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La
sphère
céleste est une sphère fictive et de rayon indéterminé, qui a pour
centre le centre de la Terre et sur laquelle les
astres sont considérés comme projetés. Cette fiction, née de l'apparence
même du ciel, sert de base aux différents systèmes
adoptés pour la détermination de la position des astres, ou, plus précisément,
de leur direction, puisque l'on fait ici abstraction de leur distance.
Tous les corps célestes
(le Soleil, la Lune, les
planètes, les étoiles,
les galaxies lointaines) sont projetés sur la surface
interne de cette sphère, comme s'ils étaient collés à égale distance
de nous. Cette projection efface volontairement la notion de profondeur.
Ainsi, deux étoiles qui nous apparaissent côte à côte dans le ciel,
comme celles formant une constellation, peuvent en réalité être séparées
par des centaines d'années-lumière, mais sur la sphère céleste, seule
leur direction angulaire compte.
L'utilité première
de ce modèle est de transformer le problème tridimensionnel complexe
du repérage des astres en un simple problème
de coordonnées
à deux dimensions sur une surface sphérique. Pour cela, on prolonge les
concepts géographiques terrestres dans l'espace. L'axe de rotation de
la Terre, si on l'étend à l'infini, vient percer la sphère céleste
en deux points : le pôle Nord céleste et le pôle Sud céleste. Le pôle
Nord céleste est actuellement situé très près de l'étoile Polaire,
ce qui en fait un repère essentiel. De la même manière, le plan de l'équateur
terrestre, gonflé jusqu'à toucher la sphère imaginaire, y dessine un
grand cercle : l'équateur céleste. Ces références sont le socle du
système de coordonnées équatoriales,
l'un des plus utilisés, qui permet de donner une adresse fixe à chaque
étoile grâce à deux angles, l'ascension droite et la déclinaison, qui
sont les équivalents de la longitude et de la latitude terrestres.
Notre perception
quotidienne du mouvement du ciel est la raison d'être de la sphère céleste.
Nous savons pertinemment que c'est la Terre qui tourne sur elle-mĂŞme et
non le ciel qui défile autour de nous. Pourtant, notre expérience visuelle
est celle d'une voûte immense qui pivote. La sphère céleste permet de
modéliser ce mouvement apparent avec une grande fidélité. Elle semble
tourner d'un seul bloc autour d'un axe fixe passant par les pôles célestes,
effectuant une rotation complète en un jour sidéral.
Ce mouvement d'ensemble emporte tout avec lui : les étoiles se lèvent
Ă l'est, culminent au sud (dans l'hĂ©misphère nord) et se couchent Ă
l'ouest, décrivant des trajectoires circulaires parfaites sur la surface
de la sphère. En apparence fixes les unes par rapports aux autres sur
la sphère célestes les étoiles forment dans l'imaginaire des figures
appelées constellations
(Lyre, Andromède, Hercule, Orion, etc.), qui ont servi à définir des
zones de cette sphère, au limites standardisées, au nombre de
88 ( Liste des
constellations), et qui offrent déjà une manière
rudimentaire de repérer les astres (Alpha de la Lyre,
Galaxie d'Andromède, amas d'Hercule,
nébuleuse d'Orion, etc.).
Cependant, dans cette
toile de fond étoilée apparemment fixe, certains astres se distinguent
par leur errance. Les Anciens les appelaient "planètes", ce qui signifie
"astres errants". Sur la sphère céleste, le Soleil, la Lune et les planètes
du système solaire ne restent pas immobiles par rapport aux étoiles lointaines
; ils se déplacent lentement, décrivant des trajectoires complexes. Le
chemin annuel du Soleil sur cette sphère est une ligne particulière et
essentielle nommée l'écliptique. Ce grand
cercle est en réalité la projection du plan de l'orbite terrestre autour
du Soleil. Il est incliné d'environ 23,5 degrés par rapport à l'équateur
céleste, une inclinaison qui est la cause fondamentale de nos saisons.
La Lune et les autres planètes du Système
solaire ne s'écartent jamais beaucoup de cette ligne, car leurs orbites
sont globalement dans le même plan. La bande de ciel qui entoure l'écliptique,
traversée par ces chemins vagabonds, est le zodiaque. Le zodiaque est
un parfait exemple de la manière dont la sphère céleste a structuré
la pensée humaine. Cette zone a été découpée en douze constellations
par les astronomes babyloniens
et grecs, offrant un calendrier cosmique
: la position du Soleil sur l'écliptique chaque mois de l'année déterminait
le signe zodiacal. C'est un héritage culturel directement issu de ce modèle
géométrique.
Bien que l'astrophysique
moderne nous ait appris que l'univers est un espace tridimensionnel en
expansion,
sans centre ni bord, la sphère céleste demeure un outil pédagogique
et pratique irremplaçable. C'est le concept central de la navigation astronomique,
qui a guidé les marins pendant des siècles à l'aide du sextant, un instrument
qui mesure précisément des hauteurs angulaires sur cette sphère. C'est
aussi le principe de base des planétariums, ces salles de projection en
forme de dĂ´me qui ne sont rien d'autre que des reproductions physiques
de la sphère céleste, nous permettant de voir les mouvements du ciel
en accéléré. Dans tous les télescopes modernes, même les plus puissants,
les systèmes de pointage utilisent le système de coordonnées équatoriales
hérité de ce modèle. |
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