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Le
disque d'une galaxie est la composante aplatie qui contient la majeure
partie du gaz interstellaire, des poussières et d'une importante fraction
des étoiles, en particulier les plus jeunes dans les galaxies
spirales. Il est caractérisé par une rotation différentielle autour
du centre galactique et constitue le siège principal de la formation
stellaire grâce à la présence de nuages moléculaires
denses. Les bras spiraux, lorsqu'ils existent, sont des structures situées
dans le disque et correspondent à des régions où les ondes de densité
favorisent la concentration du gaz et la naissance de nouvelles étoiles.
L'épaisseur du disque est généralement faible par rapport à son diamètre,
et l'on distingue ordinairement un disque mince, riche en étoiles jeunes
et en gaz, et un disque épais, composé d'étoiles plus anciennes présentant
des mouvements verticaux plus importants.
L'origine du disque
d'une galaxie est indissociable du processus de formation
de la galaxie elle-même. Dans le modèle
cosmologique standard, les galaxies se forment par l'effondrement
gravitationnel d'immenses nuages de gaz primordial, composé principalement
d'hydrogène et d'hélium,
ainsi que d'une composante bien plus massive et mal comprise, la matière
sombre. Avant de s'effondrer, ce nuage proto-galactique possède
un moment cinétique total, c'est-à -dire une certaine rotation d'ensemble,
aussi infime soit-elle. Cette rotation est la clé de voûte de l'édifice.
Alors que le nuage s'effondre sous l'effet de son propre poids, la
conservation du moment cinétique, principe
analogue à celui qui fait accélérer une patineuse lorsqu'elle ramène
ses bras le long du corps, impose que la vitesse de rotation augmente drastiquement
à mesure que la taille du système diminue.
C'est ici qu'intervient
la différence fondamentale de comportement entre la matière ordinaire
et la matière sombre, et c'est cette différence qui sculptera le disque.
La matière sombre, interagissant très faiblement, ne peut pas dissiper
son énergie de manière efficace. Elle reste donc distribuée dans un
vaste halo sphérique ou ellipsoïdal
qui englobe toute la galaxie. La matière ordinaire, en revanche, est un
gaz composé d'atomes qui entrent en collision.
Ces collisions entre particules chauffent le gaz, qui va alors convertir
son énergie cinétique désordonnée en rayonnement
et évacuer cette énergie. Ce phénomène de dissipation d'énergie
est cessentiel. La gravitation attire toute la matière vers le centre,
mais seules les particules de gaz peuvent se refroidir
et perdre l'énergie qui les maintient sur des orbites
inclinées ou très excentriques. Incapable de se refroidir, le halo de
matière sombre conserve une forme sphéroïdale. Le gaz, lui, en s'effondrant
et en rayonnant son énergie, est contraint de se réorganiser dans la
configuration qui minimise son énergie pour un moment cinétique donné
: un plan de rotation. Il s'aplatit donc en une structure mince et en
rotation rapide, formant un disque de gaz au centre du halo de matière
sombre. C'est au sein de ce disque gazeux, dense et froid, que les conditions
seront réunies pour la formation d'étoiles,
transformant progressivement le disque de gaz en un disque stellaire resplendissant.
La structure finale
de ce disque se décline habituellement en plusieurs composantes d'épaisseurs
et de populations stellaires différentes.
Le disque mince est la composante la plus emblématique, celle qui dessine
les bras spiraux des galaxies comme la nôtre. Il
est très aplati, avec une épaisseur typique de quelques centaines d'années-lumière,
là où son diamètre peut atteindre cent mille années-lumière. Il est
riche en gaz et en poussière interstellaire, le
matériau brut pour la formation de nouvelles étoiles. Ses étoiles sont
majoritairement jeunes, chaudes et bleues, et orbitent autour du centre
galactique avec une très faible dispersion de vitesse, suivant des trajectoires
quasi-circulaires confinées au plan. Plus riche en éléments lourds que
l'hydrogène et l'hélium, on dit que sa métallicité
est élevée, car il a été enrichi par plusieurs générations d'étoiles
massives ayant terminé leur vie en supernovae.
Enveloppant ce disque
mince se trouve un disque épais, une structure plus diffuse dont l'épaisseur
peut être plusieurs fois supérieure. Ses étoiles
sont en moyenne plus âgées, plus rouges et plus pauvres en métaux. Surtout,
elles possèdent une dispersion de vitesse plus
importante, leurs orbites étant plus inclinées et plus excentriques par
rapport au plan galactique. L'origine de ce disque épais est encore
débattue, mais on pense qu'il s'agit d'une population stellaire
qui a été "chauffée" cinématiquement. Un disque mince préexistant
peut avoir été perturbé et épaissi par une fusion mineure avec une
petite galaxie satellite, ou bien ces étoiles se sont formées très tôt,
dans un disque de gaz primordial plus turbulent et plus épais, avant que
le disque mince ne se stabilise.
La dynamique interne
du disque est dominée par une rotation d'ensemble d'une grande régularité,
décrite par la courbe de rotation de la galaxie. De manière surprenante,
au lieu de chuter en s'éloignant du centre comme le voudrait la loi
de Kepler appliquée à la matière visible, la vitesse orbitale des
étoiles et du gaz reste remarquablement constante, voire augmente, sur
de très grandes distances du centre. C'est cette observation, historiquement
fondamentale, qui a constitué l'une des preuves les plus tangibles de
l'existence du vaste halo de matière sombre
dans lequel le disque est plongé et qui domine la masse totale de la galaxie.
La caractéristique
morphologique la plus spectaculaire du disque est sans doute la présence
d'ondes de densité qui le parcourent, se manifestant sous la forme de
bras spiraux. Ces bras ne sont pas des structures matérielles permanentes.
Si c'était le cas, la rotation différentielle de la galaxie, où les
régions internes tournent plus vite que les régions externes, les enroulerait
très rapidement sur eux-mêmes, les faisant disparaître en quelques centaines
de millions d'années. Au lieu de cela, les bras spiraux sont des ondes
de compression qui voyagent à travers le disque, un peu comme un embouteillage
qui se propage sur une autoroute sans que les voitures elles-mêmes ne
restent bloquées indéfiniment. En traversant un bras spiral, le gaz
interstellaire est comprimé, ce qui déclenche l'effondrement de
nuages moléculaires géants et une flambée de
formation d'étoiles. C'est pourquoi les bras spiraux sont soulignés
par les étoiles les plus brillantes, les plus massives et les plus éphémères,
ainsi que par les nébuleuses qu'elles illuminent.
Les étoiles moins massives, qui vivent plus longtemps, ont le temps de
sortir du bras et de se répartir plus uniformément dans le disque.
La vie entière d'un
disque galactique est une histoire d'évolution séculaire, façonnée
par des processus internes et externes. Les instabilités internes, comme
la formation d'une barre stellaire en son centre, peuvent redistribuer
radicalement le moment cinétique, canalisant le gaz vers le noyau pour
alimenter un trou noir supermassif ou un sursaut
de formation stellaire. Les interactions externes, des fusions mineures
avec des galaxies satellites aux collisions majeures,
sont tout aussi déterminantes. Elles peuvent épaissir le disque, le déformer,
y induire des ponts de matière spectaculaires et, dans les cas extrêmes,
transformer une splendide spirale en une galaxie elliptique
dépourvue de disque. |
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