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La machinerie stellaire La production d'énergie et des éléments dans les étoiles |
Aperçu |
Les étoiles
sont d'autres soleils. Par de nombreux aspects, elles sont donc comparables
à l'astre du jour. Même composition chimique globale : trois quarts d'hydrogène,
vingt pour cent d'hélium environ et quelques éléments
plus lourds. En première approche, les étoiles ont aussi une structure
interne comparable à celle du Soleil : en
leur centre se situe le coeur, ou noyau, dans lequel
les pressions et les températures
sont les plus élevées, au-dessus se place une enveloppe épaisse, étagée
généralement en plusieurs couches, puis leur atmosphère,
très étendue et souvent aussi siège d'une grande agitation, qui témoigne
du rôle important joué dans toutes les étoiles par les phénomènes
magnétiques.
Toutes les étoiles ne sont pas pour autant identiques. Elles diffèrent souvent dans des proportions importantes quant à leur masse, leur luminosité et leur couleur. Reste qu'une logique commune régit le monde des étoiles. Il est des règles qu'elles doivent bon gré mal gré respecter. Ainsi, pendant l'essentiel de leur existence, les étoiles puisent-elles toutes l'énergie qu'elles rayonnent à la même source. Leurs régions centrales sont le siège de réactions de fusion des noyaux atomiques dont le résultat est la fabrication de noyaux atomiques plus lourds (nucléosynthèse stellaire), accompagnée d'un fort dégagement d'énergie. |
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| La
masse des étoiles
Comme on aura maintes occasions de le remarquer, la caractéristique la plus fondamentale des étoiles, celle de laquelle presque tout dérive, est la quantité de matière qu'elles contiennent, mesurée par leur masse. On notera en particulier que la masse détermine le taux des réactions de fusion à l'intérieur de l'étoile et, partant, sa luminosité et sa longévité. Ce paramètre contrôle également la possibilité ou pas de production de telle ou telle réaction nucléaire, et commande donc aussi aux détails de l'évolution stellaire.La masse des étoiles peut être très variable. Si l'on prend celle du Soleil (soit 1,9881 x 1030 kg) pour unité, on constate que les chiffres s'étagent entre 0,075 et 100 environ. Le chiffre plancher correspond à la possibilité pour l'étoile d'engager dans ses régions centrales la fusion thermonucléaire de ses noyaux d'hydrogène. Au-dessous à des étoiles un peu particulières, appelées naines brunes. Le chiffre plafond d'une centaine de masses solaires, qui correspond grossièrement à la masse des plus grosses étoiles connues est lui lié à des conditions de stabilité. Une étoile plus massive se désintégrerait aussitôt formée. Avec une exception envisagée par la théorie : les toutes premières étoiles, dont la composition chimique était différente des étoiles formées plus récemment, pouvaient atteindre, pense-t-on, des masses colossales : peut-être plusieurs milliers de masses solaires. Le tableau suivant donne un aperçu des
masses de quelques (grosses) étoiles brillantes (toujours exprimées par
rapport à la masse du Soleil, qui vaudra donc 1) :
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La
lumière des étoiles
L'étude des étoiles repose presque entièrement sur l'analyse de la lumière qu'elles émettent. Comme les étoiles sont situées à des distances considérables, il est impossible d'en prélever directement des échantillons. Toute la connaissance de leur nature, de leur composition, de leur température, de leur masse ou de leur évolution provient donc des informations contenues dans leur rayonnement électromagnétique. Cette lumière constitue une véritable source d'information physique, car ses caractéristiques dépendent directement des conditions régnant dans l'étoile et dans son atmosphère. La lumière stellaire couvre un large domaine du spectre électromagnétique. Une étoile émet principalement dans le visible, mais également dans l'ultraviolet, l'infrarouge et parfois dans des domaines plus énergétiques ou plus faibles en énergie. La répartition de l'énergie émise selon les différentes longueurs d'onde dépend principalement de la température de surface de l'étoile. Les étoiles les plus froides apparaissent rouges, tandis que les plus chaudes prennent une teinte blanche ou bleutée. Deux grandes méthodes d'observation sont utilisées pour exploiter les informations contenues dans la lumière stellaire : la photométrie et la spectroscopie. Ces deux approches sont complémentaires. La photométrie mesure la quantité de lumière reçue, tandis que la spectroscopie étudie la manière dont cette lumière est répartie selon les différentes longueurs d'onde. Photométrie.
