.
-

Israël
Medinat Yisra'el
Histoire d'Israel.

31 30 N, 34 45 E
Israël est un Etat de l'Asie occidentale (Proche-Orient) riverain de la mer Méditerranée et frontalier avec le Liban, la Syrie, la Jordanie, l'Egypte et les Territoires Palestiniens. D'une superficie de 20 330 km², il a une population de près de 10 millions d'habitants (2025). Ces chiffres se réfèrent au territoire reconnu internationalement, dans ses frontières d'avant 1967. Dans les faits, l'Etat israélien contrôle un territoire plus vaste, qui comprend, en Syrie, le plateau du Golan, et certaines partie de la Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est), où sont implantées des colonies.

Carte d'Israël.
Carte d'Israël. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).

D'un point de vue administratif, le pays est divisé en 6 districts (mehozot) : Centre, Haïfa, Jérusalem, Nord, Sud et Tel Aviv. Capitale : Jérusalem (714 000 habitants pour le Grand Jérusalem, dont 400 000 pour Jérusalem-Ouest). Autres grandes villes : Haïfa  (270 000 hab.), Tel Aviv (250 000), Ashdod (225 000). 

Géographie physique d'Israël

Topographie.
On peut distinguer en Israël quatre régions principale, d'Ouest en Est : 1° la côte de la mer Méditerranée; 2° les montagnes de Galilée; 3° la Ghôr ou vallée profonde du Jourdain et de la mer Morte, partiellement en Israël; 4° le Neguev (Negev), qui est essentiellement un désert.

La côte.
La côte est longée par une plaine presque sur toute sa longueur. Au Nord, elle s'étend entre le cap Nakoura (frontière avec le Liban) et va jusqu'à Haïfa (cap Carmel). La ville principale y est Akka (Acre). Le Cap Carmel est le point de départ de la petite chaîne des monts Carmel qui rejoignent, en direction du Sud-Est, les monts de Samarie. En revenant vers la côte, on retrouve la plaine qui, entre Haïfa et Tel Aviv-Jaffa, prend le nom de plaine de Saron, avec Natania (Netanya) et Hédéra (Hadera), comme villes principales. C'est ici que s'élevait aussi l'ancienne Césarée de Palestine (Kaisarieh). Au Sud de Tel-Aviv, la plaine, qui atteint sa plus grande largeur, prend le nom de Sephala. Elle se termine, pour ce qui est de sa portion israëlienne, au Sud-Est par la bande de Gaza, qui la sépare de la mer, et plus au Sud par la frontière avec l'Egypte. Les principales villes y sont Ashdod et Ascalon (Ashqelon). Cette plaine est  caractérisée par des sols alluviaux riches, propices à l'agriculture, et des plages de sable. La majeure partie de la population israélienne vit dans cette région.

Les montagnes de Galilée.
À l'est de la plaine côtière s'élève la chaîne centrale de collines et de montagnes. Cette chaîne forme l'épine dorsale du pays et varie considérablement du nord au sud. Au nord se trouve la Galilée, une région montagneuse caractérisée par des sommets plus élevés, des vallées profondes et une végétation plus luxuriante grâce à des précipitations plus importantes. Le Mont Méron, le point culminant reconnu en Galilée, atteint environ 1208 mètres. Plus au sud, cette chaîne devient les monts de Samarie (Shomron) puis de Judée (Yehuda), un paysage de collines calcaires plus douces et arides, sillonné de nombreux oueds (cours d'eau saisonniers). Cette région abrite des villes historiques et des plateaux.

Le Ghôr (Vallée du Rift).
La troisième grande caractéristique est la vallée du Rift du Jourdain (ou Vallée de l'Araba au sud de la Mer Morte), qui traverse le pays du nord au sud et fait partie de la grande faille syro-africaine. C'est une dépression tectonique profonde. Au nord de cette vallée se trouve le Lac de Tibériade, également connu sous le nom de Mer de Galilée ou Kinneret. C'est un lac d'eau douce vital, la principale source d'eau potable du pays, situé à environ 209 mètres sous le niveau de la mer. Le fleuve Jourdain sort du lac au sud et serpente à travers la vallée avant de se jeter dans la Mer Morte. La Mer Morte (environ -430 mètres sous le niveau de la mer) est le point le plus bas de la surface de la Terre. C'est un lac hypersalin où la vie aquatique est presque absente, célèbre pour sa flottabilité et ses minéraux. Au sud de la Mer Morte s'étend la vallée de l'Araba (Ha Arava) une région désertique aride et chaude qui descend doucement vers le sud jusqu'à la Mer Rouge, près d'Eilat.

