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L'Holocauste
La Shoah
L'Holocauste ou Shoah (= Catastrophe, en h√©breu) est le g√©nocide perp√©tr√© par le r√©gime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, principalement contre les Juifs, mais aussi contre d'autres populations consid√©r√©s comme ind√©sirables par les nazis. Il trouve ses racines dans l'id√©ologie de ce r√©gime, qui pr√īnait la sup√©riorit√© d'une pr√©tendue ¬ę race aryenne ¬Ľ dont les Allemands √©taient suppos√©s √™tre les plus purs repr√©sentants. Cette id√©ologie raciste et antis√©mite a men√© √† une propagande de haine, de discrimination et finalement d'un programme d'extermination contre les Juifs, les Roms, les Slaves, les handicap√©s, les homosexuels et d'autres groupes. Cet √©pisode tragique, l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire de l'humanit√©, dont les pr√©mices existent d√©j√† des l'accession au pouvoir des nazis en 1933, s'est d√©roul√© principalement entre les ann√©es 1941 et 1945. L'Holocause a caus√© autour de 6 millions de morts, en grande majorit√© juifs.

√Ä partir de 1941, des millions de personnes ont √©t√© d√©port√©es vers des camps de concentration, des camps d'extermination et des ghettos, o√Ļ elles ont √©t√© soumises √† des conditions inhumaines, √† des travaux forc√©s et √† des ex√©cutions de masse. Les nazis ont ont construit en Europe de l'Est, principalement en Pologne,  des camps d'extermination comme Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor et Belzec, o√Ļ des millions de Juifs ont √©t√© assassin√©s dans des chambres √† gaz. En plus des camps d'extermination, les nazis ont √©galement organis√© des massacres de masse de Juifs dans d'autres pays occup√©s, notamment en URSS (en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Bi√©lorussie et en Ukraine), ainsi qu'en Hongrie, en Roumanie et dans d'autres pays. 

L'Holocauste a pris fin en mai 1945 avec la défaite de l'Allemagne nazie par les Alliés. Les camps de concentration et d'extermination ont été libérés par les forces alliées, révélant l'ampleur de l'horreur et de la destruction. Les survivants de l'Holocauste ont été témoins de la libération et ont commencé le long processus de reconstruction de leur vie et de leur communauté.

Chronologie de l'Holocauste

Voici une chronologie simplifiée des principaux événements de l'Holocauste de l'ascension du nazisme jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences.

1933. - Adolf Hitler devient chancelier d'Allemagne. Début des politiques antisémites.

1935. - Lois de Nuremberg privant les Juifs de leurs droits civils.

1938. - Nuit de Cristal, pogrom contre les Juifs en Allemagne et en Autriche.

1939. - Début de la Seconde Guerre mondiale.

1940. - Début de l'occupation nazie en Europe occidentale.

1941. - D√©but de l'op√©ration Barbarossa, l'invasion de l'Union sovi√©tique par les nazis. Massacres de masse de Juifs en Europe de l'Est. Conf√©rence de Wannsee en janvier o√Ļ les plans pour la ¬ę Solution finale ¬Ľ sont discut√©s.

1942. - D√©but de la mise en Ňďuvre syst√©matique de la ¬ę Solution finale ¬Ľ. Construction de camps d'extermination comme Auschwitz, Treblinka, Sobibor. D√©portations massives de Juifs vers les camps de la mort.

1944. - Début de la libération des camps de concentration par les Alliés.

1945. - Lib√©ration d'Auschwitz par l'Arm√©e rouge en janvier. D√©couverte des horreurs des camps par les Alli√©s. Fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe en mai.  Proc√®s de Nuremberg contre les criminels de guerre nazis.

Apr√®s 1945. -  √Čtablissement de l'√Čtat d'Isra√ęl en 1948. Comm√©moration de l'Holocauste √† travers le monde. Recherche de justice pour les victimes et les survivants. √Čducation sur l'Holocauste pour pr√©venir de tels √©v√©nements √† l'avenir.

L'idéologie nazie et la politique d'extermination.
Les nazis ont justifié l'Holocauste principalement sur la base de leur idéologie raciste et antisémite. Dans l'ensemble, l'idéologie nazie était profondément ancrée dans la conviction de la suprématie aryenne.

Les bases idéologiques de l'Holocauste.
Les nazis croyaient que l'on pouvait distribuer les humains dans diff√©rentes cat√©gories, appel√©es races, selon des crit√®res qui n'ont jamais eu aucun fondement r√©el (la notion de race est seulement une construction id√©ologique). Il pensaient qu'il existait une hi√©rarchie entre ces pr√©tendues races. La ¬ę race aryenne ¬Ľ (√† laquelle ils √©taient suppos√©s appartenir) √©tait consid√©r√©e comme sup√©rieure et pure, et celle des Juifs comme inf√©rieure. Ils consid√©raient d√®s lors que que les Juifs √©taient une menace pour la ¬ę puret√© ¬Ľ de la race aryenne et qu'ils √©taient par ailleurs responsables de nombreux maux sociaux et √©conomiques; la ¬ę race juive ¬Ľ devait donc √™tre √©limin√©e pour permettre √† la race aryenne de prosp√©rer.

L'id√©e d'√©limination elle-m√™me, participait de conceptions eug√©nistes. Les nazis croyaient en l'am√©lioration de l'esp√®ce humaine par le contr√īle de la reproduction. Cela  les a conduits √† promouvoir des politiques eug√©niques qui consistaient √† √©liminer ceux qu'ils consid√©raient comme g√©n√©tiquement ind√©sirables, Les Juifs, de ce point de vue, n'√©taient qu'une composante des populations cibl√©es. Parmi les autres composantes, les nazis pla√ßaient d'autres ¬ę races¬Ľ (Roms, Slaves, etc.), les handicap√©s et les homosexuels. La mise en oeuvre de ces id√©es eug√©nistes a commenc√©, avant celle de l'Holocauste proprement dit, d√®s 1933, avec diverses campagnes de st√©rilisation des personnes handicap√©es, qui ont culmin√© avec le sinistre programme T4 (1939). 

Les conceptions racistes des nazis justifiaient aussi l'expansion territoriale allemande √† l'Est  : elles menaient √† d√©crire les territoires occup√©s par les Slaves et d'autres peuples comme n√©cessaires √† la survie et √† la prosp√©rit√© de la ¬ę race aryenne ¬Ľ. C'√©tait la doctrine du Lebensraum ( = espace vital). Cette justification a ainsi d√©bouch√© sur la mise en oeuvre de politiques brutales d'occupation et d'expulsion des populations locales : les nazis cherchaient √† ¬ę lib√©rer les terres de l'est des √©l√©ments √©trangers ¬Ľ  (c'est-√† dire √† les d√©peupler) pour les peupler de  ¬ę colons aryens ¬Ľ et √† exploiter les ressources des r√©gions conquises.

Les Juifs comme boucs émissaires.
Les nazis ont utilis√© les Juifs comme boucs √©missaires (la d√©signation de boucs √©missaires reste encore aujourd'hui, alli√©e au nationalisme, l'autre marqueur de toutes les id√©ologies d'extr√™me droite) pour les probl√®mes socio-√©conomiques de l'Allemagne (crise √©conomique de l'entre-deux-guerres et  ch√īmage). Ils ont propag√©, en particulier, la notion selon laquelle les Juifs √©taient responsables de la d√©faite allemande lors de la Premi√®re Guerre mondiale, de l'effondrement √©conomique et de la perte de puissance de l'Allemagne.

Ils ont par ailleurs aliment√© une haine g√©n√©ralis√©e envers les Juifs en exploitant et amplifiant des st√©r√©otypes d√©gradants sur les Juifs et qui √©taient d√©j√† profond√©ment enracin√©s dans la soci√©t√© allemande et europ√©enne depuis des si√®cles. Leur propagande les d√©crivait comme des parasites, des criminels, de usuriers, de menteurs, des pr√©dateurs sexuels, des  des ennemis du peuple allemand, et recourait √† quantit√© d'autres caricatures n√©gatives. Cette d√©shumanisation facilitera leur extermination en rendant plus acceptable pour la population allemande leur pers√©cution et leur √©limination. 

Les lois de Nuremberg.
Les lois antijuives de Nuremberg √©taient une s√©rie de lois promulgu√©es dans cette ville par le gouvernement nazi en Allemagne le 15 septembre 1935, lors d'un congr√®s du parti nazi, et qui ont ouvert la voie √† une s√©rie de mesures antis√©mites, notamment la confiscation des biens des Juifs, leur exclusion de diverses professions et institutions, l'interdiction de l'inscription dans les √©coles publiques, ainsi que leur ghetto√Įsation. Les lois de Nuremberg ont √©galement servi de mod√®le pour la l√©gislation antis√©mite dans les territoires occup√©s par les nazis. Parmi elle, citons :

La loi sur la protection du sang allemand et de l'honneur allemand.
Communément appelée la loi sur la pureté du sang, cette loi interdisait les mariages et les relations sexuelles entre Juifs et non-Juifs allemands. Elle interdisait l'emploi de femmes juives de moins de 45 ans dans les foyers non-juifs, et définissait également les Juifs en se basant sur des critères raciaux-:

Une personne était considérée comme juive si elle avait trois ou quatre grands-parents juifs. Ce critère de détermination de la judéité est souvent appelé la loi des grands-parents juifs.
La loi sur la citoyenneté du Reich.
Cette loi retirait la citoyennet√© allemande aux Juifs et les d√©clarait ¬ę sujets de l'√Čtat ¬Ľ (Reichsb√ľrger). Les droits civils et politiques des Juifs ont √©t√© gravement restreints. 

D'autres lois antijuives.
En outre, les lois de Nuremberg ont été suivies par d'autres mesures discriminatoires telles que l'exclusion des Juifs de certaines professions, l'interdiction de l'inscription dans les écoles publiques, et des restrictions sur la propriété et l'usage des biens.

La Nuit de Cristal.
La Nuit de Cristal (Kristallnacht, en allemand) est une série de pogroms (massacres) antijuifs qui a eu lieu en Allemagne nazie et en Autriche le 9-10 novembre 1938. Cette nuit de violence coordonnée a été déclenchée par l'assassinat d'un diplomate allemand, Ernst vom Rath, à Paris par Herschel Grynszpan, un jeune juif d'origine polonaise. Les autorités nazies ont exploité cet assassinat pour orchestrer une réaction violente contre la communauté juive.

Des milliers de synagogues, commerces, entreprises et maisons juives ont √©t√© attaqu√©s et d√©truits. Des vitrines ont √©t√© bris√©es, des biens ont √©t√© pill√©s, des b√Ętiments ont √©t√© incendi√©s et des familles ont √©t√© pers√©cut√©es. Des centaines de Juifs ont √©t√© tu√©s, et des milliers ont √©t√© arr√™t√©s.

La Nuit de Cristal marque un tournant majeur dans la pers√©cution des Juifs en Allemagne nazie. C'√©tait la premi√®re manifestation publique de la violence antijuive √† grande √©chelle et elle a marqu√© le d√©but d'une politique de pers√©cution encore plus intense. En outre, cela a pr√©figur√© les horreurs de l'Holocauste qui allait suivre, o√Ļ les Juifs seraient syst√©matiquement pers√©cut√©s et extermin√©s par les nazis.

Le terme Nuit de Cristal fait r√©f√©rence aux milliers de vitrines bris√©es dans les magasins juifs, laissant les rues jonch√©es de verre comme des cristaux. 

Le programme T4.
En 1933, d√®s leur arriv√©e au pouvoir, les nazis avaient promulgu√© la loi sur la st√©rilisation forc√©e, autorisant la st√©rilisation de personnes jug√©es ¬ę atteintes de maladies h√©r√©ditaires ¬Ľ ou pr√©sentant des ¬ę d√©fauts raciaux ¬Ľ. Des milliers de personnes, parmi lesquelle des personnes handicap√©es mentales ou physiques, ont √©t√© soumises √† des st√©rilisations forc√©es dans le cadre de cette politique. Le r√©gime nazi est all√© encore plus loin, √† partir de 1939, avec le programme T4 qui a pos√© les bases pour les m√©thodes d'extermination ult√©rieures utilis√©es pendant l'Holocauste. Le nom ¬ę T4  ¬Ľ vient de l'adresse Tiergartenstrasse 4 √† Berlin, o√Ļ se trouvait le bureau de l'organisation charg√©e de la mise en oeuvre de ce programme, l'Aktion T4.

Ce programme visait √† √©liminer physiquement les personnes consid√©r√©es comme ¬ę inaptes √† la vie ¬Ľ en raison de handicaps mentaux ou physiques, notamment les personnes atteintes de troubles mentaux, de handicaps intellectuels, de maladies mentales ou physiques graves, ainsi que les personnes √Ęg√©es. L'Aktion T4 √©tait dirig√©e par des m√©decins et des bureaucrates nazis qui ont ordonn√© et supervis√© l'euthanasie de centaines de milliers de personnes dans des institutions psychiatriques et des √©tablissements m√©dicaux.

