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| Le premier voyage de Colomb L'expédition fut organisée par les soins de Hernando de Talavera, évêque d'Avila Nous reproduisons le détail des préparatifs d'après l'excellent exposé de Harrisse (Christophe Colomb, t. I, pp. 405.408). « Le 30 avril 1492, l'ordre d'armer l'expédition à Palos fut enfin donné. Par armement, il faut entendre l'équipement de trois caravelles appartenant à des particuliers et qui furent mises en réquisition au nom de Ferdinand et d'Isabelle, pour un temps illimité. La ville de Palos devait payer le loyer de deux de ces caravelles pendant deux mois et la solde des équipages pendant quatre mois. Le 23 mai 1492, les autorités municipales de Palos (ou de Moguer) se déclarèrent prêtes à obéir aux ordres de Leurs Altesses. Ce ne fut cependant qu'après une sommation datée du 20 juin suivant qu'elles s'exécutèrent.Il y avait dans cet équipage des criminels en faveur de qui on avait suspendu le cours de la justice, mais aussi des marins de valeur comme les Pinzon, Juan de la Cosa et Pero Alonso Niño. Le vendredi 3 août 1492, à huit heures du matin, Christophe Colomb appareilla de la barre de Salles, à l'embouchure de l'Odiel et du rio Tinto, en face de Huelva. L'équipage s'était confessé et avait communié. Le journal de bord que l'amiral tint régulièrement depuis le commencement de sa navigation nous est pour cette mémorable entreprise un document inappréciable; nous n'en possédons malheureusement qu'un abrégé fait par Las Casas et conservé dans la bibliothèque du duc d'Ossuna (publié par Navarrete, puis par Varnhagen) à Madrid. Ce journal témoigne de ses préoccupations religieuses, de l'influence de Toscanelli, et nous donne de curieux renseignements sur son état d'esprit. Il cingla droit sur les Canaries A partir du 25 septembre, Christophe Colomb parvenu aux parages où sa carte marquait l'île d'Antilia la cherchait obstinément; à plusieurs reprises il crut l'apercevoir. Il ne se laissait pas ébranler par les prières, les objurgations ou les menaces de son équipage, décidé à poursuivre son entreprise jusqu'au bout ; le fameux récit d'après lequel il aurait transigé et demandé seulement trois jours de répit est purement légendaire. Une pension annuelle de 10 000 maravédis avait été promise à celui qui signalerait : terre; que de fois ce cri résonna à tort! Il fallut décider que le matelot qui commettrait cette erreur serait exclu de la récompense promise. Le 7 octobre, Colomb mit le cap au Sud-Ouest, remarquant que les oiseaux venaient de cette direction et supposant que la terre était proche. Le 10 octobre, il tint tête à ses matelots, qui tous voulaient retourner, les réconforta par l'espoir d'un gain considérable et affirma sa résolution de passer outre. On était alors à 750 milles des Canaries; Colomb n'avouait qu'un chiffre moindre et les pilotes de ses deux petites caravelles faisaient comme lui, probablement par erreur. Le 11 octobre, on pêcha une branche d'arbre encore verte, un morceau de bois travaillé au feu, un rameau couvert de baies rouges. Le soir, Colomb lui-même aperçut du haut du château d'arrière de son navire une lueur; il appela et d'autres la reconnurent. Plus tard, il se fit donner la pension promise à celui qui aurait vu la terre le premier. Le 12, à deux heures du matin, le matelot Rodrigo de Triana, de la Pinta, vit au clair de lune une plage de sable. Un coup de feu signala la découverte aux autres navires et quand le jour se leva ils aperçurent une belle île couverte de verdure. Il y avait trente-deux jours qu'on était parti des îles Canaries. Ravi, les larmes aux yeux, Christophe Colomb entonna le Te Deum, accompagné par tous les siens. Les commandants des navires se firent conduire au rivage par des barques armées; ils se jetèrent à terre pour l'embrasser et arborèrent des pavillons portant la croix verte et