Les gens

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Hobbes (Thomas), philosophe né en 1588 à Malmesbury, mort en 1679, était fils d'un ministre anglican. Il se distingua dès son enfance par ses heureuses dispositions pour l'étude : n'étant encore qu'écolier il traduisit en vers latins la Médée d'Euripide. Il fut chargé de l'éducation des enfants de Cavendish, comte de Devonshire, et les accompagna sur le continent. A son retour, il fut présenté au chancelier Bacon, et l'aida dans la rédaction latine de quelques-uns de ses écrits. Pendant les guerres civiles, il embrassa chaudement la cause royaliste, et s'efforça de la servir par ses écrits. En 1640 il se réfugia en France, et fut chargé d'enseigner la philosophie au prince de Galles. Il se lia à cette époque avec Mersenne, Gassendi, Sorbière, et entra en relation avec Galilée et Descartes; il adressa à ce dernier des objections fort pressantes contre ses Méditations. Hobbes rentra dans sa patrie dès 1653; après la Restauration (1660), il reçut de Charles II une pension de 100 livres sterling. Ses opinions tranchées lui ayant fait de nombreux ennemis, il quitta Londres et passa ses dernières années dans la retraite. Il mourut à 92 ans dans la famille Devonshire.

Hobbes s'est rendu célèbre par des doctrines paradoxales, et par la rigueur avec laquelle il tira les conséquences des principes qu'il avait une fois posés. Méprisant les travaux de ses devanciers, il voulut penser par lui-même et prétendit refaire toute la science. Il définit la philosophie, la science des effets par leurs causes, et des causes par leurs effets; il la borne à l'étude des corps, aux faits qui sont directement observables à nos sens, renvoyant à la foi la connaissance de l'âme et de Dieu. On connaît surtout son système de politique : selon lui, il n'y a d'autre droit que la force; tous les hommes, dans l'état de nature, ont un droit égal à toutes choses, et sont nécessairement dans un état de guerre perpétuel; il faut, pour faire régner la paix, établir au-dessus d'eux une autorité une et despotique; rien n'est juste ou injuste en soi : ce sont les princes qui font la justice ou l'injustice par leurs commandements ou leurs prohibitions. Hobbes voulait soumettre au prince l'Eglise aussi bien que l'État. II poussa l'amour du paradoxe jusqu'à attaquer la certitude de la géométrie et à vouloir réformer les mathématiques. (A19).



Les principaux ouvrages de Hobbes sont : De cive, 1642 et 1647; De la nature humaine (en anglais), 1650; Leviathan, ou du pouvoir ecclésiastique et civil (en anglais), 1651, puis en latin, 1668; Éléments de philosophie, comprenant trois sections; Du corps de l'homme, du corps politique, 1658-59, publiés d'abord en anglais, puis en latin; De libertate, contra Bramhallum, 1656. Il donna lui-même une collection de ses œuvres latines en 1668, 2 vol. in-4. Une édit. plus complète a paru à Londres en 1844, et ann. suiv., en 16 vol. in-8. On a en français le Traité du citoyen, traduit par Sorbière, Amst., 1649; le Corps politique, par le même, Leyde, 1653; la Nature humaine, trad. par d'Holbach, 1772. Hobbes a aussi laissé quelques ouvrages historiques; il a traduit Thucydide et même a mis Homère en vers anglais, mais avec fort peu de succès. Il a écrit sa propre vie en vers latins, 1679.

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