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Le
halo d'une galaxie est une vaste région diffuse entourant le disque
et le bulbe, s'étendant bien au-delà des limites visibles de la galaxie.
Le halo, dans sa globalité est le lien dynamique entre la galaxie et le
cosmos qui l'entoure. C'est aussi une superposition de plusieurs entités
distinctes par leur nature et leur origine, formant ensemble le réservoir
et le cimetière stellaire de la galaxie, tout en portant la signature
indélébile de son processus de formation hiérarchique. Il renferme des
amas globulaires, des étoiles très anciennes Ã
faible métallicité, des courants stellaires provenant de galaxies satellites
désintégrées, ainsi qu'un milieu gazeux extrêmement ténu. La composante
dominante du halo est toutefois la matière sombre révélée par ses effets
gravitationnels sur la dynamique des étoiles et du gaz, ainsi que sur
les courbes de rotation galactiques et les phénomènes de lentille
gravitationnelle.
La composante
sombre.
La composante la
plus énigmatique et la plus massive du halo est sans conteste le halo
de matière sombre. Sa présence, bien
qu'invisible aux télescopes, est déduite de ses effets gravitationnels
considérables. C'est cette structure qui constitue l'essentiel de
la masse totale de la galaxie, un fait révélé de manière spectaculaire
par la dynamique de rotation du disque.
Sans ce halo massif, dont la masse peut être dix à vingt fois supérieure
à celle de toute la matière ordinaire, les parties externes du disque,
tournant à grande vitesse, se disperseraient
dans l'espace intergalactique.
Ce halo de matière sombre est la matrice gravitationnelle primordiale
au sein de laquelle la matière ordinaire a pu s'effondrer et se refroidir
pour former une galaxie. Les simulations cosmologiques actuelles montrent
que sa distribution de densité n'est pas uniforme; elle présente une
sous-structure complexe, un enchevêtrement de grumeaux et de filaments
denses qui sont les restes de halos plus petits ayant fusionné. Cette
vision d'un halo de matière sombre granuleux est fondamentale. Elle
révèle que qu'un halo galactique n'est pas une mer calme, mais d'une
structure dynamique qui continue d'accréter de la matière et de petits
halos satellites au fil de l'histoire cosmique.
Composante stellaire.
Le halo stellaire,
quant à lui, est la partie la plus directement observable de cette enveloppe.
Il se présente comme une population d'étoiles
très diluée et de forme sphéroïdale, qui domine les régions loin au-dessus
et au-dessous du plan du disque. Contrairement à la plupart de celles
du disque, ces étoiles sont sont extrêmement âgées, et pour la plupart
formées il y a plus de dix milliards d'années, ce qui en fait des fossiles
cosmiques. Elles sont pauvres en éléments lourds, leur métallicité
pouvant être des milliers de fois inférieure à celle du Soleil,
ce qui indique qu'elles sont nées à partir d'un gaz primordial presque
vierge, avant que le milieu interstellaire ne soit
enrichi par des générations successives d'étoiles. Leur cinématique
est bien différente de la rotation ordonnée du disque : elles orbitent
sur des trajectoires très excentriques, inclinées de manière aléatoire,
et leur distribution de vitesses est soutenue par une forte dispersion,
preuve qu'elles ne participent pas à la rotation générale. Le halo
stellaire est en réalité un cimetière bâti par le cannibalisme galactique.
Sa construction se fait par la dislocation progressive de petites galaxies
satellites qui se sont approchées trop près de la galaxie hôte. Déchiquetées
par les forces de marée, ces galaxies laissent
derrière elles de longues traînées d'étoiles, des courants stellaires
qui, au fil de milliards d'années, se mélangent et se dissipent pour
former ce halo diffus.
Les composantes
gazeuses.
Gaz
chaud et diffus.
Enveloppant le disque
et se confondant à grande échelle avec le halo de matière sombre, on
trouve une composante gazeuse extrêmement chaude et diffuse : le milieu
circumgalactique. Ce gaz, porté à des températures
de millions de degrés par des ondes de choc
et l'injection d'énergie des supernovae, est
principalement détectable dans le domaine des rayons X pour les galaxies
les plus massives. Ce halo de gaz chaud joue un rôle de poumon galactique,
régulant l'écosystème de la formation stellaire
sur des milliards d'années. Il est le réceptacle de la matière expulsée
violemment du disque par les vents stellaires
et les explosions de supernovae, un
phénomène de rétroaction
qui enrichit le halo en éléments lourds synthétisés au coeur des étoiles.
Inversement, ce gaz chaud, en se refroidissant lentement, peut recondenser
et pleuvoir sur le disque, lui fournissant le carburant neuf nécessaire
à la formation de nouvelles générations d'étoiles. Ce cycle de matière
baryonique, entre le disque et son halo, est au coeur de notre compréhension
de l'évolution galactique.
Gaz
froid et diffus.
L'une des découvertes
majeures des dernières décennies est la présence d'un immense réservoir
de gaz diffus et froid s'étendant bien au-delà de tout le reste. Les
halos ne se contentent pas d'héberger du gaz chauffé à des millions
de degrés; on y détecte également des nuages de gaz froid, principalement
de l'hydrogène neutre, survivant dans cet
environnement hostile. Ces nuages à grande vitesse, dont l'origine est
plurielle, peuvent être les résidus de la formation de la galaxie, des
fragments de gaz arrachés à des satellites en interaction ou encore des
condensations issues du refroidissement du milieu circumgalactique chaud.
Leur existence est primordiale car ils représentent une source directe
de carburant frais et pauvre en métaux capable d'alimenter la formation
stellaire dans le disque sur le très long terme, expliquant ainsi comment
certaines galaxies spirales ont pu maintenir une
activité de formation d'étoiles pendant la quasi-totalité de l'âge
de l'univers. |
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