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Madrid
Madrid, Mantua Carpetanorum, puis Majoritum et Madritum, est la capitale de l'Espagne, au centre géographique du pays, sur la rive gauche du Manzanares, à 1400 km au Sud-Sud-Ouest de Paris; 3,3 millions d'habitants (agglomération : 5,5 millions). Madrid est le siège du gouvernement, des Cortès législatives (Parlement) et des administrations centrales. Université, qui était précédemment à Alcala de Hénarès. Rues larges, régulières; les plus belles sont celles d'Alcala qui est plantée d'arbres, d'Atocha, de San-Bernardino, de Toledo, de Fuencarral); des dizaines de places (entre autres la Plaza Mayor, bâtie par Philippe III, la Puerta del Sol, et celle du Palais-Royal).

Géographie de Madrid.
Géographie physique.
L'altitude moyenne  de Madrid se situe autour de 667 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait l'une des capitales les plus Ă©levĂ©es d'Europe. Cette position sur un plateau Ă©levĂ© confère Ă  Madrid un climat continental et influence son paysage environnant. Le climat de Madrid semble avoir Ă©tĂ© encore au XVIe siècle agrĂ©able. Le dĂ©boisement des environs l'a rendu sujet Ă  de brusques variations. L'Ă©tĂ©, la chaleur y est accablante; en hiver, le froid est rendu plus pĂ©nible par le vent du Nord, venu des montagnes.

"L'air y est si subtil, dit un proverbe espagnol, qu'il tue un homme et n'éteint pas une lumière."
Au nord et au nord-ouest, le paysage s'élève progressivement vers les contreforts puis les sommets de la Sierra de Guadarrama, une importante chaîne montagneuse appartenant au Sistema Central. Cette proximité de la montagne, dont les sommets les plus proches culminent à plus de 2000 mètres, est un élément géographique marquant pour la ville, visible depuis de nombreux points élevés et influençant les conditions météorologiques locales (précipitations, températures). Le reste des environs immédiats est principalement constitué du plateau de la Meseta, caractérisé par des plaines légèrement ondulées et des zones agricoles ou arides.

Un élément hydrographique important pour Madrid est le fleuve Manzanares. Prenant sa source dans la Sierra de Guadarrama, ce fleuve, de taille relativement modeste, traverse la ville du nord-ouest au sud, créant une vallée peu profonde et marquant une limite naturelle ou un axe de développement pour plusieurs quartiers. Les parcs riverains et les aménagements le long du fleuve ont modifié son aspect naturel d'origine, mais il reste une caractéristique topographique notable.

Le relief de la ville est plutôt ondulé, marqué par une série de collines douces et de dépressions. L'altitude varie à l'intérieur de la zone urbaine, descendant vers 600 mètres près du Manzanares et s'élevant à plus de 700 mètres dans certaines parties périphériques ou sur les points les plus élevés du centre-ville et de ses environs immédiats. Le coeur historique de Madrid, notamment le quartier de la Latina et la zone autour du Palais Royal, est bâti sur une série de petites élévations dominant la vallée du Manzanares. L'érosion a également sculpté le paysage, créant des vallons ou des barrancos dans certaines zones, notamment aux abords du fleuve et dans les grands espaces verts comme la Casa de Campo. Cette topographie en pente douce par endroits influence l'urbanisme, avec des rues inclinées et des points de vue variés à travers la ville.

Géologiquement, Madrid est située dans un bassin sédimentaire formé par l'érosion du Sistema Central. Le sous-sol est principalement composé de dépôts tertiaires (marnes, argiles, sables) qui donnent lieu à des sols caractéristiques visibles dans les coupes et les berges du Manzanares et qui influencent la stabilité du terrain dans certaines zones.
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Madrid.
Madrid en 1854, par Alfred Guesdon.

Géographie humaine.
La population de Madrid, dépassant les 3,3 millions d'habitants dans la commune et s'étendant sur une aire métropolitaine beaucoup plus vaste, est d'une grande diversité, reflétant les vagues migratoires internes et internationales. Historiquement un pôle d'attraction pour les Espagnols des régions rurales ou moins prospères, Madrid a également accueilli une population étrangère croissante, notamment originaire d'Amérique latine, mais aussi d'Europe de l'Est, d'Afrique du Nord et d'autres régions du monde, créant un tissu social multiculturel et une richesse d'expressions culturelles dans ses quartiers.

L'économie madrilène est massivement orientée vers le secteur tertiaire. En tant que siège du gouvernement national, de nombreuses entreprises multinationales et des institutions financières majeures, elle est un centre décisionnel et économique de premier plan en Espagne. Les services, la finance, l'administration publique, le tourisme et les technologies de l'information constituent les principaux moteurs de l'emploi et attirent une main-d'oeuvre qualifiée mais aussi des travailleurs pour des secteurs moins spécialisés. Cette concentration d'activité économique a contribué à une densité de population élevée, en particulier dans les arrondissements centraux, et a généré des flux pendulaires massifs entre le centre et les zones périphériques.

-La vie sociale à Madrid est particulièrement animée et est souvent associée à la culture de "la calle" – la vie dans la rue, les terrasses, les bars à tapas. Cette ambiance se retrouve dans l'organisation spatiale de la ville, avec de nombreux espaces publics animés, des places historiques (comme la Plaza Mayor ou la Puerta del Sol, véritable coeur symbolique de la ville) et des rues commerçantes très fréquentées (comme la Gran Vía). Les quartiers présentent des identités distinctes : le centre historique (Austrias, La Latina) avec ses ruelles médiévales et son ambiance traditionnelle; des zones comme Chueca ou Malasaña, connues pour leur vie nocturne, leur culture alternative et leur rôle dans la communauté LGBTQ+; le quartier de Salamanca, élégant et résidentiel, abritant les boutiques de luxe; et des zones plus périphériques offrant des types de logements variés, des grands ensembles résidentiels aux zones pavillonnaires, reflétant différentes couches socio-économiques. La ville est confrontée aux défis de la gentrification dans les quartiers centraux, où la hausse des loyers et la pression touristique modifient le tissu social et déplacent parfois les résidents de longue date.

