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| Madrid |
| Madrid,
Mantua
Carpetanorum, puis Majoritum et Madritum, est la capitale
de l'Espagne Géographie de
Madrid.
"L'air y est si subtil, dit un proverbe espagnol, qu'il tue un homme et n'éteint pas une lumière."Au nord et au nord-ouest, le paysage s'élève progressivement vers les contreforts puis les sommets de la Sierra de Guadarrama, une importante chaîne montagneuse appartenant au Sistema Central. Cette proximité de la montagne, dont les sommets les plus proches culminent à plus de 2000 mètres, est un élément géographique marquant pour la ville, visible depuis de nombreux points élevés et influençant les conditions météorologiques locales (précipitations, températures). Le reste des environs immédiats est principalement constitué du plateau de la Meseta, caractérisé par des plaines légèrement ondulées et des zones agricoles ou arides. Un élément hydrographique important pour Madrid est le fleuve Manzanares. Prenant sa source dans la Sierra de Guadarrama, ce fleuve, de taille relativement modeste, traverse la ville du nord-ouest au sud, créant une vallée peu profonde et marquant une limite naturelle ou un axe de développement pour plusieurs quartiers. Les parcs riverains et les aménagements le long du fleuve ont modifié son aspect naturel d'origine, mais il reste une caractéristique topographique notable. Le relief de la ville est plutôt ondulé, marqué par une série de collines douces et de dépressions. L'altitude varie à l'intérieur de la zone urbaine, descendant vers 600 mètres près du Manzanares et s'élevant à plus de 700 mètres dans certaines parties périphériques ou sur les points les plus élevés du centre-ville et de ses environs immédiats. Le coeur historique de Madrid, notamment le quartier de la Latina et la zone autour du Palais Royal, est bâti sur une série de petites élévations dominant la vallée du Manzanares. L'érosion a également sculpté le paysage, créant des vallons ou des barrancos dans certaines zones, notamment aux abords du fleuve et dans les grands espaces verts comme la Casa de Campo. Cette topographie en pente douce par endroits influence l'urbanisme, avec des rues inclinées et des points de vue variés à travers la ville. Géologiquement,
Madrid est située dans un bassin sédimentaire formé par l'érosion du
Sistema Central. Le sous-sol est principalement composé de dépôts tertiaires
(marnes, argiles, sables) qui donnent lieu à des sols caractéristiques
visibles dans les coupes et les berges du Manzanares et qui influencent
la stabilité du terrain dans certaines zones.
Madrid en 1854, par Alfred Guesdon. Géographie
humaine.
L'Ă©conomie madrilène est massivement orientĂ©e vers le secteur tertiaire. En tant que siège du gouvernement national, de nombreuses entreprises multinationales et des institutions financières majeures, elle est un centre dĂ©cisionnel et Ă©conomique de premier plan en Espagne. Les services, la finance, l'administration publique, le tourisme et les technologies de l'information constituent les principaux moteurs de l'emploi et attirent une main-d'oeuvre qualifiĂ©e mais aussi des travailleurs pour des secteurs moins spĂ©cialisĂ©s. Cette concentration d'activitĂ© Ă©conomique a contribuĂ© Ă une densitĂ© de population Ă©levĂ©e, en particulier dans les arrondissements centraux, et a gĂ©nĂ©rĂ© des flux pendulaires massifs entre le centre et les zones pĂ©riphĂ©riques. -La vie sociale Ă Madrid est particulièrement animĂ©e et est souvent associĂ©e Ă la culture de "la calle" – la vie dans la rue, les terrasses, les bars Ă tapas. Cette ambiance se retrouve dans l'organisation spatiale de la ville, avec de nombreux espaces publics animĂ©s, des places historiques (comme la Plaza Mayor ou la Puerta del Sol, vĂ©ritable coeur symbolique de la ville) et des rues commerçantes très frĂ©quentĂ©es (comme la Gran VĂa). Les quartiers prĂ©sentent des identitĂ©s distinctes : le centre historique (Austrias, La