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L'optique
est la branche de la physique
qui étudie le propriétés de la lumière et
tous les phénomènes associés à sa propagation, sa réflexion, sa réfraction,
sa diffraction et son interaction avec la matière. On distingue principalement
:
• l'optique
géométrique, qui se concentre sur l'étude des trajectoires
de la lumière en supposant qu'elle se propage en lignes droites et qui
explique la réflexion, la réfraction et la formation des images par les
miroirs
et les lentilles;
• l'optique
ondulatoire qui traite des phénomènes impliquant des interférences
(lorsque deux ondes
lumineuses se rencontrent et se combinent) des diffractions (la déflexion
des ondes lumineuses autour d'obstacles) ou de effets de
polarisation
(orientation spécifique des oscillations des champs électrique et magnétique
de l'onde lumineuse);
• l'optique
quantique qui se penche sur les propriétés particulières de la lumière
lorsqu'elle est traitée comme des particules discrètes (photons);
On peut encore mentionner
divers autres domaines (parfois sous-domaines des précédents), tels que
l'optique cohérente (interférence et diffraction cohérente, lasers),
l'optique non linéaire (où les interactions lumière-matière ne sont
plus proportionnelles) et l'optique quantique avancée, l'holographie,
l'optoélectronique, etc.
L'optique géométrique
L'optique géométrique
modélise la propagation de la lumière en assimilant celle-ci à un ensemble
de rayons rectilignes se déplaçant dans un milieu transparent et homogène.
Cette approche repose sur l'approximation que les effets ondulatoires,
tels que la diffraction ou les interférences, peuvent être négligés
lorsque les dimensions en jeu sont très grandes par rapport à la longueur
d'onde de la lumière. On s'intéresse alors principalement aux trajectoires,
aux directions et aux changements de vitesse des rayons lumineux lorsqu'ils
passent d'un milieu à un autre ou rencontrent des surfaces réfléchissantes
ou réfractantes. En limitant l'étude à la trajectoire des rayons, l'optique
géométrique fournit un cadre puissant pour concevoir et analyser la majorité
des instruments optiques usuels, de la loupe aux télescopes, tout en restant
accessible sur le plan mathématique.
Lois de la réflexion
et de la réfraction.
Le principe fondamental
qui sous-tend cette discipline est le principe de Fermat, selon lequel
la lumière "optimise" son trajet en fonction des propriétés du milieu
traversé. Ce principe permet d'expliquer naturellement les lois
de la réflexion et de la réfraction.
Dans un miroir plan ou courbe, l'angle de réflexion est toujours égal
à l'angle d'incidence, mesurés par rapport à la normale à la surface
au point d'impact. Lorsqu'un rayon passe d'un milieu à un autre de nature
différente, sa direction est modifiée suivant la loi de Snell-Descartes
pour la réfraction, qui relie les angles d'incidence et de réfraction
aux indices optiques des milieux.
Le
principe de Fermat.
Le principe de Fermat
stipule que la lumière se propage entre deux points en suivant le chemin
qui minimise le temps de parcours. Ce temps est appelé chemin optique.
Plus précisément, le principe de Fermat affirme que, parmi tous les chemins
possibles reliant deux points, la lumière choisit celui pour lequel le
temps de parcours est extrémal (minimum ou parfois maximum).
Par exemple, dans
un milieu homogène, la lumière se déplace en ligne droite, car c'est
le chemin le plus court et donc celui qui prend le moins de temps. Cependant,
lorsqu'elle traverse des milieux de densités différentes (comme l'air
et l'eau), elle change de direction (réfraction) pour minimiser le temps
de parcours global.
Le principe de Fermat
permet de dériver les lois de la réflexion et de la réfraction, et il
est étroitement lié aux concepts de la physique
moderne, comme le principe de moindre
action en mécanique.
Lois
de la réflexion.
Etablies dans le
cadre de l'approximation de l'optique géométrique, où la lumière est
considérée comme se propageant en ligne droite, les lois de la réflexion
décrivent le comportement de la lumière lorsqu'elle rencontre une surface
réfléchissante, comme un miroir.
• Première
loi de la réflexion (loi des angles). - Le rayon incident, le rayon
réfléchi et la normale (la droite perpendiculaire) à la surface réfléchissante
au point d'incidence sont tous situés dans le même plan. Ce plan est
appelé plan d'incidence.
• Deuxième
loi de la réflexion (loi de Snell-Descartes pour la réflexion). -
L'angle d'incidence (θi), défini comme l'angle entre
le rayon incident et la normale à la surface, est égal à l'angle de
réflexion (θr​), défini comme l'angle entre le
rayon réfléchi et la normale : θi = θr.
Ces lois sont valables
pour des surfaces parfaitement lisses et planes (réflexion spéculaire).
Dans le cas de surfaces rugueuses, la lumière est réfléchie dans plusieurs
directions (réflexion diffuse), mais localement, à l'échelle microscopique,
ces lois restent applicables pour chaque micro-facette de la surface.
Lois
de la réfraction.
Les lois de la réfraction
décrivent la déviation d'un rayon lumineux lorsqu'il traverse une surface
(appelée dioptre) séparant deux milieux transparents d'indices
de réfraction différents, c'est-à dire des milieux dans lesquels
la vitesse de propagation de la lumière est différente. Ces lois, établies
expérimentalement, permettent de prédire le changement de direction de
la lumière à l'interface entre deux milieux.
• Première
loi de la réfraction (loi des plans). - Le rayon incident, le rayon
réfracté et la normale à la surface de séparation au point d'incidence
sont tous situés dans le même plan, appelé plan d'incidence.
• Deuxième
loi de la réfraction (loi de Snell-Descartes pour la réfraction).
- Le produit de l'indice de réfraction du premier milieu (n1​)
par le sinus de l'angle d'incidence (θi​) est égal
au produit de l'indice de réfraction du second milieu (n2​)
par le sinus de l'angle de réfraction (θr​) :
n1sinâ¡(θi)
= n2sinâ¡(θr).
Cette relation montre
que si n2 > n1​, le rayon réfracté
se rapproche de la normale (θr < θi​)
et que si n2 < n1​, le rayon
réfracté s'éloigne de la normale (θr > θi).
Dans le cas où n2 < n1 et
que l'angle d'incidence dépasse une certaine valeur critique (θc),
la réfraction n'est plus possible et toute la lumière est réfléchie
: c'est le phénomène de réflexion totale interne, utilisé dans les
fibres optiques.