Les m√©thodes d'euthanasie comprenaient l'administration de m√©dicaments l√©taux, la famine, l'exposition au froid, et plus tard l'utilisation de chambres √† gaz mobiles. Ce programme a √©t√© men√© de mani√®re relativement ouverte au d√©but, mais apr√®s des protestations publiques, notamment de la part de l'√Čglise et de certains membres de la soci√©t√© allemande, il a √©t√© temporairement interrompu en 1941. Cependant, l'euthanasie des personnes consid√©r√©es comme ¬ę inaptes √† la vie ¬Ľ a continu√© de mani√®re plus secr√®te et d√©centralis√©e jusqu'√† la fin de la guerre.

Le programme T4 , qui a fait 200 000 morts, a servi de prototype pour les m√©thodes d'extermination qui ont √©t√© d√©velopp√©es et mises en oeuvre plus tard dans le cadre de la ¬ę Solution finale ¬Ľ pour √©liminer les Juifs et d'autres groupes cibl√©s par les nazis.

La ¬ę Solution finale ¬Ľ
La ¬ę Solution finale ¬Ľ ( = Endl√∂sung den JudenfrageSolution finale du probl√®me juif) √©tait le plan mis en Ňďuvre par le r√©gime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale pour exterminer syst√©matiquement les Juifs d'Europe. Ce plan a √©t√© con√ßu et ex√©cut√© dans le cadre plus large de l'Holocauste, qui ciblait aussi d'autres groupes ethniques (Roms, Slaves), politiques et religieux, ainsi que les homosexuels et les handicap√©s. La ¬ę Solution finale ¬Ľ comprenait notamment la construction et l'exploitation de camps de concentration et d'extermination o√Ļ les prisonniers √©taient tu√©s en masse dans des chambres √† gaz ou par d'autres moyens, ainsi que toute la logistique pour accomplir ce programme. 

La Conférence de Wannsee.
La Conf√©rence de Wannsee s'est tenue le 20 janvier 1942 √† Berlin, en Allemagne, a r√©uni des hauts responsables nazis, notamment Reinhard Heydrich, chef du Reichssicherheitshauptamt (RSHA) ou Bureau principal de s√©curit√© du Reich, ainsi que des repr√©sentants d'autres minist√®res et agences du gouvernement nazi. Elle visait √† donner une l√©gitimit√© bureaucratique √† la ¬ę Solution finale ¬Ľ et a facilit√© sa mise en oeuvre √† grande √©chelle

L'objectif principal de la conf√©rence √©tait de coordonner les efforts des diff√©rentes entit√©s gouvernementales pour mettre en Ňďuvre la politique d'extermination syst√©matique des Juifs d'Europe. Bien que les plans d'extermination des Juifs aient √©t√© discut√©s et √©labor√©s avant la conf√©rence, Wannsee a servi de plate-forme pour formaliser ces plans et clarifier les r√īles et responsabilit√©s de chaque organisation gouvernementale impliqu√©e.

Lors de la conf√©rence, les participants ont discut√© de questions telles que l'identification des Juifs en Europe, les m√©thodes de d√©portation vers les camps de la mort, la logistique de l'extermination de masse et la gestion des biens confisqu√©s aux victimes. 

Les procès-verbaux de la Conférence de Wannsee, qui ont survécu à la guerre, ont fourni des preuves documentaires cruciales sur la complicité et l'implication directe des hauts fonctionnaires nazis dans le génocide des Juifs. Ces documents ont également contribué aux efforts d'enquête et de jugement lors des procès de Nuremberg et d'autres procès de criminels de guerre nazis après la fin de la Guerre.

L'organisation ochlocratique de l'Holocauste.
L'Holocauste pour √™tre men√© √† bien a n√©cessit√© la participation d'un grand nombre d'individus √† diff√©rents niveaux de responsabilit√©, depuis les plus hauts responsables du r√©gime nazi et des membres des forces paramilitaires jusqu'√† diverses agences gouvernementales et aux plus aux simples ex√©cutants de terrain. 

Des centaines de milliers de personnes ont ainsi été directement impliquées dans les activités liées à l'Holocauste. Des bureaucraties spéciales ont été mises en place pour organiser la déportation des Juifs et d'autres victimes vers les camps de la mort. Cela comprenait notamment la coordination des transports ferroviaires, la compilation de listes de déportation et la gestion des biens confisqués aux déportés.

En organisant un tel système bureaucratique centralisé, les nazis ont dispersé les responsabilités, ou en tout cas dilué dans la masse les sentiments de responsabilité et de culpabilité des acteurs du crime. Ils ont installé une ochlocratie, une régime de médiocres, chez qui ce qu'il y a de pire dans l'humain était convoqué, illustrant tragiquement ce que ce que la philosophe Hannah Arendt, à la suite du procès d'Eichman a appelé la banalité du mal.

Les dirigeants nazis.
Hitler, Himmler, Heydrich, Goebbels et d'autres hauts responsables du parti nazi et du gouvernement allemand √©taient directement responsables de la mise en oeuvre des politiques g√©nocidaires, preuve que l'Holocauste, loin d'√™tre marginal dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, √©tait central dans le programe criminel des nazis. 

‚ÄĘ Adolf Hitler. - En tant que F√ľhrer de l'Allemagne nazie, Hitler √©tait le principal architecte de la politique antis√©mite et raciste qui a men√© √† l'Holocauste. Son id√©ologie nazie et ses discours incendiaires ont inspir√© et l√©gitim√© la pers√©cution et l'extermination des Juifs et d'autres groupes consid√©r√©s comme ind√©sirables.

‚ÄĘ Heinrich Himmler. - Himmler √©tait le chef de la SS (Schutzstaffel) et l'un des principaux architectes de l'Holocauste. Il a supervis√© les forces de s√©curit√© et de police du r√©gime nazi, notamment la Gestapo (police secr√®te) et les Einsatzgruppen ( = groupes op√©rationnels, qui √©taient des unit√©s de tuerie mobiles). Himmler a √©galement dirig√© l'administration des camps de concentration et d'extermination.

‚ÄĘ Reinhard Heydrich. - Heydrich √©tait un haut responsable de la SS et le directeur du Bureau principal de s√©curit√© du Reich (RSHA). Il a √©t√© directement impliqu√© dans la coordination de la r√©pression, de la d√©portation et de l'extermination des Juifs et d'autres groupes cibl√©s. Heydrich a √©galement √©t√© un architecte cl√© de la ¬ę Solution finale ¬Ľ.

‚ÄĘ Adolf Eichmann. -  Eichmann √©tait un fonctionnaire de la SS charg√© de la logistique de la d√©portation des Juifs vers les camps de la mort. Il a √©t√© l'un des principaux organisateurs de la conf√©rence de Wannsee en 1942, lors de laquelle les plans pour la ¬ę Solution finale ¬Ľ ont √©t√© discut√©s.

‚ÄĘ Joseph Goebbels. - Goebbels √©tait le ministre de la Propagande du r√©gime nazi. Il a √©t√© au coeur de la diffusion de la propagande antis√©mite et dans la promotion de l'id√©ologie nazie. Ses discours et ses m√©dias ont contribu√© √† inciter √† la haine et √† justifier les actions contre les Juifs.

‚ÄĘ Hermann G√∂ring : G√∂ring √©tait un haut responsable du parti nazi et l'un des principaux dirigeants du Troisi√®me Reich. En tant que chef de la Luftwaffe (force a√©rienne allemande) et pr√©sident du Conseil de s√©curit√© du Reich, il est intervenu dans la mise en oeuvre des politiques antis√©mites et la confiscation des biens des victimes de l'Holocauste.

Les membres de la SS et de la Gestapo.
Les nazis ont √©tabli plusieurs agences et organisations sp√©cialis√©es  pour superviser la mise en Ňďuvre de leurs politiques racistes, √† commencer le Reichssicherheitshauptamt (Office central de la s√©curit√© du Reich), qui comprenait la Gestapo (police secr√®te), la Sicherheitsdienst (service de renseignement de la SS) et d'autres agences charg√©es de la surveillance et de la r√©pression des opposants politiques et des ¬ę ennemis du Reich ¬Ľ. La SS et la Gestapo √©taient pr√©sentes dans les camps de concentration, les centres de mise √† mort et dans les territoires occup√©s.

Les membres des Einsatzgruppen.
Les Einsatzgruppen √©taient des unit√©s paramilitaires mobiles, √©manant de la SS, qui √©taient charg√©es de mener √† bien des op√©rations de s√©curit√©, de r√©pression politique et d'extermination dans les territoires occup√©s, principalement √† l'Est. Ces groupes avaient √©t√© cr√©√©s avant m√™me le d√©clenchement de la guerre, en 1938, mais ils ont jou√© un r√īle crucial d√®s le d√©but de l'invasion de la Pologne en septembre 1939. Ils √©taient compos√©s de membres des SS, de la police et d'autres organisations nazies. Leur m√©thode principale d'op√©ration consistait √† ex√©cuter sommairement des milliers de personnes, souvent en les alignant au bord de fosses ou de ravins et en les abattant. Leur activit√© a √©t√© particuli√®rement intense pendant les premi√®res phases de l'invasion de l'URSS en 1941, o√Ļ ils ont suivi les arm√©es allemande, √©liminant syst√©matiquement les populations juives et tous ceux qui √©taient jug√©s ¬ę ind√©sirables ¬Ľ des zones conquises. Les estimations du nombre de personnes tu√©es par les Einsatzgruppen varient, mais elles se situent g√©n√©ralement entre un million et un million et demi. Les Einsatzgruppen ont √©t√© responsables de certains des pires massacres de masse de l'Holocauste, notamment √† Babi Yar en Ukraine et √† Rumbula en Lettonie. Bien que leur r√īle ait diminu√© au fur et √† mesure que les nazis ont mis en place des installations d'extermination plus syst√©matiques, les Einsatzgruppen ont continu√© √† jouer un r√īle dans l'extermination des Juifs et d'autres groupes tout au long de la guerre.

Fonctionnaires et bureaucrates divers.
De nombreux fonctionnaires allemands et collaborateurs locaux dans les territoires occup√©s √©taient charg√©s de mettre en Ňďuvre les politiques antis√©mites (confiscation des biens, d√©portation des populations juives et coordination des activit√©s dans les ghettos et les camps). Les nazis ont aussi cr√©√© des structures administratives plus directement d√©di√©es √† la mise en oeuvre de l'extermination de masse. Les camps √©taient g√©r√©s par des bureaucraties complexes qui organisaient l'arriv√©e des d√©port√©s, leur s√©lection pour le travail forc√© ou l'extermination imm√©diate, ainsi que la gestion des ressources n√©cessaires √† l'op√©ration des camps. Des milliers de gardes, de fonctionnaires et de travailleurs civils √©taient employ√©s dans les camps de la mort et de concentration, o√Ļ ils √©taient impliqu√©s dans le fonctionnement quotidien des installations et dans l'assassinat de masse des d√©tenus.

Les collaborateurs locaux.
Dans de nombreux pays occup√©s par les nazis, bien que des mouvements de r√©sistance aient partout exist√© √† des degr√©s divers, des collaborateurs locaux ont particip√© √† la mise en oeuvre de l'Holocauste, en fournissant des informations aux autorit√©s allemandes, en aidant √† l'identification et √† la d√©portation des Juifs, ou m√™me en participant directement aux massacres. L'Autriche a √©t√© annex√©e par l'Allemagne nazie en 1938, et de nombreux Autrichiens ont particip√© activement √† l'Holocauste. En Pologne, certains ont collabor√© avec les Nazis, tandis que d'autres ont tent√© de sauver des Juifs. En Hongrie, le r√©gime fasciste a collabor√© avec les Nazis dans la d√©portation de Juifs hongrois vers les camps de la mort. Aux Pays-Bas, l'existence d'une forte r√©sistance n'a pas emp√™ch√©, la collmaboration et les Juifs n√©erlandais ont √©t√© massivement d√©port√©s vers les camps de concentration et d'extermination.  L'occupation nazie de la Norv√®ge a √©galement entra√ģn√© la d√©portation des Juifs norv√©giens vers les camps de concentration. Le gouvernement belge, sous occupation nazie, a lui aussi collabor√© √† la d√©portation des Juifs. Quant √† la France occup√©e, tandis qu'unepetite  fraction de l'administration rejoignait De Gaulle √† Londres, elle a pour l'essentiel, sous le gouvernement de Vichy, collabor√© elle aussi  avec les Nazis dans la d√©portation des Juifs.
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Le régime de Vichy et l'Holocauste

Le régime de Vichy, dirigé par le maréchal Philippe Pétain, a collaboré avec l'Allemagne nazie pendant l'occupation de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien que le régime de Vichy ait initialement prétendu être une entité politique indépendante, il a rapidement cédé aux pressions allemandes et est devenu un instrument de l'occupation nazie en France.

Le r√©gime de Vichy a jou√© un r√īle important dans la pers√©cution et la d√©portation des Juifs en France pendant l'Holocauste. Et sur ce point a parfois devanc√© les demandes des nazis (notamment en mettant en oeuvre la d√©portation d'enfants juifs).

Dès octobre 1940, le régime de Vichy a promulgué le Statut des Juifs, qui définissait les Juifs comme une race distincte et limitait leurs droits civils et professionnels.

Le régime de Vichy a coopéré avec les autorités d'occupation allemandes pour identifier, arrêter et livrer les Juifs français et étrangers aux autorités nazies. La police française a participé activement à la rafle de Juifs, notamment lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver (rafle du Vel d'hiv) à Paris en juillet 1942.