Latina) avec ses ruelles mĂ©diĂ©vales et son ambiance traditionnelle; des zones comme Chueca ou Malasaña, connues pour leur vie nocturne, leur culture alternative et leur rĂ´le dans la communautĂ© LGBTQ+; le quartier de Salamanca, Ă©lĂ©gant et rĂ©sidentiel, abritant les boutiques de luxe; et des zones plus pĂ©riphĂ©riques offrant des types de logements variĂ©s, des grands ensembles rĂ©sidentiels aux zones pavillonnaires, reflĂ©tant diffĂ©rentes couches socio-Ă©conomiques. La ville est confrontĂ©e aux dĂ©fis de la gentrification dans les quartiers centraux, oĂą la hausse des loyers et la pression touristique modifient le tissu social et dĂ©placent parfois les rĂ©sidents de longue date. L'organisation spatiale de Madrid est Ă©galement marquĂ©e par son dĂ©veloppement historique : un noyau ancien, l'Ensanche (l'extension planifiĂ©e du XIXe siècle), et des expansions plus modernes. L'infrastructure de transport est un Ă©lĂ©ment crucial de sa gĂ©ographie humaine, avec un rĂ©seau de mĂ©tro très dense, l'un des plus Ă©tendus au monde, qui permet une mobilitĂ© relativement aisĂ©e pour une grande partie de la population. Les systèmes de bus et de trains de banlieue (CercanĂas) complètent ce maillage, facilitant les dĂ©placements quotidiens des millions de personnes vivant dans l'aire mĂ©tropolitaine. La gestion de la circulation et la qualitĂ© de l'air sont des enjeux majeurs pour l'administration municipale, conduisant Ă des politiques visant Ă restreindre l'accès des vĂ©hicules au centre-ville. Enfin, Madrid est
un centre culturel majeur dont les institutions (musées comme le Prado,
le Reina SofĂa, le Thyssen-Bornemisza) et les espaces culturels (théâtres,
cinémas, salles de concert) façonnent l'identité et l'attractivité
de la ville, attirant résidents et touristes et contribuant à son dynamisme
humain constant. Les grands parcs comme le Retiro ou la Casa de Campo jouent
également un rôle essentiel comme espaces de loisirs et "poumons verts"
au sein de l'environnement urbain dense.
La petite ville chrétienne qui se développe autour de la forteresse conserve son rôle défensif, se trouvant à la limite des royaumes chrétiens et musulmans pendant un temps. Elle gagne un fuero, un ensemble de lois et de privilèges, en 1202, octroyé par Alphonse VIII, qui lui permet d'organiser son gouvernement municipal. Madrid reste une cité secondaire du royaume de Castille, où les rois convoquent parfois les Cortes, les assemblées représentatives, dans l'ancienne église San Salvador. C'est une ville de marché, d'artisans, vivant à l'ombre des puissantes Tolède ou Burgos. Le palais royal n'est qu'un ancien alcázar musulman adapté. Des Cortès y furent tenues au XIVe s. Henri III, roi de Castille, la répara et l'agrandit vers 1400. Un concile en 1473. Mais la situation peu sûre de la ville en éloigna longtemps les rois. Charles-Quint alla s'y établir, et c'est à Madrid que fut détenu François Ier, et que fut signé entre les deux souverains le Traité qui porte le nom de cette ville. Sous Philippe II, fils de Charles Quint, la ville n'est encore qu'une petite bourgade d'environ 20 000 habitants, dépourvue des infrastructures d'une capitale. Mais, désormais dotée par le roi en 1560 de ce statut, Madrid devient d'un coup le centre politique du monde, le siège d'un empire qui s'étend sur plusieurs continents. -
Armes de Madrid. La population explose en quelques dĂ©cennies, attirant nobles, courtisans, fonctionnaires, artistes, artisans, religieux, et une foule en quĂŞte d'opportunitĂ©s. La ville s'Ă©tend de manière organique et dĂ©sordonnĂ©e, avec de nouvelles rues Ă©troites, des couvents (plus de 50 au XVIIe siècle), des palais nobiliaires et des habitations modestes s'entassant autour de l'ancien Alcázar, transformĂ© en Palais Royal par Charles Quint et Philippe II. C'est l'Ă©poque des Rois d'Espagne des Habsbourg, l'ère du Siècle d'Or (Siglo de Oro) espagnol, qui voit Ă©clore un gĂ©nie artistique et littĂ©raire sans prĂ©cĂ©dent (Cervantès, Lope de Vega, Calderon, Quevedo, Moratin, Velazquez ). La Plaza Mayor, chef-d'Ĺ“uvre de l'urbanisme baroque castillan, est construite après plusieurs incendies par Juan GĂłmez de Mora, achevĂ©e sous Philippe IV, servant de scène pour les processions, les corridas, les exĂ©cutions et les fĂŞtes royales. L'ancien Alcázar, malgrĂ© les embellissements, reste un bâtiment hĂ©tĂ©roclite. L'infrastructure urbaine peine Ă suivre la croissance rapide. Les rues sont sales, l'hygiène prĂ©caire, les Ă©pidĂ©mies frĂ©quentes. Au dĂ©but du XVIIIe siècle, un Ă©vĂ©nement dramatique marque la fin de cette Ă©poque et le dĂ©but d'une nouvelle ère : l'incendie de l'Alcázar de Madrid en 1734 dĂ©truit le palais et une grande partie de la collection royale d'art. C'est aussi le passage de la dynastie des Habsbourg Ă celle des Bourbons avec Philippe V après la Guerre de Succession d'Espagne. Les Bourbons apportent une vision plus centralisĂ©e et Ă©clairĂ©e du pouvoir, inspirĂ©e du modèle français. Philippe V dĂ©cide la construction d'un nouveau Palais Royal, le majestueux Palacio Real que l'on connaĂ®t aujourd'hui, sur les ruines de l'Alcázar. C'est une entreprise titanesque qui dure des dĂ©cennies, impliquant les meilleurs architectes italiens (Juvara, Sacchetti). Le roi Charles III, le "maire-roi", est le grand urbaniste de Madrid au XVIIIe siècle. Sous son règne, la ville se modernise considĂ©rablement dans l'esprit des Lumières. On ouvre de grandes avenues, les salones, pour la promenade (Recoletos, Prado), on construit des fontaines emblĂ©matiques qui ornent ces boulevards (Cibeles, Neptuno, Apollo) conçues par Ventura RodrĂguez, des portes monumentales (Puerta de Alcalá) par Sabatini. On crĂ©e des institutions scientifiques et culturelles, comme le Jardin Botanique et le Cabinet d'Histoire Naturelle (le futur musĂ©e du Prado), Ĺ“uvre de Juan de Villanueva. L'Ă©clairage public s'amĂ©liore, la collecte des ordures s'organise, les hĂ´pitaux sont restructurĂ©s. Madrid prend l'aspect d'une capitale europĂ©enne moderne, mĂŞme si les quartiers populaires conservent leur caractère labyrinthique. Cette modernisation est brutalement interrompue au dĂ©but du XIXe siècle par l'invasion napolĂ©onienne. Le 2 mai 1808, le peuple de Madrid, exaspĂ©rĂ© par la prĂ©sence des troupes françaises et le dĂ©part de la famille royale, se soulève spontanĂ©ment contre l'armĂ©e de Murat. C'est le cĂ©lèbre Dos de Mayo, un Ă©vĂ©nement sanglant et hĂ©roĂŻque immortalisĂ© par Goya, qui marque le dĂ©but de la Guerre d'IndĂ©pendance espagnole. La rĂ©pression est fĂ©roce (les fusillades du 3 mai). Madrid devient un champ de bataille, subissant sièges et occupation. Après la dĂ©faite de NapolĂ©on, le roi Ferdinand VII est restaurĂ©, mais l'Espagne et Madrid entrent dans une pĂ©riode de grande instabilitĂ© politique. Le XIXe siècle est marquĂ© par des guerres civiles (les guerres carlistes), des pronunciamientos militaires, des changements frĂ©quents de rĂ©gime (monarchie constitutionnelle, absolutisme, rĂ©gences, une brève et agitĂ©e Première RĂ©publique de 1873-1874, puis la Restauration bourbonienne Ă partir de 1875). Madrid est le théâtre de nombreux soulèvements, barricades et manifestations. MalgrĂ© l'instabilitĂ© politique, Madrid continue de croĂ®tre et de se moderniser. Les anciennes murailles sont dĂ©molies Ă partir des annĂ©es 1860 pour permettre l'expansion. Le plan Castro (Ensanche) est approuvĂ© pour dĂ©velopper les quartiers pĂ©riphĂ©riques de manière ordonnĂ©e, avec des rues larges et un plan en damier, bien que son exĂ©cution soit lente et partielle. La première ligne de chemin de fer espagnole, reliant Madrid Ă Aranjuez, ouvre en 1851, connectant enfin la capitale isolĂ©e au reste du pays. L'industrialisation reste limitĂ©e par rapport Ă d'autres villes espagnoles (Barcelone, Bilbao), Madrid reste avant tout une capitale administrative, politique et culturelle, centre d'un vaste appareil d'État. De nouveaux quartiers