L'organisation spatiale de Madrid est également marquée par son développement historique : un noyau ancien, l'Ensanche (l'extension planifiée du XIXe siècle), et des expansions plus modernes. L'infrastructure de transport est un élément crucial de sa géographie humaine, avec un réseau de métro très dense, l'un des plus étendus au monde, qui permet une mobilité relativement aisée pour une grande partie de la population. Les systèmes de bus et de trains de banlieue (Cercanías) complètent ce maillage, facilitant les déplacements quotidiens des millions de personnes vivant dans l'aire métropolitaine. La gestion de la circulation et la qualité de l'air sont des enjeux majeurs pour l'administration municipale, conduisant à des politiques visant à restreindre l'accès des véhicules au centre-ville.

Enfin, Madrid est un centre culturel majeur dont les institutions (musées comme le Prado, le Reina Sofía, le Thyssen-Bornemisza) et les espaces culturels (théâtres, cinémas, salles de concert) façonnent l'identité et l'attractivité de la ville, attirant résidents et touristes et contribuant à son dynamisme humain constant. Les grands parcs comme le Retiro ou la Casa de Campo jouent également un rôle essentiel comme espaces de loisirs et "poumons verts" au sein de l'environnement urbain dense.
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Histoire de Madrid.
On ne sait rien de prĂ©cis sur la fondation de Madrid, et rien ne prouve que la ville existât au temps des Romains, mĂŞme si l'on pense que ce pouvait ĂŞtre dĂ©jĂ  un village. Au  IXe siècle, l'Ă©mir Muhammad Ier d'Al-Andalus Ă©tablit une forteresse, un ribat, pour dĂ©fendre Tolède et contrĂ´ler les routes d'accès aux montagnes. On l'appelle Magerit, un nom qui Ă©voque l'abondance de ses sources d'eau (mayra signifie "cours d'eau" en arabe, it "abondance"). C'est le noyau primitif de la ville, une petite citadelle musulmane perchĂ©e sur un promontoire dominant la rivière. Madrid fut conquise, en 939, par Ramiro II, qui ne put s'y maintenir, puis dĂ©finitivement en 1083, par Alphonse VI, qui lui accorda des fueros

La petite ville chrĂ©tienne qui se dĂ©veloppe autour de la forteresse conserve son rĂ´le dĂ©fensif, se trouvant Ă  la limite des royaumes chrĂ©tiens et musulmans pendant un temps. Elle gagne un fuero, un ensemble de lois et de privilèges, en 1202, octroyĂ© par Alphonse VIII, qui lui permet d'organiser son gouvernement municipal. Madrid reste une citĂ© secondaire du royaume de Castille, oĂą les rois convoquent parfois les Cortes, les assemblĂ©es reprĂ©sentatives, dans l'ancienne Ă©glise San Salvador. C'est une ville de marchĂ©, d'artisans, vivant Ă  l'ombre des puissantes Tolède ou Burgos. Le palais royal n'est qu'un ancien alcázar musulman adaptĂ©.  Des Cortès y furent tenues au XIVe s. Henri III, roi de Castille, la rĂ©para et l'agrandit vers 1400. Un concile en 1473. Mais la situation peu sĂ»re de la ville en Ă©loigna longtemps les rois.

Charles-Quint alla s'y Ă©tablir, et c'est Ă  Madrid que fut dĂ©tenu François Ier, et que fut signĂ© entre les deux souverains le TraitĂ© qui porte le nom de cette ville. 

Le Traité de Madrid. - Ce traité, signé le 14 janvier 1526, mit fin à la première guerre de François Ier et de Charles-Quint. Après Pavie, François Ier fut emmené prisonnier en Italie, puis au château de Madrid, où il tomba gravement malade. Pendant ce temps, Louise de Savoie entamait des négociations que l'impatience du roi de France finit par faire aboutir. François Ier cédait à Charles la Bourgogne, sous la réserve de l'hommage, renonçait à Naples, Milan, Gênes, à la suzeraineté de la Flandre et l'Artois, réintégrait dans ses biens le connétable de Bourbon et promettait d'épouser la soeur de l'empereur, reine douairière du Portugal. Il devait, de plus, livrer ses deux fils en otage. Il obtint à ce prix sa liberté et retourna en France. Son premier acte fut de désavouer le traité, comme entaché de violence. Les députés de la Bourgogne protestèrent, aux états de Cognac, contre l'aliénation de leur province, et, comme Charles-Quint s'indignait du manque de foi de François Ier, celui-ci répondit qu'il en avait "menti par la gorge", et le provoqua en champ clos.
Sous Philippe II, fils de Charles Quint, la ville n'est encore qu'une petite bourgade d'environ 20 000 habitants, dépourvue des infrastructures d'une capitale. Mais, désormais dotée par le roi en 1560 de ce statut, Madrid devient d'un coup le centre politique du monde, le siège d'un empire qui s'étend sur plusieurs continents.
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Armes de Madrid.
Armes de Madrid.