Le r√©gime de Vichy a √©tabli des camps de transit en France, tels que le camp de Drancy pr√®s de Paris, o√Ļ les Juifs arr√™t√©s √©taient intern√©s avant d'√™tre d√©port√©s vers les camps d'extermination nazis en Europe de l'Est.

Entre 1942 et 1944, près de 76 000 Juifs, dont de nombreux enfants, ont été déportés de France vers les camps de la mort nazis, principalement à Auschwitz. Seuls quelques milliers ont survécu.

L'industrie de la mort.
Le g√©nocide des Juifs et d'autres groupes lors de l'Holocauste a √©t√© planifi√© et ex√©cut√© d'une mani√®re syst√©matique et bureaucratique dont les nazis. Cette approche  rationalis√©e a permis aux nazis d'exterminer des millions de personnes de mani√®re efficace et √† grande √©chelle, d√©montrant la profondeur de leur d√©termination √† mener √† bien leur programme meurtrier.

Division du travail.
L'organisation de l'Holocauste impliquait une division du travail entre différentes agences gouvernementales, organisations paramilitaires, entreprises privées et autres entités. Des ministères, des commandements militaires, des entreprises telles que la Deutsche Reichsbahn (Chemins de fer du Reich allemand) et des sociétés comme IG Farben ont tous participé activement à la mise en oeuvre de l'Holocauste.

‚ÄĘ Deutsche Reichsbahn. - La Reichsbahn √©tait la soci√©t√© ferroviaire nationale de l'Allemagne nazie. Elle a √©t√© impliqu√©e dans le transport des prisonniers vers les camps de concentration, les camps d'extermination et les sites de travail forc√©. Les trains de la Reichsbahn ont √©t√© utilis√©s pour d√©placer des millions de personnes vers les centres de mise √† mort nazis, en particulier pendant les phases les plus intenses de la ¬ę Solution finale ¬Ľ. La Reichsbahn √©tait directement investie dans l'organisation logistique du transport de masse des d√©port√©s (ci-dessous).

‚ÄĘ IG Farben. -  IG Farben √©tait un conglom√©rat chimique et pharmaceutique allemand. Pendant l'Holocauste, IG Farben est intervenu directement dans les atrocit√©s nazies de plusieurs mani√®res. Tout d'abord, cette soci√©t√© a √©t√© impliqu√©e dans l'exploitation de la main-d'oeuvre concentrationnaire dans les usines chimiques. Les d√©tenus des camps de concentration √©taient contraints de travailler dans des conditions inhumaines pour IG Farben et d'autres entreprises, soutenant ainsi l'effort de guerre allemand. De plus, IG Farben a fourni des produits chimiques utilis√©s dans les chambres √† gaz pour l'extermination de masse, ainsi que dans d'autres aspects du syst√®me concentrationnaire nazi. Elle a √©galement b√©n√©fici√© financi√®rement de la main-d'Ňďuvre esclave et de la spoliation des biens des victimes de l'Holocauste.

Les camps.
Les nazis ont construit des camps de concentration, des camps de travail et et camps d'extermination, ces-derniers  sp√©cifiquement con√ßus pour l'assassinat de masse de personnes, principalement par gazage, mais aussi par d'autres moyens tels que la famine, la maladie, le travail forc√© et l'ex√©cution. 
‚ÄĘ Les camps de concentration √©taient des installations o√Ļ les nazis d√©tenaient des prisonniers pour des motifs politiques, religieux, ethniques ou sociaux. Les conditions de vie dans ces camps √©taient extr√™mement brutales, et beaucoup de d√©tenus mouraient de malnutrition, de maladies, de travail forc√© et de mauvais traitements. Dachau, Sachsenhausen, Buchenwald et Bergen-Belsen sont parmi les camps de concentration les plus connus. Bien que les camps de concentration ne furent pas sp√©cifiquement destin√©s √† l'extermination √† grande √©chelle, un grand nombre de d√©tenus y ont trouv√© la mort.

‚ÄĘ Les camps de travail forc√© √©taient destin√©s √† exploiter la force de travail des d√©tenus pour soutenir l'effort de guerre nazi. Les d√©tenus √©taient forc√©s de travailler dans des conditions extr√™mement difficiles et souvent mortelles. Beaucoup sont morts de surmenage, de malnutrition, de maladies et de mauvais traitements. Certains des camps de concentration √©taient √©galement des camps de travail, o√Ļ les d√©tenus √©taient exploit√©s pour travailler dans des usines, des mines, des fermes ou d'autres industries au profit du r√©gime nazi.

‚ÄĘ Les camps d'extermination (camps de la mort)  √©taient con√ßus sp√©cifiquement pour l'extermination de masse des d√©tenus, principalement des Juifs. Les nazis ont mis en place six camps d'extermination principaux en Pologne occup√©e : Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Belzec, Sobibor, Chelmno et Majdanek. Les victimes √©taient achemin√©s en train. √Ä leur arriv√©e, les prisonniers √©taient soumis √† une s√©lection brutale, o√Ļ ceux jug√©s inaptes au travail, tels que les personnes √Ęg√©es, les enfants, les femmes enceintes et les malades, √©taient souvent envoy√©s directement aux chambres √† gaz d√®s leur arriv√©e dans le camp. Les autres, dans l'attente de leur assassinat, √©tait soumis √† des conditions inhumaines. Les installations des camps de la mort, comme des camps de concentration et de travail, √©taient souvent surpeupl√©es, avec des milliers de personnes entass√©es dans des baraquements. 

Utilisation de la technologie et de l'efficacité industrielle.
Les nazis ont exploit√© la technologie et les m√©thodes de production de masse pour accro√ģtre l'efficacit√© de l'extermination. Les chambres √† gaz, en particulier, ont √©t√© con√ßues pour tuer un grand nombre de personnes en peu de temps, et les victimes ont √©t√© soumises √† un processus de s√©lection rapide pour les envoyer √† la mort ou au travail forc√©. Les biens des d√©port√©s, y compris leurs v√™tements, leurs chaussures et leurs effets personnels, √©taient confisqu√©s et r√©utilis√©s ou revendus par les nazis.  Les nazis ont couramment  utilis√© des prisonniers pour aider √† g√©rer les op√©rations du camp, y compris le tri des effets personnels des d√©port√©s et le maintien de l'ordre dans les baraquements.

Transport ferroviaire.
Les nazis ont utilisé le réseau ferroviaire allemand et les chemins de fer des pays occupés pour déporter des millions de personnes vers les camps de la mort. On l'a vu, la Deutsche Reichsbahn a été impliquée directement dans l'organisation et la mise en oeuvre de ces déportations. La Reichsbahn était chargée de fournir les trains et de coordonner les transports des personnes déportées, en particulier les Juifs, vers les camps de concentration, les ghettos et d'autres installations de détention à travers l'Europe occupée. Ces déportations étaient souvent effectuées dans des conditions inhumaines, avec des trains surpeuplés et des voyages de longue durée, sans accès à des conditions de vie décentes.

La Reichsbahn a √©galement √©t√© impliqu√©e dans l'organisation des d√©portations massives de Juifs et d'autres groupes vers les camps d'extermination, tels qu'Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor et d'autres. Les trains √† destination de ces camps √©taient souvent marqu√©s comme des trains de "r√©installation" ou de "travail obligatoire" pour tromper les victimes sur leur v√©ritable destination. La compagnie ferroviaire √©tait √©galement  responsable du d√©placement des prisonniers entre diff√©rents camps de concentration, de travail forc√© et d'extermination,  en fonction des besoins de travail ou de la politique de d√©portation nazie.

En plus de transporter les déportés, la Reichsbahn était également impliquée dans la confiscation des biens personnels des personnes déportées, y compris leurs effets personnels, leurs vêtements et leurs bagages. Ces biens étaient souvent confisqués dès l'arrivée des déportés dans les camps et étaient utilisés ou revendus par les nazis.

L'argent de l'Holocauste.
Les d√©penses li√©es √† la mise en oeuvre de du g√©nocide (construction et fonctionnement des camps de la mort et des camps de concentration, organisation des d√©portations et des massacres), ont √©t√© financ√©es en partie par les ressources prises aux victimes, l'exploitation du travail forc√©, les profits des entreprises, le pillage de butin de guerre. Ces m√™mes sources de financement ont servi  √† soutenir l'effort de guerre nazi et √† enrichir certains individus et entreprises complices du r√©gime.

Confiscation des biens.
Les spoliations  perp√©tr√©es par les nazis √©taient une composante majeure de leur politique de pers√©cution et d'exploitation des Juifs et, des populations civl√©es par leur id√©ologie, mais aussi de toutes les populations des territoires occup√©s. Ces spoliations √©taient souvent effectu√©es de mani√®re l√©gale, par des d√©crets et des lois discriminatoires promulgu√©s par le r√©gime nazi, qui lui permettaient de confisquer syst√©matiquement les biens (maisons, voitures, bijoux, meubles et autres possessions), les propri√©t√©s, les oeuvres d'art et autres objets de valeur (qui √©taient stock√©s dans des d√©p√īts en Allemagne ou revendues sur le march√© de l'art), les entreprises (ensuite revendues √† des non-Juifs √† des prix d√©risoires ou int√©gr√©es dans l'√©conomie de guerre nazie) et les ressources financi√®res (comptes bancaires,  investissements et autres avoirs) des personnes et des groupes pers√©cut√©s. Ces spoliations √©taient non seulement une source de profit pour le r√©gime nazi, mais elles √©taient √©galement un moyen de d√©shumaniser et de d√©poss√©der les victimes de leurs biens et de leur dignit√©. 

Le travail forcé.
Les nazis ont exploit√© la main-d'Ňďuvre concentrationnaire dans les camps de travail forc√©s, sans r√©mun√©ration ad√©quate, voire sans aucune r√©mun√©ration du tout. Les d√©tenus √©taient employ√©s dans des industries militaires, des mines, des usines et d'autres entreprises, ce qui a permis aux nazis de b√©n√©ficier d'une main-d'Ňďuvre bon march√©.

Profits des entreprises.
De nombreuses entreprises allemandes ont bénéficié du travail forcé des détenus des camps de concentration et des ghettos pendant l'Holocauste. Certaines de ces entreprises ont directement profité de la production dans les camps, tandis que d'autres ont tiré profit de contrats de sous-traitance avec le régime nazi pour fournir des biens et des services nécessaires à la machine de guerre nazie.

Les ghettos.
A la fin du Moyen √Ęge on a donn√© le nom ghetto, d'apr√®s le nom d'un quartier de Venise, aux quartiers o√Ļ les Juifs √©taient forc√©s de vivre. Des ghettons ghettos ont √©t√© √©tablis dans diff√©rentes villes d'Europe, en Pologne, en Allemagne et dans d'autres r√©gions. La cr√©ation de ces quartiers relevait alors des pr√©jug√©s religieux, sociaux et √©conomiques et de motivations politiques. Les dirigeants locaux et les autorit√©s religieuses avaient souvent peur de l'influence des Juifs sur la population locale ou craignaient qu'ils ne contaminent la foi chr√©tienne. Les ghettos √©taient √©galement utilis√©s pour isoler et contr√īler les populations juives, limitant leur acc√®s aux ressources et aux opportunit√©s √©conomiques.

Les nazis ont utilis√©, les ghettos, comme une √©tape pr√©liminaire avant la mise en oeuvre de la ¬ę Solution finale ¬Ľ. Ces quartiers, √©tablis dans de nombreuses villes d'Europe occup√©e, principalement en Europe de l'Est, ont √©t√© entour√©s de murs ou de barbel√©s, et ont servi de moyen de regrouper les populations juives avant leur d√©portation vers les camps de concentration et d'extermination.  Des millions de personnes y ont √©t√© d√©plac√©es de force, priv√©es de leurs biens et de leurs droits.

Les conditions de vie dans les ghettos √©taient extr√™mement pr√©caires. La surpopulation, le manque de nourriture, d'eau potable et d'installations sanitaires ad√©quates ont conduit √† des conditions sanitaires d√©sastreuses. Les habitants des ghettos √©taient √©galement soumis √† des restrictions s√©v√®res sur leurs d√©placements, leurs activit√©s √©conomiques et leur acc√®s aux services de base. Malgr√© ses conditions d√©sesp√©r√©es, il y a eu des actes de r√©sistance courageux dans de nombreux ghettos. Des soul√®vements arm√©s, des √©vasions et d'autres formes de r√©sistance ont √©t√© tent√©s par les habitants des ghettos, bien que souvent avec des cons√©quences tragiques. 

Principaux ghettos :

‚ÄĘ Le ghetto de Varsovie (Pologne) √©tait le plus grand ghetto juif √©tabli par les nazis. Il a √©t√© cr√©√© en novembre 1940 et ferm√© en mai 1943 apr√®s s'√™tre soulev√©. Pendant son existence, plus de 400 000 Juifs y ont √©t√© enferm√©s, et des centaines de milliers sont morts de malnutrition, de maladies ou ont √©t√© d√©port√©s vers les camps d'extermination.
+ Le soulèvement du ghetto de Varsovie est l'un des événements les plus marquants de la Seconde Guerre mondiale et de l'Holocauste. Il a eu lieu du 19 avril au 16 mai 1943.

