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La langue ukrainienne
L'ukrainien est une langue slave orientale appartenant à la famille indo-européenne. Elle est étroitement apparentée au biélorusse et au russe, tout en présentant des caractéristiques phonétiques, lexicales et grammaticales propres qui la distinguent nettement de ces langues voisines. L'ukrainien est la langue officielle de l'Ukraine, où il coexiste avec le russe et d'autres langues minoritaires. Le bilinguisme est répandu, mais l'usage de l'ukrainien s'est renforcé dans l'espace public, l'éducation, l'administration et les médias, en particulier au cours des dernières décennies. La langue joue aujourd'hui un rôle fondamental dans l'affirmation de la souveraineté culturelle et politique du pays.

Son développement s'inscrit dans l'héritage linguistique de la Rus' de Kyïv, entité médiévale dont la langue écrite ancienne a servi de base commune aux langues slaves orientales modernes. À partir du XIVe siècle, l'ukrainien commence à se différencier de manière plus marquée, sous l'influence de facteurs politiques, culturels et sociaux, notamment les contacts prolongés avec le polonais, le lituanien et, dans une moindre mesure, le tchèque et le slovaque. Malgré des périodes de marginalisation et de restrictions officielles, en particulier sous l'Empire russe et l'Union soviétique, la langue a été préservée et normalisée, notamment au XIXe et au XXe siècle.

La grammaire ukrainienne.
La langue ukrainienne se caractérise par une morphologie riche, fortement flexionnelle, et par un système grammatical qui repose sur les catégories de genre, de nombre, de cas, de personne, d'un aspect verbal développé et d'un ordre des mots relativement libre, structuré par la syntaxe informationnelle.

Le système phonologique ukrainien comprend six voyelles principales /a, e, i, y, o, u/, avec une opposition claire entre [i] et [y], absente dans de nombreuses langues européennes. Les consonnes se distinguent notamment par l'opposition entre formes dures et palatalisées, cette palatalisation ayant une valeur distinctive. L'accent tonique est mobile et imprévisible, pouvant se déplacer selon les formes fléchies d'un même mot, ce qui joue un rôle grammatical et lexical important.

L'ukrainien s'écrit à l'aide de l'alphabet cyrillique, dans une version spécifique comportant 33 lettres. Certaines lettres, comme Ґ, Є, І et Ї, n'existent pas en russe et reflètent des particularités phonétiques propres à la langue. La correspondance entre l'orthographe et la prononciation est globalement régulière, ce qui facilite l'apprentissage de la lecture. 

Le lexique ukrainien combine un fonds slave ancien avec de nombreux emprunts issus des langues voisines, en particulier le polonais et, plus récemment, le russe, tout en intégrant des internationalismes d'origine latine ou grecque. Depuis l'indépendance de l'Ukraine en 1991, un effort soutenu de revitalisation lexicale vise à promouvoir des équivalents ukrainiens là où des russismes étaient auparavant dominants, notamment dans les domaines administratif, scientifique et médiatique.

Le nom ukrainien se décline selon sept cas : le nominatif, le génitif, le datif, l'accusatif, l'instrumental, le locatif et le vocatif. Chaque cas exprime une fonction syntaxique ou sémantique précise. Le nominatif marque généralement le sujet. Le génitif exprime la possession, la quantité, la négation ou certaines constructions prépositionnelles. Le datif est associé au bénéficiaire ou au destinataire. L'accusatif marque l'objet direct, avec une distinction entre animé et inanimé. L'instrumental exprime le moyen, l'accompagnement ou l'attribut après certains verbes. Le locatif est utilisé après un ensemble limité de prépositions pour exprimer la localisation. Le vocatif sert à l'interpellation directe.

Les noms se répartissent en trois genres grammaticaux : masculin, féminin et neutre. Le genre est généralement déterminé par la terminaison du nominatif singulier, mais il existe des exceptions sémantiques et morphologiques. Le nombre distingue le singulier et le pluriel, avec des paradigmes de déclinaison propres à chaque combinaison de genre et de type de base nominale. Les déclinaisons se répartissent traditionnellement en plusieurs classes selon la terminaison et la structure du radical.