Ces lois s'appliquent
aux milieux isotropes et homogènes, où la vitesse de la lumière est
seulement fonction de l'indice de réfraction (n = c/v). Elles permettent
d'expliquer des phénomènes tels que la déformation apparente d'un objet
plongé dans l'eau ou le fonctionnement des lentilles et des prismes.
Les
prismes.
Un prisme est un
élément optique constitué d'un matériau transparent, généralement
en verre ou en cristal, dont la forme peut varier, mais la configuration
la plus courante est celle d'un prisme triangulaire, avec trois faces où
deux faces latérales sont inclinées par rapport à la base. Les prismes
sont couramment utilisés pour manipuler la lumière en exploitant les
propriétés de réfraction et de réflexion.
Lorsque la lumière
traverse un prisme, elle est refractée (déviée) à chaque interface
entre le matériau du prisme et l'air (ou tout autre milieu). Cette déviation
se produit parce que la vitesse de la lumière change lorsqu'elle passe
d'un milieu à un autre, ce qui entraîne une variation de sa direction.
Le degré de déviation dépend de l'indice de réfraction du matériau
du prisme et de l'angle d'incidence de la lumière.
Dans un prisme triangulaire,
la lumière entre dans une face latérale, est refractée vers le bas,
traverse la base du prisme et est refractée de nouveau lorsqu'elle sort
par l'autre face latérale. En raison de cette double réfraction, la lumière
est déviée par rapport à sa trajectoire initiale. Cette déviation est
maximale pour une certaine longueur d'onde, ce qui permet de séparer la
lumière blanche en ses composantes spectrales (rouge, orange, jaune, vert,
bleu, indigo, violet). Ce phénomène est appelé la dispersion de la
lumière.
Systèmes optiques.
Un système optique
est un ensemble de dioptres (lentilles) ou de miroirs, et souvent à la
fois de lentilles et de miroirs (systèmes catadioptriques), destiné Ã
former des images. La formation d'images y est étudiée à travers la
construction de rayons principaux, tels que le rayon passant par le centre
optique d'une lentille, qui ne subit pas de déviation, ou celui parallèle
à l'axe optique, qui est réfracté vers le foyer. Les systèmes optiques
peuvent être simples, comme une lentille convergente, ou complexes, comme
les objectifs photographiques, constitués de plusieurs lentilles combinées
afin de corriger les aberrations.
Vocabulaire
de base.
Donnons pour commencer
quelques définitions de concepts courament utilisés pour caractériser
les lentilles et les miroirs :
• Le
centre optique est un point particulier situé sur l'axe principal
d'une lentille ou d'un miroir (axe optique) perpendiculaire à la surface
de la lentille ou du miroir. Dans une lentille mince idéale, il correspond
à un point de symétrie où la lumière traverse le système sans être
réfractée, si elle arrive parallèlement à l'axe optique ou très près
de celui-ci. Dans un miroir, le centre optique est généralement confondu
avec l'intersection de l'axe optique et de la surface réfléchissante,
représentant la référence pour le tracé des rayons.
• Le plan focal
est le plan perpendiculaire à l'axe optique qui passe par le foyer. Il
contient tous les points où se forment les images d'objets situés Ã
l'infini, lorsque la lumière arrive parallèlement à l'axe. Ce plan est
important dans les systèmes d'imagerie, car il correspond ordinairement
à l'emplacement du capteur, du film photographique ou de l'oculaire, garantissant
ainsi la netteté de l'image.
• Le foyer
est le point vers lequel convergent (dans le cas d'une lentille convergente
ou d'un miroir concave) ou à partir duquel semblent diverger (dans le
cas d'une lentille divergente ou d'un miroir convexe) les rayons lumineux
initialement parallèles à l'axe optique. Ce point est déterminant pour
la formation des images et peut être réel, lorsque les rayons se croisent
effectivement dans l'espace, ou virtuel, lorsque la convergence apparente
résulte d'une prolongation en arrière des rayons divergents.
• La distance
focale est la distance qui sépare le centre optique du foyer. Elle
caractérise le pouvoir convergent ou divergent d'un système optique et
conditionne la taille de l'image formée. Une petite distance focale correspond
à une forte capacité de convergence (ou divergence) et permet un champ
de vision plus large, tandis qu'une grande distance focale augmente le
grossissement mais réduit le champ observable.
• La vergence
est la mesure quantitative de la capacité d'une lentille ou d'un miroir
à faire converger ou diverger la lumière. Elle est définie comme l'inverse
de la distance focale exprimée en mètres, et s'exprime en dioptries (δ).
Ainsi, une lentille de 0,5 m de distance focale possède une vergence de
+2 δ si elle est convergente, et de −2 δ si elle est divergente. Cette
grandeur est particulièrement utilisée en optique ophtalmique pour caractériser
la puissance corrective des verres de lunettes ou de contact.
Voici maintenant les
définitions de quelques notions ordinairement attachées aux systèmes
optiques composés (instruments optiques) :
• L'axe
optique d'un instrument est la ligne imaginaire qui passe par le centre
de symétrie de tous les éléments optiques d'un instrument et autour
de laquelle le système est conçu. La précision d'alignement des éléments
par rapport à cet axe est essentielle pour obtenir une image nette et
exempte de distorsions, notamment dans les instruments de précision comme
les microscopes ou les télescopes.
• L'objectif
est l'élément optique situé du côté de la scène ou de l'objet observé,
composé d'une ou plusieurs lentilles, parfois combinées à des miroirs
dans les systèmes catadioptriques. Sa fonction est de collecter la lumière
provenant de l'objet et de former une image intermédiaire, généralement
réelle, qui sera ensuite observée ou analysée par d'autres composants
du système. La qualité et les caractéristiques de l'objectif, telles
que la distance focale, l'ouverture et la correction des aberrations, déterminent
directement la netteté, la luminosité et la fidélité chromatique de
l'image.
• L'ouverture
désigne la taille effective du diaphragme ou de la zone utile par laquelle
la lumière pénètre dans l'instrument optique. Elle conditionne la quantité
de lumière collectée et influe sur la luminosité de l'image et la profondeur
de champ.Une ouverture plus large laisse entrer plus de lumière
et permet des observations en faible luminosité, mais réduit la profondeur
de champ, tandis qu'une ouverture plus petite augmente la netteté en profondeur
mais diminue la luminosité.