L'une des premières informations fournies par la photométrie est l'éclat apparent de l'étoile, c'est-à -dire la quantité de lumière qui atteint effectivement l'observateur. Cet éclat dépend à la fois de la puissance intrinsèque de l'étoile et de sa distance. Une étoile très lumineuse mais éloignée peut apparaître moins brillante qu'une étoile plus faible située à proximité. Lorsque la distance de l'étoile est connue, notamment grâce aux mesures de parallaxe, il est possible de déterminer sa luminosité réelle. Cette grandeur représente la quantité totale d'énergie rayonnée par l'étoile dans toutes les directions. La connaissance simultanée de la luminosité et de la température permet ensuite d'estimer la taille de l'étoile et de distinguer, par exemple, une naine de faible rayon d'une géante beaucoup plus étendue. La comparaison de la lumière reçue dans différentes bandes spectrales permet également d'évaluer la température de surface. Les étoiles chaudes émettent proportionnellement davantage dans les courtes longueurs d'onde, alors que les étoiles plus froides rayonnent davantage vers le rouge et l'infrarouge. Les indices de couleur obtenus à partir de ces mesures constituent un outil fondamental pour la classification des étoiles. La photométrie permet aussi d'étudier les variations d'éclat au cours du temps. Certaines étoiles présentent des changements périodiques ou irréguliers de luminosité. Ces variations peuvent être dues à des pulsations internes, à des phénomènes d'activité magnétique, à la présence de taches à leur surface ou encore à l'existence d'une étoile compagne provoquant des éclipses. L'analyse des courbes de lumière fournit alors des renseignements précieux sur la structure interne et les dimensions des objets concernés. Cette méthode joue également un rôle majeur dans la recherche d'exoplanètes. Lorsqu'une planète passe devant son étoile vue depuis la Terre, une très faible diminution de luminosité est enregistrée. L'amplitude et la durée de cette baisse permettent d'estimer la taille de la planète et les caractéristiques de son orbite. Spectroscopie.
Le spectre obtenu présente généralement un fond continu sur lequel apparaissent de nombreuses raies sombres d'absorption. Ces raies sont produites dans les couches externes plus froides de l'étoile. Les atomes et les ions présents dans l'atmosphère absorbent certaines longueurs d'onde bien précises correspondant à leurs transitions électroniques. Chaque élément chimique possède ainsi une signature spectrale propre. L'identification des différentes raies permet de déterminer la composition chimique de l'atmosphère stellaire. On peut ainsi mesurer les abondances relatives de l'hydrogène, de l'hélium et de nombreux éléments plus lourds comme le carbone, l'oxygène, le calcium, le sodium ou le fer. Ces mesures renseignent sur l'histoire de formation de l'étoile et sur l'enrichissement chimique progressif de la Galaxie. La spectroscopie permet également d'évaluer la température de surface. Certaines raies deviennent plus intenses à des températures particulières, tandis que d'autres disparaissent. C'est cette dépendance qui a conduit à la classification spectrale des étoiles en différents types correspondant à des intervalles de température bien définis. L'étude de la forme et de la largeur des raies fournit des informations supplémentaires. Une forte gravité de surface provoque un élargissement caractéristique des raies, ce qui permet de distinguer les étoiles compactes des étoiles géantes. Les mouvements turbulents présents dans l'atmosphère influencent également leur aspect. La rotation de l'étoile modifie elle aussi la forme des raies spectrales. Les régions de la surface qui se rapprochent de l'observateur produisent un léger décalage vers les courtes longueurs d'onde, tandis que les régions qui s'éloignent produisent un décalage opposé. L'ensemble de ces effets provoque un élargissement des raies à partir duquel il est possible d'estimer la vitesse de rotation. L'un des résultats les plus importants de la spectroscopie concerne la mesure des mouvements des étoiles. Lorsqu'une étoile se rapproche ou s'éloigne de l'observateur, toutes les raies du spectre subissent un décalage global. L'analyse de ce déplacement permet de déterminer la vitesse radiale de l'étoile. Cette méthode est utilisée pour étudier la dynamique de la Voie lactée, pour détecter des systèmes binaires et pour découvrir des exoplanètes invisibles grâce aux faibles oscillations qu'elles imposent à leur étoile. La présence de champs magnétiques peut également être détectée grâce à certaines modifications des raies spectrales. Ces observations renseignent sur l'activité magnétique des étoiles, sur l'existence de taches stellaires et sur les mécanismes responsables des vents stellaires. Classification des étoiles.