Le désert du Neguev.
La moitié sud du pays est dominée par le désert du Néguev, un vaste triangle aride et semi-aride qui couvre plus de la moitié de la superficie d'Israël. Le Néguev se caractérise par une faible pluviométrie, des températures extrêmes et un paysage varié comprenant des plateaux rocheux, des canyons escarpés, des oueds asséchés et des formations géologiques uniques appelées makhteshim (cratères d'érosion). Bien que désertique, le Néguev présente des zones de transition avec une végétation steppique au nord,et  devient de plus en plus désolé vers le sud où il rejoint le désert du Sinaï. L'accès le plus méridional d'Israël se fait par le port d'Eilat sur le golfe d'Aqaba, une extension de la Mer Rouge, bordé de récifs coralliens.

Climat.
Le climat d'Israël est principalement méditerranéen le long de la côte et dans le nord, avec des étés chauds et secs et des hivers doux et pluvieux. L'intérieur et le sud connaissent un climat semi-aride à désertique, avec des étés très chauds et secs, des hivers froids dans les montagnes et très peu de précipitations, principalement sous forme d'averses violentes et rares provoquant des crues soudaines dans les oueds. La topographie influence fortement les conditions climatiques locales, et crée des microclimats variés entre les plaines côtières, les montagnes et les vallées profondes.

Biogéographie d'Israël

La biogéographie d'Israël est d'une richesse et d'une complexité exceptionnelles, disproportionnées par rapport à sa petite taille géographique. Cette singularité s'explique principalement par sa position stratégique unique au carrefour de trois continents – l'Asie, l'Afrique et l'Europe – et de quatre grandes régions biogéographiques : la région Paléarctique (Eurosibérienne), la région Afrotropicale (Éthiopienne), la région Irano-Touranienne et la région Méditerranéenne. Ce mélange d'influences crée une mosaïque d'écosystèmes et permet la coexistence d'une diversité d'espèces provenant d'origines très différentes.

Le territoire israélien présente également des variations altitudinales extrêmes, qui vont du sommet du Mont Hermon (plus de 2800 mètres) au nord, jusqu'à la Mer Morte (-430 mètres), le point le plus bas de la surface terrestre, dans la Vallée du Jourdain et de l'Arava au sud-est. S'ajoutent à cela des gradients climatiques prononcés, passant d'un climat méditerranéen typique au nord et sur le littoral (étés chauds et secs, hivers doux et pluvieux) à des climats semi-arides et arides extrêmes dans le Néguev méridional et l'Arava. Cette combinaison de facteurs géographiques, climatiques et historiques a façonné des zones biogéographiques distinctes, chacune avec ses caractéristiques écologiques et ses cortèges d'espèces particuliers.

La zone méditerranéenne, couvrant le nord du pays (Galilée, Carmel), la côte centrale et les montagnes de Judée et de Samarie, est la plus luxuriante en termes de végétation. Elle est dominée par des formations de maquis (garigue haute) et de batha (garigue basse), ainsi que des forêts ouvertes composées de chênes (comme le chêne kermès, le chêne de Palestine), de pistachiers, de caroubiers et de pins. La diversité floristique y est très élevée, avec de nombreuses espèces de plantes à bulbes ou tubercules fleurissant au printemps (cyclamens, anémones, iris). La faune méditerranéenne typique comprend des mammifères comme le sanglier, le chevreuil (réintroduit), le daman des rochers, le chacal doré, des reptiles variés, et une avifaune riche incluant de nombreux passereaux et rapaces.

À l'est de la zone méditerranéenne, dans les zones d'ombre pluviométrique (comme les versants orientaux des montagnes de Judée et de Samarie, ou le nord du Néguev), se trouve la zone Irano-Touranienne (steppe). Caractérisée par des hivers plus froids et des étés très chauds, avec des précipitations moindres et irrégulières, cette zone est dominée par des arbustes bas et épineux et des herbacées résistantes à la sécheresse, comme diverses espèces d'Armoise. C'est une zone de transition où l'on trouve des espèces adaptées à des conditions semi-arides, comme la gazelle de montagne, certains rongeurs steppiques et des oiseaux spécifiques des milieux ouverts.