• L'oculaire
est le composant optique placé du côté de l'oeil de l'observateur. Il
a pour rôle d'agrandir l'image intermédiaire fournie par l'objectif,
transformant celle-ci en une image virtuelle observée confortablement
par l'œil. Les oculaires sont constitués de combinaisons de lentilles
calculées pour optimiser le champ de vision, réduire les aberrations
et offrir un confort d'observation. Dans les instruments modernes, certains
oculaires intègrent également des éléments optiques pour corriger des
distorsions ou améliorer le contraste.
• La puissance,
dans le contexte des instruments optiques, se réfère souvent à la capacité
d'un composant à faire converger ou diverger la lumière, exprimée en
dioptries pour les lentilles simples. Pour un instrument complet, elle
peut aussi désigner sa capacité globale de grossissement ou sa performance
lumineuse. Elle dépend à la fois de la conception optique, des matériaux
utilisés et de la qualité des traitements de surface.
• Le grossissement
est le rapport entre la taille angulaire de l'image observée à travers
l'instrument et celle de l'objet vu à l'oeil nu. Il se calcule, pour un
système formé d'un objectif et d'un oculaire, en divisant la distance
focale de l'objectif par celle de l'oculaire. Un fort grossissement permet
d'observer des détails fins, mais il réduit le champ de vision et peut
accentuer les tremblements et imperfections optiques, d'où la nécessité
de l'adapter à la résolution et à la luminosité du système.
Les
lentilles.
Une lentille est
un dispositif transparent constitué d'un matériau homogène, souvent
du verre ou un polymère, dont au moins une des faces est courbe. Cette
courbure provoque une déviation des rayons lumineux par un phénomène
de réfraction, c'est-à -dire un changement de direction lorsque la lumière
passe d'un milieu à un autre d'indice de réfraction différent. Selon
la forme de la lentille, elle peut être convergente ou divergente.
• Une
lentille convergente, plus épaisse au centre qu'aux bords, a pour
effet de rassembler les rayons lumineux incident parallèles vers un point
précis appelé foyer image.
• Une lentille
divergente, plus mince au centre qu'aux bords, écarte au contraire
ces rayons comme s'ils provenaient d'un point situé du côté de l'objet,
appelé foyer virtuel.
Une lentille peut former
des images réelles (si les rayons convergent) ou des images virtuelles
(si les rayons semblent diverger).
Le comportement d'une
lentille dépend non seulement de sa géométrie mais aussi de l'indice
de réfraction du matériau et de la nature de la lumière incidente. Les
lois de Snell-Descartes permettent de décrire précisément la trajectoire
des rayons à travers la lentille.
Les
miroirs.
Un miroir est une
surface capable de renvoyer la lumière par réflexion, phénomène dans
lequel un rayon incident rebondit sur la surface en respectant la loi fondamentale
: l'angle d'incidence est égal à l'angle de réflexion, ces deux angles
étant mesurés par rapport à la normale à la surface au point d'impact.
• Un
miroir plan restitue une image virtuelle, droite et de taille identique
à l'objet, située symétriquement derrière le plan du miroir.
• Les miroirs
courbes, eux, modifient la taille et la nature de l'image.
+ Un
miroir concave, dont la surface réfléchissante est tournée vers
l'objet, peut concentrer les rayons en un foyer réel et produire des images
agrandies ou inversées selon la distance de l'objet.
+ Un miroir convexe,
dont la surface réfléchissante est tournée vers l'extérieur, disperse
les rayons et forme uniquement des images virtuelles réduites, utiles
par exemple pour élargir le champ visuel.
Les miroirs sphériques
permettent de concentrer ou de diverger la lumière en fonction de leur
courbure, formant des images réelles (miroirs concaves) ou virtuelles
(miroirs convexes). Les miroirs paraboliques suppriment les aberrations
sphériques et concentrent parfaitement les rayons parallèles vers un
foyer unique.
La
formation des images par les systèmes optiques.
Lorsqu'un système
optique forme une image, il exploite le principe fondamental de la propagation
rectiligne de la lumière et des lois de la réfraction ou de la réflexion.
Une source lumineuse ou un objet émet ou diffuse des rayons lumineux dans
toutes les directions. Le système optique – qu'il s'agisse d'une lentille,
d'un miroir, ou d'un assemblage plus complexe – va collecter une partie
de ces rayons et modifier leur trajectoire en fonction de ses surfaces
et de l'indice du matériau qui le compose. Les rayons issus d'un même
point de l'objet sont déviés de manière à se croiser en un autre point
de l'espace : c'est ce point qui correspond à l'image du point de départ.
La formation de l'image
peut être comprise en suivant quelques rayons caractéristiques. Dans
le cas d'une lentille convergente, par exemple, un rayon passant par le
centre optique ne subit pas de déviation, un rayon parallèle à l'axe
principal est réfracté en direction du foyer image, et un rayon passant
par le foyer objet ressort parallèle à l'axe. L'intersection de ces rayons
réfractés détermine la position du point image. Si les rayons se croisent
réellement après traversée ou réflexion, l'image est dite réelle
et peut être projetée sur un écran. Si au contraire ils divergent après
le système, mais semblent provenir d'un point situé du même côté que
l'objet, l'image est virtuelle et ne peut être observée que directement
en regardant dans l'appareil.
Pour
déterminer la position d'une image donnée par un système optique, on
utilise généralement la relation de conjugaison qui relie la distance
focale f du système, la distance de l'objet p (mesurée depuis le centre
optique ou le sommet de la surface principale) et la distance de l'image
p′. Pour une lentille mince ou un miroir sphérique, cette relation s'écrit
:
1/f = 1/p + 1/p'
En connaissant deux
de ces trois paramètres, on calcule le troisième. Par exemple, si on
fixe l'objet à une distance p et qu'on connaît la focale f, on en déduit
p′ par inversion de la formule. Le signe de p′ indique si l'image est
réelle (valeur positive) ou virtuelle (valeur négative).
Une fois la position
trouvée, on calcule la dimension de l'image grâce au grandissement G,
qui est défini comme le rapport entre la taille de l'image h′ et la
taille de l'objet h. Dans l'approximation des petits angles, on a
G = h′/h = −p′/p
Le signe de G traduit
l'orientation : un grandissement négatif signifie que l'image est inversée
par rapport à l'objet, tandis qu'un grandissement positif correspond Ã
une image droite. En pratique, on mesure les distances le long de l'axe
optique et on applique rigoureusement la convention des signes adaptée
au type de système (lentille convergente ou divergente, miroir concave
ou convexe).