populaires apparaissent rapidement, souvent dans des conditions difficiles, accueillant les migrants des campagnes. Les boulevards initiĂ©s au XVIIIe siècle se dĂ©veloppent et s'animent (Recoletos, Paseo de la Castellana), les cafĂ©s, les théâtres, les casinos et les clubs fleurissent, une vie intellectuelle et sociale intense anime la ville. La Puerta del Sol devient un centre nĂ©vralgique, avec l'arrivĂ©e du tramway tirĂ© par des chevaux puis Ă©lectrique, et l'horloge de la Real Casa de Correos qui, Ă partir de 1856, donne l'heure Ă toute l'Espagne pour les douze coups de minuit du Nouvel An. Ă€ la fin du siècle, Madrid est une ville de plus d'un demi-million d'habitants, un centre de pouvoir, de culture et de sociĂ©tĂ©. Elle est confrontĂ©e aux dĂ©fis des grandes villes modernes : pauvretĂ© urbaine, inĂ©galitĂ©s sociales, problèmes d'hygiène dans les quartiers surpeuplĂ©s. L'annĂ©e 1900 trouve Madrid marquĂ©e par la perte des dernières colonies espagnoles en 1898, une crise nationale profonde qui se rĂ©percute dans la capitale par un sentiment de dĂ©clin et un dĂ©bat intense sur l'identitĂ© espagnole. Mais la ville est aussi en pleine effervescence modernisatrice, avec de nouvelles infrastructures, une population croissante et une vie culturelle foisonnante, prĂŞte Ă aborder un nouveau siècle chargĂ© de promesses et de tensions. |

| Plan de Madrid vers 1900. : 1. Palais royal et musée Armeria. -2. Cathédrale. -3. Hôtel de Ville (Casa de Ayuntamiento). - 4. Sénat, ministère de la Marine et Musée naval. - 5. Université.- 6. Ministère de la Justice.-7. Palais de Justice. - 8. Monnaie. - 9. Palais de la Bibliothèque et des Musées nationaux. -10. Ministère de la Guerre. -11. Banque d'Espagne.-12. Palais des Congrès.-13. Bourse du Commerce, - 14. Prado. - 15. Académie royale des Beaux-Arts (Calle de Alcala). - 16. Musée du Prado. - 17. Musée d'artillerie. -18. Faculté de médecine. - 19. Hôpital général.-20. Basilique de N. S. de Atocha. - 21. S. Francesco et Grande. - 22. Ministère de l'Intérieur et Puerta del Sol. - 23. Théâtre royal. - 24. Théâtre espagnol. - 25. Théâtre de la Comédie. |
| Madrid,
au début du XXe siècle, est une capitale
monarchique sous le règne d'Alphonse
XIII. La ville, bien que centre du pouvoir, conserve encore un aspect
provincial dans certains de ses quartiers, mais elle s'agite. Les inégalités
sociales sont criantes. Des ouvriers, des intellectuels, des militaires,
tous y vivent, souvent dans la tension. Les premières années du siècle
voient la ville grandir, se moderniser timidement. La population augmente,
attirée par les possibilités qu'offre la capitale, malgré l'instabilité
politique qui secoue le pays. Les manifestations et les grèves deviennent
monnaie courante, témoignant du mécontentement social. La culture s'épanouit
dans les cafés, les théâtres, les tertulias, où l'on débat passionnément
de politique, d'art et de philosophie.
La dictature de Primo de Rivera, dans les annĂ©es 1920, apporte une pĂ©riode de calme relatif, mais surtout de grands travaux. C'est le temps de la construction de la Gran VĂa, cet axe majeur qui symbolise l'entrĂ©e de Madrid dans la modernitĂ©. La circulation change, l'architecture s'inspire de modèles europĂ©ens. La ville se dote de nouvelles infrastructures, le mĂ©tro s'Ă©tend. Madrid se transforme, son centre s'adapte Ă une vie plus trĂ©pidante, mais la pĂ©riphĂ©rie reste marquĂ©e par la pauvretĂ©. En 1931, la Seconde RĂ©publique est proclamĂ©e. Madrid devient le coeur battant d'une Espagne en pleine effervescence. Les rues se remplissent de meetings, de dĂ©bats passionnĂ©s. La vie culturelle est d'une richesse incroyable, attirant artistes et intellectuels du monde entier. Les droits sociaux progressent, mais la polarisation politique s'accentue. La ville reflète les divisions du pays. Le 18 juillet 1936,
la Guerre civile éclate. Madrid résiste
au soulèvement militaire. La ville devient un symbole de la défense républicaine.