La zone Saharo-Arabique (désertique) s'étend sur la majeure partie du sud d'Israël, et englobe le Néguev central et méridional, et l'Arava. C'est une région extrêmement aride, avec des précipitations très faibles et irrégulières. La végétation est clairsemée et se compose d'arbustes très résistants (comme certaines acacias dans le sud), de plantes éphémères qui germent et fleurissent rapidement après une pluie, et de plantes succulentes. La faune désertique est remarquable pour ses adaptations à la rareté de l'eau et aux températures extrêmes. On y trouve des ongulés comme l'ibex de Nubie (dans les falaises), des carnivores comme la hyène rayée (plus rare) et divers petits carnivores et rongeurs, une grande variété de reptiles (lézards, serpents) et des oiseaux spécifiquement adaptés au désert. Les influences afrotropicales sont particulièrement sensibles dans la flore et la faune du sud de l'Arava (Vallée du Rift), avec la présence d'espèces d'acacias, d'oiseaux et d'insectes typiques des savanes africaines.

Enfin, la Vallée du Rift constitue une zone biogéographique particulière. En plus de son gradient aride marqué du nord au sud, elle crée un couloir géographique unique. Les zones qui longent le Jourdain (bien que fortement modifiées) ou les rares oasis offrent des habitats riverains particuliers. Surtout, cette vallée est l'une des routes migratoires aviaires les plus importantes au monde. Elle relie les aires de reproduction paléarctiques aux aires d'hivernage afrotropicales. Des millions d'oiseaux de centaines d'espèces différentes traversent le pays deux fois par an, ce qui fait d'Israël un point névralgique pour l'ornithologie et la biogéographie des oiseaux migrateurs.

L'interface entre ces différentes zones crée des écoclines complexes et des habitats mosaïques, où les espèces de différentes origines biogéographiques peuvent coexister ou se remplacer sur de courtes distances. Cette richesse et cette imbrication d'influences font d'Israël un laboratoire naturel pour l'étude des patrons de distribution des espèces, de l'adaptation aux conditions extrêmes et des dynamiques écologiques à l'interface de différents biomes. Cependant, cette biodiversité est également soumise à une forte pression anthropique (urbanisation, agriculture intensive, développement), ce qui rend la conservation de ces habitats un enjeu majeur pour le pays. La création d'un réseau étendu de réserves naturelles et de parcs nationaux témoigne de la reconnaissance de cette valeur biogéographique exceptionnelle.

Géographie humaine d'Israël

Population.
Israël présente un paysage démographique et une structure sociologique d'une grande complexité, qui ont été façonnés par son histoire particulière, l'immigration, les conflits et la coexistence de groupes ethniques et religieux divers. La population israélienne s'élève à environ 9,8 millions d'habitants début 2024, un chiffre en constante croissance. Cette croissance est le résultat d'un taux de natalité relativement élevé pour un pays développé, et qui est particulièrement marqué au sein des populations ultra-orthodoxes juives et arabes, ainsi que par une immigration juive continue, appelée aliyah. La composition ethnique et religieuse est le clivage démographique fondamental. Environ 73% de la population est juive et environ 21% est arabe (principalement musulmane, mais aussi chrétienne et druze), les 6% restants étant composés d'autres minorités (Circassiens, Bahaïs, non-Arabes chrétiens et musulmans, ainsi que des personnes sans classification religieuse).

Au sein de la population juive elle-même, il existe une grande diversité, issue de vagues d'immigration successives et distinctes. On distingue les Sabras (juifs nés en Israël), les immigrants d'Europe et d'Amérique (Ashkénazes), ceux des pays arabes et d'Afrique du Nord (Mizrahim ou Sépharades au sens large), ceux d'Éthiopie et ceux de l'ancienne Union Soviétique, arrivés en masse dans les années 1990. Cette diversité d'origine a historiquement engendré des tensions et des inégalités socio-économiques, bien que les lignes soient devenues plus floues avec le temps, en particulier pour les jeunes générations. 

Un autre clivage majeur, et sans doute plus décisif, au sein de la population juive est celui de la religiosité. La société juive israélienne se divise grossièrement entre Hilonim (séculiers), Masortim (traditionnels), Datiim (religieux-sionistes) et Haredim (ultra-orthodoxes). Ces groupes diffèrent considérablement par leur mode de vie, leurs valeurs, leur intégration dans la vie publique (service militaire, participation au marché du travail) et leurs opinions politiques, ce qui constitue une source significative de frictions sociales et politiques. La population ultra-orthodoxe, en particulier, connaît un taux de natalité très élevé et une croissance rapide, ce qui modifie progressivement l'équilibre démographique et pose des défis économiques et sociaux en termes d'éducation, d'emploi et de logement.