La r√©volte a √©clat√© apr√®s que les nazis ont commenc√© √† d√©porter des Juifs du ghetto vers le camp d'extermination de Treblinka. Sur les 450 000 habitants du ghetto, il n'en restait plus que 70 000 quand les habitants ont organis√© une r√©sistance arm√©e contre les forces allemandes. Dirig√©e principalement par des membres du ŇĽydowska Organizacja Bojowa ( = Organisation juive de combat) et du ŇĽydowski ZwińÖzek Wojskowy (Union militaire juive), 

Malgr√© leur inf√©riorit√© en termes d'armement et de nombre, quelques centaines de combattants juifs ont r√©sist√© h√©ro√Įquement pendant pr√®s d'un mois contre les forces allemandes bien mieux √©quip√©es. La r√©volte a √©t√© √©cras√©e par les Allemands apr√®s de violents combats de rue, et le ghetto a √©t√© enti√®rement d√©truit. 13 000 habitants sont morts, 58 000 ont √©t√© d√©port√©s.

Bien que la révolte du ghetto de Varsovie ait finalement échoué du point de vue militaire, elle a été un symbole de la résistance juive contre l'oppression nazie. Elle a inspiré d'autres actes de résistance dans les ghettos et les camps de concentration.

‚ÄĘ Le ghetto de ŇĀ√≥dŇļ (Pologne) a √©t√© √©tabli en 1939 et √©tait l'un des plus grands ghettos juifs en Pologne. Il a √©t√© liquid√© en 1944, avec la d√©portation de la majorit√© de ses habitants vers les camps de la mort. Pr√®s de 200 000 Juifs ont √©t√© d√©port√©s de ce ghetto, la plupart √©tant tu√©s √† Auschwitz.

‚ÄĘ Le ghetto de Cracovie (Pologne) a √©t√© √©tabli en mars 1941. Bien qu'il ait √©t√© plus petit que d'autres ghettos, il a jou√© un r√īle important dans la d√©portation des Juifs de Cracovie et des r√©gions environnantes vers les camps d'extermination.

‚ÄĘ Le ghetto de Vilnius (Lituanie) a √©t√© √©tabli en septembre 1941. Il a √©t√© liquid√© en 1943 avec la d√©portation de la plupart de ses habitants vers les camps d'extermination. Vilnius √©tait un important centre intellectuel juif avant la guerre, et de nombreux Juifs lituaniens ont √©t√© tu√©s dans ce ghetto.

De nombreux autres ghettos ont √©t√© √©tablis dans d'autres pays d'Europe occup√©e par les nazis, notamment en Ukraine, en Bi√©lorussie, en Lettonie, en Estonie, en Hongrie et en Roumanie. Ces ghettos ont tous √©t√© une des √©pisodes  tragiques dans la pers√©cution et l'extermination des Juifs pendant l'Holocauste.

Les méthodes d'extermination.
Les nazis ont utilisé plusieurs méthodes d'extermination, qui étaient toutes illustraient la brutalité et de la barbarie du régime.

Chambres à gaz.
Les chambres à gaz étaient l'une des méthodes d'extermination les plus couramment utilisées. Ces installations étaient conçues pour tuer un grand nombre de personnes de manière rapide et efficace en utilisant des gaz toxiques.

Les d√©port√©s √©taient souvent amen√©s √† croire qu'ils allaient prendre une douche ou subir un processus de d√©sinfection. Les nazis utilisaient cette ruse pour √©viter toute panique ou r√©sistance de la part des victimes. √Ä leur arriv√©e √† la chambre √† gaz, les d√©port√©s √©taient contraints de se d√©shabiller et de d√©poser leurs effets personnels. Les nazis avaient souvent promis que les victimes seraient r√©unies apr√®s la d√©sinfection. Une fois que les victimes √©taient entr√©es dans la chambre √† gaz, les portes √©taient verrouill√©es et scell√©es herm√©tiquement. 

Les nazis utilisaient g√©n√©ralement le Zyklon B, un gaz toxique √† base de cyanure, pour empoisonner les personnes √† l'int√©rieur. Les nazis introduisaient le gaz dans la chambre √† gaz par des orifices sp√©cialement con√ßus dans le toit ou les murs. Les victimes mouraient g√©n√©ralement dans les minutes qui suivaient l'introduction du gaz. Le cyanure interf√©rait avec le processus respiratoire des cellules, entra√ģnant une mort par asphyxie. 

Après le gazage, les nazis retiraient les corps des chambres à gaz pour les incinérer dans des fours crématoires situés à proximité. Les cendres étaient souvent dispersées ou enterrées dans des fosses communes.

Fusillades de masse.
Dans les territoires occup√©s de l'Europe de l'Est, en particulier en URSS, les nazis ont organis√© des fusillades de masse, o√Ļ des groupes de victimes √©taient align√©s au bord de fosses communes et abattus par des pelotons d'ex√©cution. Ces massacres ont √©t√© perp√©tr√©s dans des for√™ts, des ravins ou d'autres lieux isol√©s, notamment par  les Einsatzgruppen

Des centaines de milliers de Juifs, de Roms, de r√©sistants, de prisonniers de guerre et d'autres personnes ont √©t√© tu√©s de cette mani√®re. (On notera ici, sans que cela exon√®re le r√©gime nazi de ses crimes, que les m√™mes m√©thodes ont utilis√© par l'Union Sovi√©tique, lors du massacre de KatyŇĄ, un assassinat de masse perp√©tr√©  par le NKVD (la police politique), au printemps 1940 dans une for√™t pr√®s de Smolensk, et o√Ļ ont p√©ri plusieurs milliers de Polonais. Un massacre que les Sovi√©tiques ont longtemps imput√© aux nazis).

Travail forcé.
Bien que les camps de concentration et de travail n'aient pas √©t√© con√ßus sp√©cifiquement pour l'extermination, de nombreux prisonniers y sont morts en raison des conditions de vie extr√™mement difficiles, de la sous-alimentation, de la malnutrition, des maladies, des mauvais traitements, des ex√©cutions sommaires et du travail √©puisant impos√© par les nazis. 

Le r√©gime nazi a utilis√© des millions de personnes (prisonniers de guerre, travailleurs forc√©s civils et  d√©port√©s), pour r√©pondre aux besoins de l'effort de guerre, de l'industrie et de l'infrastructure. Les travailleurs forc√©s √©taient utilis√©s dans  la construction, l'agriculture, l'exploitation mini√®re, l'industrie lourde, l'armement et d'autres secteurs essentiels √† l'effort de guerre allemand. Les travailleurs forc√©s √©taient souvent recrut√©s de force dans les territoires occup√©s par les nazis, ainsi que parmi les populations juives, roms et autres groupes cibl√©s par leurs lois discriminatoires.

Les hommes, les femmes et m√™me les enfants √©taient forc√©s de travailler dans des conditions brutales. Ils √©taient log√©s dans des conditions insalubres et surpeupl√©es, dans des camps de travail ou des casernes. Les conditions de travail √©taient dangereuses et √©puisantes, avec des heures de travail prolong√©es et des exigences de production extr√™mement √©lev√©es. Les travailleurs forc√©s √©taient battus et brutalis√©s par les gardes et les superviseurs. Les ch√Ętiments s√©v√®res √©taient courants pour ceux qui ne satisfaisaient pas aux exigences de travail ou qui tentaient de s'√©chapper.La sous-alimentation et les conditions sanitaires m√©diocres entra√ģnaient  des maladies, des carences nutritionnelles et une mortalit√© accrue.

Ceux qui √©taient consid√©r√©s comme inaptes au travail, malades ou qui tentaient de s'√©chapper √©taient  ex√©cut√©s sommairement par les gardes ou les autorit√©s nazies.

Expérimentations médicales.
Les nazis ont men√© des exp√©riences m√©dicales sur des prisonniers des camps de concentration et d'extermination et des ghettos. Ces exp√©rimentations, men√©es principalement dans le but de promouvoir la pr√©tendue supr√©matie raciale aryenne et de soutenir l'id√©ologie nazie, √©taient faites sans consentement des victimes, dans des conditions de torture et de cruaut√© extr√™mes.Elles ont caus√© d'immenses souffrances et ont entra√ģn√© la mort de milliers de personnes.

Certains  prisonniers √©taient immerg√©s dans de l'eau glac√©e ou expos√©s √† des temp√©ratures extr√™mement froides pour √©tudier les effets de l'hypothermie et de la cong√©lation sur le corps humain, dans le but de trouver des moyens de prot√©ger les pilotes allemands abattus dans les eaux froides de la mer Baltique. Les m√©decins nazis menaient des exp√©riences visant √† d√©velopper des m√©thodes de st√©rilisation, notamment la castration, les injections de substances chimiques dans les organes reproducteurs et la ligature des trompes de Fallope. Ils infectaient aussi d√©lib√©r√©ment des prisonniers avec des maladies telles que le typhus, la malaria et la tuberculose pour √©tudier le cours de la maladie et tester des vaccins et des traitements exp√©rimentaux. Des tentatives de transplantation d'organes entre des prisonniers ont √©galement √©t√© men√©es, souvent avec des r√©sultats mortels pour les donneurs et les receveurs. Les nazis ont par ailleurs men√© des exp√©riences sur des prisonniers en les exposant √† des agents chimiques et biologiques, tels que le gaz moutarde et le bacille du charbon, dans le but de d√©velopper des armes de destruction massive.

Les campagnes d'extermination.
Les campagnes d'extermination systématique, notamment l'opération Reinhard qui a conduit à la création des camps d'extermination, étaient une composante essentielle de l'Holocauste.

L'opération Reinhard.
L'Op√©ration Reinhard ( = Aktion Reinhard), √©tait le nom de code donn√© par les nazis √† leur plan visant √† exterminer syst√©matiquement les Juifs vivant dans le Gouvernement g√©n√©ral de Pologne occup√© par les Allemands. L'op√©ration a √©t√© nomm√©e en r√©f√©rence √† Reinhard Heydrich, haut fonctionnaire nazi et principal architecte de la ¬ę Solution finale ¬Ľ. Elle a d√©but√© en 1942 et a √©t√© men√©e principalement dans trois camps d'extermination sp√©cialement construits √† cet effet : Belzec, Sobibor et Treblinka. 

‚ÄĘ Belzec a √©t√© un camp d'extermination op√©rationnel pendant une p√©riode relativement courte mais a √©t√© responsable de la mort dans des chambres √† gaz de 434 508 personnes, en grande majorit√© des Juifs.

‚ÄĘ Sobibor a √©galement √©t√© utilis√© comme camp d'extermination o√Ļ environ 250 000 Juifs ont √©t√© assassin√©s.

‚ÄĘ Treblinka √©tait un camp d'extermination o√Ļ environ 800 000 √† 900 000 Juifs ont √©t√© assassin√©s, principalement dans des chambres √† gaz.

L'op√©ration a √©t√© men√©e avec une efficacit√© terrifiante. Des trains remplis de Juifs ont √©t√© achemin√©s vers ces camps, o√Ļ ils √©taient s√©par√©s, d√©pouill√©s de leurs biens et envoy√©s directement vers les chambres √† gaz. L'Op√©ration Reinhard a √©t√© la phase la plus meurtri√®re de l'Holocauste. Cette op√©ration a √©t√© men√©e dans le plus grand secret, et les nazis ont fait des efforts consid√©rables pour dissimuler leurs crimes. Apr√®s la fin de l'op√©ration en 1943, les camps ont √©t√© d√©mantel√©s et les traces des atrocit√©s ont √©t√© effac√©es autant que possible dans le cadre de l'effort nazi pour dissimuler l'ampleur de leurs crimes.

Les camps de la mort.
Les principaux camps d'extermination √©taient situ√©s en Pologne occup√©e, o√Ļ les nazis pouvaient mener leurs op√©rations  √† l'abri des regards indiscrets, pr√®s des populations juives qu'ils ciblaient et au milieu d'un population g√©n√©rale souvent complaisante. 

Ces camps d'extermination √©taient √©quip√©s de chambres √† gaz, de cr√©matoires et d'autres installations destin√©es √† faciliter le processus. Les victimes √©taient souvent amen√©es dans ces camps par train, o√Ļ elles √©taient s√©par√©es, d√©pouill√©es de leurs biens et envoy√©es directement aux chambres √† gaz.

Outre Belzec, Sobibor et Treblinka déjà mentionnés, les camps d'extermination les plus importants étaient :

‚ÄĘ Chelmno. - Le camp d'extermination de Chelmno, situ√© en Pologne, a √©t√© l'un des premiers camps de ce type √† √™tre mis en service par les nazis. Il a commenc√© ses op√©rations en 1941. Les victimes √©taient gaz√©es dans des camions √† gaz mobiles. On estime que plus de 150 000 personnes, principalement des Juifs, ont √©t√© tu√©es √† Chelmno.
‚ÄĘ Auschwitz-Birkenau. - Egalement situ√© en Pologne, Auschwitz-Birkenau, √©tait le plus plus meurtrier et le plus grand complexe de camps de concentration et d'extermination construit par les nazis. Il comprenait √† la fois des camps de travail forc√©s et des installations d'extermination de masse. Les chambres √† gaz √† Auschwitz-Birkenau ont √©t√© utilis√©es pour assassiner plus d'un million de Juifs, de Roms, de prisonniers politiques, de r√©sistants, et d'autres personnes consid√©r√©es comme ind√©sirables par les nazis.
D'autre camps ont également existé, de taille plus modeste, mais qui, tout comme les plus grands camps d'extermination, ont été des sites de souffrance et de morts massives pendant l'Holocauste. Ils faisaient partie du réseau de centres de mise à mort mis en place par les nazis dans le cadre de leur politique d'extermination systématique :
‚ÄĘ Auschwitz-Monowitz (Auschwitz III). - Bien que Auschwitz-Monowitz soit principalement connu comme un camp de travail forc√©, il avait √©galement une chambre √† gaz et des cr√©matoires o√Ļ des prisonniers √©taient tu√©s.