Le siège commence. Pendant près de trois ans, Madrid vit sous les bombardements,
la faim, la peur. Les habitants organisent la résistance, creusent des
tranchées dans les parcs, adaptent leur vie quotidienne à l'horreur du
conflit. La bataille de Madrid est féroce, des quartiers entiers sont
détruits. La population souffre héroïquement. La ville tombe finalement
en mars 1939, après une résistance acharnée.
L'après-guerre est une pĂ©riode sombre. Le rĂ©gime franquiste s'installe. Madrid, meurtrie et affamĂ©e, entre dans une longue phase de rĂ©pression. La reconstruction est lente. L'Ă©conomie est en autarcie. La ville est sous le joug d'un contrĂ´le strict. Pourtant, la population continue de croĂ®tre, alimentĂ©e par l'exode rural massif. Des bidonvilles, les barracas, poussent Ă la pĂ©riphĂ©rie, abritant des milliers de migrants venus chercher du travail et un avenir incertain dans la capitale. La vie culturelle officielle est muselĂ©e, mais la dissidence s'organise dans l'ombre. Ă€ partir des annĂ©es 1960, l'Espagne connaĂ®t un dĂ©veloppement Ă©conomique rapide. Madrid en est un moteur et en subit les consĂ©quences. La croissance urbaine est explosive, souvent dĂ©sordonnĂ©e. De nouveaux quartiers immenses, les polĂgonos, sortent de terre, souvent de manière peu planifiĂ©e au dĂ©but. La spĂ©culation immobilière bat son plein. La ville s'Ă©tend dĂ©mesurĂ©ment. Les infrastructures, notamment routières, s'amĂ©liorent pour tenter de suivre le rythme. La vie quotidienne change, la classe moyenne se dĂ©veloppe. Madrid devient une grande mĂ©tropole, bruyante, embouteillĂ©e, mais vibrante. Les signes de l'usure du rĂ©gime apparaissent. Les mouvements ouvriers, les Ă©tudiants, les opposants politiques s'organisent de plus en plus ouvertement. En 1975, Franco
meurt. La Transition démocratique commence. Madrid est à nouveau le théâtre
des grands changements. Les rues se remplissent de manifestants réclamant
la liberté. Les partis politiques se créent. La Constitution est débattue
et approuvée. Madrid devient un symbole de la nouvelle Espagne libre.
C'est l'époque de la Movida Madrileña, un formidable mouvement
culturel et social de libération. La ville respire, se lâche, expérimente.
Les bars, les salles de concert, les galeries d'art sont en ébullition.
Madrid invente une nouvelle identité, cosmopolite, audacieuse, festive.
La vie nocturne devient légendaire.
Les annĂ©es 1980 et 1990 voient Madrid se consolider comme capitale dĂ©mocratique et europĂ©enne. La ville investit dans ses infrastructures, Ă©tend son mĂ©tro, amĂ©liore ses Ă©quipements publics. Elle se positionne comme un centre financier et de services majeur. L'adhĂ©sion Ă la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne (future Union europĂ©enne) en 1986 ancre Madrid dĂ©finitivement dans le concert des grandes villes europĂ©ennes. Le centre historique est rĂ©novĂ©, les grands musĂ©es connaissent un essor international (Prado, Reina SofĂa, Thyssen-Bornemisza forment le "Paseo del Arte"). La ville affronte aussi de nouveaux dĂ©fis : le chĂ´mage, l'intĂ©gration des immigrĂ©s, la dĂ©linquance. Le XXIe
siècle débute. Madrid continue sa transformation. De grands projets urbains
voient le jour, comme la couverture de la M-30 et la création du parc
Madrid RĂo, qui redonne la rivière Manzanares aux citoyens. La ville
se veut plus verte, plus durable. Mais l'histoire rappelle aussi sa fragilité.