L'institution du service militaire obligatoire en Israël, gérée par les Forces de Défense d'Israël (Tsahal), est un élément central de la société et de la sécurité nationale du pays. La majorité des citoyens israéliens, hommes et femmes, sont appelés à servir à partir de l'âge de 18 ans. Pour les hommes, la durée du service obligatoire, appelé sherut hova, est actuellement d'environ 32 mois, tandis que pour les femmes, elle est de 24 mois. Cette obligation s'applique aux citoyens et résidents permanents israéliens. Le service militaire est perçu non seulement comme essentiel à la défense du pays face aux menaces sécuritaires, mais aussi comme un creuset social majeur. Il vise à intégrer les jeunes issus de divers milieux socio-économiques et culturels, ce qui favorise un sentiment d'identité nationale partagée et de cohésion.

Cependant, il existe des exceptions importantes à cette obligation. La population arabe israélienne, à l'exception notable des communautés druzes et circassiennes pour qui le service est majoritairement obligatoire, est généralement exemptée, bien qu'elle puisse se porter volontaire. Les femmes juives religieuses pratiquantes peuvent obtenir une exemption sur base de motifs religieux ou choisir d'effectuer un service civil national alternatif, connu sous le nom de sherut leumi. Des exemptions sont également accordées pour des raisons médicales, psychologiques ou sur d'autres critères spécifiques évalués par l'armée.

Le service peut être effectué dans diverses unités et rôles, des unités de combat aux rôles techniques, administratifs ou éducatifs, au sein de l'armée de terre, de l'armée de l'air ou de la marine. L'affectation dépend des aptitudes, des besoins de l'armée et parfois des préférences exprimées par les recrues. Après avoir terminé leur service obligatoire, la plupart des Israéliens sont inscrits dans les forces de réserve (sherut miluim) et peuvent être appelés périodiquement pour des périodes d'entraînement ou en cas d'urgence nationale, parfois jusqu'à un âge relativement avancé, bien que les critères varient. 

La population arabe, citoyens d'Israël, est principalement concentrée dans le nord (Galilée), le centre (le "Triangle") et le sud (Bédouins du Néguev). Bien que citoyens, ils constituent une minorité avec un statut complexe. Historiquement et actuellement, cette population fait face à des défis en termes d'égalité socio-économique, d'accès aux ressources, de représentation politique et de sentiment d'appartenance à l'État. Les Bédouins du Néguev, en particulier, ont des problèmes spécifiques liés à la reconnaissance de leurs villages et aux terres. La population arabe n'effectue généralement pas le service militaire obligatoire, bien que les Druzes et les Circassiens le fassent volontairement ou obligatoirement. Ce service militaire est un facteur d'intégration sociale important dans la société juive et son absence pour la majorité des citoyens arabes contribue à une certaine séparation.

La société israélienne est caractérisée par des clivages profonds et qui peuvent se chevaucher. Le clivage ethno-national (Juifs vs. Arabes) est le plus fondamental. Il touche à l'identité de l'État, aux droits civiques et à l'accès aux ressources. Le clivage religieux au sein de la population juive (séculiers vs. religieux/ultra-orthodoxes) est également central, et influence la législation (en particulier en matière de mariage, de divorce, de shabbat, de cacherout), le système éducatif, la vie politique et les tensions dans l'espace public. Le clivage d'origine (historiquement Ashkénazes vs. Mizrahim) s'est atténué mais persiste dans certains domaines socio-économiques. Un autre clivage important est géographique et socio-économique, entre le centre du pays (généralement plus aisé, séculier et politiquement centriste/libéral) et la périphérie (plus traditionnelle, moins développée économiquement et politiquement plus conservatrice).

La société israélienne est également marquée par le conflit israélo-palestinien et la situation sécuritaire régionale. Cela a renforcé un sentiment de résilience collective, une culture de l'innovation (notamment dans le domaine technologique et militaire), mais aussi une certaine militarisation de la société et une polarisation politique intense. Le service militaire obligatoire pour la plupart des jeunes juifs (hommes et femmes) est une expérience formative majeure et un facteur d'intégration sociale, bien que ce rôle soit de plus en plus limité par l'exemption des Haredim et la non-intégration de la majorité de la population arabe. La famille reste une institution forte, mais sa structure et ses valeurs varient entre les différents groupes démographiques et religieux. L'éducation est très valorisée. Cependant les systèmes scolaires sont largement séparés selon les groupes (écoles d'État générales, écoles d'État religieuses, écoles arabes, écoles ultra-orthodoxes indépendantes), ce qui peut renforcer les divisions sociétales. 

Quelques-unes des principales villes d'Israël

• Jérusalem (Yerushalayim). - Environ 950 000 habitants. Capitale d'Israël et l'une des plus anciennes villes du monde. Ville sainte pour le judaïsme, le christianisme et l'islam, abritant des sites religieux majeurs comme le Mur des Lamentations, le Dôme du Rocher et le Saint-Sépulcre. Mélange de quartiers modernes et historiques avec des populations juives, musulmanes et chrétiennes.