Les adjectifs s'accordent avec le nom qu'ils qualifient en genre, en nombre et en cas. Ils possèdent des formes longues, majoritaires dans l'usage moderne, et des formes courtes, aujourd'hui limitées à certains contextes stylistiques ou figés. Les adjectifs peuvent exprimer des degrés de comparaison : le comparatif est formé soit analytiquement à l'aide de l'adverbe більш, soit synthétiquement par suffixation, tandis que le superlatif utilise le préfixe най- ou une construction analytique.

Les pronoms personnels distinguent trois personnes, deux nombres et, à la troisième personne du singulier, les trois genres. Ils possèdent des formes déclinées pour la plupart des cas, avec des formes faibles et fortes selon la position syntaxique et l'accentuation. Les pronoms possessifs, démonstratifs, interrogatifs, relatifs, indéfinis et négatifs suivent en grande partie les paradigmes adjectivaux et s'accordent avec le nom qu'ils déterminent.

Le verbe ukrainien est caractérisé par la catégorie fondamentale de l'aspect, opposant l'aspect imperfectif et l'aspect perfectif. L'aspect imperfectif exprime une action en cours, habituelle ou non bornée, tandis que l'aspect perfectif marque une action achevée ou envisagée comme un tout. Cette opposition est lexicale et morphologique, souvent réalisée par préfixation ou par changement de radical. Chaque verbe appartient principalement à un aspect, l'autre étant exprimé par une forme corrélative.

Les verbes se conjuguent selon la personne, le nombre, le temps, le mode et, au passé, selon le genre au singulier. Les temps simples comprennent le présent, qui n'existe que pour l'imperfectif, le passé, formé à partir du participe passé et exprimant le genre, et le futur, qui peut être simple pour le perfectif ou analytique pour l'imperfectif. Le futur analytique se construit avec l'auxiliaire бути conjugué suivi de l'infinitif.

Les modes verbaux incluent l'indicatif, l'impératif et le conditionnel. L'impératif possède des formes synthétiques pour la deuxième personne et analytiques pour les autres. Le conditionnel est formé à l'aide de la particule б ou би combinée avec la forme passée du verbe. Le subjonctif, en tant que mode distinct, n'existe pas formellement mais ses valeurs sont exprimées par le conditionnel et des constructions syntaxiques spécifiques.

Les formes non finies du verbe comprennent l'infinitif, les participes et le gérondif. L'infinitif se termine généralement en -ти ou -ть. Les participes, aujourd'hui plus restreints dans l'usage courant, peuvent être actifs ou passifs et fonctionnent comme adjectifs. Le gérondif exprime une action simultanée ou antérieure par rapport à celle du verbe principal et correspond souvent à une subordonnée circonstancielle en français.

Les adverbes sont en grande partie invariables et expriment des circonstances de lieu, de temps, de manière, de cause ou de degré. Beaucoup dérivent d'adjectifs par suffixation. Les prépositions régissent des cas spécifiques et jouent un rôle central dans l'expression des relations syntaxiques et sémantiques. Les conjonctions coordonnent ou subordonnent des propositions, tandis que les particules modales et discursives apportent des nuances d'assertion, de doute, de restriction ou d'insistance.

La syntaxe ukrainienne autorise un ordre des mots relativement libre grâce à la déclinaison, mais l'ordre neutre reste sujet–verbe–objet. Les variations d'ordre servent principalement à exprimer la focalisation, le thème et le rhème. Les phrases complexes utilisent largement la subordination introduite par des conjonctions ou des pronoms relatifs, ainsi que des constructions infinitives et participiales.

La négation est généralement exprimée par la particule не placée devant le verbe, avec un emploi fréquent de la double négation, considérée comme normative. Les questions peuvent être marquées par l'intonation, par des mots interrogatifs ou par la particule чи. L'ukrainien moderne présente une distinction stylistique claire entre langue standard, registres familiers et langue littéraire, chacun exploitant différemment les ressources grammaticales.