Les attentats terroristes du 11 mars 2004 frappent la ville en plein cœur,
laissant une cicatrice profonde dans la mémoire collective. Madrid montre
alors sa solidarité et sa force de résilience. La crise économique de
2008 frappe durement, entraînant une hausse spectaculaire du chômage
et des mouvements sociaux, tel le 15-M, né sur la Puerta del Sol. La ville
s'interroge sur son modèle de développement, sur l'avenir de ses quartiers,
sur la gentrification qui touche certains d'entre eux.
La rue d'Alcala, à Madrid, au début du XXe siècle. Madrid, ville
de patrimoine.
• Le musĂ©e du Prado, galerie d'art de renommĂ©e mondiale, abrite une collection inĂ©galĂ©e de peinture europĂ©enne, avec un accent particulier sur les maĂ®tres espagnols tels que Velázquez, Goya et El Greco, et une prĂ©sence notable d'oeuvres d'artistes flamands et italiens.Le patrimoine monumental s'incarne majestueusement dans le Palais Royal, dont la grandeur et les collections intĂ©rieures reflètent la puissance passĂ©e de la monarchie espagnole. Juste Ă cĂ´tĂ© se trouve la CathĂ©drale de l'Almudena, achevĂ©e plus rĂ©cemment mais impressionnante par son style variĂ©. On peut encore mentionner des Ă©glises historiques comme la basilique de San Francisco el Grande, ou encore le Théâtre royal et la Bibliothèque royale d'Espagne. • Le Palais Royal (Palacio Real) de Madrid, majestueuse rĂ©sidence officielle de la monarchie espagnole, utilisĂ©e pour les cĂ©rĂ©monies d'État, se distingue par sa grande taille (l'une des plus grandes d'Europe occidentale), sa riche dĂ©coration intĂ©rieure avec fresques, tapisseries et meubles d'Ă©poque, et l'Armurerie Royale.Les places publiques constituent des centres nĂ©vralgiques de la vie madrilène et des Ă©lĂ©ments majeurs de son patrimoine : la Plaza Mayor, avec ses arches et ses fresques, lieu historique de cĂ©lĂ©brations et d'Ă©vĂ©nements; la Puerta del Sol, le coeur gĂ©ographique de l'Espagne; la Plaza de Cibeles, dominĂ©e par sa cĂ©lèbre fontaine et des bâtiments emblĂ©matiques comme le Palacio de Cibeles; et la Plaza de España, rĂ©cemment rĂ©novĂ©e. • La Plaza Mayor, icĂ´ne du centre historique, est une grande place rectangulaire Ă arcades, cĹ“ur du Madrid des Habsbourg, cĂ©lèbre pour la Casa de la PanaderĂa (Maison de la Boulangerie) avec sa façade peinte et le théâtre de nombreux Ă©vĂ©nements publics Ă travers l'histoire.
La Puerta del Sol, Ă Madrid, sur une ancienne photographie. Parmi les jardins, citons le Parque del Retiro, les jardins de Sabatini et le campo del Moro : Le Parque del Retiro, vaste oasis verte au centre de la ville, très apprĂ©ciĂ© parc public et qui Ă©tait autrefois un jardin royal, est un autre pilier du patrimoine madrilène, classĂ© au patrimoine mondial de l'Unesco avec le Paseo del Prado.D'autres Ă©difices et monuments ponctuent la ville, comme l'imposante Puerta de Alcalá, la Puerta de Toledo, le CĂrculo de Bellas Artes, la Gran VĂa avec son architecture Ă©clectique, ou encore le singulier temple Ă©gyptien de Debod. • La Puerta de Alcalá, imposant arc de triomphe nĂ©oclassique, est l'un des monuments les plus emblĂ©matiques de Madrid, l'une des cinq anciennes portes royales qui permettaient d'accĂ©der Ă la ville Ă travers ses murs.L'hĂ©ritage historique se ressent Ă©galement en se promenant dans les ruelles du Madrid de los Austrias, le quartier le plus ancien de la ville, avec ses palais, couvents et places pittoresques. Le Madrid des Habsbourg, le quartier le plus ancien et le plus charmant de la ville, conserve le tracĂ© des rues Ă©troites, des places historiques et des bâtiments des XVIet XVIIe siècles, concentrĂ©s autour du Palais Royal et de la Plaza Mayor.
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