• Tel Aviv-Jaffa (Tel Aviv-Yafo). -  Environ 460 000 habitants (environ 4 millions dans la région métropolitaine du Gush Dan, qui est particulièrement dense et constitue le centre économique et technologique du pays). Connue pour sa vie nocturne animée, ses plages, ses gratte-ciel modernes et son secteur high-tech (surnommé la "Silicon Wadi"). Jaffa, partie ancienne de Tel Aviv, est une ville portuaire historique avec une riche histoire multiculturelle.

• Haïfa. - Environ 280 000 habitants.  Située sur les pentes du Mont Carmel, Haïfa est le principal port maritime d'Israël. C'est aussi un centre industriel et technologique, avec une forte présence de l'industrie chimique et des centres de recherche. Ville avec une cohabitation religieuse notable entre Juifs, Arabes musulmans et chrétiens. Le sanctuaire Baha'i et ses jardins suspendus sont des sites touristiques majeurs.

• Rishon LeZion. - Environ 260 000 habitants. Située au sud de Tel Aviv, c'est l'une des plus anciennes colonies modernes d'Israël.  Ville en pleine croissance avec de nombreuses zones résidentielles et des centres commerciaux modernes.

• Petah Tikva. - Environ 250 000 habitants. Une autre grande ville de la banlieue de Tel Aviv, à l'est de la capitale économique. Ville industrielle et technologique, avec de nombreux hôpitaux et centres de recherche.

• Ashdod. - Environ 225 000 habitants. Située sur la côte méditerranéenne, au sud de Tel Aviv, Ashdod est l'un des principaux ports commerciaux d'Israël. Ville moderne avec une forte communauté juive d'origine immigrée, notamment d'Europe de l'Est et d'Afrique du Nord.

• Netanya. - Environ 220 000 habitants. Située au nord de Tel Aviv, Netanya est une ville balnéaire populaire avec des plages magnifiques le long de la Méditerranée. Ville touristique et résidentielle avec de nombreux expatriés.

• Beer-Sheva (Beersheba). - Environ 210.000 habitants. Principale ville du Néguev, au sud du pays. Centre universitaire important avec l'Université Ben-Gourion, ainsi qu'un pôle pour les technologies du désert. Centre historique avec des liens au récit biblique d'Abraham.

• Bnei Brak. - Environ 205 000 habitants. Ville située dans la banlieue de Tel Aviv, connue pour être un important centre ultra-orthodoxe juif (Haredim). L'une des villes les plus densément peuplées d'Israël, avec une vie religieuse et communautaire très présente.

• Holon. - Environ 200 000 habitants. Située au sud de Tel Aviv, Holon est une ville industrielle et résidentielle. Réputée pour ses musées (notamment le Musée des enfants de Holon) et ses institutions culturelles.

• Bat Yam. - Environ 160 000 habitants. Située juste au sud de Tel Aviv, Bat Yam est une ville côtière. Ville en développement avec de nombreux projets immobiliers le long de la côte méditerranéenne.

• Ashkelon. - Environ 150 000 habitants.  Ville côtière dans le sud du pays, près de la bande de Gaza. Ville historique avec des sites archéologiques datant de l'époque des Philistins et des Croisés, et une importance stratégique moderne.

---
Groupes ethnolinguistiques.
La population d'Israël est un mélange complexe et dynamique de groupes ethnolinguistiques, principalement structuré autour de deux populations majoritaires et de nombreuses minorités, façonnées par l'histoire, les migrations et la coexistence.

Juifs.
Les citoyens juifs constituent la majorité de la population. Cette communauté est elle-même incroyablement diverse, reflet de l'histoire des diasporas juives à travers le monde et des vagues d'immigration (aliyah) vers la Terre d'Israël. La langue officielle et prédominante parmi les Juifs israéliens est l'hébreu moderne, une langue ancienne revitalisée et devenue le ciment linguistique de la nation. Cependant, les origines géographiques et culturelles continuent de définir des sous-groupes importants. 

Historiquement, on distingue (ou on a distingué)  les Ashkénazes, les Sépharades et les Mizrahim. Ces derniers constituent aujourd'hui le groupe le plus nombreux au sein de la population juive d'Israël, bien que les distinctions se soient largement estompées avec le temps et les mariages mixtes.