• Les types spectraux. - Les étoiles sont classées selon leur type spectral, qui dépend principalement de leur température de surface et de leurs caractéristiques d'absorption. Les types spectraux principaux, du plus chaud au plus froid, sont O, B, A, F, G, K, M, avec des sous-catégories numérotées de 0 à 9 (par exemple, G2 pour le Soleil). Chaque type a des raies spectrales distinctes : O : Très chaudes (30 000–50 000 K), raies de l'hélium ionisé et de l'hydrogène.• Le diagramme de Hertzsprung-Russell (HR) représente la luminosité des étoiles en fonction de leur température (ou type spectral). Il révèle des groupes distincts : |
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| La
structure des étoiles
La structure
interne d'une étoile est le résultat d'un équilibre dynamique et
permanent, régi par les lois de la thermodynamique,
de la mécanique des fluides et de
la physique nucléaire. Cet équilibre,
que l'on nomme équilibre hydrostatique, oppose en permanence la force
de gravitation, qui cherche à contracter
la matière vers le centre, et les forces de pression
interne, qui tendent à faire dilater l'astre. La pression thermique, générée
par les réactions nucléaires, et la pression
de radiation, exercée par les photons, s'associent pour contrebalancer
l'effondrement gravitationnel. C'est cette lutte titanesque qui dicte la
densité, la température et la pression à chaque profondeur de l'étoile,
créant une architecture en couches successives aux propriétés physiques
très distinctes.
Qu'y a-t-il sous la peau d'une étoile? (Source : SOHO/NASA/ESA). Le coeur.
La zone radiative.
La zone convective.
Variantes et évolution.
Cette architecture interne, par ailleurs, évolue au rythme de la vie de l'étoile. Lorsque le combustible nucléaire s'épuise au centre, le coeur se contracte sous l'effet de la gravité, s'échauffant jusqu'à atteindre des seuils de température permettant la fusion d'éléments plus lourds, comme l'hélium, le carbone, ou l'oxygène. Dans les étoiles très massives en fin de vie, cela conduit à une structure en oignon, avec des couches concentriques où fusionnent des éléments de plus en plus lourds, entourant un cœur inerte de fer. Dans les phases ultimes de l'évolution, lorsque la pression thermique disparaît, la structure interne peut être soutenue par des effets quantiques, notamment la pression de dégénérescence des électrons, qui empêche l'effondrement total de l'astre pour former une naine blanche, dont la matière est dans un état de densité si extrême que la mécanique classique ne suffit plus à la décrire. |
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| La
nucléosynthèse stellaire
On désigne sqous le nom de nucléosynthèse stellaire l'ensemble des réactions nucléaires qui se produisent à l'intérieur des étoiles et qui transforment des noyaux légers en noyaux plus lourds, avec libération d'énergie. La nucléosynthèse stellaire se distingue de la nucléosynthèse primordiale, survenue dans les premières minutes après le début de l'expansion de l'univers, qui n'a produit que l'hydrogène, l'hélium et des traces de lithium. Pratiquement tous les éléments plus lourds que ces trois-là , du carbone jusqu'à l'uranium, ont été forgés dans les étoiles ou lors des phénomènes cataclysmiques qui accompagnent leur mort. La séquence principale.
La combustion de l'hélium.
Processus nucléosynthétiques
dans les étoiles massives.
Au-delà du pic du fer. Cette progression s'arrête nécessairement au fer et au nickel, car ce sont les noyaux qui possèdent l'énergie de liaison par nucléon la plus élevée : toute fusion ou fission à partir de ces éléments consomme de l'énergie au lieu d'en libérer. Le coeur de fer ne peut donc plus produire d'énergie par fusion, il continue de se contracter, et lorsque sa masse dépasse la limite de Chandrasekhar, il s'effondre en quelques fractions de seconde, déclenchant une explosion de supernova à effondrement de coeur. Cette explosion engendre elle-même de la nucléosynthèse, dite explosive : l'onde de choc traverse les couches externes encore riches en éléments légers et y déclenche des réactions de fusion brutales et brèves, tandis que la photodésintégration et les réactions à très haute énergie dans les régions internes produisent des isotopes radioactifs comme le nickel-56, dont la désintégration ultérieure en cobalt puis en fer alimente la courbe de lumière visible de la supernova pendant plusieurs semaines. Au-delà du fer, la production des éléments lourds repose presque exclusivement sur la capture de neutrons, puisque la répulsion électrostatique entre noyaux rend les captures de protons ou les fusions directes de plus en plus improbables. On distingue deux régimes principaux. • Le processus s, pour lent (slow), se déroule dans les étoiles de la branche asymptotique des géantes, où un flux de neutrons relativement modéré, produit par des réactions comme celle du carbone-13 avec une particule alpha, permet aux noyaux de capturer des neutrons un par un, avec le temps de se désintégrer par radioactivité bêta entre deux captures lorsque cela est énergétiquement possible. Ce processus suit la vallée de stabilité et produit environ la moitié des éléments plus lourds que le fer, comme le baryum ou le plomb.Il existe enfin un processus plus marginal, le processus p, qui rend compte de la formation de certains isotopes rares, pauvres en neutrons, via des captures de protons ou des réactions de photodésintégration dans des environnements à très haute température, notamment lors des phases explosives des supernovae. L'enrichissement
du milieu interstellaire.