Pour les systèmes
optiques plus complexes composés de plusieurs éléments, on applique
la relation de conjugaison à chaque composant successif en prenant comme
point objet pour l'élément suivant la position de l'image intermédiaire
donnée par l'élément précédent. Les grandissements partiels se multiplient
pour donner le grandissement total, ce qui permet de calculer la dimension
finale de l'image à partir de celle de l'objet initial.
La netteté de l'image
dépend de la précision avec laquelle le système optique amène tous
les rayons issus d'un point à converger au même endroit. Des défauts
de surface ou des limites liées à la géométrie peuvent introduire des
aberrations optiques, qui se traduisent par un flou ou des déformations.
Notons aussi que la formation d'une image n'est pas seulement une question
de géométrie : la nature ondulatoire de la lumière introduit des phénomènes
de diffraction qui limitent la résolution, même avec un système parfait.
Les détails les plus fins de l'objet ne peuvent être reproduits que si
les dimensions et l'ouverture du système permettent de collecter un spectre
angulaire suffisant de rayons.
Instruments
optiques.
Les instruments
optiques utilisent la lumière et ses propriétés pour observer, mesurer
ou analyser des objets, en exploitant des systèmes de lentilles, de miroirs
ou de capteurs. Si l'on excepte la loupe, ce sont des systèmes optiques
composés de plusieurs lentilles et/ ou miroirs.
• La
loupe est un dispositif simple constitué d'une lentille
convergente qui grossit l'image d'un objet rapproché en produisant une
image virtuelle agrandie.
• Le microscope
optique utilise un ensemble de lentilles objectives et oculaires pour observer
des structures de taille microscopique; il repose sur la lumière transmise
ou réfléchie et peut inclure des systèmes d'éclairage et de réglage
fin pour améliorer le contraste et la résolution.
• Le télescope
et la lunette, destinés à l'observation d'objets éloignés comme
les astres, existent sous forme réfractive (lunettes), utilisant des lentilles,
ou réflective (télescopes), utilisant des miroirs courbes; certains (également
appelés télescopes) combinent les deux pour réduire les aberrations.
Certains
télescopes recourent en outre à des dispositifs mécaniques dits d'optique
adaptative afin d'ajuster en temps réel la forme d'un miroir pour
compenser les distorsions atmosphériques et obtenir des images plus nettes.
• Les jumelles
combinent deux systèmes télescopiques réfracteurs alignés pour chaque
oeil, offrant un grossissement tout en conservant une perception stéréoscopique
et un large champ de vision, souvent avec des prismes
internes pour redresser l'image.
• L'appareil
photographique capte la lumière sur un support photosensible ou un
capteur numérique à travers un objectif constitué de plusieurs lentilles,
permettant de régler la mise au point, l'ouverture et le temps d'exposition
pour enregistrer une image nette.
• Le projecteur
de diapositives ou de films fonctionne à l'inverse de l'appareil photo
: il utilise une source lumineuse et un objectif pour projeter une image
agrandie sur un écran.
• Le spectroscope
sépare la lumière en ses différentes longueurs d'onde à l'aide d'un
prisme ou d'un réseau de diffraction (V. plus bas), permettant l'analyse
de la composition spectrale.
Stigmatisme, aberrations.
Quelques mots sur
les concepts de stigmatisme et d'aberrations qui occupent une place
importante dans l'analyse des systèmes optiques.
Stigmatisme.
Le stigmatisme est
la propriété d'un système optique à former d'un point objet un point
image net et unique. Un instrument stigmatique conserve la netteté et
la précision de l'image pour tous les points de l'objet situés dans des
conditions idéales. Dans la réalité, aucun système n'est parfaitement
stigmatique pour toutes les directions et toutes les longueurs
d'onde (= couleurs); on cherche à optimiser cette propriété pour
certaines zones ou applications particulières. Une attation particulière
portée au stigmatisme d'un système optique est essentielle pour éviter
que l'image ne présente un flou ou une déformation des contours.
Aberrations.
Les aberrations
sont les imperfections qui empêchent un système optique de reproduire
fidèlement l'image théorique d'un objet. Elles peuvent être géométriques,
comme la coma, l'astigmatisme, la distorsion et la courbure de champ, qui
déforment la forme ou la position des points de l'image. Elles peuvent
aussi être chromatiques, dues à la dispersion, qui fait que les différentes
longueurs d'onde ne convergent pas exactement au même point, créant des
franges colorées. La correction des aberrations repose sur l'utilisation
combinée de lentilles ou de miroirs aux formes et matériaux calculés
pour compenser les défauts, ainsi que sur des dispositifs numériques
dans les systèmes modernes.
L'optique ondulatoire
L'optique géométrique
constitue une approximation qui cède la place à l'optique physique dès
que les dimensions spatiales d'un phénomène deviennent comparables Ã
la longueur d'onde ou que l'on souhaite
étudier la nature ondulatoire de la lumière. L'optique ondulatoire considère
ainsi la lumière non pas comme un ensemble de rayons rectilignes, mais
comme une onde électromagnétique
capable d'exhiber des phénomènes impossibles à expliquer dans le cadre
strict de l'optique géométrique. Elle est indispensable pour concevoir
des dispositifs de haute précision comme les interféromètres, les hologrammes
ou les systèmes de microscopie avancée, et constitue un pont naturel
vers la mécanique quantique lorsque l'on aborde
la dualité onde-particule.
L'optique ondulatoire
s'appuie sur la théorie des ondes développée au XVIIe
siècle par Huygens, selon laquelle chaque point
d'un front d'onde se comporte comme une source secondaire d'ondes sphériques,
et sur la théorie électromagnétique
de Maxwell qui, au XIXe
siècle, a montré que la lumière est une onde électromagnétique se
propageant dans le vide à la vitesse c. Dans ce cadre, la lumière est
décrite par sa longueur d'onde, sa fréquence, sa phase et son amplitude.
Les phénomènes de cohérence, à la fois temporelle et spatiale, sont
également essentiels dans cette approche.