Histoire et dialectes de l'ukrainien.
La langue ukrainienne s'est constituée à partir des dialectes issus du slave commun introduit en Europe orientale entre les Ve et VIIe siècles. Ces dialectes se développent dans l'aire géographique de la future Rus' de Kiev, en interaction avec des substrats et adstrats non slaves, notamment baltes, finno-ougriens, iraniens et, plus tard, turciques et romans orientaux. Dès les premiers siècles de son évolution, l'espace dialectal oriental slave présente une différenciation progressive qui prépare l'émergence ultérieure de l'ukrainien, du biélorusse et du russe.

À l'époque de la Rus' de Kiev, du IXe au XIIIe siècle, il n'existe pas de langue ukrainienne distincte au sens moderne. La langue écrite est dominée par le slavon d'Église, utilisé dans les textes religieux, tandis que l'administration et la culture écrite profane recourent à des formes vernaculaires orientales slaves influencées par cette langue liturgique. Les parlers de la région méridionale et sud-occidentale de la Rus' présentent cependant déjà des traits spécifiques, notamment dans l'évolution des voyelles réduites, le traitement des consonnes palatales et certaines particularités morphologiques, qui les distinguent progressivement des parlers septentrionaux.

Après la désintégration de la Rus' de Kiev et les invasions mongoles, les territoires ukrainiens connaissent des trajectoires politiques divergentes. Les régions occidentales et centrales sont intégrées au Grand-Duché de Lituanie, puis à la République des Deux Nations (Pologne), tandis que les régions orientales subissent des influences plus directes du monde moscovite. Dans le cadre lituano-polonais, une langue écrite administrative et juridique se développe, souvent désignée comme ruthène, fondée principalement sur des dialectes ukrainiens et biélorusses. Cette langue joue un rôle central dans la continuité historique de l'ukrainien, tant par son lexique que par sa morphosyntaxe.

Du XVIe au XVIIIe siècle, la langue ruthène connaît un déclin progressif comme langue officielle sous la pression croissante du polonais et du latin, tandis que le slavon d'Église demeure dominant dans la sphère religieuse. Les dialectes ukrainiens continuent cependant de se développer à l'oral et dans des formes écrites non normées, notamment dans la littérature populaire, les chroniques cosaques et la poésie. Cette période voit le renforcement de traits caractéristiques de l'ukrainien, tels que la vocalisation de certaines consonnes, des évolutions spécifiques du système vocalique et des innovations lexicales.

Le XIXe siècle marque une étape décisive avec l'émergence d'une conscience linguistique ukrainienne moderne. Des écrivains et intellectuels, dont Ivan Kotliarevsky et Taras Chevtchenko, utilisent les dialectes vernaculaires comme base d'une langue littéraire. La codification progresse malgré des restrictions politiques sévères dans l'Empire russe, où l'usage public de l'ukrainien est limité, tandis que les régions occidentales sous domination austro-hongroise offrent un cadre plus favorable à son développement institutionnel.

Au début du XXe siècle, l'ukrainien fait l'objet de tentatives de standardisation plus systématiques. Après une brève période d'officialisation à la suite de la révolution de 1917, la langue est intégrée dans le cadre soviétique, connaissant d'abord une phase de promotion dans les années 1920, puis une normalisation plus restrictive à partir des années 1930, marquée par une pression accrue du russe. Malgré ces évolutions, la norme ukrainienne moderne conserve une continuité structurelle forte avec les dialectes centraux.

Les dialectes ukrainiens forment un continuum complexe traditionnellement divisé en trois grands groupes : les dialectes septentrionaux, les dialectes sud-occidentaux et les dialectes sud-orientaux. Cette division repose sur un ensemble d'isoglosses phonétiques, morphologiques et lexicales, sans frontières nettes entre les zones.

Les dialectes septentrionaux, parfois qualifiés de dialectes polésiens, occupent la zone frontalière avec le biélorusse. Ils présentent des traits conservateurs, notamment dans le traitement des voyelles réduites anciennes et certaines particularités prosodiques. Leur proximité avec les dialectes biélorusses se manifeste par des convergences phonétiques et lexicales significatives.

