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Mary
Anning, une paléontologue autodidacte britannique du début du XIXe
siècle. Ses découvertes de fossiles dans les falaises de Lyme Regis,
comme le premier squelette complet d'ichtyosaure ou les premiers squelettes
de plésiosaure et de ptérodactyle trouvés en Grande-Bretagne, ont été
fondamentales pour la compréhension de la vie préhistorique. Cependant,
en tant que femme de la classe ouvrière, elle n'était pas autorisée
à rejoindre la Geological Society of London, et les géologues masculins
établis achetaient souvent ses découvertes pour les étudier et publier
leurs propres articles sans lui accorder le crédit approprié pour son
travail d'excavation, de préparation et même d'identification. Son expertise
était largement sollicitée, mais sa contribution directe aux publications
scientifiques était négligée.
• Alice Ball
à développé un traitement injectable efficace contre la lèpre, mais
un collègue a publié ses travaux sous son propre nom après sa mort.
•
Jocelyn
Bell Burnell est une astrophysicienne britannique qui, en tant
qu'étudiante diplômée dans les années 1960, a détecté les premiers
signaux de pulsars. Elle a joué un rôle essentiel dans la construction
de l'instrument de détection et l'analyse des données qui ont conduit
à cette découverte majeure. Cependant, lorsque le prix Nobel de physique
a été décerné en 1974 pour ce travail, il a été attribué à son
superviseur de thèse, Antony Hewish, ainsi qu'à Martin Ryle. Son exclusion
du prix a provoqué une controverse considérable et est largement considérée
comme un exemple classique de l'effet Matilda, la contribution fondamentale
de l'étudiante étant passée sous silence ou attribuée à son superviseur
masculin.
• Les
calculatrices de la Nasa. - Katherine Johnson, Dorothy
Vaughan, Mary Jackson, etc. sont les autrices de calculs mathématiques
essentiels aux premiers vols spatiaux américains et qui sont restés largement
inconnus du public pendant des décennies.
• Émilie
du Châtelet, mathématicienne, physicienne et philosophe est l'auteur
de la première traduction commentée en français des Principia Mathematica
de Newton, une oeuvre fondamentale qui a contribué à diffuser la
physique newtonienne en France. Ses commentaires ne se limitent pas Ă
une simple traduction; ils incluent ses propres réflexions et des développements
novateurs, notamment sur le concept de conservation de l'énergie cinétique
(qu'elle lie à la vitesse au carré, mv²), anticipant ainsi les travaux
ultérieurs. Bien que reconnue par ses contemporains pour son intelligence,
son rôle majeur dans la compréhension et la diffusion des idées scientifiques,
et ses propres contributions originales dans son ouvrage Institutions
de physique, son nom est souvent resté dans l'ombre de celui de Voltaire,
avec qui elle entretenait une relation intellectuelle et personnelle intense.
• Chien-Shiung
Wu, une physicienne expérimentale sino-américaine, a mené une expérience
décisive en 1956-1957 qui a démontré la violation de la parité dans
les interactions faibles. Ce résultat a bouleversé une loi fondamentale
de la physique et a confirmé une théorie proposée par les physiciens
théoriques Tsung-Dao Lee et Chen-Ning Yang. Lee et Yang ont reçu le prix
Nobel de physique en 1957 pour leur théorie, mais Wu, dont l'expérience
a fourni la preuve empirique cruciale, n'a pas été incluse dans le prix,
malgré l'importance capitale de son travail expérimental.
• Marie
Curie, physicienne et chimiste, bien qu'elle soit la seule personne
à avoir reçu deux prix Nobel dans deux domaines scientifiques différents
(physique en 1903, chimie en 1911), le prix Nobel de physique de 1903 fut
initialement proposé pour Pierre Curie et Henri Becquerel seulement; c'est
grâce à l'insistance de Pierre et l'intervention d'un mathématicien
suédois qu'elle fut incluse. Par la suite, elle se heurta à l'hostilité
de l'Académie des Sciences qui lui refusa l'entrée en 1911, préférant
un homme moins qualifié qu'elle. Ses contributions pionnières sur la
radioactivité, la découverte du polonium
et du radium, et le développement de techniques d'isolement des isotopes
radioactifs ont littéralement révolutionné la physique et la médecine,
mais son parcours montre que même les plus grands génies féminins ont
dû lutter pour une reconnaissance égale.