Les équations
de Maxwell, qui lient les champs électrique et magnétique,
offrent un cadre unifié qui explique non seulement la propagation de la
lumière dans le vide, mais aussi ses interactions avec la matière, telles
que la réfraction, la réflexion
ou l'absorption, en tenant compte des propriétés électromagnétiques
des milieux. Ce formalisme met aussi en évidence la notion d'onde stationnaire,
qui apparaît dans les cavités optiques ou les instruments lasers,
et celle d'ondes guidées, exploitées dans les fibres optiques.
Ondes lumineuses.
Les ondes lumineuses
appartiennent à un large spectre d'ondes électromagnétiques,
qui se propagent dans le vide ou dans un milieu matériau sans nécessiter
une onde portante comme l'air ou l'eau. Elles résultent de la propagation
de oscillations du champ électrique
et du champ magnétique, perpendiculaires
entre elles et parallèles à la direction de propagation de l'onde. Pour
le reste, les propriétés des ondes lumineuses (comme des ondes électromagnétiques
en général) sont celles que l'on peut attacher à toutes les ondes :
• L'amplitude
d'une onde lumineuse correspond à la mesure maximale de l'intensité du
champ électrique ou magnétique oscillant autour de la position moyenne
de l'onde. Elle indique la force de l'onde et est directement liée Ã
l'intensité de la lumière perçue, plus l'amplitude est grande, plus
la lumière est intense.
• La fréquence
d'une onde lumineuse est le nombre d'oscillations complètes effectuées
par l'onde par unité de temps, exprimée en hertz (Hz). Plus la fréquence
est élevée, plus la lumière est énergétique. Cette propriété est
essentielle pour définir la couleur visible de la lumière, car les différentes
longueurs d'onde visibles correspondent à différentes fréquences.
• La longueur
d'onde est la distance entre deux points successifs d'une onde lumineuse
ayant la même phase, généralement mesurée en nanomètres (nm) ou en
micromètres (µm). Elle est inversement proportionnelle à la fréquence
: les ondes de haute fréquence ont des longueurs d'onde plus courtes,
tandis que celles de faible fréquence ont des longueurs d'onde plus grandes.
Dans le spectre visible, les longueurs d'onde varient de 380 nm (lumière
violette) à 750 nm (lumière rouge).
• La vitesse
de propagation de la lumière dans le vide est constante et égale
à environ c = 299 792 458 mètres par seconde, mais elle diminue
légèrement lorsque la lumière passe dans un milieu matériel, en raison
de la réfraction. La relation fondamentale reliant c à la longueur d'onde
λ a sa fréquence f est donnée par la formule c = λf.
Trois types de phénomènes
intéressent particulièrement l'optique ondulatoire : l'interférence,
la diffraction et la polarisation des ondes lumineuses.
L'approche de l'interférence
et de la diffraction repose sur le principe de Huygens-Fresnel, qui explique
la propagation des ondes lumineuses. Selon ce principe, le comportement
d'une onde lumineuse peut être compris en considérant que chaque point
de l'onde est la source d'une infinité de nouvelles ondes sphériques.
Lorsque ces ondes sphériques se superposent, elles interfèrent les unes
avec les autres et créent un nouveau motif d'ondes. Le principe de Huygens-Fresnel
permet d'expliquer non seulement la réfraction, la diffraction, mais aussi
la réflexion et la transmission des ondes lumineuses à travers des ouvertures
ou des obstacles. Il peut également être utilisé pour prédire la forme
d'un front d'onde dans différentes conditions.
La polarisation
d'une onde lumineuse correspond à la direction de l'oscillation du champ
électrique par rapport à la direction de propagation de l'onde. Une onde
peut être linéairement polarisée si son champ électrique oscille dans
une seule direction fixe, circulairement polarisée si l'axe de vibration
trace un cercle autour de la direction de propagation, ou elliptiquement
polarisée si la trajectoire de vibration est une ellipse.
Interférence.
L'interférence
lumineuse est un phénomène où deux ou plusieurs ondes lumineuses de
même fréquence se superposent pour produire une répartition spatiale
de zones claires et sombres, ou colorées, selon la différence de phase
entre elles.
Origine
physique.
Lorsque deux ondes
lumineuses de même fréquence se rencontrent, leur superposition obéit
au principe de superposition : l'amplitude résultante est la somme vectorielle
des amplitudes des ondes individuelles.
• Interférence
constructive. - Si les ondes arrivent en phase (Δφ = 0, 2π, ...),
les amplitudes s'additionnent et la luminosité est maximale.
• Interférence
destructive. - Si les ondes arrivent en opposition de phase (Δφ =
π, 3π, ...), les amplitudes s'annulent et l'intensité est minimale.
Conditions
pour observer des interférences nettes.
Pour observer des
interférences lumineuses nettes, plusieurs conditions doivent être respectées.
Les trois principales sont la cohérence temporelle, la cohérence spatial,
et la stabilité de phase :
• Cohérence
temporelle. - Les ondes doivent avoir la même fréquence (ou un spectre
très étroit).
• Cohérence
spatiale. - Les ondes doivent provenir d'une source unique ou synchronisée,
et avoir des fronts d'onde bien définis.
• Stabilité
de phase. - La différence de phase entre les ondes doit rester constante
dans le temps. (Les ondes lumineuses provenant des deux sources doivent
parcourir des distances proches l'une de l'autre pour minimiser les différences
de phase dues aux variations de propagation).
En pratique, d'autres
éléments interviennent encore : les sources lumineuses doivent être
suffisamment proches l'une de l'autre pour que les interférences soient
visibles; le plan d'observation doit être suffisamment proche des deux
sources pour que l'effet de diffraction soit négligeable; les deux sources
lumineuses doivent être de même intensité pour obtenir une symétrie
dans le patron d'interférences; l'air entre les sources et le plan d'observation
doit être homogène pour éviter tout décalage de phase non désiré.
Interféromètres.
Les interféromètres
sont des dispositifs optiques conçus pour étudier les propriétés de
la lumière en utilisant des interférences lumineuses. Ils permettent
de mesurer des phénomènes subtils comme les déformations de la lumière
ou les variations de longueur de chemin. Voici quelques exemples d'interféromètres
classiques :
• L'interféromètre
de Michelson divise un faisceau lumineux en deux faisceaux par un demi-miroir,
chacun suivant un chemin différent avant de se recouper à nouveau. Les
deux faisceaux peuvent alors interférer, créant un patron d'interférences
qui dépend du rapport de phase entre eux. Ce dispositif est utilisé pour
mesurer des distances extrêmement précises, comme dans la définition
du mètre. Des variantes géantes de l'interféromètre de l'interféromètre
de Michelson sont utilisés par les expériences VIRGO et LIGO dédiées
à la détection d'ondes gravitationnelles et qui impliquent l'interférence
de faisceaux laser.