Les dialectes sud-occidentaux couvrent une vaste aire incluant la Galicie, la Volhynie, la Podolie et la Bukovine. Ils se caractérisent par une grande diversité interne et par des traits partagés avec les langues voisines, en particulier le polonais, le slovaque et le roumain. Ces dialectes présentent des innovations phonétiques marquées, des particularités morphologiques et un lexique enrichi par des emprunts occidentaux.

Les dialectes sud-orientaux, comprenant notamment les parlers du Dniepr moyen et de la région de Sloboda, constituent la base principale de l'ukrainien standard moderne. Ils se distinguent par une relative homogénéité, une phonétique considérée comme équilibrée et des structures morphosyntaxiques qui ont favorisé leur sélection comme fondement normatif.

À l'intérieur de ces trois grands ensembles, on observe une multitude de sous-dialectes locaux, différenciés par des isoglosses fines portant sur la réalisation des voyelles, l'accentuation, les alternances consonantiques, la flexion nominale et verbale, ainsi que sur le vocabulaire. Malgré cette diversité, l'intercompréhension entre les différentes variétés ukrainiennes demeure élevée.

La littérature ukrainienne.
La littérature ukrainienne s'inscrit dans une tradition pluriséculaire étroitement liée à l'histoire politique, religieuse et culturelle des terres ukrainiennes. Ses origines remontent à l'époque de la Rus' de Kiev, où la production écrite est dominée par le slavon d'Église et par des formes anciennes de slave oriental. Les premiers monuments littéraires, tels que les chroniques, les vies de saints et les sermons, relèvent d'une culture écrite commune à l'ensemble du monde slave oriental. Parmi les textes majeurs figurent la Chronique des temps passés, attribuée au moine Nestor, ainsi que le Dit de la campagne d'Igor, oeuvre épique de la fin du XIIe siècle, considérée comme un sommet de la littérature médiévale slave orientale et intégrée rétrospectivement au patrimoine littéraire ukrainien.

Après la désintégration de la Rus' de Kiev, la tradition littéraire se poursuit dans les territoires ukrainiens au sein du Grand-Duché de Lituanie et de la République des Deux Nations. La langue ruthène, ancêtre de l'ukrainien et du biélorusse modernes, devient un important vecteur de culture écrite. Les actes juridiques, les chroniques et les textes religieux utilisent cette langue, tandis que la littérature religieuse et polémique se développe dans le contexte de l'Union de Brest. Des auteurs comme Ivan Vyshensky se distinguent par leurs écrits polémiques, marqués par une langue vive et une forte dimension morale. Parallèlement, l'influence de la Renaissance et du baroque se manifeste dans la poésie et la prose savantes, notamment à travers l'activité des académies orthodoxes, en particulier celle de Kyiv-Mohyla.

Le baroque ukrainien des XVIIe et XVIIIe siècles constitue une période de grande richesse littéraire. Il se caractérise par une synthèse originale d'éléments religieux, philosophiques et poétiques. Des figures comme Lazar Baranovych et Feofan Prokopovych illustrent le développement de la prose théologique et rhétorique, tandis que la poésie baroque se distingue par son goût pour la métaphore élaborée et la structure formelle complexe. La littérature cosaque, notamment les chroniques cosaques attribuées à Samiylo Velychko et Hryhoriy Hrabianka, contribue à la formation d'une conscience historique proprement ukrainienne.

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, la littérature ukrainienne entre dans une phase de transition décisive avec l'émergence de la langue vernaculaire comme langue littéraire. Ivan Kotliarevsky joue un rôle fondateur avec son Énéide, parodie burlesque de l'épopée de Virgile écrite en ukrainien populaire, qui marque la naissance de la littérature ukrainienne moderne. Son oeuvre dramatique, notamment Natalka Poltavka, contribue également à la diffusion de la langue ukrainienne sur la scène théâtrale.

