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Lepaute

Les Lepaute sont une famille cĂ©lèbre d'horlogers français.  Elle a le plus contribuĂ©, avec celle des Leroy, aux progrès de l'horlogerie monumentale qui n'avait Ă©tĂ© jusqu'alors qu'un grossier ouvrage de serrurerie.
Jean-AndrĂ© Lepaute, nĂ© Ă  Mogues (Ardennes) en 1720, mort Ă  Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) en 1787, vint très jeune Ă  Paris, oĂą il fonda en 1740 son entreprise. VĂ©ritable artiste et habile mĂ©canicien, il eut vite une grande rĂ©putation, reçut du roi un logement dans le palais du Luxembourg et fut chargĂ© de la construction de la plupart des grandes horloges publiques. C'est lui qui exĂ©cuta, entre autres, celles du Luxembourg, du jardin des Plantes, des châteaux de Bellevue et des Ternes. Parmi ses perfectionnements, fort nombreux, on cite surtout celui de l'Ă©chappement Ă   chevilles. Il a Ă©crit : TraitĂ© d'horlogerie (Paris, 1755, in-4; suppl., 1760); Description de plusieurs ouvrages d'horlogerie (Paris,1764, in-12).

Nicole-Reine Lepaute, nĂ©e Etable de la Brière, naĂ®t Ă  Paris le 5 janvier 1723 dans une famille aisĂ©e liĂ©e Ă  l’administration royale. Son père, Jean Étable, est valet de chambre du roi, et sa position permet Ă  la famille de cĂ´toyer les cercles cultivĂ©s et scientifiques de la cour. Très tĂ´t, Nicole-Reine montre une intelligence vive et un goĂ»t prononcĂ© pour les sciences, en particulier les mathĂ©matiques et l’astronomie, disciplines alors peu accessibles aux femmes. Son Ă©ducation, bien que non formelle dans les institutions universitaires, se fait dans un cadre privĂ© et exigeant, grâce Ă  des lectures, des Ă©changes intellectuels et une grande curiositĂ© personnelle. En 1749, elle Ă©pouse Jean-AndrĂ© Lepaute (ci-dessus). Ce mariage permet Ă  Nicole-Reine d’entrer plus directement en contact avec les milieux scientifiques parisiens. Elle assiste son mari dans la conception de mĂ©canismes d’horlogerie complexes, mais elle s’investit surtout dans les calculs astronomiques, domaine dans lequel elle commence Ă  se faire remarquer. Devenue l'amie de Lalande, qui habitait, comme son mari, le palais du Luxembourg, et de Clairaut, elle fut beaucoup encouragĂ©e et guidĂ©e par eux dans ses Ă©tudes. Sa contribution scientifique majeure se manifeste Ă  l’occasion du retour de la comète de Halley. En 1757, elle travaille aux cĂ´tĂ©s de Lalande et de Clairaut pour prĂ©dire avec prĂ©cision la trajectoire et la date du retour de la comète. Les calculs sont extrĂŞmement complexes : il faut tenir compte des perturbations gravitationnelles causĂ©es par Jupiter et Saturne, ce qui reprĂ©sente une tâche titanesque Ă  une Ă©poque oĂą tout est fait Ă  la main. Nicole-Reine rĂ©alise une part importante des dizaines de milliers d’opĂ©rations nĂ©cessaires. Le succès de la prĂ©diction constitue un jalon scientifique majeur de l’astronomie newtonienne et confirme la validitĂ© des lois de la gravitation de Newton, tout en soulignant la puissance du calcul mathĂ©matique. Pourtant, dans les publications officielles, son rĂ´le reste en grande partie effacĂ© ou marginalisĂ©, conformĂ©ment aux usages sexistes du temps. De 1759 Ă  1774, elle collabore activement Ă  la Connaissance des Temps; sa Table des angles parallactiques et sa Carte de l'Ă©clipse annulaire de soleil du 1er avril 1774 ont paru dans ce recueil. On lui doit Ă©galement la table des longueurs des pendules insĂ©rĂ©e dans le TraitĂ© d'horlogerie de son mari et les Tables du soleil, de la lune, des planètes, que Lalande a publiĂ©es dans les t. VII et VIII de ses EphĂ©mĂ©rides des mouvements cĂ©lestes. Ses compĂ©tences mathĂ©matiques prĂ©cises sont reconnues dans les milieux savants, bien qu’elle ne soit jamais formellement membre de l’AcadĂ©mie des sciences. Elle consacre la fin de sa vie Ă  des travaux de prĂ©vision astronomique et au perfectionnement de l’horlogerie et  meurt Ă  Paris le 6 dĂ©cembre 1788.  Le naturaliste Commerson lui avait dĂ©diĂ© la rose du Japon qu'il avait appelĂ©e lepautia, nom changĂ© ensuite par Jussieu en celui d'hortensia.