• Rosalind
Franklin est une chimiste et cristallographe dont les travaux,
et en particulier la "Photo 51" obtenue par diffraction de rayons X, ont
été essentiels à la compréhension de la structure de l'ADN. Ses données
ont été utilisées par James Watson et Francis Crick pour élaborer leur
modèle de double hélice, ce qui leur a valu le prix Nobel de physiologie
ou médecine en 1962, partagé avec Maurice Wilkins (qui avait également
collaboré avec Franklin). Franklin, décédée en 1958 (et le prix Nobel
n'étant pas décerné à titre posthume), n'a pas pu partager cette récompense,
mais au-delà de cela, sa contribution cruciale n'a pas été correctement
reconnue au moment de la découverte et pendant de nombreuses années par
la suite, sa rigueur scientifique et ses données fondamentales ayant été
initialement éclipsées par les lauréats masculins.
• Marthe
Gauthier, à l'origine de la découverte, dans les années 1950,
de l'anomalie chromosomique cause de la trisomie 21, a vu son rĂ´le longtemps
effacé et revendiqué par un de ses collègues masculins, et n'a été
reconnu que dans les années 2000.
• Sophie
Germain est une mathématicienne remarquable qui a dû faire face
à des barrières importantes en raison de son genre. Les institutions
scientifiques de son époque étaient fermées aux femmes. Pour correspondre
avec de grands mathématiciens comme Lagrange et Gauss, elle a utilisé
le pseudonyme de "Monsieur Le Blanc". Ses contributions
sont significatives,
notamment en théorie des nombres, où elle a travaillé sur le dernier
théorème de Fermat (les nombres premiers de Sophie Germain |
portent
son nom), et en théorie de l'élasticité. Ses recherches sur les
figures de Chladni, soumises à un concours de l'Académie des Sciences,
furent reconnues tardivement ou avec réserve, malgré leur originalité
et leur profondeur, en partie à cause des préjugés de genre.
• Caroline
Herschel, soeur et assistante de l'astronome William Herschel.
Bien qu'ayant passé des années à aider son frère dans la construction
de télescopes et les observations, elle a aussi mené ses propres recherches.
Elle a découvert plusieurs comètes (dont la célèbre 35P/Herschel-Rigollet)
et nébuleuses, a compilé des catalogues d'étoiles et de nébuleuses,
et a été la première femme à recevoir un salaire pour son travail scientifique
ainsi que la première femme à obtenir une médaille d'or de la Royal
Astronomical Society. Cependant, pendant longtemps, son travail fut principalement
considéré comme une simple assistance à son illustre frère, et l'étendue
de ses contributions indépendantes ne fut pleinement reconnue que bien
plus tard.
• Nicole-Reine
Lepaute (1723-1788) est une astronome qui a grandement contribué
aux calculs astronomiques complexes de son temps. Elle a notamment participé
activement aux calculs ardus pour prédire le retour de la comète de Halley
en 1759, un travail qui a demandé des années d'efforts avec ses collègues
Alexis Clairaut et Jérôme Lalande. Malgré son rôle crucial dans ces
calculs qui validèrent la théorie de la gravitation de Newton, Clairaut
aurait minimisé son apport public, contribuant à la rendre moins célèbre
que ses collaborateurs masculins. Elle a également publié des tables
astronomiques précises, démontrant une maîtrise exceptionnelle du calcul
et de l'astronomie.