‚ÄĘ Majdanek. - Situ√© pr√®s de la ville de Lublin en Pologne, Majdanek √©tait √† la fois un camp de concentration et un camp d'extermination. Il a √©t√© op√©rationnel de 1941 √† 1944. Madjanek a √©t√© le site de l'assassinat de plus de 78 000 Juifs ainsi que de milliers de Polonais, de prisonniers de guerre sovi√©tiques et d'autres d√©tenus.

‚ÄĘ Maly Trostenets. - Ce camp √©tait situ√© pr√®s de Minsk en Bi√©lorussie. Bien qu'il ait √©t√© principalement utilis√© comme camp de travail forc√©, il a √©galement servi de site d'ex√©cution de masse.

‚ÄĘ Poniatowa. - Ce camp √©tait situ√© en Pologne, pr√®s de la ville de Lublin. Il a √©t√© utilis√© principalement comme camp de travail forc√©, mais en novembre 1943, une r√©volte des prisonniers juifs a √©t√© √©cras√©e et environ 14 000 d√©tenus, en grande majorit√© des Juifs, ont √©t√© ex√©cut√©s en repr√©sailles.

‚ÄĘ Plaszow. - Situ√© pr√®s de Cracovie en Pologne, Plaszow √©tait √† l'origine un camp de travail forc√©, mais il est devenu plus tard un camp d'extermination o√Ļ des milliers de Juifs ont √©t√© assassin√©s.

Massacres en URSS et dans d'autres pays occupés.
En plus des camps d'extermination en Pologne, les nazis ont √©galement organis√© des massacres de masse de Juifs dans d'autres pays occup√©s, notamment en URSS (en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Bi√©lorussie et en Ukraine). Des fosses communes ont √©t√© utilis√©es pour assassiner des milliers, voire des millions, de personnes. Ici encore, ces campagnes d'extermination √©taient men√©es de mani√®re syst√©matique. 
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Le sort des femmes et des enfants

Pendant l'Holocauste, les femmes ont été soumises à des traitements particuliers en raison de leur genre. Elles étaient souvent victimes de viols et d'autres violences sexuelles, tant dans les camps de concentration que lors des rafles et des déportations. Les gardiens des camps, les soldats et d'autres hommes en position d'autorité abusaient fréquemment de leur pouvoir pour agresser sexuellement les femmes détenues. Les femmes enceintes étaient forcées à avorter. Les nazis considéraient les enfants nés dans les camps comme une menace potentielle et cherchaient à empêcher leur naissance.

Les nazis ont men√© des programmes de st√©rilisation forc√©e, visant sp√©cifiquement les femmes consid√©r√©es comme ¬ę ind√©sirables ¬Ľ selon les crit√®res de l'eug√©nisme nazi. Les femmes roms, handicap√©es et d'autres groupes d√©sign√©s comme ¬ę non aryens ¬Ľ √©taient soumises √† des op√©rations de st√©rilisation contre leur volont√©.  Des exp√©riences m√©dicales √©taient √©galement men√©es sur des femmes d√©tenues. Ces exp√©riences comprenaient des tests de m√©dicaments, des op√©rations chirurgicales non consenties et d'autres proc√©dures cruelles visant √† soutenir la recherche pseudo-scientifique des nazis sur les pr√©tendues races.

Les enfants ont aussi été victimes de traitements particulièrement atroces et inhumains de la part des nazis. Les familles juives ont été séparées de force dans les ghettos et les camps. Les enfants arrachés à leurs parents étaient parfois placés dans des camps spéciaux. Les médecins nazis ont mené sur eux des tests de stérilisation, des vaccinations forcées, des greffes de tissus et d'organes, ainsi que des tests de produits chimiques et pharmaceutiques.

Dans les camps d'extermination, les enfants étaient envoyés dans les chambres à gaz dès leur arrivée. De nombreux enfants, tout comme les adultes, ont également été tués lors des exécutions de masse dans les camps, ou abattus par des soldats nazis lors de pogroms et de rafles. Outre les enfants juifs, des enfants roms, des enfants handicapés, des enfants polonais et d'autres enfants considérés comme indésirables par les nazis ont également été victimes de persécution et de assassinats systématiques.

Les enfants √©taient soumis √† des conditions de vie d√©plorables dans les ghettos et les camps. Ils souffraient de la faim, de la malnutrition, de la maladie, de la surpopulation et de l'absence de soins m√©dicaux ad√©quats. On conna√ģt l'exemple d'Anne Frank, morte du typhus √† Bergen-Belsen, peu de temps avant la lib√©ration des camps. Des enfants ont √©t√© contraints de travailler dans des conditions dangereuses et √©puisantes dans les camps de concentration et les usines de travail forc√©. 

Ajoutons que les nazis ont, en outre, instrumentalis√© des enfants dans leur propagande, les pr√©sentant comme des exemples de la ¬ę race aryenne ¬Ľ et organisant des √©v√©nements sp√©ciaux pour promouvoir leur id√©ologie raciste.

On estime g√©n√©ralement que plusieurs centaines de milliers d'enfants (certains historiens portent ce chiffre √† 1,5 million d'enfants) ont √©t√© tu√©s par les nazis pendant l'Holocauste. Parmi les victimes, il y avait des b√©b√©s, des enfants en bas √Ęge, des enfants d'√Ęge scolaire et des adolescents. 

La libération des camps.
A partir de 1944, les troupes alliés, composés principalement des forces américaines, britanniques, soviétiques, ont avancé à travers l'Europe et ont libéré progressivement les territoires occupés par les forces allemandes. Au fur et à mesure que les Alliés avançaient, ils découvraient les horreurs des camps de concentration et d'extermination nazis.

Les Sovi√©tiques lib√®rent le camp de concentration de Majdanek, situ√© pr√®s de Lublin en Pologne, en juillet 1944. C'est le premier camp de concentration majeur √† √™tre d√©couvert et lib√©r√© par les Alli√©s. En septembre, les forces britanniques lib√®rent le camp de concentration de Bergen-Belsen, en Allemagne. Ce camp √©tait le lieu de d√©tention de nombreuses victimes, dont Anne Frank et sa soeur Margot, d√©c√©d√©es peu avant la lib√©ration. En octobre, les Sovi√©tiques lib√®rent le camp de Sachsenhausen, situ√© pr√®s de Berlin en Allemagne.  En janvier 1945, les Sovi√©tiques lib√®rent le camp de concentration d'Auschwitz, en Pologne. Auschwitz est le symbole de l'horreur de l'Holocauste, o√Ļ des millions de personnes, principalement des Juifs, ont √©t√© extermin√©es. En avril, les Sovi√©tiques lib√®rent le camp de concentration de Ravensbr√ľck, en Allemagne, principalement d√©di√© aux femmes. Au m√™me moment, les forces am√©ricaines lib√®rent les camps de concentration de Buchenwald, en Allemagne, de Flossenb√ľrg, en Allemagne et de Mauthausen, en Autriche. Ils  d√©couvrent aussi le camp de concentration de Dachau, en Allemagne, l'un des premiers camps construits par les nazis, tandis que es Britanniques lib√®rent le camp de concentration de Neuengamme, en Allemagne.
Ces lib√©rations ont permis de mettre fin √† l'horreur des camps de concentration nazis et ont r√©v√©l√© l'ampleur de l'Holocauste au monde entier. Les soldats alli√©s, les journalistes et les responsables politiques ont √©t√© confront√©s √† des sc√®nes d'horreur indicibles, avec des survivants √©maci√©s, des cadavres entass√©s et des preuves flagrantes de l'ampleur de l'atrocit√© nazie. Les Alli√©s ont rapidement pris des mesures pour secourir les survivants, fournir des soins m√©dicaux, de la nourriture et d'autres secours humanitaires. Les Alli√©s ont document√© ces d√©couvertes horribles, et les images et t√©moignages des survivants ont r√©v√©l√© l'ampleur choquante de l'Holocauste. Les horreurs d√©couvertes dans les camps ont mis en lumi√®re l'extermination syst√©matique des Juifs et les autres populations cibl√©es, ce qui a  suscit√© une r√©action unanime de d√©go√Ľt, de profonde indignation et de condamnation √† travers le monde, renfor√ßant ainsi la solidarit√© entre les nations alli√©es dans leur lutte contre l'Allemagne nazie. La connaissance des atrocit√©s commises par les nazis a aussi renforc√© la d√©termination des nations √† poursuivre les responsables de ces crimes de guerre et √† √©tablir des normes internationales pour la protection des droits humains.
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Ce que savaient les Alliés

Avant la lib√©ration des camps de concentration et d'extermination, beaucoup de personnes dans la population allemande et dans les divers pays occup√©s connaissaient le sort que les nazis r√©servaient au Juifs et se sont tues, et on pr√©tendu ensuite qu'elles ¬ę ne savaient pas ¬Ľ. Les dirigeants politiques et militaires alli√©s, avaient eux aussi une certaine connaissance des atrocit√©s commises par les nazis. Des rapports, des t√©moignages et des preuves des pers√©cutions syst√©matiques des Juifs et d'autres groupes, ainsi que des massacres de masse, avaient commenc√© √† √©merger d√®s les premi√®res ann√©es de la Seconde Guerre mondiale.

Des informations sur les camps de concentration et d'extermination √©taient connues depuis un certain temps avant la fin de la guerre. Par exemple, les services de renseignement alli√©s avaient recueilli des informations sur les activit√©s des nazis gr√Ęce √† des sources telles que des espions, des r√©sistants locaux et des prisonniers de guerre √©vad√©s. Des rapports d√©taill√©s sur les atrocit√©s nazies ont √©t√© remis aux Alli√©s, mais ils n'ont pas toujours √©t√© pleinement pris au s√©rieux ou compris dans leur int√©gralit√© en raison de l'ampleur et de la nature choquante des crimes signal√©s.

En outre, les Alliés ont également reçu des informations provenant de sources indirectes, telles que des photographies aériennes des camps de concentration et des témoignages de soldats qui avaient libéré des camps de concentration en avançant à travers l'Europe. Les Alliés aussi ont intercepté et décodé des communications nazies qui mentionnaient des déportations massives de populations civiles, ainsi que des opérations de nettoyage ethnique et de génocide. Cependant, même avec ces preuves tangibles, il semble qu'il y ait eu une certaine réticence à accepter pleinement l'horreur de l'Holocauste jusqu'à ce que les camps ne soient libérés et que l'ampleur totale des crimes nazis ne soit révélée de manière irréfutable.

On a invoqué plusieurs raions pour expliquer les silence des Alliés-: les préoccupations et les efforts de tous devaient se concentrer sur la défaite des puissances de l'Axe; les informations étaient trop parcellaires pour justifier une révélation au public; la divulgation de ces informations auraient pu compromettre les relations diplomatiques avec certains autres pays dont ils souhaient le maintien de la neutralité; elle aurait pu aussi compromettre la sécurité de ces sources d'information dont disposaient les Alliés et entraver leur capacité à obtenir des renseignements futurs.

Après l'Holocauste.
Les cons√©quences de l'Holocauste sont vastes et profondes, et ont eu un impact durable sur l'histoire, la soci√©t√© et la conscience collective de l'humanit√©. L'Holocauste a entra√ģn√© la mort de six millions de Juifs europ√©ens, ainsi que des millions d'autres victimes, y compris des Roms, des Slaves, des handicap√©s, des homosexuels et des dissidents politiques. Il s'agit de l'un des plus grands crimes contre l'humanit√© de l'histoire moderne. De nombreuses communaut√©s juives ont √©t√© an√©anties ou gravement diminu√©es, ce qui a modifi√© de mani√®re significative la composition d√©mographique de nombreuses r√©gions europ√©ennes. Les survivants de l'Holocauste ont endur√© des souffrances inimaginables, notamment la pers√©cution, la d√©portation, le travail forc√©, la faim, les maladies, les exp√©riences m√©dicales inhumaines, les conditions de vie inhumaines et la perte de proches. 

L'Holocauste a suscité une condamnation morale universelle et a renforcé la détermination à prévenir de telles atrocités à l'avenir. Il a également conduit à la création de normes internationales pour la protection des droits humains et la prévention du génocide. Il a mis en lumière l'antisémitisme virulent qui a prévalu en Europe depuis des siècles. Il a sensibilisé le monde à la nature insidieuse de la haine raciale et religieuse et a renforcé l'engagement en faveur de la tolérance, de la diversité et de la justice sociale. L'Holocauste a stimulé la recherche, l'éducation et la commémoration pour préserver la mémoire des victimes et enseigner les leçons de l'histoire. Des institutions telles que les musées de l'Holocauste, les mémoriaux, les programmes éducatifs et les initiatives de sensibilisation ont été créées pour perpétuer le souvenir des victimes et prévenir de futurs génocides.

