai 1617). D'Épernon l'en fit évader le 22 février 1619 et la mena à Angoulême

Elle obtint alors sa liberté, le gouvernement de l'Anjou, de l'argent. Elle groupa autour d'elle les mécontents, mais, quand on en vint aux armes, Louis XIII les dissipa sans peine après l'escarmouche des Ponts-de-Cé; il se réconcilia avec sa mère. Celle-ci reprit son influence à la mort de Luynes et reparut au conseil. Elle était dirigée par son nouveau favori, son aumônier Richelieu, qu'elle fit nommer cardinal (1622) et entrer au conseil (1624). S'apercevant qu'elle s'était donné un maître, elle transmit sa faveur à son confesseur Bérulle et continua d'intriguer pour les Espagnols. Elle eut un regain de pouvoir au moment de la campagne d'Italie où elle fut chargée de la régence (1629). Coalisée avec Anne d'Autriche et Gaston d'Orléans, elle essaya par des scènes violentes d'obtenir le renvoi du cardinal. Louis XIII parut un instant près de céder; un crut la reine victorieuse : c'est la journée des Dupes (12 novembre 1630). Le châtiment ne devait pas se faire attendre : Marie de Médicis fut retenue captive à Compiègne (février 1631). Elle s'enfuit (18 juillet 1631), et, ne trouvant pas dans La Capelle l'asile qu'on lui avait promis, se réfugia aux Pays-Bas (1631). 

Elle comptait revenir après le triomphe de Gaston d'Orléans, qui venait de s'insurger; mais Gaston fut battu. Elle resta plusieurs années aux Pays-Bas, dirigée par les pères Chanteloube et Saint-Germain, intriguant toujours avec les mécontents français, adressant des manifestes aux parlements, à la noblesse, etc. Puis elle passe en Angleterre (1638) chez son gendre Charles Ier, sollicite en vain la permission de rentrer en France; et doit quitter Londres (1641) où le peuple ne veut plus souffrir cette reine catholique. Elle se rend en Allemagne et meurt à Cologne (1642). Sa pauvreté dans les derniers temps a été fort exagérée, comme le prouvent les legs faits par son testament. Son corps fut inhumé à Saint-Denis. Elle a fait commencer le Palais du Luxembourg, tracer le Cours-la-Reine, établir l'aqueduc d'Arcueil, pensionna Malherbe. C'est pour Marie de Médicis que Rubens a peint la série de tableaux qui retracent la vie de la reine et qui sont aujourd'hui au Louvre. (A19).
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Marie de Médicis.
Marie de Médicis. Statue du jardin du Luxembourg, à Paris. 
© Photo : Serge Jodra, 2010.
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Dictionnaire biographique
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