Le XIXe siècle est dominé par le romantisme et par l'affirmation nationale. La figure centrale de cette période est Taras Chevtchenko, poète, peintre et symbole majeur de la culture ukrainienne. Son recueil Kobzar, publié à partir de 1840, combine lyrisme, engagement politique et inspiration folklorique, et exerce une influence durable sur l'ensemble de la littérature ukrainienne. Aux côtés de Chevtchenko, des auteurs comme Panteleimon Koulitch, auteur du roman historique Tchorny Rada, et Marko Vovtchok (Maria Aleksandrovna Vilinska), connue pour ses récits consacrés à la vie paysanne et à la condition féminine, contribuent à l'enrichissement de la prose ukrainienne.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le réalisme s'impose progressivement. Ivan Nechouï-Levytsky décrit avec précision la vie sociale et les tensions morales du monde rural et urbain, notamment dans Kaïdacheva simia. Panas Myrny, avec des oeuvres comme Khіba revut voly, yak yasla povni, traite des injustices sociales et de la psychologie des personnages. Cette période voit également l'essor de la critique littéraire et de la réflexion linguistique.

En Ukraine occidentale, sous domination austro-hongroise, la littérature connaît un développement dynamique. Ivan Franko incarne une figure encyclopédique, à la fois poète, romancier, dramaturge et critique. Ses oeuvres, telles que Borislav smiyetsia et Zakhar Berkut, combinent analyse sociale, thématique historique et engagement intellectuel. Lesia Ukrainka renouvelle la poésie et le théâtre ukrainiens par une écriture intellectuelle et symbolique, illustrée par des œuvres majeures comme Lisova pisnia et ses drames inspirés de l'Antiquité et de l'histoire mondiale.

Le début du XXe siècle est caractérisé par une grande diversité esthétique. Le modernisme ukrainien se manifeste à travers des courants symbolistes, néoromantiques et impressionnistes. Des auteurs comme Mykola Vorony, Olha Kobylianska et Mykhailo Kotsioubynsky, auteur de Tini zabutykh predkiv, abordent de nouvelles formes narratives et une psychologie plus raffinée. La révolution de 1917 et les tentatives d'indépendance ukrainienne stimulent une intense production littéraire.

Les années 1920 constituent une période d'effervescence exceptionnelle, souvent qualifiée de Renaissance fusillée. Des écrivains comme Mykola Khvyliovy, Valerian Pidmohylny, avec le roman Misto, et Mykola Koulich dans le théâtre, expérimentent des formes modernistes audacieuses et interrogent l'identité culturelle ukrainienne. Cette floraison est brutalement interrompue par les répressions staliniennes des années 1930, qui entraînent l'exécution, la déportation ou le silence forcé de nombreux écrivains.

Sous le régime soviétique, la littérature ukrainienne est soumise aux contraintes du réalisme socialiste. Des auteurs comme Oleksandr Dovjenko, connu pour ses écrits et ses scénarios cinématographiques, et Oles Honchar, auteur du roman Sobor, parviennent néanmoins à introduire des dimensions symboliques et morales dans leurs oeuvres. Parallèlement, une littérature dissidente émerge, notamment avec Vasyl Stous, poète de haute intensité morale, dont l'oeuvre est largement écrite en détention.

La fin du XXe siècle, marquée par la perestroïka et l'indépendance de l'Ukraine en 1991, ouvre une nouvelle phase de liberté créatrice. Une génération postmoderne apparaît, représentée par des auteurs tels que Iouri Androukhovytch, dont les romans Rekreatsii et Moskoviada mêlent satire, intertextualité et réflexion historique, ainsi que Oksana Zaboujko, dont le roman Polovi doslidzhennia z ukrainskoho seksu analyse les traumatismes historiques et identitaires.

La littérature ukrainienne contemporaine se caractérise par une grande diversité de genres et de voix. Des écrivains comme Serhiy Jadan, auteur de Vorochylovhrad et Internat, abordent les réalités sociales et politiques récentes, tandis que Andriy Kourkov, écrivant en russe mais inscrit dans l'espace culturel ukrainien, acquiert une reconnaissance internationale avec des romans tels que Le Pingouin. Cette production actuelle témoigne de la vitalité d'une littérature profondément marquée par l'histoire, mais résolument tournée vers l'exploration des formes et des expériences contemporaines.

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