les initiales F et I de leurs souverains. Christophe Colomb donna à cette île le nom de San Salvador, les indigènes l'appelaient Guanahani. Les insulaires, à peau brune, se pressaient autour des étrangers descendus de la mer. Pour se les concilier on leur distribua de la verroterie et des menus cadeaux. Ils étaient à peu près nus, quelques femmes portant seulement de petits tabliers; ils étaient sans armes et ne connaissaient pas le métal; plusieurs étaient peints, rayés de noir, de blanc ou de rouge. Bientôt on commença à troquer les verroteries et menus bibelots contre les ornements d'or que portaient les indigènes. On leur demanda d'où ils les tenaient; ils indiquèrent le Sud-Ouest. Leurs canots creusés dans un tronc d'arbre leur permettaient de communiquer avec les terres voisines, mais n'auraient pu servir pour de longues courses sur mer. Confirmé ainsi dans l'opinion que cette première île signalait l'approche de terres plus considérables, auxquelles il appliqua sans hésiter le nom d'Indes, Colomb reprit la mer; il toucha à deux nouvelles îles qu'il dénomma Santa Maria de la Conception et Fernandina. Empêché par des vents contraires de dépasser cette île, il revint à la Conception, la contourna par la côte orientale, cherchant l'île Saomet où les Indiens lui avaient dit qu'il trouverait de l'or. Il la dénomma Isabella en l'honneur de la reine. Cette île était, comme les précédentes, bien boisée. On lui signala plus au Sud une grande île, appelée Colba (Cuba Guanahani et compagnie. Les connaissances astronomiques de Christophe Colomb étaient médiocres ; il a fait d'énormes erreurs, indiquant pour Cuba |
| Passons à la description de Christophe Colomb. Il dit que Guanahani est une grande île, plate, sans nulle hauteur, boisée, avec une grande lagune au milieu; elle était entourée entièrement d'une ceinture de récits; au milieu est une échancrure donnant accès dans un port assez vaste pour contenir tous les navires de la chrétienté. Les habitants étaient très nombreux. Las Casas, qui était certainement bien informé, dit que l'île figure sur les cartes de son temps sous le nom de Triango, qu'elle avait la forme d'une fève et 15 lieues de long; au centre, une lagune d'eau douce et potable. La population a péri et les bois ont été coupés; mais le reste de la description ne correspond exactement à aucune des îles Bahamas; un vaste port formé par une ceinture de récifs, on en peut trouver plusieurs, mais nulle rade justifiant l'admiration de Colomb. Watling seule a une véritable lagune intérieure (dont l'eau n'est pas potable), mais celle dont parle Colomb pourrait avoir été un petit lac desséché depuis le déboisement. Aux partisans de Cat Island (dont le Sud possède un lac), on objecte que Colomb a contourné San-Salvador par le Nord, ce qui n'est guère admissible pour cette île, car la suite de la navigation ne se comprendrait plus; à ceux de Watling, on oppose l'absence évidente de port; on ne trouve réellement de rade intérieure que celle formée par les îles Acklin et Crooked; mais si l'on fait arriver Colomb directement à Acklin, la navigation ultérieure depuis San-Salvador jusqu'à Cuba De San-Salvador, sans s'arrêter longtemps aux autres îles, Christophe Colomb avait gagné la côte septentrionale de Cuba Débarquement de Colomb à Hispaniola. Gravure du XVIe siècle. Propagation de la nouvelle. Il faut dire que les théories de Christophe Colomb, qui avaient si bien servi pour l'exécution de son projet, lui nuisirent ensuite. Il est infiniment plus important d'avoir trouvé une autre partie du monde qu'une autre route vers les Indes, et en s'acharnant à son idée, Colomb diminuait la portée de son exploit. Il la diminuait d'autant plus qu'en cherchant cette route vers l'Inde Remarquons aussi les exagérations de l'amiral; il double la longueur des côtes de Cuba |
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