La population explose en quelques décennies, attirant nobles, courtisans, fonctionnaires, artistes, artisans, religieux, et une foule en quête d'opportunités. La ville s'étend de manière organique et désordonnée, avec de nouvelles rues étroites, des couvents (plus de 50 au XVIIe siècle), des palais nobiliaires et des habitations modestes s'entassant autour de l'ancien Alcázar, transformé en Palais Royal par Charles Quint et Philippe II. C'est l'époque des Rois d'Espagne des Habsbourg, l'ère du Siècle d'Or (Siglo de Oro) espagnol, qui voit éclore un génie artistique et littéraire sans précédent (Cervantès, Lope de Vega, Calderon, Quevedo, Moratin, Velazquez ). La Plaza Mayor, chef-d'œuvre de l'urbanisme baroque castillan, est construite après plusieurs incendies par Juan Gómez de Mora, achevée sous Philippe IV, servant de scène pour les processions, les corridas, les exécutions et les fêtes royales. L'ancien Alcázar, malgré les embellissements, reste un bâtiment hétéroclite. L'infrastructure urbaine peine à suivre la croissance rapide. Les rues sont sales, l'hygiène précaire, les épidémies fréquentes.

Au début du XVIIIe siècle, un événement dramatique marque la fin de cette époque et le début d'une nouvelle ère : l'incendie de l'Alcázar de Madrid en 1734 détruit le palais et une grande partie de la collection royale d'art. C'est aussi le passage de la dynastie des Habsbourg à celle des Bourbons avec Philippe V après la Guerre de Succession d'Espagne. Les Bourbons apportent une vision plus centralisée et éclairée du pouvoir, inspirée du modèle français. Philippe V décide la construction d'un nouveau Palais Royal, le majestueux Palacio Real que l'on connaît aujourd'hui, sur les ruines de l'Alcázar. C'est une entreprise titanesque qui dure des décennies, impliquant les meilleurs architectes italiens (Juvara, Sacchetti). Le roi Charles III, le "maire-roi", est le grand urbaniste de Madrid au XVIIIe siècle. Sous son règne, la ville se modernise considérablement dans l'esprit des Lumières. On ouvre de grandes avenues, les salones, pour la promenade (Recoletos, Prado), on construit des fontaines emblématiques qui ornent ces boulevards (Cibeles, Neptuno, Apollo) conçues par Ventura Rodríguez, des portes monumentales (Puerta de Alcalá) par Sabatini. On crée des institutions scientifiques et culturelles, comme le Jardin Botanique et le Cabinet d'Histoire Naturelle (le futur musée du Prado), œuvre de Juan de Villanueva. L'éclairage public s'améliore, la collecte des ordures s'organise, les hôpitaux sont restructurés. Madrid prend l'aspect d'une capitale européenne moderne, même si les quartiers populaires conservent leur caractère labyrinthique.

Cette modernisation est brutalement interrompue au début du XIXe siècle par l'invasion napoléonienne. Le 2 mai 1808, le peuple de Madrid, exaspéré par la présence des troupes françaises et le départ de la famille royale, se soulève spontanément contre l'armée de Murat. C'est le célèbre Dos de Mayo, un événement sanglant et héroïque immortalisé par Goya, qui marque le début de la Guerre d'Indépendance espagnole. La répression est féroce (les fusillades du 3 mai). Madrid devient un champ de bataille, subissant sièges et occupation.

Après la défaite de Napoléon, le roi Ferdinand VII est restauré, mais l'Espagne et Madrid entrent dans une période de grande instabilité politique. Le XIXe siècle est marqué par des guerres civiles (les guerres carlistes), des pronunciamientos militaires, des changements fréquents de régime (monarchie constitutionnelle, absolutisme, régences, une brève et agitée Première République de 1873-1874, puis la Restauration bourbonienne à partir de 1875). Madrid est le théâtre de nombreux soulèvements, barricades et manifestations.

Malgré l'instabilité politique, Madrid continue de croître et de se moderniser. Les anciennes murailles sont démolies à partir des années 1860 pour permettre l'expansion. Le plan Castro (Ensanche) est approuvé pour développer les quartiers périphériques de manière ordonnée, avec des rues larges et un plan en damier, bien que son exécution soit lente et partielle. La première ligne de chemin de fer espagnole, reliant Madrid à Aranjuez, ouvre en 1851, connectant enfin la capitale isolée au reste du pays. L'industrialisation reste limitée par rapport à d'autres villes espagnoles (Barcelone, Bilbao), Madrid reste avant tout une capitale administrative, politique et culturelle, centre d'un vaste appareil d'État. De nouveaux quartiers populaires apparaissent rapidement, souvent dans des conditions difficiles, accueillant les migrants des campagnes. Les boulevards initiés au XVIIIe siècle se développent et s'animent (Recoletos, Paseo de la Castellana), les cafés, les théâtres, les casinos et les clubs fleurissent, une vie intellectuelle et sociale intense anime la ville. La Puerta del Sol devient un centre névralgique, avec l'arrivée du tramway tiré par des chevaux puis électrique, et l'horloge de la Real Casa de Correos qui, à partir de 1856, donne l'heure à toute l'Espagne pour les douze coups de minuit du Nouvel An.

À la fin du siècle, Madrid est une ville de plus d'un demi-million d'habitants, un centre de pouvoir, de culture et de société. Elle est confrontée aux défis des grandes villes modernes : pauvreté urbaine, inégalités sociales, problèmes d'hygiène dans les quartiers surpeuplés. L'année 1900 trouve Madrid marquée par la perte des dernières colonies espagnoles en 1898, une crise nationale profonde qui se répercute dans la capitale par un sentiment de déclin et un débat intense sur l'identité espagnole. Mais la ville est aussi en pleine effervescence modernisatrice, avec de nouvelles infrastructures, une population croissante et une vie culturelle foisonnante, prête à aborder un nouveau siècle chargé de promesses et de tensions.