Jean-Baptiste Lepaute, nĂ© Ă  Thonne-la-Long (Meuse) en 1727, mort Ă  Paris en 1802, Ă©tait le frère de Jean-AndrĂ©, qui le fit venir Ă  Paris en 1747 et dont il fut l'associĂ© Jusqu'en 1774. Il resta Ă  partir  de cette date le seul chef de la maison. Ses chefs-d'oeuvre furent la belle pendule Ă  Ă©quation de l'HĂ´tel de Ville de Paris (1780), dĂ©truite dans I'incendie de 1871, et celle de l'HĂ´tel des Invalides (1784).

Il s'était adjoint deux neveux : l'un maternel, Pierre Henry, né à Thonne-la-Long en 1745, qui fut blessé le 19 décembre 1800 par l'explosion de la machine infernale et qui mourut en 1806; l'autre paternel, Pierre-Basile Lepaute, né à Thonne-le-Thil (Meuse) en 1750, mort en 1843, qui eut à son tour pour associé, jusqu'en 1811, son neveu, Jean-Joseph Lepaute (1768-1846), et qui exécuta avec la collaboration de celui-ci, puis avec celle de son fils, Pierre-Michel Lepaute (1785-1849), resté à son tour, en 1816, le seul chef de la maison, toute une série de pendules et d'horloges de grandes dimensions qui, sont autant de merveilles de mécanisme : pendule astronomique du Bureau des longitudes, placée ensuite à l'Observatoire, horloges de la Bourse et de l'hôtel des Postes de Paris, des palais du Louvre, des Tuileries, de Compiègne, etc. Il inventa le remontoir d'égalité.

Augustin Michel Henry nĂ© en 1800, mort en 1885, fils de Pierre Henry, et neveu, en mĂŞme temps que gendre, de Jean-Joseph Lepaute, adjoignit en 1838 Ă  l'horlogerie la construction des phares, qu'il porta au plus haut degrĂ© de perfection, et crĂ©a vers le mĂŞme temps les types des rĂ©gulateurs pour chemins de fer. En 1851, il fut autorisĂ© Ă  ajouter Ă  son nom, patronymique celui de Lepaute. La mĂŞme annĂ©e, les fils de Pierre-Michel Lepaute lui cĂ©dèrent tous les droits qu'ils tenaient de leur père dans la maison Lepaute. Celle-ci est dirigĂ©e depuis 1862-67 par ses propres fils, LĂ©on et Paul Henry-Lepaute, nĂ©s respectivement en 1838 et en 1842. L'aĂ®nĂ© Ă©tait ingĂ©nieur des arts et manufactures. Une autre fabrique ancienne d'horlogerie, la maison Niot, a fusionnĂ© avec la maison Lepaute. 

Joseph Lepaute d'Agelet, astronome, neveu de Jean-André et de Jean-Baptiste Lepaute, né à Thonne-la-Long (Meuse) le 25 novembre 1751, mort en 1788. Ses oncles le firent venir à Paris à quinze ans et confièrent son éducation à l'illustre Lalande, leur ami. Lepaute d'Agelet devint de bonne heure professeur de mathématiques à l'Ecole militaire et membre de l'Académie des sciences de Paris (1785). Il accompagna Lapérouse dans son voyage autour du monde et périt avec toute l'expédition. On lui doit de nombreuses observations astronomiques consignées dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Paris (1784-90). On a également de lui une Table de la pesanteur de l'eau de mer publiée par le même recueil (1788). (L. S.).

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