• Les Ashkénazes sont issus d'Europe centrale et orientale, dont la langue traditionnelle était le yiddish (parlé par de moins en moins de personnes, principalement dans certaines communautés ultra-orthodoxes);

• Les Sépharades sont originaires de la péninsule ibérique (expulsés en 1492) et de leurs lieux de refuge dans le bassin méditerranéen, les Balkans et le Moyen-Orient. Leur langue traditionnelle était le judéo-espagnol (ladino), également en déclin;

• Les Mizrahim (littéralement "Orientaux") sont originaires des pays arabes, d'Iran, d'Asie centrale et du Caucase. Ils parlaient diverses langues judéo-arabes, judéo-persanes, judéo-géorgiennes, etc. 

D'autres groupes importants issus de migrations plus récentes incluent les Juifs éthiopiens (Beta Israël ou Falashas), qui parlent amharique ou tigrinya en plus de l'hébreu, et les Juifs d'Inde, de Bukharan, etc. 

L'hébreu reste la langue commune et l'identité israélienne moderne transcende de plus en plus ces origines, bien que les disparités socio-économiques et culturelles persistent.

Arabes.
La deuxième communauté majeure est celle des citoyens arabes d'Israël, souvent appelés Arabes israéliens ou Palestiniens citoyens d'Israël. Ils représentent une minorité significative de la population. Leur langue maternelle est l'arabe, principalement dans les dialectes levantins (similaires à ceux de la Palestine et de la Jordanie voisines), bien que l'arabe littéral moderne soit utilisé dans l'éducation et les médias. L'arabe est une langue officielle en Israël, utilisée dans les panneaux de signalisation, les documents gouvernementaux (souvent traduits) et reconnue dans les écoles. Cependant, la maîtrise de l'hébreu est essentielle pour l'intégration socio-économique et la participation à la vie publique, et la plupart des citoyens arabes sont bilingues, voire trilingues (avec l'anglais). 

La population arabe est également diverse sur le plan religieux : la grande majorité sont des musulmans sunnites, mais il existe d'importantes minorités chrétiennes de diverses confessions (grecs-orthodoxes, catholiques, etc.) et une communauté druze distincte, dont la religion est séparée de l'islam et qui a une relation particulière avec l'État d'Israël (notamment par le service militaire obligatoire). 

Les Bédouins, majoritairement musulmans, constituent un sous-groupe arabe dont le mode de vie, traditionnellement nomade ou semi-nomade, diffère de celui des Arabes sédentarisés dans les villes et villages. Les identités au sein de cette population sont complexes, et mêlent l'appartenance à la nation palestinienne, la citoyenneté israélienne et les identités religieuses ou tribales.

Autres minorités.
Outre ces deux groupes principaux, Israël compte également d'autres minorités ethnolinguistiques, dont la plus nombreuse est celle des immigrants non juifs ou dont la judéité n'est pas reconnue par l'orthodoxie religieuse, qui ont immigré en vertu de la Loi du Retour (qui inclut les enfants et petits-enfants de Juifs, ainsi que leurs conjoints, indépendamment de leur propre statut religieux). Une part importante de ce groupe provient de l'ex-Union Soviétique à partir des années 1990. Le russe est une langue couramment parlée dans certaines villes et quartiers, et il existe des médias et des institutions culturelles russophones. Bien que beaucoup apprennent l'hébreu, le russe maintient une présence significative. Parmi les autres groupes d'immigrants ou résidents non juifs, on trouve des travailleurs étrangers (principalement d'Asie et d'Afrique, parlant philippin, thaï, éthiopien, etc.) et des demandeurs d'asile. De plus, il existe de petites communautés historiques comme les Samaritains (parlant l'arabe et un hébreu samaritain liturgique) et d'autres petits groupes.

Culture.
La culture israélienne est toute de contrastes. Elle est à la fois profondément enracinée et globalisée, communautaire et individualiste, informelle et intense, diverse et constamment en quête d'une identité nationale unifiée. Elle continue d'évoluer, nourrie par de nouvelles vagues d'immigration, les influences externes et les débats internes, ce qui fait d'elle l'une des cultures les dynamiques de la région.

Les fondements de cette culture sont profondément enracinés dans l'histoire et les traditions du peuple juif, qui marque le calendrier, les rituels familiaux et les valeurs communautaires. Le retour au pays, la renaissance de la langue hébraïque et l'établissement de l'État d'Israël sont des éléments centraux de l'identité culturelle. Cependant, il convient de noter que la culture israélienne n'est pas monolithique ni exclusivement religieuse; elle englobe un large spectre de pratiques et de croyances, du judaïsme ultra-orthodoxe à un mode de vie laïc très prononcé, avec toutes les nuances intermédiaires.