Les victimes de l'Holocauste.
L'Holocauste a entra√ģn√© la mort de millions de personnes, principalement des Juifs, mais aussi des Roms, des Slaves, des handicap√©s, des homosexuels et d'autres groupes consid√©r√©s comme ind√©sirables par les nazis. C'est l'un des plus grands crimes contre l'humanit√© de l'histoire moderne et a eu un impact profond sur la conscience mondiale et la m√©moire collective.

Environ 5 √† 6  millions de Juifs europ√©ens ont √©t√© tu√©s pendant l'Holocauste (5,1 millions selon l'historien Raul Hilberg,  plus de 5,86 selon le Mus√©e de l'Holocauste de Washington). Ces victimes juives, repr√©sentaient environ deux tiers de la population juive d'Europe avant la guerre.

On estime que de 200 000 √†  500 000 Roms (= Tsiganes), ont √©t√© tu√©s pendant l'Holocauste. Les Roms √©taient √©galement cibl√©s par les nazis en raison de leur appartenance ethnique.

Des millions de Slaves (Polonais, Russes, Ukrainiens et d'autres groupes ethniques slaves), ont été tués pendant l'Holocauste. Beaucoup ont été exécutés par des Einsatzgruppen, tandis que d'autres sont morts dans les camps de concentration et d'extermination.

Entre 200 000 et 250 000 personnes handicap√©es avaient √©t√© tu√©es dans le cadre de l'action T4, un programme d'euthanasie visant √† √©liminer les personnes handicap√©es et mentalement malades consid√©r√©es comme ¬ę inaptes √† vivre ¬Ľ selon les crit√®res nazis.

On estime que des milliers d'homosexuels ont été persécutés et emprisonnés par les nazis en raison de leur orientation sexuelle. Beaucoup ont été déportés vers des camps de concentration et ont été soumis à des travaux forcés et à des mauvais traitements.

D'autres groupes, tels que les dissidents politiques, les témoins de Jéhovah, les communistes, les socialistes, les francs-maçons et les membres d'autres minorités religieuses ou ethniques, ont également été persécutés et tués pendant l'Holocauste.

Les morts ne sont pas les seules victimes de l'Holocauste. Les survivants sont aussi des victimes. Ils ont endur√© des conditions inhumaines dans les camps de concentration, les camps d'extermination, les ghettos et d'autres lieux de pers√©cution nazie. Ils ont √©t√© t√©moins de la mort de membres de leur famille, de la perte de leurs biens et de leur statut social, et ont √©t√© confront√©s √† la violence, √† la faim, √† la maladie et √† d'autres formes de souffrance. Apr√®s la guerre, de nombreux survivants ont d√Ľ faire face √† des d√©fis suppl√©mentaires, notamment la reconstruction de leur vie, la recherche de proches disparus, la lutte contre les traumatismes physiques et psychologiques, ainsi que la r√©int√©gration dans la soci√©t√©.

Des responsables de l'Holocauste devant leurs juges.
Une partie des nazis impliqués dans l'Holocauste ont été jugés lors des différents procès qui ont eu lieu après la Seconde Guerre mondiale. Près de 100 000 personnes sont ainsi passées en justice, la plupart en Pologne; la plupart des Allemands, mais aussi certains leurs collaborateurs locaux. Voici quelques-uns des procès les plus célèbres :

‚ÄĘ Proc√®s de Nuremberg. - Ce sont les proc√®s les plus connus. Ils ont eu lieu de novembre 1945 √† octobre 1946. C'√©taient des proc√®s militaires destin√©s √† pour juger les principaux responsables nazis (Hermann G√∂ring, Rudolf Hess, Joachim von Ribbentrop et d'autres) accus√©s de crimes de guerre, de crimes contre l'humanit√© et de crimes contre la paix. Bien qu'en termes de contexte historique et de responsabilit√© morale, ces proc√®s aient  √©taient techniquement distincts dans leurs objectifs et leur port√©e de la probl√©matique de l'Holocauste, ils n'en ont pas moins eu une incidence sur la compr√©h√©nsion que on peut avoir de cette trag√©die. Ils ont aussi fourni une tribune importante pour la condamnation morale et juridique des responsables nazis impliqu√©s dans la mise en Ňďuvre de cette trag√©die et ont contribu√© √† √©tablir des pr√©c√©dents juridiques internationaux pour la poursuite des crimes contre l'humanit√©. Ces proc√®s ont pr√©sent√© des preuves d√©taill√©es des atrocit√©s commises par le r√©gime nazi (pers√©cutions antis√©mites, massacres de masse, exp√©rimentations m√©dicales sur des prisonniers et autres violations des droits humains). Ces preuves ont mis en lumi√®re l'ampleur et la nature syst√©matique des crimes commis pendant l'Holocauste.

‚ÄĘ Proc√®s d'Auschwitz. - Ce proc√®s a eu lieu en Pologne de 1947 √† 1948. Les accus√©s √©taient des membres du personnel du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, dont Rudolf H√∂ss, le commandant du camp.

‚ÄĘ Proc√®s de Majdanek. - Ce proc√®s a eu lieu en Pologne en 1944 et a jug√© les responsables du camp de concentration et d'extermination de Majdanek.

‚ÄĘ Proc√®s des Einsatzgruppen. - En 1947 et 1948, plusieurs proc√®s ont eu lieu en Europe de l'Est contre les membres des Einsatzgruppen.

‚ÄĘ Proc√®s de Dachau. - En 1947, un tribunal militaire am√©ricain a jug√© plusieurs membres du personnel du camp de concentration de Dachau pour leurs crimes pendant la Seconde Guerre mondiale.

‚ÄĘ Proc√®s de Ravensbr√ľck. - En 1947, des membres du personnel du camp de concentration de Ravensbr√ľck, principalement des femmes, ont √©t√© jug√©s pour leurs actions pendant la guerre.

‚ÄĘ Proc√®s d'Adolf Eichmann . - Ce proc√®s s'est tenu √† J√©rusalem, en Isra√ęl, en 1961. 

Eichmann a √©t√© captur√© par les services de renseignement isra√©liens en Argentine en 1960, o√Ļ il vivait sous une fausse identit√©. Il a √©t√© ramen√© en Isra√ęl pour y √™tre jug√© devant un tribunal sp√©cial √† J√©rusalem.

Le proc√®s d'Eichmann et a √©t√© largement couvert par les m√©dias du monde entier. Il est remarquable car il a √©t√© l'un des premiers cas o√Ļ les crimes de l'Holocauste ont √©t√© expos√©s en d√©tail devant un tribunal. De nombreux survivants de l'Holocauste ont t√©moign√© lors du proc√®s, fournissant des r√©cits poignants de leurs exp√©riences dans les camps de concentration et d'extermination nazis. Le proc√®s a √©galement mis en lumi√®re la nature bureaucratique et syst√©matique de l'Holocauste, d√©montrant comment des fonctionnaires nazis comme Eichmann avaient organis√© et ex√©cut√© les d√©portations et les massacres √† grande √©chelle.

Adolf Eichmann a √©t√© reconnu coupable de crimes contre l'humanit√©, de crimes de guerre et de crimes contre le peuple juif. Il a √©t√© condamn√© √† mort par pendaison et ex√©cut√© en 1962. Ce proc√®s  a eu un impact majeur sur la prise de conscience mondiale de l'Holocauste et a contribu√© √† promouvoir la justice pour les victimes de l'Holocauste.

‚ÄĘ Proc√®s de Belzec : En 1963, un ancien gardien du camp d'extermination de Belzec a √©t√© jug√© en Allemagne pour son r√īle dans les crimes commis l√†-bas.

‚ÄĘ  Proc√®s de Treblinka : En 1965, le proc√®s de Treblinka a jug√© des anciens gardes du camp d'extermination de Treblinka.

‚ÄĘ  Proc√®s de John Demjanjuk . - Demjanjuk √©tait un ancien gardien de camp de concentration nazis, accus√© d'avoir particip√© aux atrocit√©s commises au camp d'extermination de Sobibor. Il a √©t√© jug√© en Isra√ęl en 1987, o√Ļ il a √©t√© reconnu coupable de crimes contre l'humanit√©. Cependant, en 1993, de nouvelles preuves ont √©merg√© remettant en question son identit√© r√©elle et il a √©t√© acquitt√©. Plus tard, en 2011, il a √©t√© condamn√© en Allemagne pour complicit√© de meurtre pour son r√īle √† Sobibor, mais il est d√©c√©d√© avant que sa condamnation ne soit d√©finitive.

‚ÄĘ Proc√®s du Stutthof. - Plusieurs proc√®s depuis 1966 √† Gdansk, au cours desquelsont √©t√© jug√©s des responsables du camp du Stutthof, o√Ļ ont p√©ri 60.000 personnes. Le dernier de ces proc√®s, en 2018 (qui celui-ci s'est tenu en Allemagne), concernait un  ancien garde du camp de concentration du Stutthof. Celui-ci il s'est concentr√© sur la complicit√© dans les meurtres de masse perp√©tr√©s au camp.

La cr√©ation de l'Etat d'Isra√ęl.
La cr√©ation de l'Etat d'Isra√ęl est l'aboutissement d'un long processus qui commence avec l'√©mergence du  sionisme (= nationalisme juif) √† la fin du XIXe si√®cle et dont l'Holocauste aura √©t√© le d√©clencheur final. Les id√©es sionistes √©taient motiv√©es par des aspirations nationales et culturelles juives et ont contribu√© √† renforcer le sentiment de n√©cessit√© d'un refuge juif s√Ľr chez les Juifs qui ont √©t√© pers√©cut√©s tout au long de l'histoire, ont subi les pogroms en Europe de l'Est ainsi que toutes sortes de discriminations. Apr√®s l'Holocauste,  qui suscitait une sympathie mondiale envers le peuple juif, les Puissances, parmi lesquelles celles qui administraient la Palestine depuis le d√©mant√®lement de l'Empire Ottoman, ont √©t√© plus ouvertes √† cette argumentation. La culpabilit√© ressentie par de nombreux pays occidentaux face √† leur √©chec √† pr√©venir ou √† arr√™ter ce g√©nocide a port√© vers une plus grande acceptation de l'id√©e d'un √Čtat juif en Palestine. L'Organisation des Nations unies a propos√© un plan de partition en 1947 qui diviserait la Palestine en un √Čtat juif et un √Čtat arabe. Un plan qui a d√©bouch√© sur l'√©tablissement de l'√Čtat d'Isra√ęl l'ann√©e suivante. Par la suite, la m√©moire de l'Holocauste, devenue un √©l√©ment central de la m√©moire collective juive,  a contribu√© √† fa√ßonner l'identit√© nationale isra√©lienne. 

Le négationisme.
La négation de l'Holocauste est une forme de révisionnisme historique. Le négationnisme cherche à nier, minimiser ou distordre les faits établis historiquement sur l'Holocauste. Les négationnistes de l'Holocauste remettent en question la réalité de l'extermination systématique des six millions de Juifs européens, ainsi que des millions d'autres personnes, dans les camps de concentration, les camps d'extermination et lors de massacres de masse.

Les n√©gationnistes de l'Holocauste utilisent souvent des tactiques rh√©toriques sophistiqu√©es pour propager leurs id√©es : distorsion des preuves historiques,  falsification des documents,  ou la diffusion de fausses informations. Leur objectif est de semer le doute dans l'esprit du public sur la r√©alit√© de l'Holocauste et de r√©habiliter l'image du r√©gime nazi. Parmi les principales techniques utilis√©es par les n√©gationnistes de l'Holocauste, on mentionnera :

‚ÄĘ La n√©gation l'ampleur de l'Holocauste. - Les n√©gationnistes minimisent le nombre de victimes de l'Holocauste, affirmant que les chiffres officiels sont exag√©r√©s et que le nombre r√©el de morts est beaucoup plus faible. Le leader du principal parti d'extr√™me droite en France, a pu ainsi, dans les ann√©es 1980, qualifier les chambres √† gaz de ¬ę point de d√©tail ¬Ľ de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

‚ÄĘ La remise  en question les preuves historiques. - Les n√©gationnistes mettent en doute l'authenticit√© des preuves historiques telles que les t√©moignages de survivants, les documents officiels et les photos et vid√©os des camps de concentration.

‚ÄĘ La propagation des th√©ories du complot. - Certains n√©gationnistes pr√©tendent que l'Holocauste √©tait une fabrication des Alli√©s pour diaboliser l'Allemagne nazie, ou qu'il √©tait orchestr√© par des groupes juifs pour obtenir des r√©parations financi√®res.

‚ÄĘ L'utilisation d'arguments pseudo-scientifiques. - Les n√©gationnistes utilisent parfois des arguments pseudo-scientifiques pour nier la faisabilit√© technique de l'Holocauste, comme pr√©tendre que les chambres √† gaz n'auraient pas pu fonctionner comme d√©crit.