Madrid.
Plan de Madrid vers 1900. : 1. Palais royal et musée Armeria. -2. Cathédrale. -3. Hôtel de Ville (Casa de Ayuntamiento). - 4. Sénat, ministère de la Marine et Musée naval. - 5. Université.- 6. Ministère de la Justice.-7. Palais de Justice. - 8. Monnaie. - 9. Palais de la Bibliothèque et des Musées nationaux. -10. Ministère de la Guerre. -11. Banque d'Espagne.-12. Palais des Congrès.-13. Bourse du Commerce, - 14. Prado. - 15. Académie royale des Beaux-Arts (Calle de Alcala). - 16. Musée du Prado. - 17. Musée d'artillerie. -18. Faculté de médecine. - 19. Hôpital général.-20. Basilique de N. S. de Atocha. - 21. S. Francesco et Grande. - 22. Ministère de l'Intérieur et Puerta del Sol. - 23. Théâtre royal. - 24. Théâtre espagnol. - 25. Théâtre de la Comédie.
Madrid, au début du XXe siècle, est une capitale monarchique sous le règne d'Alphonse XIII. La ville, bien que centre du pouvoir, conserve encore un aspect provincial dans certains de ses quartiers, mais elle s'agite. Les inégalités sociales sont criantes. Des ouvriers, des intellectuels, des militaires, tous y vivent, souvent dans la tension. Les premières années du siècle voient la ville grandir, se moderniser timidement. La population augmente, attirée par les possibilités qu'offre la capitale, malgré l'instabilité politique qui secoue le pays. Les manifestations et les grèves deviennent monnaie courante, témoignant du mécontentement social. La culture s'épanouit dans les cafés, les théâtres, les tertulias, où l'on débat passionnément de politique, d'art et de philosophie.

La dictature de Primo de Rivera, dans les années 1920, apporte une période de calme relatif, mais surtout de grands travaux. C'est le temps de la construction de la Gran Vía, cet axe majeur qui symbolise l'entrée de Madrid dans la modernité. La circulation change, l'architecture s'inspire de modèles européens. La ville se dote de nouvelles infrastructures, le métro s'étend. Madrid se transforme, son centre s'adapte à une vie plus trépidante, mais la périphérie reste marquée par la pauvreté.

En 1931, la Seconde République est proclamée. Madrid devient le coeur battant d'une Espagne en pleine effervescence. Les rues se remplissent de meetings, de débats passionnés. La vie culturelle est d'une richesse incroyable, attirant artistes et intellectuels du monde entier. Les droits sociaux progressent, mais la polarisation politique s'accentue. La ville reflète les divisions du pays.

Le 18 juillet 1936, la Guerre civile éclate. Madrid résiste au soulèvement militaire. La ville devient un symbole de la défense républicaine. Le siège commence. Pendant près de trois ans, Madrid vit sous les bombardements, la faim, la peur. Les habitants organisent la résistance, creusent des tranchées dans les parcs, adaptent leur vie quotidienne à l'horreur du conflit. La bataille de Madrid est féroce, des quartiers entiers sont détruits. La population souffre héroïquement. La ville tombe finalement en mars 1939, après une résistance acharnée.
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Le siège de Madrid

La guerre civile espagnole éclate en juillet 1936. Les forces nationalistes, menées par Franco, avancent rapidement depuis le sud et l'ouest, visant à prendre la capitale, Madrid, considérée comme le coeur de la République. La chute de Madrid semble imminente aux yeux de beaucoup.

Mais Madrid ne cède pas. La ville s'organise pour sa défense. Les milices populaires se mobilisent, l'Armée Populaire de la République se met en place, et l'enthousiasme pour défendre la capitale républicaine est immense. C'est à Madrid que naît le célèbre slogan ¡No pasarán! ( = " Ils ne passeront pas!"), popularisé par Dolores Ibárruri, La Pasionaria, qui devient le cri de ralliement de la résistance antifasciste. Des volontaires étrangers affluent du monde entier pour former les Brigades Internationales, venant prêter main forte aux défenseurs.

En novembre 1936, les nationalistes lancent leur assaut majeur sur la ville. Les combats sont d'une rare violence, notamment dans la Casa de Campo, puis dans la Cité Universitaire. Les défenseurs républicains, épaulés par les premières unités des Brigades Internationales, se battent maison par maison, faculté par faculté, transformant les bâtiments en forteresses et les rues en tranchées. La résistance est acharnée, les pertes sont énormes des deux côtés. Contre toute attente et malgré leur supériorité initiale en armement, les forces de Franco sont stoppées. L'assaut direct échoue.

La ligne de front se stabilise alors autour de la ville. Madrid ne tombe pas, mais le siège commence. La capitale républicaine est désormais encerclée ou du moins sous la menace constante et la pression des forces nationalistes. Pendant près de deux ans et demi, la ville endure les bombardements aériens et l'artillerie. La vie quotidienne devient une lutte pour la survie : le rationnement est sévère, le froid en hiver est terrible, et les pénuries de nourriture et de fournitures essentielles sont omniprésentes. Les Madrilènes vivent souvent dans les caves ou les stations de métro pour échapper aux bombes.

Pour tenter de desserrer l'étau autour de la capitale, l'Armée Populaire de la République lance plusieurs offensives majeures dans les environs, comme les batailles du Jarama en février 1937 ou de Brunete en juillet 1937. Ces batailles sont d'une grande intensité, mais elles n'apportent pas de succès décisif et n'éloignent pas durablement la menace qui pèse sur Madrid.