Cette richesse est avant tout le fruit d'une immigration massive et diversifiée depuis la fin du XIXe siècle. Les Juifs venus d'Europe de l'Est (Ashkénazes) ont apporté des traditions, une cuisine et des formes artistiques distinctes de celles des Juifs originaires des pays méditerranéens, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord (Séfarades et Mizrahim). Ces populations, ainsi que les vagues d'immigration plus récentes (d'Éthiopie, de l'ex-Union Soviétique, etc.), ont chacune enrichi le paysage culturel de leurs musiques, leurs cuisines, leurs langues et leurs coutumes. La culture israélienne englobe également une composante arabe significative, avec les citoyens arabes d'Israël qui maintiennent leurs propres traditions linguistiques, culinaires, musicales et sociales, et apportent une autre couche de diversité essentielle.

Le tissu social israélien se caractérise souvent par une informalité et une franchise, parfois perçues comme directes ou même brusques (l'idée de la chutzpah), mais souvent empreintes de chaleur et d'hospitalité. La notion de communauté reste importante, héritage notamment de l'idéal sioniste et des premières formes de peuplement comme les kibboutzim (même si leur rôle a évolué). Le service militaire universel (pour la plupart des Juifs et Druzes, et une partie des Bédouins) constitue une expérience partagée majeure qui forge des liens et influence le rythme de vie de nombreux jeunes adultes.

L'expression artistique occupe une place centrale, et sert à la fois de miroir à la société et de vecteur de dialogue sur l'identité, l'histoire et les défis contemporains. La littérature israélienne a acquis une reconnaissance internationale avec des écrivains comme Amos Oz, David Grossman ou Etgar Keret. Elle traite  volontiers des tensions existentielles, sociales et politiques. La musique est extrêmement diverse et va des mélodies mizrahi populaires aux sonorités rock, folk, électroniques, en passant par la musique classique, klezmer et les chants religieux. La danse contemporaine, notamment avec des compagnies comme la Batsheva Dance Company, jouit d'une réputation mondiale. Le théâtre, le cinéma et les arts visuels sont également très actifs, et reflétent les préoccupations et les débats internes.

La gastronomie israélienne reflète ce métissage culturel. Elle est parfois décrite comme une fusion de saveurs méditerranéennes et moyen-orientales, avec une forte emphase sur les produits frais, les légumes, les herbes et les épices. Des plats comme le houmous, le falafel, la shakshuka, le sabich, le couscous, les salades variées et l'utilisation généreuse de tahini et de za'atar sont emblématiques. La culture des marchés (comme le Shuk Mahane Yehuda à Jérusalem ou le Carmel Market à Tel Aviv) est un élément vivant de la vie quotidienne.

Le calendrier est ponctué de fêtes et d'observances. La plus importante est le Shabbat (le jour de repos hebdomadaire du coucher du soleil le vendredi soir au coucher du soleil le samedi soir), qui influence le rythme du pays. Les grandes fêtes juives comme Rosh Hashanah, Yom Kippour, Soukkot, Hanukkah, Pourim et Pessa'h sont des moments charnières qui mélangent pratiques religieuses, réunions familiales et célébrations nationales. Yom Ha'atzmaut, le Jour de l'Indépendance, est une fête nationale majeure, précédée par Yom HaZikaron, le Jour du Souvenir pour les soldats tombés et les victimes du terrorisme, qui crée un passage émotionnel entre deuil et célébration.

Un aspect marquant de la culture israélienne contemporaine est l'esprit d'innovation et d'entreprise qui a valu au pays le surnom de Startup nation. Cette culture de prise de risque, de résolution de problèmes et d'adoption rapide des nouvelles technologies imprègne au-delà du seul secteur de la haute technologie, et influencet une mentalité générale orientée vers le futur et la capacité à surmonter les obstacles.

Enfin, la culture israélienne est intrinsèquement liée à sa situation géopolitique. Le conflit et la recherche de la paix sont des thèmes omniprésents qui influencent la psyché collective, l'art, les conversations quotidiennes et même le sens de l'humour (souvent qualifié de noir ou sarcastique). Cette conscience aiguë du contexte sécuritaire ajoute une intensité particulière aux interactions sociales et aux débats publics.

Economie.
L'économie d'Israël se présente comme une économie de marché développée, très dynamique et remarquablement résiliente, surtout si l'on considère la taille relativement petite du pays et le contexte géopolitique complexe dans lequel il évolue. Au cours des dernières décennies, elle a opéré une transformation spectaculaire, passant d'une économie initialement axée sur l'agriculture et les industries traditionnelles à un pôle mondial d'innovation technologique. Le Produit Intérieur Brut (PIB) israélien est substantiel pour un pays de sa taille, et le PIB par habitant se situe parmi les plus élevés des pays de l'OCDE, ce qui témoigne d'un niveau de vie globalement élevé, bien que marqué par des inégalités internes.