• Ada
Lovelace (1815-1852), fille du poète Lord Byron, a collaboré
avec Charles Babbage sur sa machine analytique. Dans ses notes sur l'article
décrivant la machine, elle a non seulement traduit le texte original,
mais a ajouté des commentaires d'une profondeur remarquable, décrivant
un algorithme pour être traité par la machine – considéré comme le
premier programme informatique. Elle a également anticipé le potentiel
de la machine Ă traiter non seulement des nombres, mais aussi des symboles,
jetant les bases du concept moderne d'ordinateur polyvalent. Son travail
est resté largement méconnu pendant un siècle, vu par beaucoup comme
de simples annotations, avant que son rôle de pionnière de l'informatique
ne soit redécouvert et pleinement apprécié.
•
Lise Meitner
est une physicienne qui a collaboré pendant de nombreuses années avec
le chimiste Otto Hahn sur les recherches sur la radioactivité
et la physique
nucléaire. En 1938, alors qu'elle avait
fui l'Allemagne nazie, elle a interprété correctement les résultats
expérimentaux de Hahn et de son assistant Strassmann comme étant la première
preuve de la fission nucléaire, inventant même le terme. Malgré son
rôle théorique et conceptuel central dans cette découverte fondamentale,
le prix Nobel de chimie de 1944 a été attribué exclusivement à Otto
Hahn. L'exclusion de Meitner apparaît comme l'un des exemples les plus
flagrants de l'effet Matilda, bien que des facteurs tels que son origine
juive et son exil aient également pu jouer un rôle dans la décision
du comité Nobel.
• Maria
Merian (1647-1717), naturaliste et artiste, a mené des études
approfondies sur les insectes et leurs métamorphoses à une époque où
l'on croyait encore à la génération spontanée. Elle a mené une expédition
scientifique indépendante au Suriname pour étudier la faune locale. Ses
publications illustrées, notamment Métamorphose des insectes du Suriname,
sont d'une précision scientifique et d'une qualité artistique exceptionnelles.
Bien que son travail ait été admiré pour sa beauté et sa minutie, il
fut pendant un temps considéré davantage comme de l'art ou de l'illustration
de curiosités exotiques plutôt que comme une contribution scientifique
majeure à l'entomologie et à l'écologie.
• Mileva Marić,
physicienne serbe et première épouse d'Albert Einstein, est un autre
exemple cité dans les discussions sur l'effet Matilda, bien que le débat
sur l'étendue exacte de sa contribution aux travaux d'Einstein reste sujet
à controverse. Cependant, il existe des indications et des arguments suggérant
qu'elle a joué un rôle non négligeable dans les premières recherches
et théories d'Einstein, potentiellement même dans celles qui ont mené
à son Annus Mirabilis de 1905. Si sa participation a été réelle,
son rôle a été largement effacé du récit historique au profit de la
seule figure d'Einstein, faisant d'elle un cas potentiel et discuté d'une
contribution féminine absorbée par la renommée masculine.
• Emmy
Noether est une mathématicienne dont les contributions fondamentales
en algèbre et en physique théorique ont été entravées et moins reconnues
de son vivant en raison de la discrimination sexuelle.
• Marguerite
Perey, élève de Marie Curie, a isolé le Francium en 1939, devenant
la première femme à entrer à l'Académie des sciences en France pour
ses propres travaux, mais sa reconnaissance a été plus tardive et moins
retentissante que celle de certains de ses pairs.
• Nettie Stevens,
une généticienne du début du XXe siècle,
a mené des recherches pionnières sur la détermination du sexe par les
chromosomes, identifiant indépendamment que la présence ou l'absence
d'un chromosome Y détermine le sexe chez les insectes. Ses travaux étaient
contemporains de ceux d'Edmund Beecher Wilson, un autre chercheur de premier
plan dans ce domaine. Bien que Stevens ait publié ses découvertes clés
légèrement avant Wilson, et que ses expériences sur différents insectes
aient fourni des preuves robustes, les manuels d'histoire des sciences
ont généralement donné plus de crédit à Wilson, sous-estimant ou ignorant
la contribution fondamentale de Stevens. |