Le négationnisme de l'Holocauste repose sur des mensonges et des distorsions de faits historiques et est largement considéré comme une forme d'antisémitisme et comme une tentative de réécrire l'histoire pour servir des objectifs idéologiques et politiques. Les preuves de l'Holocauste sont accablantes et incontestables, et de nombreux historiens, chercheurs et institutions académiques du monde entier ont réfuté de manière convaincante les arguments négationnistes. La lutte contre le négationnisme de l'Holocauste reste donc aujourd'hui encore un enjeu crucial pour la préservation de la mémoire historique et la prévention des génocides et de l'antisémitisme.

Mémoire et commémoration.
Les survivants des camps et les Alli√©s ont veill√© √† ce que les horreurs de l'Holocauste ne soient jamais oubli√©es, et les le√ßons tir√©es de cette p√©riode sombre de l'histoire ont continu√© √† influencer les politiques et les actions internationales pour pr√©venir de tels atrocit√©s √† l'avenir. Les t√©moignages et les r√©cits de survivants de l'Holocauste jouent un r√īle crucial dans la pr√©servation de la m√©moire de cet √©v√©nement en  partagent leurs exp√©riences personnelles √† travers des livres, des interviews, des films et d'autres moyens de communication. Leurs r√©cits sont pr√©cieux pour comprendre l'histoire de cette p√©riode sombre et pour lutter contre le n√©gationnisme et l'antis√©mitisme. 

L'Holocauste est comm√©mor√© √† travers le monde lors de journ√©es de comm√©moration telles que la Journ√©e internationale de comm√©moration de l'Holocauste le 27 janvier, qui marque la lib√©ration du camp d'Auschwitz par les forces alli√©es en 1945. D'autres dates de comm√©moration, telles que le Yom HaShoah en Isra√ęl, sont √©galement observ√©es chaque ann√©e. Des monuments, des mus√©es, des m√©moriaux et des programmes √©ducatifs sont mis en place dans les √©coles, les universit√©s et les institutions √† travers le monde pour enseigner aux g√©n√©rations futures sur les horreurs de l'Holocauste, les causes qui ont conduit √† cet √©v√©nement et les le√ßons que nous pouvons en tirer. Ces programmes visent √† sensibiliser les √©l√®ves √† l'importance de la tol√©rance, de la diversit√© et du respect des droits humains.
 

Les Justes parmi les nations

Les Justes parmi les nations sont des individus non juifs qui ont risqu√© leur vie pour sauver des Juifs pendant l'Holocauste, souvent en les cachant, en les fournissant en nourriture, en les aidant √† √©chapper aux rafles, ou en leur fournissant de faux papiers d'identit√©. Ce titre a √©t√© institu√© par l'√Čtat d'Isra√ęl par l'√Čtat d'Isra√ęl par une loi du 26 d√©cembre 1953. Depuis lors, il est d√©cern√© par la commission pour la d√©signation des Justes parmi les nations, qui op√®re sous l'√©gide du m√©morial de Yad Vashem √† J√©rusalem.

Les Justes parmi les nations proviennent de divers pays et horizons. Ils comprennent des chrétiens, des musulmans, des athées, des diplomates, des agriculteurs, des enseignants, des membres du clergé et des résistants, parmi d'autres. Leur diversité montre que l'altruisme et le courage ne connaissent pas de frontières.

Des sites comme le M√©morial de l'Holocauste √† Washington DC, le M√©morial de l'Holocauste √† Berlin, Yad Vashem √† J√©rusalem et Auschwitz-Birkenau en Pologne, ou encore le M√©morial de la Shoah, √† Paris (Le Site du M√©morial de la Shoah) sont parmi les plus connus. Ces organisations et d'autres institutions travaillent √† collecter, pr√©server et rendre accessible cette documentation pour les chercheurs, les √©ducateurs et le grand public. La recherche historique et la documentation de l'Holocauste sont essentielles pour comprendre l'ampleur de l'horreur et pour pr√©server les preuves des crimes commis. 

Petite bibliographie de l'Holocauste.
Il existe de nombreux ouvrages écrits par des survivants de l'Holocauste, offrant des récits poignants et puissants de leurs expériences pendant cette période sombre de l'histoire. Voici deux des ouvrages les plus connus et influents écrits par des survivants de l'Holocauste :
Elie Wiesel, La Nuit (Les Editions de Minuit, 2007) - Ce récit autobiographique, publié en 1956, relate les expériences d'Elie Wiesel dans les camps de concentration nazis, notamment Auschwitz et Buchenwald. C'est l'un des récits les plus célèbres et les plus étudiés sur l'Holocauste.

Primo Levi, Si c'est un homme (‚ÄéPocket , 1988). -  Ce livre, publi√© en 1947, relate les exp√©riences de Primo Levi dans le camp de concentration d'Auschwitz. Levi offre une r√©flexion profonde sur la nature de l'humanit√© dans des conditions extr√™mes.

A lire également :
Anne Frank, Le Journal d'Anne Frank (Le Livre de Poche, 2022). - Ce célèbre journal, écrit par Anne Frank alors qu'elle se cachait avec sa famille à Amsterdam pendant l'occupation nazie, offre un regard intime sur la vie quotidienne d'une jeune fille juive pendant l'Holocauste.
Ci-dessous qu'une courte sélection d'ouvrages plus récents consacrés aux camps d'extermination nazi et à l'Holocauste :
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Collectif, Auschwitz, la solution finale, Tallandier, 2005. - Le 27 janvier 1945, les soldats de l'Arm√©e rouge entrent dans l'immense complexe concentrationnaire d'Auschwitz. En avril, les troupes anglo-am√©ricaines ouvrent les camps de Buchenwald, Dachau, Mauthausen... Ils se trouvent face √† un monde dont l'horreur d√©passe tout ce qu'ils avaient imagin√©. Quand et comment la ¬ę- Solution finale ¬Ľ a-t-elle √©t√© d√©cid√©e et planifi√©e ? En Europe, aux √Čtats-Unis, que savait-on de ce qui se d√©roulait √† l'Est et pourquoi n'a-t-on rien fait pour emp√™cher le catastrophe? Quelle fut vraiment l'attitude du pape Pie XII? Vichy a-t-il √©t√©, pour les Juifs fran√ßais, un moindre mal?

Les historiens d'aujourd'hui sont en mesure d'apporter des réponses précises à ces questions. Ce livre rassemble les articles des meilleurs spécialistes, français et étrangers, du génocide, organisés autour de trois thèmes : les mécanismes de l'extermination; les spectateurs, les résistants et les complices; l'histoire et la mémoire du génocide.



Robert S. Wistrich, Hitler, l'Europe et la Shoah, Albin Michel, 2005. - Robert Wistrich est l'un de rares auteurs √† oser encore aborder la question : "Pourquoi l'Holocauste ?", comme l'avait fait en son temps Hannah Arendt. Organis√© en huit brefs chapitres th√©matiques, son ouvrage se veut d'abord une synth√®se de nos connaissances sur le d√©roulement de l'Holocauste, r√©cusant toute explication mono-causale. Sa d√©marche est originale en ce qu'elle √©vite toujours l'illusion r√©trospective de la fatalit√© : jamais la pers√©cution n'est √©tudi√©e sans la r√©sistance. √Ä l'instar de Ian Kershaw, il d√©montre comment se sont articul√©es plusieurs d√©cisions √† divers √©chelons, aboutissant √† la Solution finale, et rappelle que l'Allemagne n'est pas la seule √† s'√™tre efforc√©e de r√©pondre √† la "volont√© du F√ľhrer". On mesure mieux l'autonomie relative de chaque pogrom, de chaque massacre en Europe, sans, naturellement, que Hitler soit en quoi que ce soit exon√©r√©. Sur la question des rapports entretenus par l'√Čglise avec l'Holocauste, R. Wistrich met notamment en lumi√®re la dimension apocalyptique du nazisme et exhume des textes saisissants o√Ļ Hitler s'identifie au Christ venu √©liminer la vermine. Revenant sur le silence de Pie XII, il rappelle les complicit√©s objectives ou implicites et, surtout, en abordant une approche europ√©enne, montre que le probl√®me ne se r√©duit pas √† l'attitude du Vatican. 

Pour la premi√®re fois dans une √©tude de ce type, il montre l'√©volution du F√ľhrer et comment l'exacerbation de la Solution finale n'a fait qu'amplifier son antichristianisme, lui qui aura su impliquer les √Čglises dans ses basses oeuvres avant de se retourner contre elles.
Depuis Le Terrifiant secret de W. Laqueur, on n'avait pas lu de synthèse aussi vigoureuse sur la collaboration en Europe. Aucun acteur n'est laissé dans l'ombre.L'histoire de la collaboration fait partie intégrante de celle du génocide : on comprend ici comment, mais aussi pourquoi.

En guise de conclusion, R. Wistrich s'interroge sur la place de l'Holocauste dans la "modernité" : s'interrogeant sur l'unicité, l'auteur accepte une démarche comparatiste et conclut sur le caractère européen du génocide plus que sur son caractère proprement allemand. (couv.).



Revue de la Fondation Auschwitz,  Dossier : Crimes et g√©nocides nazis √† l'√©cran, √©d. Kim√©, 2009. - Ce dossier intitul√© "Crimes et g√©nocides nazis √† l'√©cran" r√©pond √† plusieurs attentes. Il s'agit de faire le point sur une iconographie qui a amplement influenc√© les repr√©sentations de la seconde moiti√© du XXe si√®cle, faisant du motif concentrationnaire au cin√©ma, dans la photographie, dans l'art, un genre en soi. Les images des camps nazis, film√©es √† la fin de la guerre par les troupes alli√©es qui ont d√©couvert les structures concentrationnaires, ont en effet jou√© un r√īle √©crasant dans l'imaginaire des ann√©es qui ont suivi. Pour certains, elles ont m√™me fond√© la modernit√© du cin√©ma. On en trouve des traces dans le film documentaire et le film romanesque, dans les films d'avant-garde et dans le cin√©ma populaire, dans toutes sortes de productions visuelles venues de tous horizons. On pourrait m√™me consid√©rer que le cin√©ma des quarante derni√®res ann√©es a impuls√© plus qu'il ne l'a accompagn√©e l'institutionnalisation de la Shoah. Comment analyser celte insistante p√©n√©tration?  (couv.).


Georges Bensoussan, Histoire de la Shoah, Presses Universitaires de France - PUF, 2010. - Entre 1939 et 1945, l'Allemagne nazie, second√©e par de nombreuses complicit√©s, a assassin√© entre 5 et 6 millions de Juifs europ√©ens dans le silence quasi complet du monde. Telle est la r√©alit√© brute du g√©nocide juif, la Shoah. La d√©cision de ¬ę faire dispara√ģtre ¬Ľ le peuple juif de la terre signait la sp√©cificit√© d'une entreprise voulant modifier la configuration de l'humanit√© en niant le statut m√™me de personne humaine. (couv.).


Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus et al., Spoliations en Europe (Revue d'histoire de la Shoah, N¬į 186, janvier-juin), Centre de Documentation juive Contemporaine, 2007. - De chapitre n√©glig√© de l'historiographie de la Shoah, les spoliations sont devenues depuis le milieu des ann√©es 1990 l'un de ceux parmi les plus √©tudi√©s. La production savante est consid√©rable, elle concerne presque tous les pays d'Europe, g√©n√©rant th√®ses, articles, ouvrages et rapports officiels. Il est vrai que le "volet √©conomique" de la Shoah a mobilis√© un nombre important d'administrateurs, allemands ou non, pour recenser les biens, les placer sous administration provisoire, les liquider ou les vendre. Les proc√©dures ont √©t√© multiples, variables selon les pays, les types de biens, les propri√©taires spoli√©s, allant de la mobilisation bureaucratique complexe et  "moderne" au vol pur et simple. Ce num√©ro de la Revue d'histoire de la Shoah expose les √©l√©ments les plus importants de cette production intellectuelle r√©cente. Ces recherches ont √©t√© d√©velopp√©es dans un contexte bien particulier, puisqu'elles ont pour la plupart, et dans un premier temps, √©t√© commandit√©es par des organismes qui, hors du champ universitaire, r√©pondaient √† des demandes politiques et m√©morielles tandis que se multipliaient les proc√®s en Europe et aux Etats-Unis. Un choix des travaux les plus significatifs est propos√© ici, qui entend montrer la diversit√© des proc√©dures, balayer l'Europe d'est en ouest et du nord au sud en traitant de l'ensemble des types de biens spoli√©s. Les auteurs viennent de pr√®s de dix pays diff√©rents. Ces travaux sont pr√©sent√©s pour la premi√®re fois en fran√ßais. (couv.).