Le moteur principal de cette économie est sans conteste le secteur de la haute technologie. Israël possède une densité exceptionnellement élevée de startups et attire un volume considérable de capital-risque par habitant. Ce secteur couvre un large éventail de domaines, de la cybersécurité à la biotechnologie, en passant par les technologies financières (fintech), l'intelligence artificielle, la technologie médicale et les technologies de l'information et de la communication (TIC) en général. L'innovation est nourrie par des investissements massifs en recherche et développement (R&D), tant publics que privés, qui figurent parmi les plus élevés du monde en pourcentage du PIB. Cet écosystème est soutenu par des universités de renom, des centres de recherche de pointe et une culture entrepreneuriale forte, couramment renforcée par l'expérience et les compétences acquises lors du service militaire obligatoire, notamment dans les unités technologiques.

Outre la haute technologie, l'économie israélienne repose également sur d'autres secteurs, bien que leur poids relatif dans le PIB et les exportations soit moindre. On trouve ainsi une industrie manufacturière plus traditionnelle (produits chimiques, pharmaceutiques, équipements de défense), un secteur des services bien développé (finance, immobilier, commerce, santé) et un secteur agricole, qui, bien que ne représentant qu'une faible part de l'emploi et du PIB, est extrêmement avancé technologiquement (irrigation au goutte-à-goutte, développement de variétés résistantes). Le tourisme a historiquement été une source importante de revenus. Il est toutefois très sensible à la situation sécuritaire régionale.

La résilience de l'économie israélienne face aux chocs est notable. Elle a su gérer des crises économiques mondiales et s'adapter aux tensions régionales. Le gouvernement a généralement poursuivi des politiques macroéconomiques prudentes, et la Banque d'Israël est reconnue pour son indépendance et son rôle efficace dans le maintien de la stabilité des prix. Le pays bénéficie également de relations économiques fortes avec les États-Unis et l'Union Européenne, qui sont ses principaux partenaires commerciaux, ainsi qu'avec un nombre croissant de pays en Asie et ailleurs, notamment dans le cadre des Accords d'Abraham qui ont ouvert de nouvelaux débouchés régionaux. Les exportations, dominées par les produits et services de haute technologie, sont essentielles à sa croissance.

Cependant, l'économie israélienne n'est pas sans défis majeurs. Le premier est structurel : les inégalités de revenus sont parmi les plus élevées des pays développés. Il existe un écart significatif entre le secteur de la haute technologie, très rémunérateur, et d'autres secteurs où la productivité et les salaires sont plus faibles. L'intégration de certaines populations (notamment la population arabe israélienne et la communauté juive ultra-orthodoxe des Haredim) sur le marché du travail, en particulier dans les secteurs porteurs, reste un enjeu important. Le coût de la vie, notamment le prix du logement, est excessivement élevé, en particulier dans les grands centres urbains, ce qui pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des ménages. La dépendance à l'égard des importations pour certaines matières premières et biens de consommation constitue également une vulnérabilité, bien que les récentes découvertes de gisements de gaz naturel au large des côtes (notamment dans les champs gaziers de Tamar et de Léviathan) aient considérablement renforcé l'indépendance énergétique du pays. Enfin, le contexte géopolitique pèse constamment sur l'économie, non seulement en raison de l'incertitude et des perturbations potentielles, mais aussi en nécessitant des dépenses de défense importantes qui pourraient autrement être investies ailleurs.



Frédéric Encel, Géopolitique du sionisme; stratégies d'Israël, Armand Colin 2006. - Comment des intellectuels laïcs- dispersés en Europe orientale ont-ils convaincu, dans le second XIXe siècle, des milliers de leurs compatriotes d'aller peupler la terre de leurs ancêtres, désormais lointaine, désolée et occupée par un puissant empire? Comment un mouvement politique squelettique, dépourvu de richesses, d'assise territoriale et d'alliances étatiques a-t-il bâti une diplomatie efficace, des institutions démocratiques, des infrastructures performantes puis un Etat souverain viable en un demi-siècle à peine ? Comment quelques cultivateurs et poètes n'entretenant aucune expérience militaire et refusant souvent de s'en doter, ont-ils pu créer l'une des plus puissantes armées du monde? Comment Israël, État-nation du peuple juif et fruit du sionisme, a-t-il élaboré ses stratégies de survie puis de puissance dans un Proche-Orient instable et hostile ? Comment le sionisme et Israël se représentent-ils la mémoire, la force, l'espace? (couv.).
.


Etats et territoires
[La Terre][Cartotheque][Tableaux de bord][Histoire politique]
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2005 - 2025. - Reproduction interdite.