À mesure que la guerre progresse, la situation de la République se dégrade. Les défaites s'accumulent sur d'autres fronts, les tensions internes affaiblissent le gouvernement républicain. Le siège se prolonge, épuisant la population civile et les défenseurs.

Au début de 1939, la fin de la guerre est proche. Dans Madrid assiégée et affamée, les tensions atteignent leur paroxysme. En mars 1939, un coup d'État interne mené par le colonel Casado renverse le gouvernement de Juan Negrín, dans l'espoir désespéré de négocier une paix avec Franco. Ce coup précipite le chaos et désorganise les dernières forces de défense.

Les nationalistes lancent leur offensive finale. Madrid, affaiblie par les luttes intestines et l'épuisement, ne peut plus offrir de résistance significative. Le 28 mars 1939, la ville se rend. Les troupes nationalistes entrent dans la capitale.

Le siège de Madrid, qui a duré 869 jours, s'achève. Il reste un symbole puissant de la résistance républicaine, de la mobilisation populaire et du rôle crucial des Brigades Internationales dans les premiers mois du conflit, mais aussi un témoignage poignant des souffrances endurées par la population civile et de la défaite finale de la République espagnole.

L'après-guerre est une période sombre. Le régime franquiste s'installe. Madrid, meurtrie et affamée, entre dans une longue phase de répression. La reconstruction est lente. L'économie est en autarcie. La ville est sous le joug d'un contrôle strict. Pourtant, la population continue de croître, alimentée par l'exode rural massif. Des bidonvilles, les barracas, poussent à la périphérie, abritant des milliers de migrants venus chercher du travail et un avenir incertain dans la capitale. La vie culturelle officielle est muselée, mais la dissidence s'organise dans l'ombre.

À partir des années 1960, l'Espagne connaît un développement économique rapide. Madrid en est un moteur et en subit les conséquences. La croissance urbaine est explosive, souvent désordonnée. De nouveaux quartiers immenses, les polígonos, sortent de terre, souvent de manière peu planifiée au début. La spéculation immobilière bat son plein. La ville s'étend démesurément. Les infrastructures, notamment routières, s'améliorent pour tenter de suivre le rythme. La vie quotidienne change, la classe moyenne se développe. Madrid devient une grande métropole, bruyante, embouteillée, mais vibrante. Les signes de l'usure du régime apparaissent. Les mouvements ouvriers, les étudiants, les opposants politiques s'organisent de plus en plus ouvertement.

En 1975, Franco meurt. La Transition démocratique commence. Madrid est à nouveau le théâtre des grands changements. Les rues se remplissent de manifestants réclamant la liberté. Les partis politiques se créent. La Constitution est débattue et approuvée. Madrid devient un symbole de la nouvelle Espagne libre. C'est l'époque de la Movida Madrileña, un formidable mouvement culturel et social de libération. La ville respire, se lâche, expérimente. Les bars, les salles de concert, les galeries d'art sont en ébullition. Madrid invente une nouvelle identité, cosmopolite, audacieuse, festive. La vie nocturne devient légendaire.
 

La Movida

Après la mort du Général Franco en 1975, l'Espagne est passée d'une dictature de près de quarante ans à une démocratie. Cette libération soudaine a déclenché une explosion culturelle, un phénomène que l'on a rapidement appelé la Movida Madrileña. Centrée principalement, comme son nom l'indique, sur la capitale, Madrid, la Movida n'était pas un mouvement organisé ou monolithique, mais plutôt une effervescence spontanée, un courant d'air frais et libérateur qui a balayé les conventions et les tabous longtemps imposés par le régime franquiste. Elle a débuté timidement dès la fin des années 1970, prenant de l'ampleur au début des années 1980, pour s'éteindre progressivement vers la fin de la décennie, non pas en mourant, mais en se professionnalisant et en s'intégrant dans la culture mainstream espagnole.

Son coeur battait dans les quartiers populaires de Madrid, notamment Malasaña, avec ses bars, ses clubs et ses petites salles de concert qui sont devenus les épicentres de cette nouvelle scène. Des lieux mythiques comme La Vía Láctea, El Penta, ou le Rock-Ola (bien que ce dernier soit plus grand et ait accueilli des groupes internationaux) ont été les témoins privilégiés de cette ébullition nocturne. La musique fut sans doute le moteur le plus visible de la Movida. Influencée par le punk, la new wave et le pop rock venus du Royaume-Uni et des États-Unis, une myriade de groupes a vu le jour, souvent avec peu de moyens, un son brut et des paroles provocantes ou désinvoltes. Des noms comme Alaska y los Pegamoides (puis Alaska y Dinarama, puis Fangoria), Nacha Pop, Radio Futura, Los Secretos, Gabinete Caligari, Parálisis Permanente (dont la musique était plus sombre et post-punk), ou encore Hombres G ont défini la bande-son de l'époque, chacun avec son style propre, qui allait de la pop entraînante au rock plus sombre et underground. Les concerts s'enchaînaient, l'énergie était contagieuse, et la liberté d'expression devenait la norme, notamment pour des sujets considérés comme subversifs auparavant.

Mais la Movida ne se limitait pas à la musique. Elle était un phénomène culturel total. Le cinéma a trouvé en Pedro Almodóvar son représentant le plus emblématique. Ses premiers films, comme Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1980), Le Labyrinthe des passions (1982) ou Dans les ténèbres (1983), saisissent parfaitement l'esprit déjanté, transgressif, coloré et libre de la Movida, en mettant en scène des personnages marginaux, abordant sans filtre la sexualité, la religion, la drogue, et en brisant toutes les conventions narratives et esthétiques. Ses films sont devenus le miroir par excellence de cette époque pour le monde extérieur.