• L'interféromètre
de Fabry-Pérot utilise deux miroirs parallèles très proches pour
former une cavité optique. La lumière circule entre les miroirs, générant
des interférences constructives pour certaines longueurs d'onde. Ce dispositif
est souvent employé pour étudier les spectres lumineux.
• L'interféromètre
de Mach-Zehnder fonctionne en divisant le faisceau lumineux en deux
directions par un premier demi-miroir, chaque faisceau traversant des éléments
optiques différents avant de se recouper à nouveau par un deuxième demi-miroir.
Ce dispositif est utilisé pour mesurer des variations de phase dues Ã
des changements dans la configuration optique, comme dans les tests de
déformation de surfaces ou de mesure de champs électromagnétiques.
• Les fentes
de Young est un dispositif est souvent utilisé pour démontrer
les principes de l'interférencence et de la diffraction. Il recourt Ã
deux fentes adjacentes éclairées par une source cohérente (laser ou
lumière monochromatique filtrée) produisent sur un écran une série
de franges claires et sombres. La position des franges est donnée
par :
ym
=
mλD/a
où m est l'ordre
de la frange; λ, la longueur d'onde; D, la distance fentes–écran;
et a, la distance entre les fentes.
Le
phénomène d'interférence confirme le modèle ondulatoire de la lumière,
mais il se manifeste aussi au niveau quantique : même des photons isolés
peuvent produire un motif d'interférences lorsqu'ils passent un à un
par un dispositif de type double fente de Young, tant que l'information
sur leur chemin reste inconnue.
• Lames
minces. - interférences par réflexion sur deux faces proches (ex.
bulles de savon, irisations sur films d'huile). Les couleurs résultent
du fait que certaines longueurs d'onde subissent des interférences constructives
ou destructives selon l'épaisseur.
L'irisation
des bulles de savon ou des films d'huile provient de ce que quand la
lumière blanche arrive sur un film mince — comme la paroi d'une bulle
ou une pellicule d'huile à la surface de l'eau — une partie est réfléchie
à la surface externe, et une autre traverse le film, se réfléchit sur
la face interne, puis ressort. Les deux faisceaux lumineux se rejoignent
alors avec un décalage de phase qui dépend de l'épaisseur locale du
film et de l'angle d'incidence. Si ce décalage correspond à une interférence
constructive pour une certaine longueur d'onde, cette couleur est renforcée;
si c'est destructif, elle est atténuée. Comme la lumière blanche contient
toutes les longueurs d'onde visibles, différentes couleurs ressortent
selon les zones du film où l'épaisseur varie. C'est cette variation d'épaisseur
— souvent de l'ordre de quelques centaines de nanomètres — qui crée
les motifs chatoyants et changeants. Les mouvements du fluide, la gravitation
et l'évaporation font évoluer en permanence l'épaisseur du film, et
donc la distribution des couleurs. Le résultat est ce miroitement irisé,
qui n'est donc pas dû à des pigments, mais uniquement à la physique
de la lumière et aux propriétés géométriques du film.
Applications
pratiques des interférences.
Parmi les application
pratiques des interférences, on relève les suivantes : mesure de longueurs
et d'indices optiques; spectroscopie à haute résolution; tests de précision
en physique fondamentale, détection d'ondes
gravitationnelles
(LIGO, VIRGO), métrologie optique et contrôle qualité de surfaces, holographie
pour enregistrer l'amplitude et la phase de la lumière.
Diffraction.
La diffraction de
la lumière se manifeste lorsque des ondes lumineuses rencontrent un obstacle
ou traversent une ouverture dont les dimensions sont comparables à leur
longueur d'onde. Ce phénomène, caractéristique des ondes en général,
conduit à une répartition spatiale de l'intensité lumineuse qui s'écarte
ici encore des prédictions de l'optique géométrique.
Diffraction
par une ouverture unique.
Lorsque la lumière
passe à travers une ouverture son interaction avec les bords de celle-ci
provoque une modification de sa trajectoire initiale. Conformément au
principe
de Huygens-Fresnel, chaque point du bord de l'ouverture agit comme
une source secondaire d'ondes sphériques. Ces sources secondaires émettent
des ondes qui interfèrent entre elles, soit constructivement soit destructivement,
formant ainsi un motif ou patron de distribution de lumière sur une surface
située derrière l'ouverture. Ce patron est caractérisé par une zone
centrale plus lumineuse, appelée maximum principal, entourée de zones
plus sombres, appelées minimums. La figure de diffraction n'est visible
clairement que si l'ouverture est de taille similaire ou inférieure Ã
la longueur d'onde. Si l'ouverture est beaucoup plus grande que la longueur
d'onde, la lumière passe principalement dans la direction initiale sans
diffraction notable.
Lorsqu'un faisceau
lumineux homogène éclaire un écran muni d'une fente étroite, l'observation
de la figure de diffraction sur un second écran placé à une distance
suffisante montre une tache centrale brillante, flanquée de part et d'autre
de taches secondaires moins intenses et séparées par des zones sombres.
La position des minima d'intensité est donnée par la relation :
dâ‹…sinâ¡Î¸n
= n.λ
où d est la largeur
de la fente, θn​ l'angle de diffraction pour le
n-ième minimum, λ la longueur d'onde de la lumière, et n un entier non
nul. Plus la fente est étroite, plus l'étalement angulaire de la lumière
diffractée est important.
Dans le cas ou ce
phénomène est observé avec une ouverture circulaire, la figure
de diffraction prend la forme d'une tache centrale entourée d'anneaux
concentriques, alternativement lumineux et sombres, appelée tache
(ou disque) d'Airy, dont le diamètre angulaire dépend du rapport
λ/D, où D est le diamètre de l'ouverture. Le centre de cette tache correspond
au maximum principal, entouré de minima dus à l'interférence destructive
des ondes provenant des différentes parties de l'ouverture.