Antonella Salomoni, L'Union sovi√©tique et la Shoah, La D√©couverte, 2008. - Alors que la Shoah est traditionnellement associ√©e √† l'organisation de l'extermination dans les camps nazis, le massacre des Juifs d'Europe orientale et des Pays baltes (pr√®s de la moiti√© du total des victimes) suivit souvent une tout autre logique, nettement moins connue. Auschwitz devint un lieu de m√©moire, tandis que Babi Jar (o√Ļ, en 1941, 30 000 Juifs furent ex√©cut√©s en un jour, pr√®s des habitations) attend toujours la plaque qui comm√©morera le massacre de civils juifs et non de ¬ę-patriotes ukrainiens ¬Ľ. Pr√®s de trois millions de Juifs d'URSS furent assassin√©s, dont la moiti√© en Ukraine. R√©pondant √† ce double d√©faut de connaissance et de m√©moire, Antonella Salomoni exploite dans ce livre les informations mises au jour gr√Ęce √† l'ouverture des archives militaires sovi√©tiques ainsi que les plus r√©cents travaux de recherche sur le sujet pour reconstituer l'histoire des pers√©cutions nazies dans ces r√©gions et les contradictions de la politique de Moscou face √† la Shoah. L'auteure met ainsi en lumi√®re certains aspects peu connus de ces crimes et leur sp√©cificit√© : l'ex√©cution imm√©diate des ¬ę-ordres ¬Ľ d'identification et d'√©limination des Juifs ; le succ√®s de la propagande antis√©mite nazie, amalgam√©e √† l'antibolchevisme ; l'implication d'une partie des populations locales. De m√™me analyse-t-elle toutes les formes du refus id√©ologique mises en oeuvre par Moscou - farouchement hostile √† toute diff√©renciation de la nationalit√© juive - pour √©viter de reconna√ģtre la sp√©cificit√© du massacre des Juifs, avec toutes les nouvelles victimes, les laiss√©s-pour-compte (survivants non assist√©s), mais aussi la censure que cela entra√ģna. Tr√®s amplement renseign√©, ce livre restitue de rares t√©moignages et documents, qui rendent sa lecture particuli√®rement poignante. (couv.).


Henri Parens (pr√©f. Boris Cyrulnik), Retour √† la vie : Gu√©rir de la Shoah, entre t√©moignage et r√©silience, Tallandier , 2010. - "Les pages qui suivent renferment mes m√©moires. Mais pas seulement..." Au-del√† du r√©cit, qui pourrait √™tre celui de centaines d'autres enfants juifs jet√©s dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, Henri Parens nous entra√ģne dans sa d√©marche de r√©silience. Pourquoi a-t-il surv√©cu sans se rendre compte de ce qui se passait? Pourquoi a-t-il attendu si longtemps avant de t√©moigner et d'entreprendre des recherches sur sa famille? √Ä ces questions, Henri Parens apporte des r√©ponses et ouvre des voies de r√©flexion, appuy√©es sur son exp√©rience aupr√®s des enfants et sur ses travaux sur les traumatismes. Car c'est dans les premi√®res ann√©es de la vie que s'implantent les germes de la violence et de l'intol√©rance qui seront celles des adultes. Autoanalyse et t√©moignage de rescap√© se m√™lent. Pour ne pas oublier la Shoah, pour que cela ne recommence jamais... (couv.).


S.Trigano, Les frontières d'Auschwitz, Le livre de Poche, 2005.



Freddy Eytann, La Shoah expliquée aux jeunes, Alphée, 2010.
Daniel Blatman, Les marches de la mort : La dernière étape du génocide nazi, été 1944 - printemps 1945, Fayard, 2009. - Dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, alors qu'étaient évacués les camps de concentration, entre 250000 et 300000 détenus ont perdu la vie sur les 700000 qui y étaient encore internés en janvier 1945. Ils ont été massivement massacrés par leurs gardiens à la veille du départ, par les escorteurs des colonnes d'évacués ainsi que par des meurtriers de provenance diverse dont un bon nombre de civils, et ce, souvent sur le territoire de l'Allemagne. Même dans l'histoire du IIIe Reich qui, malgré la brièveté de son existence, a atteint des niveaux de criminalité inédits, on trouve peu d'exemples d'un meurtre de masse aussi féroce, aussi cruel et aussi efficacement mené que celui qui fut perpétré à la veille de son effondrement final. En quoi cette ultime période du conflit durant laquelle se joua le dernier acte du génocide nazi est-elle singulière? S'agit-il d'une phase différente de celle qui avait précédé la fin d'octobre 1944, date à laquelle Himmler donna l'ordre de cesser les massacres à Auschwitz? Relève-t-elle de la politique génocidaire amorcée à l'été 1941? Tout s'explique-t-il par le chaos lié à l'effondrement du régime? La période des marches de la mort se distingue-t-elle des autres étapes du génocide nazi par des traits spécifiques? Ces questions n'avaient quasiment pas été débattues jusqu'à présent malgré l'abondance des travaux scientifiques sur les camps de concentration et le génocide nazi. Cette étude, qui s'appuie sur un abondant matériau d'archives en toutes langues dispersées un peu partout dans le monde, est la première à décrire et à analyser la fin du IIIe Reich sous son aspect le moins connu: sa tentative ultime pour achever sa "mission historique" en liquidant les ennemis de la "race aryenne" et ses adversaires politiques avant son propre anéantissement. (couv.).


M√©morial de la Shoah, Des voix sous la cendre (manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau), Calman-L√©vy, 2005. - Entre 1942 et 1944, dans les camps de concentration, un Sonderkommando, constitu√© de d√©tenus juifs, est charg√© de se relayer jour et nuit pour extraire les cadavres des chambres √† gaz, de br√Ľler les corps et de disperser les cendres. Certains ont r√©dig√© un t√©moignage avant de l'enfouir dans le sol de Birkenau. Cet ouvrage pr√©sente 3 des manuscrits retrouv√©s. (couv.).


S. Bil√©, Les Noirs dans les camps nazis, Le Serpent √† plumes, 2005. - Serge Bil√© d√©voile dans ce livre un aspect totalement m√©connu de la Seconde Guerre mondiale : la d√©portation des Noirs dans les camps de concentration et d'extermination de l'Allemagne hitl√©rienne. Africains, Antillais, Am√©ricains ont eux aussi √©t√© arr√™t√©s et envoy√©s dans ces camps o√Ļ ils √©taient sujets √† toutes les humiliations...Outre les t√©moignages hallucinants collect√©s aupr√®s des survivants ou de leurs compagnons d'infortune, ce livre d√©voile de nombreux secrets : savait-on que les fameuses lois de Nuremberg concernaient √©galement les Noirs install√©s √† l'√©poque dans le pays? Savait-on que ces camps de concentration allemands n'√©taient pas l'oeuvre des nazis, mais que les premiers avaient √©t√© construits d√®s 1904, en Namibie, pour √©liminer le peuple herero oppos√© √† la politique coloniale du chancelier Bismarck? 


Andr√© Sellier, Histoire du camp de Dora, Editions La D√©couverte, 2010. - Au milieu de 1943, l'Allemagne nazie entre dans une crise dont elle sortira vaincue. Pour faire face au manque de main-d'oeuvre des entreprises d'armement, le r√©gime d√©cide de mettre √† leur disposition les d√©tenus des camps de concentration. Parall√®lement aux camps d'extermination, o√Ļ se poursuit le g√©nocide des Juifs et des Tsiganes, de nombreux "Kommandos" ext√©rieurs sont cr√©√©s autour des grands camps, et les arrestations se multiplient en Allemagne et dans les pays occup√©s pour y envoyer une main-d'oeuvre forc√©e. L'un de ces camps le plus tristement c√©l√®bre est celui de Dora, dans le centre de l'Allemagne, √† l'origine simple Kommando d√©pendant de Buchenwald. Ses d√©tenus y fabriquent dans la grande usine souterraine du "Tunnel de Dora" qu'ils ont eux-m√™mes am√©nag√©e, les fus√©es V2, l'arme secr√®te mise au point par les savants allemands au service des nazis (dont Wernher von Braun) pour tenter de renverser le cours de la guerre. C'est l'histoire, dramatique, du camp de Dora, de l'usine du Tunnel et des chantiers souterrains qu'Andr√© Sellier retrace dans ce livre. Lui-m√™me ancien d√©port√© √† Dora, il a utilis√© toutes les ressources de son exp√©rience d'historien pour retracer comme cela n'avait jamais √©t√© fait auparavant l'histoire compl√®te et d√©taill√©e de l'un des plus grands camps de concentration nazis. Il a mobilis√© l'ensemble des documents disponibles, mais aussi les t√©moignages in√©dits de plusieurs dizaines de ses camarades. Il montre l'horreur quotidienne de la vie √† Dora, les morts par centaines, les souffrances indicibles. Mais aussi les complicit√©s et les rivalit√©s de tous les clans qui agissent dans l'ombre de Hitler. et d√©terminent le destin des d√©tenus : la SS de Himmler et de Kammler, la Wehrmacht de Keitel et de Dornberger, les technocrates de l'entourage de Speer, von Braun et les savants de Peenem√ľnde. En avril 1945, quand les Am√©ricains arrivent √† Dora, ils trouvent des malades survivants au milieu des cadavres. Des "√©vacuations" meurtri√®res ont entra√ģn√© la mort de Milliers de d√©tenus, par convois ferroviaires ou √† pied dans des marches de la mort. C'est sur le tableau d√©taill√© de cette phase ultime, mal connue, de l'histoire du syst√®me concentrationnaire que se termine cet ouvrage magistral. (couv.).


Cécilia Dutter, Etty Hillesum, une voix dans la nuit , Robert Laffont, 2010. - Cécilia Dutter raconte l'itinéraire spirituel et le parcours de vie d'Etty Hillesum, jeune femme juive, jusqu'à la veille de sa déportation : un hymne à la beauté de l'existence, un vibrant plaidoyer pour l'humanité. Au coeur de la barbarie nazie qui s'exerce sur les Pays-Bas occupés, une voix s'élève, l'emporte sur les ténèbres. Cette voix est celle d'Etty Hillesum, vingt-sept ans, dont les cahiers et la correspondance tenus durant les années les plus noires de l'Histoire attestent d'une confiance absolue dans le sens et la beauté de la vie et d une inébranlable foi en l'homme. "Je cherche à comprendre et à disséquer les exactions, écrit-elle, j'essaie toujours de retrouver la place de l homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes.-"

Pour parvenir √† cette lucidit√©, Etty a suivi un chemin singulier. Sa sensualit√© d√©bordante l'a d'abord conduite √† multiplier les conqu√™tes amoureuses aupr√®s de partenaires toujours plus √Ęg√©s qu'elle, rejoignant √† cet √©gard une d√©marche r√©solument moderne. Puis, c'est l'un d'entre eux, Julius Spier, un psychologue de l'√©cole jungienne, dont elle sera tour √† tour la patiente, la ma√ģtresse, la disciple et l'amie de cour, qui l'aidera √† "accoucher de son √Ęme", et √† aimer plus qu un homme, Dieu et l'humanit√© tout enti√®re. Gr√Ęce aux lectures auxquelles il l initie - la Bible et les √Čvangiles, saint Augustin, Ma√ģtre Eckart ou le po√®te R. M. Rilke - et √† la qualit√© de leurs √©changes, elle emprunte peu √† peu une voie spirituelle propre, en marge de tout dogme mais proche de la morale chr√©tienne.

√Ä l'heure des convois pour Auschwitz, elle portera secours √† ses fr√®res d√©tenus au camp de transit de Westerbork, antichambre des camps de la mort. Refusant de se d√©solidariser des siens, elle endossera jusqu'au bout le destin de son peuple. Celle qui r√™vait de devenir un √©crivain laisse des pages d'une ind√©niable qualit√© litt√©raire et d'une infinie sagesse : "Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde ext√©rieur, que nous n ayons d abord corrig√© en nous. L'unique le√ßon de cette guerre est de nous avoir appris √† chercher en nous-m√™me et pas ailleurs." (couv.). 



Robert Steegmann, Le camp de Natzweiler Struthof, Seuil, 2009. - Entre 1941 et 1945, l'Alsace, annex√©e au IIIe Reich, voit s'installer l'un des camps de concentration les plus meurtriers de la Seconde Guerre mondiale: le KL-Natzweiler. Sur les 52000 individus qui y sont pass√©s, plus de 20000 n'en sont pas revenus, victimes de conditions de d√©tention terrifiantes, d'exp√©riences scientifiques d√©vastatrices et d'impitoyables "marches de la mort". A l'appui d'archives in√©dites et de t√©moignages, Robert Steegmann propose une √©tude magistrale de ce camp m√©connu. Instrument d'une politique de r√©pression violente, r√©servoir de main-d'oeuvre pour l'industrie allemande, il ob√©it √† la logique implacable de la m√©canique concentrationnaire qui s'exerce de chaque c√īt√© du Rhin. A travers les d√©parts et les arriv√©es, les travaux forc√©s, les punitions ou les exp√©riences m√©dicales, ce sont les hommes, victimes ou agents dociles de la barbarie, qui sont au coeur de ce livre. (couv.).


S. Heim - G. Aly, Les architectes de l'extermination : Auschwitz et la logique de l'anéantissement, Calmann-Lévy, 2006. - Sans être forcément membre du parti nazi, de jeunes technocrates, souvent universitaires, vont préparer les plans de germanisation de l'Europe orientale, synonymes d'assujettissement et de déplacements massifs de population. Mis au point au début de 1941, le Generalplan Ost ( = Plan général pour l'Est) préconise le transfert de 30 millions de personnes, soviétiques dans leur immense majorité, en les condamnant à mourir de faim. (couv.).


Jonathan Littell, Les Bienveillantes. - Ce roman, publié en 2006, offre une perspective fictionnelle sur l'Holocauste à travers le personnage de Maximilien Aue, un officier SS impliqué dans les atrocités nazies.
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