L'art visuel a également joué un rôle essentiel. Des peintres, des illustrateurs et des photographes ont émergé, qui rompaient avec les styles traditionnels. Des artistes comme Ceesepe, Costus (le duo Juan Carrero et Enrique Naya, dont l'appartement était un lieu de rencontre clé), Mariscal (connu pour son design et l'identité visuelle des Jeux Olympiques de Barcelone 1992), Ouka Leele (avec ses photographies colorisées et oniriques) ou Alberto García-Alix (avec ses portraits bruts et percutants de la scène underground) ont documenté, créé et donné une identité visuelle à la Movida. Les fanzines, fréquemment photocopiés et distribués à la main, étaient un autre vecteur essentiel. Ils ont permis la diffusion rapide d'idées, de dessins, de photos, de textes et d'informations sur les concerts et événements, incarnant l'esprit Do It Yourself du mouvement.

La mode, le graphisme, la littérature, le monde de la nuit... tous les domaines ont été touchés et transformés. Il y avait un désir intense de rattraper le temps perdu, d'expérimenter, de vivre pleinement après des années de répression. La Movida était synonyme de liberté sexuelle, d'expérimentation des drogues (malheureusement l'héroïne a fait des ravages parmi certains acteurs du mouvement), de créativité débridée, de fête constante et d'une remise en question joyeuse et iconoclaste de toutes les formes d'autorité. C'était un mouvement profondément urbain, moderne, qui regardait vers l'Europe et le reste du monde, désireux de s'aligner sur les courants culturels internationaux.

Les autorités politiques, notamment la mairie de Madrid dirigée par Enrique Tierno Galván (surnommé le "vieux professeur" et très apprécié de la jeunesse) et le gouvernement socialiste de Felipe González à partir de 1982, ont souvent vu d'un bon œil, ou du moins toléré, cette effervescence, la considérant comme un signe de la modernité retrouvée de l'Espagne et un symbole éclatant de la démocratie naissante. Des émissions de télévision comme La Edad de Oro, présentée par Paloma Chamorro sur la chaîne publique TVE, ont joué un rôle majeur en offrant une vitrine nationale à la Movida, et en montrant au grand public espagnol (et parfois international) cette nouvelle scène culturelle, avec ses concerts, ses interviews, ses reportages sur l'art et la mode.

Cependant, l'énergie de la Movida n'était pas éternelle. À la fin des années 1980, le mouvement a commencé à s'essouffler. Certains de ses protagonistes sont morts (par exemple, Tino Casal, un artiste plus pop et glamour mais associé à l'époque, ou Eduardo Benavente de Parálisis Permanente), d'autres se sont professionnalisés, les drogues ont continué à faire des victimes, et l'Espagne elle-même est entrée dans une nouvelle phase de normalisation et d'intégration européenne (adhésion à la CEE en 1986). L'esprit de rébellion et d'expérimentation brute a cédé la place à des structures plus établies, l'underground s'est fragmenté ou a été absorbé.

Malgré sa durée relativement courte en tant que phénomène de masse, la Movida Madrileña a laissé une empreinte indélébile sur la culture espagnole. Elle a aidé l'Espagne à exorciser les démons du passé, à briser des décennies de silence et de peur, et à se projeter dans la modernité avec audace et créativité. Elle a révélé des talents qui continuent d'influencer les générations actuelles et a façonné l'image de Madrid comme une ville ouverte et toujours prête à faire la fête. C'était une explosion de vie et de couleurs qui a marqué le passage de l'ombre à la lumière pour tout un pays.

Les années 1980 et 1990 voient Madrid se consolider comme capitale démocratique et européenne. La ville investit dans ses infrastructures, étend son métro, améliore ses équipements publics. Elle se positionne comme un centre financier et de services majeur. L'adhésion à la Communauté économique européenne (future Union européenne) en 1986 ancre Madrid définitivement dans le concert des grandes villes européennes. Le centre historique est rénové, les grands musées connaissent un essor international (Prado, Reina Sofía, Thyssen-Bornemisza forment le "Paseo del Arte"). La ville affronte aussi de nouveaux défis : le chômage, l'intégration des immigrés, la délinquance.

Le XXIe siècle dĂ©bute. Madrid continue sa transformation. De grands projets urbains voient le jour, comme la couverture de la M-30 et la crĂ©ation du parc Madrid RĂ­o, qui redonne la rivière Manzanares aux citoyens. La ville se veut plus verte, plus durable. Mais l'histoire rappelle aussi sa fragilitĂ©. Les attentats terroristes du 11 mars 2004 frappent la ville en plein cĹ“ur, laissant une cicatrice profonde dans la mĂ©moire collective. Madrid montre alors sa solidaritĂ© et sa force de rĂ©silience. La crise Ă©conomique de 2008 frappe durement, entraĂ®nant une hausse spectaculaire du chĂ´mage et des mouvements sociaux, tel le 15-M, nĂ© sur la Puerta del Sol. La ville s'interroge sur son modèle de dĂ©veloppement, sur l'avenir de ses quartiers, sur la gentrification qui touche certains d'entre eux. 
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Madrid : Calle de Alcala.
La rue d'Alcala, à Madrid, au début du XXe siècle.