La diffraction a
des implications en optique instrumentale. La tache d'Airy, par exemple,
limite le pouvoir de résolution des télescopes : deux points sources
ne peuvent être distingués si leurs taches de diffraction se superposent
significativement. En effet, la taille du disque central est proportionnelle
à la longueur d'onde de la lumière et à la taille de l'ouverture du
télescope, ce qui impose une limite à la netteté avec laquelle deux
objets proches peuvent être distingués. Le critère de Rayleigh
formalise cette limite en stipulant que deux images sont juste résolues
lorsque le maximum de l'une coïncide avec le premier minimum de l'autre.
Diffraction
par un réseau.
La diffraction par
un réseau se produit lorsque la lumière traverse une série d'ouvertures
périodiques disposées régulièrement, comme dans un réseau de fentes
ou de rainures. Chaque ouverture du réseau agit comme une source secondaire
d'ondes, émettant des ondes sphériques qui se propagent dans toutes les
directions. Ces ondes interfèrent entre elles, produisant un patron de
distribution de lumière caractéristique sur une surface située derrière
le réseau.
Le phénomène de
diffraction par un réseau est fortement influencé par la distance d entre
les ouvertures, la longueur d'onde λ de la lumière et l'angle θ
sous lequel la lumière est observée. Une raie lumineuse apparaît
à cet angle lorsque la condition suivante (la même que celle que l'on
a vue dans le cas d'une ouverture ponctuelle) est remplie : d.sinâ¡(θ)
= n.λ, où n est un entier (appelé ordre de la raie). Les raies sont
donc localisées aux angles spécifiques où les ondes provenant des différentes
ouvertures du réseau se superposent constructivement.
Ce phénomène peut
être mis à profit dans de nombreuses applications technologiques, telles
que les réseaux de diffraction utilisés en spectroscopie pour disperser
la lumière selon ses longueurs d'onde, ou dans les hologrammes, où les
interférences entre l'onde de référence et l'onde diffractée par l'objet
permettent de reconstruire une image en trois dimensions.
Polarisation de
la lumlière dans les milieux anisotropes.
Les milieux anisotropes
sont des milieux dont la structure cristalline ou moléculaire de ces matériaux,
qui ne présentent pas de symétrie isotrope. Dans un milieu anisotrope,
les propriétés optiques varient selon la direction du rayon lumineux
par rapport aux axes cristallins. La vitesse de propagation de la lumière
et son comportement dépendent ainsi non seulement de la nature du matériau,
mais aussi de l'orientation du champ électrique par rapport à la structure
interne du milieu. .
Contrairement aux
milieux isotropes, où l'indice de réfraction
est identique dans toutes les directions, un cristal anisotrope possède
un tenseur diélectrique qui
décrit la réponse différente du matériau selon les axes principaux.
Ce tenseur relie le champ électrique de l'onde à la polarisation
induite, et ses composantes distinctes déterminent la vitesse de phase
de chaque polarisation.
L'un des effets les
plus caractéristiques des milieux anisotropes est la double réfraction,
ou biréfringence. Lorsque la lumière
traverse un milieu anisotrope, elle se sépare en deux ondes polarisées
orthogonalement, chacune suivant une trajectoire différente. Ces deux
rayons, appelés rayon o (ou ordinaire) et rayon e (ou extraordinaire),
ont des vitesses de propagation différentes en fonction de leur orientation
relative aux axes optiques du cristal. Le rayon ordinaire suit les lois
de la réfraction isotrope (comme la loi de Snell-Descartes) et conserve
sa polarisation linéaire. Le rayon extraordinaire suit une trajectoire
différente et sa polarisation est également modifiée. Cela résulte
du fait que, dans un tel matériau, la relation entre le vecteur
d'onde et le vecteur de Poynting (direction de l'énergie) n'est pas
forcément colinéaire, ce qui introduit une biréfringence.
Le phénomène se
comprend en considérant les équations de Maxwell adaptées à un milieu
où la permittivité est décrite par un tenseur symétrique. La résolution
de ces équations conduit à une surface indicatrice (ou surface de Fresnel)
qui n'est pas une sphère, mais plutôt un ellipsoïde ou un double ellipsoïde
selon le type d'anisotropie. Chaque point de cette surface représente
une vitesse de phase possible pour une direction donnée de propagation
et une polarisation donnée. Dans un cristal uniaxe, on distingue un seul
axe optique où l'onde ordinaire et l'onde extraordinaire ont la même
vitesse. Dans un cristal biaxe, deux axes optiques distincts apparaissent,
et la structure de la surface indicatrice devient plus complexe.
La propagation est
également influencée par la dispersion et par les pertes éventuelles.
Dans les milieux anisotropes absorbants, la permittivité devient complexe
et la direction de propagation de l'énergie peut différer encore davantage
de celle du vecteur d'onde. Dans le cas extrême des métamatériaux anisotropes,
il est possible d'obtenir des phénomènes inédits, comme une réfraction
négative pour certaines polarisations. La manipulation de la polarisation
dans ces milieux permet de concevoir des dispositifs optiques spécifiques
tels que les lames biréfringentes, les polariseurs de Glan-Taylor ou les
modulateurs de phase, qui exploitent directement cette différence de propagation
pour contrôler la lumière.
Effet
de rotation de la polarisation (effet Faraday).
L'effet
Faraday se produit lorsque une onde électromagnétique traverse un
matériau placé dans un champ magnétique externe. Ce phénomène
correspond à une rotation de la direction de polarisation de la lumière
traversant le matériau. Le mécanisme physique derrière cet effet repose
sur l'influence du champ magnétique sur les moments dipolaires des particules
constituant le matériau. Dans un matériau magnétique, les moments dipolaires
alignés par le champ magnétique modifient l'indice de réfraction anisotrope
pour les deux composantes de la lumière polarisée linéairement dans
des directions perpendiculaires. Cette anisotropie entraîne une phase
différentielle entre ces deux composantes, ce qui provoque une rotation
de la polarisation de la lumière.
L'optique quantique
L'optique quantique
étudie la lumière en termes de photons, les
particules élémentaires porteuses de l'interaction électromagnétique.
Elle prolonge et dépasse l'optique ondulatoire et l'électromagnétisme
classique en intégrant les principes de la mécanique
quantique, en reliant la lumière à la structure même du vide quantique
et aux lois probabilistes qui régissent le monde microscopique. Cela permet
d'expliquer les phénomènes où la lumière ne peut être comprise ni
comme une simple onde ni comme un simple flux de particules, mais comme
une entité présentant simultanément des propriétés ondulatoires et
corpusculaires.