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| Zoom
sur le Soleil
Le Soleil est l'étoile située au centre du Système solaire. Il représente plus de 99,8 % de la masse totale de ce système et exerce, grâce à son champ gravitationnel, une influence déterminante sur les planètes et leurs satellites, les astéroïdes et les comètes qui gravitent autour de lui. Âgé d'environ 4,6 milliards d'années, il appartient à la catégorie des étoiles de type spectral G2V, souvent appelées naines jaunes, bien que sa couleur réelle apparaisse blanche lorsqu'elle est observée depuis l'espace. Son diamètre atteint environ 1,39 million de kilomètres, soit plus de cent fois celui de la Terre. Sa masse est d'environ 1,99 × 1027 tonnes. Malgré ces dimensions considérables, le Soleil est une étoile de taille moyenne parmi les centaines de milliards d'étoiles que compte notre galaxie, la Voie lactée. Il se situe à une distance moyenne de 149,6 millions de kilomètres de la Terre, distance qui définit l'unité astronomique (UA) utilisée en astronomie. Le Soleil, représentatif des étoiles G de la séquence principale, est constitué principalement d'hydrogène, qui représente environ 74 % de sa masse, et d'hélium, qui en constitue près de 24 %. Les éléments plus lourds, tels que l'oxygène, le carbone, le néon, le fer ou l'azote, ne sont présents qu'en faibles proportions. Ces éléments ont été hérités des générations d'étoiles antérieures qui ont enrichi le milieu interstellaire avant la naissance du Système solaire. Comme pour les autres étoiles, son énergie provient des réactions de fusion nucléaire qui se déroulent dans son coeur. Dans cette région extrêmement dense et chaude, où la température avoisine 15 millions de degrés Celsius, des noyaux d'hydrogène fusionnent pour former de l'hélium. Chaque seconde, plusieurs centaines de millions de tonnes d'hydrogène sont converties en hélium dans le Soleil, tandis qu'une partie de la masse est transformée en énergie conformément à la relation E = mc². La surface visible
du Soleil est appelée photosphère.
Sa température moyenne est d'environ 5500 °C. C'est dans cette couche
que se forment les granulations observées par les instruments astronomiques,
manifestations des mouvements convectifs internes. Au-dessus de la photosphère
se trouvent la chromosphère ( Le Soleil présente une activité magnétique intense. Son champ magnétique engendre divers phénomènes, parmi lesquels les taches solaires, les éruptions solaires et les éjections de masse coronale Les taches solaires sont des régions plus froides que leur environnement immédiat et apparaissent plus sombres à la surface. Leur nombre varie selon un cycle d'environ onze ans. Les éruptions solaires peuvent libérer des quantités considérables d'énergie et projeter des particules chargées dans l'espace. Le flux continu de particules émis par le Soleil constitue le vent solaire. Celui-ci interagit avec les champs magnétiques des planètes et façonne une vaste région appelée héliosphère, qui enveloppe l'ensemble du Système solaire. Sur Terre, les particules du vent solaire peuvent provoquer des aurores polaires lorsqu'elles rencontrent la magnétosphère terrestre. Elles peuvent également perturber certaines communications radio, les satellites artificiels et les réseaux électriques lors des épisodes d'activité solaire particulièrement intense. L'existence d'organismes vivants sur notre planète dépend étroitement du Soleil. Son rayonnement fournit l'énergie nécessaire à la photosynthèse des végétaux, régule le climat et permet le maintien de l'eau à l'état liquide. Les saisons résultent non pas d'une variation importante de la distance entre la Terre et le Soleil, mais de l'inclinaison de l'axe terrestre au cours de sa révolution annuelle. Le Soleil, au cours de son évolution, a progressivement augmenté sa luminosité depuis sa formation. Il continuera à fusionner l'hydrogène de son noyau pendant environ cinq milliards d'années supplémentaires. Lorsque ses réserves centrales d'hydrogène seront épuisées, il se transformera en géante rouge et son enveloppe externe se dilatera considérablement. Après cette phase, il expulsera une partie de ses couches externes pour former une nébuleuse planétaire, tandis que son coeur résiduel deviendra une naine blanche dense et très chaude qui se refroidira lentement au fil du temps. |
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