Madrid, ville de patrimoine.
Madrid est riche d'un patrimoine exceptionnel, tĂ©moignant de son histoire sĂ©culaire en tant que capitale d'un empire et centre culturel dynamique. Au cĹ“ur de ce patrimoine se trouve sans aucun doute le cĂ©lèbre "Triangle d'Or de l'Art", formĂ© par le musĂ©e du Prado, qui abrite une collection inestimable de maĂ®tres europĂ©ens, le musĂ©e Reina SofĂ­a, consacrĂ© Ă  l'art moderne et contemporain, et le musĂ©e Thyssen-Bornemisza, offrant un parcours Ă©clectique. Mentionnons aussi le musĂ©e archĂ©ologique national, e MusĂ©e Sorolla, et le  musĂ©e Lázaro Galdiano.

• Le musée du Prado, galerie d'art de renommée mondiale, abrite une collection inégalée de peinture européenne, avec un accent particulier sur les maîtres espagnols tels que Velázquez, Goya et El Greco, et une présence notable d'oeuvres d'artistes flamands et italiens.

• Le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, dédié à l'art du XXe siècle et contemporain, présente Guernica de Pablo Picasso, complétée par d'importantes oeuvres de Dalí, Miró et d'autres représentants de l'art moderne et contemporain espagnol et international.

• Le MusĂ©e National Thyssen-Bornemisza  propose un voyage chronologique et stylistique Ă  travers l'histoire de l'art, du Moyen Ă‚ge Ă  la fin du XXe siècle, avec une collection diversifiĂ©e qui englobe diffĂ©rentes Ă©coles et mouvements.

• Le MusĂ©e archĂ©ologique national  expose une vaste collection d'objets et d'artefacts couvrant l'histoire de l'Espagne depuis la prĂ©histoire jusqu'Ă  nos jours, y compris des pièces importantes telles que la Dame d'Elche.

• Le Musée Sorolla, situé dans ce qui était la maison et l'atelier du peintre Joaquín Sorolla, offre la possibilité d'admirer une grande partie de son oeuvre dans un cadre intime, en préservant l'atmosphère de sa maison et en profitant de son magnifique jardin.

• Le musée Lázaro Galdiano abrite la collection variée d'art et d'objets rassemblés par José Lázaro Galdiano, comprenant des peintures, des sculptures, des arts décoratifs, des bijoux et des armures.

Le patrimoine monumental s'incarne majestueusement dans le Palais Royal, dont la grandeur et les collections intérieures reflètent la puissance passée de la monarchie espagnole. Juste à côté se trouve la Cathédrale de l'Almudena, achevée plus récemment mais impressionnante par son style varié. On peut encore mentionner des églises historiques comme la basilique de San Francisco el Grande, ou encore le Théâtre royal et la Bibliothèque royale d'Espagne.
• Le Palais Royal (Palacio Real) de Madrid, majestueuse résidence officielle de la monarchie espagnole, utilisée pour les cérémonies d'État, se distingue par sa grande taille (l'une des plus grandes d'Europe occidentale), sa riche décoration intérieure avec fresques, tapisseries et meubles d'époque, et l'Armurerie Royale.

• La cathédrale Santa María la Real de la Almudena, adjacente au Palais Royal, est le siège épiscopal de Madrid. La construction a été achevée en 1993, présentant une combinaison de styles néoclassiques à l'extérieur, néogothiques à l'intérieur et néoromans dans la crypte.

• La basilique de San Francisco el Grande, remarquable pour avoir l'un des plus grands dômes d'Espagne et du monde, abrite une précieuse collection de peintures et d'oeuvres d'art, dont une toile de Goya.

• Le Teatro Real, l'un des opéras les plus prestigieux d'Europe, situé en face du Palais Royal, possède une riche histoire et un programme d'opéra et de danse de premier ordre.

• La Bibliothèque nationale d'Espagne, un bâtiment monumental qui abrite la principale collection bibliographique du pays, propose des expositions temporaires sur le patrimoine culturel.

Les places publiques constituent des centres névralgiques de la vie madrilène et des éléments majeurs de son patrimoine : la Plaza Mayor, avec ses arches et ses fresques, lieu historique de célébrations et d'événements; la Puerta del Sol, le coeur géographique de l'Espagne; la Plaza de Cibeles, dominée par sa célèbre fontaine et des bâtiments emblématiques comme le Palacio de Cibeles; et la Plaza de España, récemment rénovée.
• La Plaza Mayor, icône du centre historique, est une grande place rectangulaire à arcades, cœur du Madrid des Habsbourg, célèbre pour la Casa de la Panadería (Maison de la Boulangerie) avec sa façade peinte et le théâtre de nombreux événements publics à travers l'histoire.

• La Puerta del Sol, l'un des lieux les plus fréquentés et les plus symboliques de la ville, abrite le kilomètre zéro des autoroutes radiales espagnoles, l'horloge historique Casa de Correos dont les carillons marquent le réveillon du Nouvel An, et la statue de l'Ours et de l'Arbousier, symbole de Madrid.

• La Plaza de Cibeles, important carrefour routier et point de rencontre,  dominĂ©e par la cĂ©lèbre fontaine de Cibeles, est entourĂ©e de bâtiments monumentaux tels que le Palais de Cibeles (HĂ´tel de Ville), la Banque d'Espagne, le Palais de Linares (Casa de AmĂ©rica) et le Palais de Buenavista (Quartier GĂ©nĂ©ral de l'ArmĂ©e).

• La Plaza de España, un vaste espace urbain, abrite un grand monument dédié à Miguel de Cervantes, avec les figures de Don Quichotte et de Sancho Panza, et est flanqué de gratte-ciels historiques tels que l'Edificio España et la Torre et de Madrid.

Madrid : Puerta del Sol.
La Puerta del Sol, Ă  Madrid, sur une ancienne photographie.