Cette discipline
trouve ses racines dans les découvertes du début du XXe
siècle, notamment avec l'explication de l'effet photoélectrique par Einstein,
qui introduisit l'idée que la lumière transporte son énergie par quanta,
proportionnelle à la fréquence de l'onde selon la relation E = hν. Les
photons interagissent avec la matière de manière discrète, ce qui permet
de comprendre des phénomènes tels que l'émission et l'absorption stimulée,
principe au coeur du fonctionnement des lasers.
Un
laser est un dispositif qui émet de la lumière
cohérente, monochromatique et directionnelle. Le fonctionnement d'un laser
est basé sur le processus de stimulation de l'émission de radiation.
À l'intérieur d'un laser, il y a un milieu actif, qui peut être un gaz,
un liquide, un cristal ou même un semi-conducteur. Ce milieu actif est
excité par une source d'énergie externe, telle
qu'une décharge électrique ou une autre source de lumière intense. L'excitation
provoque l'émission de photons à des longueurs d'onde spécifiques. Ce
processus d'émission de photons est stimulé par des photons déjà présents
dans le milieu actif. Lorsque certains photons stimulent l'émission de
nouveaux photons, une réaction en chaîne se produit, aboutissant à une
amplification de la lumière. Cette amplification se produit à travers
un effet appelé émission stimulée. Les photons stimulés ont la même
longueur d'onde, la même phase et la même direction que les photons d'origine,
ce qui confère au laser sa cohérence et sa directionnalité et sa monochromaticité.
L'optique quantique
décrit également la quantification des modes du champ électromagnétique,
chaque mode étant associé à un état quantique qui peut contenir un
nombre entier de photons. Les principaux états sont :
• L'état
de Fock, aussi appelé état à nombre, est un état quantique
de la lumière ou d'un champ électromagnétique dans lequel le nombre
exact de photons est bien défini. Il est noté |n>, où n est un entier
indiquant le nombre de photons présents. Ces états sont orthogonaux et
forment une base complète de l'espace de
Hilbert du mode considéré. La fluctuation relative de l'intensité
y est maximale pour de petits n, mais l'incertitude sur le nombre est nulle
: mesurer le champ donne toujours le même nombre de photons.
• L'état cohérent
est un état du champ électromagnétique qui se rapproche le plus du comportement
classique d'une onde lumineuse. Il est noté |α>, où α est un nombre
complexe représentant à la fois l'amplitude et la phase moyenne du champ.
Dans un tel état, le nombre de photons suit une distribution de Poisson
et les incertitudes sur les quadratures du champ sont minimales et égales,
atteignant la limite fixée par le principe
d'indétermination d'Heisenberg. Ce sont les états produits typiquement
par un laser bien stabilisé.
• L'état comprimé
(squeezed state) est un état quantique où l'on réduit l'incertitude
sur une quadrature du champ en augmentant celle sur la quadrature conjuguée,
de manière à respecter le principe d'incertitude. Cela permet, par exemple,
de mesurer avec une précision supérieure à la limite quantique standard
sur certaines grandeurs, au prix d'une précision moindre sur d'autres.
Ces états sont utilisés dans la métrologie de pointe, comme dans la
détection d'ondes gravitationnelles.
• L'état thermique
décrit un champ électromagnétique en équilibre
avec un environnement à température non nulle. Il ne présente pas de
phase bien définie et le nombre de photons y suit une distribution
de Bose-Einstein. Les fluctuations de l'intensité y sont plus importantes
que dans un état cohérent, et la cohérence temporelle y est faible.
Ces états apparaissent naturellement pour la lumière issue de sources
chaudes ou dans des conditions de bruit thermique dominant.
• L'état intriqué
est un état de plusieurs systèmes (par exemple deux modes de lumière)
dans lequel les propriétés de chaque sous-système ne peuvent pas être
décrites indépendamment. Les corrélations quantiques présentes dépassent
ce qui est possible avec des corrélations classiques. Par exemple, dans
un état de Bell (= état d'intrication maximale) formé par deux photons
polarisés, la mesure de la polarisation de l'un détermine instantanément
celle de l'autre, quelle que soit la distance qui les sépare.
L'optique quantique
s'intéresse aussi la nature probabiliste des mesures : la détection d'un
photon ne révèle pas seulement une intensité moyenne, mais obéit Ã
une statistique particulière qui dépend de l'état quantique de la lumière.
L'étude de la distribution des photons permet de distinguer la lumière
classique de la lumière non classique.
La
distribution des photons dans la lumière classique (pa exemple, la
lumière produite par une source thermique), suit une distribution de Poisson,
caractérisée par une variance égale à sa moyenne. Cette propriété
découle directement de la superposition de photons indépendants et identiquement
distribués. En revanche, la lumière non classique peut présenter des
distributions de photons qui ne suivent pas cette règle. Une lumière
à antibruitage photonique (sub-poissonienne), par exemple, présente une
variance inférieure à sa moyenne. Ce phénomène est typique des états
quantiques cohérents comme les états d'Einstein-Podolsky-Rosen (EPR)
ou les états de cohérence supeposée (squeezed states). Pour illustrer
cela, considérons une source produisant une lumière à antibruitage photonique.
Si l'on mesure le nombre de photons dans plusieurs échantillons lumineux
provenant de cette source, on observera une variance statistique plus faible
que la moyenne. Cela signifie que les fluctuations du nombre de photons
autour de la valeur moyenne sont réduites par rapport à ce qu'on attendrait
pour une source classique. Cet effet est ordinairement associé à des
corrélations quantiques entre les photons, telles que celles observées
dans les paires de photons entrelacés. Cette différence dans la distribution
des photons permet donc de distinguer clairement la lumière non classique.
En pratique, cette distinction est réalisée grâce à des expériences
mesurant la fonction de corrélation secondaire, qui est inférieure Ã
1 pour la lumière à antibruitage photonique, tandis qu'elle vaut 1 pour
la lumière classique suivant une distribution de Poisson.
L'optique quantique
a des applications majeures dans la métrologie, avec des capteurs optiques
ultrasensibles, en cryptographie quantique pour l'échange sécurisé d'informations,
et dans le développement des technologies quantiques comme les ordinateurs
optiques. En laboratoire, elle permet de manipuler la lumière à un niveau
fondamental, en contrôlant le nombre exact de photons émis, détectés
ou intriqués, ce qui ouvre la voie à des expériences qui sondent directement
les fondements de la mécanique quantique. |
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