Parmi les jardins, citons le Parque del Retiro, les jardins de Sabatini et le campo del Moro : 

Le Parque del Retiro, vaste oasis verte au centre de la ville,  très apprĂ©ciĂ© parc public et qui Ă©tait autrefois un jardin royal, est un autre pilier du patrimoine madrilène, classĂ© au patrimoine mondial de l'Unesco avec le Paseo del Prado.

Il abrite des monuments tels que le Palais de Cristal  (un pavillon d'exposition moderniste en fer et en verre), le Palais Velázquez, une belle roseraie, de nombreuses fontaines, statues et monuments comme celui d'Alphonse XII. 

• Les jardins Sabatini et le Campo del Moro, situés près du Palais Royal, sont de vastes et magnifiques espaces verts avec différents aménagements paysagers, fontaines, statues et allées bordées d'arbres, offrant des vues uniques sur le palais.

D'autres Ă©difices et monuments ponctuent la ville, comme l'imposante Puerta de Alcalá, la Puerta de Toledo, le CĂ­rculo de Bellas Artes, la Gran VĂ­a avec son architecture Ă©clectique, ou encore le singulier temple Ă©gyptien de Debod. 
• La Puerta de Alcalá, imposant arc de triomphe nĂ©oclassique, est l'un des monuments les plus emblĂ©matiques de Madrid, l'une des cinq anciennes portes royales qui permettaient d'accĂ©der Ă  la ville Ă  travers ses murs. 

• La Puerta de Toledo, un arc commémoratif monumental construit au début du XIXe siècle, qui faisait partie des portes de la ville.

• La Gran Vía, connue pour son dynamisme et pour être une vitrine de l'architecture du début du XXe siècle, est une rue principale pleine de théâtres, de cinémas historiques, de boutiques et de bâtiments emblématiques tels que le bâtiment Metropolis et le bâtiment Telefónica.

• Le Temple de Debod, un temple égyptien vieux de plus de 2200 ans, donné à l'Espagne et reconstruit sur une colline près de la Plaza de España, C'est un endroit populaire pour ses vues panoramiques sur la ville, particulièrement impressionnantes au coucher du soleil se reflétant dans les étangs environnants.

L'hĂ©ritage historique se ressent Ă©galement en se promenant dans les ruelles du Madrid de los Austrias, le quartier le plus ancien de la ville, avec ses palais, couvents et places pittoresques. Le Madrid des Habsbourg, le quartier le plus ancien et le plus charmant de la ville,  conserve le tracĂ© des rues Ă©troites, des places historiques et des bâtiments des XVIe et XVIIe siècles, concentrĂ©s autour du Palais Royal et de la Plaza Mayor.


Carlos Serrano, Madrid 1936-1939 (un peuple en résistance ou l'épopée ambiguë), Autrement, 2008. - Le "dos de Mayo", 1808. Sur les hauteurs de la Moncloa les troupes de Napoléon fusillent les partisans espagnols. D'un coup naît le mythe d'un Madrid patriote, d'un peuple en résistance. Symbole que l'on retrouve à l'été 1936 face aux troupes de Franco, aux envahisseurs de l'intérieur. Les militants ouvriers républicains renouent alors avec leurs ancêtres patriotes et leur "légitimité nationale". A l'annonce de l'insurrection, le peuple madrilène, tout entier mobilisé par la perspective d'une révolution sociale, s'organise en milices, en junte de défense. Intense ferveur chantée par une littérature épique. A cette résistance populaire répondra l'internationalisation du conflit : Brigades internationales, ouvrières et communistes, contre troupes marocaines, italiennes et allemandes. Madrid devient la capitale des idéaux en lutte. Ce caractère universaliste d'un combat si profondément espagnol est ce qui l'inscrit dans la mémoire collective. Espérance révolutionnaire, défense de la République et lutte antifasciste se confondent dans une légitimité historique. La bataille de Madrid constitue en ce sens un des repères de la conscience européenne. (couv.).

C-J Sansom, Un hiver Ă  Madrid (roman), Pocket, 2010. - 1940. La guerre civile espagnole a pris fin. Madrid est en ruines, la population est affamĂ©e, et les Allemands poursuivent leur offensive Ă  travers l'Europe. Au coeur de ce chaos, Harry Brett, vĂ©tĂ©ran de la bataille de Dunkerque et interprète Ă  l'ambassade britannique, est chargĂ© par les services secrets anglais d'espionner Sandy Forsythe, un ancien camarade d'Ă©cole qui se livre Ă  de louches transactions avec des membres de la Phalange, l'organisation nationaliste fascisante. Alors qu'il accepte Ă  contrecoeur ce jeu dangereux, Harry va se retrouver confrontĂ© aux fantĂ´mes de son passĂ©, et surtout repartir sur les traces de Bernie, son meilleur ami, fervent communiste engagĂ© dans les Brigades internationales et portĂ© disparu lors de la bataille sanglante du Jarama. Avec Barbara, une ancienne infirmière de la Croix-Rouge, qui Ă©tait autrefois la maĂ®tresse de Bernie, Harry va tenter de faire Ă©vader son ami du camp de dĂ©tention secret du rĂ©gime franquiste oĂą il est prisonnier… Mais Harry et Barbara ignorent encore qu'ils ne sont que des pions manipulĂ©s par des politiciens sans scrupules, dans une partie d'Ă©checs oĂą tous les coups sont permis. Chacun d'entre eux y perdra quelque-chose : ses illusions, ses certitudes, ses espoirs, voire la vie, tandis que l'Europe gronde du bruit de l'avancĂ©e nazie. (couv.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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