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Le Royaume-Uni depuis 1900 |
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Royaume-Uni au début du XXe siècle.
Après l'avènement d'Édouard VII, monté sur le trône en 1901, les rapports entre la France Les libéraux revinrent au pouvoir - sous la présidence de Henry Campbell Bannermann, puis d'Asquith - après les élections de 1905, qui envoyèrent aux Communes une trentaine de députés du Parti travailliste (Labour party). Le gouvernement fit passer un certain nombre de bills sur les grèves, la protection du travail, la surveillance du travail à domicile, les assurances sociales, les retraites pour les vieillards. L'application de ces lois sociales exigeant des crédits considérables, le chancelier de l'Échiquier, Lloyd George, voulut les demander à une majoration de l'impôt sur le revenu et à la taxation des capitaux oisifs. Après deux dissolutions et le retour de la même majorité en 1910, les lords se décidèrent à céder; la Chambre haute n'eut plus que le droit de suspendre pendant deux ans l'exécution des mesures votées par les Communes. Entre 1900
à 1914, plusieurs mouvements populaires
agitèrent gravement la Grande-Bretagne. En dehors des manifestations des
«-suffragettes », une suite de grandes grèves
(dockers, matelots, cheminots, mineurs surtout) manifesta la force des
organisations ouvrières. En 1912,
tandis que l'adoption d'un home rule permettait enfin d'espérer
une évolution de la situation en Irlande Georges V succéda à son père Edouard
VII en 1910. Il se montra, lui aussi,
respectueux des traditions constitutionnelles de l'Angleterre. Au début
de son règne, il y eut quelques avancées sociales et fiscales impulsées
par le Parti travailliste, et les syndicats (trade-unions) auxquels
il était lié. Il y eut aussi des avancées institutionnelles, comme la
diminution, en 1911, du pouvoir de
la Chambre des Lords. Mais ce règne fut très rapidement confronté aux
difficultés. Les troubles qui éclatèrent en Irlande en 1914
firent retarder l'application du home rule, et surtout, le 4 août
de la même année, la déclaration de guerre de l'Angleterre aux Empires
centraux, après l'invasion de la Belgique Déménagements - La reine Victoria avait été la dernière souveraine appartenant à la Maison de Hanovre, son fils, Edouard VII, appartenait par son père, le Prince Albert, à la Maison de Saxe-Cobourg-Gotha, autre dynastie allemande. Mais en 1917, lors de la Grande guerre, Georges V dut se défaire de tous ses titres allemands et donna le nom de Maison de Windsor à sa dynastie. C'est toujours celui de la famille royale britannique actuelle.Pendant la guerre, comme en France Le pays va rapidement
se trouver confronté à une forte inflation, à un endettement très important
surtout vis-à -vis des États-Unis Après que les conservateurs
aient rompu, pour gouverner seuls, en 1922
leur coalition avec les libéraux de Lloyd George, ces derniers s'étaient
alliés avec le Labour, pour reprendre brièvement la tête du gouvernement
sous la houlette du travailliste Ramsay Mac Donald. Mais le tories,
dirigés par Stanley Baldwin, étaient revenus aux affaires dès 1924.
En
1925,
ils rétablissent l'étalon-or, supprimé pendant la guerre. La mesure,
à l'origine de laquelle se trouve Winston
Churchill, alors chancelier de l'Échiquier (ministre des finances),
permet à la livre sterling de se redevenir une monnaie forte et attractive.
Mais ce redressement monétaire a une contrepartie : les exportations deviennent
plus difficiles. De plus, lorsque survient la crise de 1929,
les dépôts étrangers qui avaient afflué s'évaporent soudain. Les réserves
en or s'épuisent et la convertibilité des billets doit de nouveau être
suspendue. La livre perd un tiers de sa valeur. Cette dépréciation ajoutée
à l'introduction du protectionnisme en 1931
et à l'instauration d'une union douanière impériale l'année suivante
permet tout juste de stabiliser la situation. Certains secteurs industrielles
nouveaux - les constructions automobile et aéronautique - connaissent
ainsi une brève embellie, mais les industries anciennes - mines,
sidérurgie, industries textiles - restent dans le rouge.
Pendant les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, le climat social sera relativement paisible, au contraire du climat politique. Pour commencer, c'est à une crise dynastique que l'on assiste, après la mort du roi Georges V, le 20 janvier 1936. Son successeur Édouard VIII, doit normalement être couronné l'année suivante, mais très vite les autorités religieuses lui reprochent sa romance avec Wallis Simpson, une Américaine divorcée une première fois, remariée, et de nouveau en cours de divorce. Ce n'est pas tout. La classe politique elle aussi est très inquiète, et ne veut pas de ce roi qui a manifesté des sympathies pour les idées fascistes et dont le populisme et autoritarisme font craindre qu'il devienne une menace pour la démocratie parlementaire. Une campagne, à laquelle participent aussi les pays du Commonwealth, est donc lancée pour qu'il renonce au trône. Fin décembre, il annonce son abdication en faveur de son frère le duc d'York qui régnera sous le nom de Georges VI. A la veille de la grande conflagration qui se prépare chacun espère que, lui, saura se tenir à sa place. Une autre crise éclate
ensuite qui divise les conservateurs, à propos du comportement à adopter,
justement, devant la montée des totalitarismes en Europe Le Royaume-Uni
depuis la Seconde Guerre mondiale.
Quand Churchill redevient
premier ministre en 1951,
les conservateurs renoncent à nombre de décisions économiques prises
par les travaillistes, mais conservent les avancées sociales que leurs
prédécesseurs avaient instauré. Ils vont ainsi profiter quelque temps
d'une conjoncture favorable. Cette nouvelle époque de prospérité commence
avec le couronnement, en 1953,
de la reine Élisabeth II qui succède à George VI, mais s'accompagne
aussi de nombreux remous politiques. L'intervention britannique dans la
zone du canal de Suez en 1956,
provoque le départ de Anthony Eden, le successeur de Churchill. (A partir
de là , le Royaume-Uni prend semble-t-il enfin conscience de la mort définitive
de l'Empire et achève le processus de colonisation, avant d'aligner de
plus en plus souvent sa politique extérieure sur celle des États-Unis Wilson est confronté à la crise économique.
La bonne santé dont fait alors preuve la Communauté économique européenne
l'incite à renouveler la candidature britannique en 1967.
Cette fois encore, elle se heurte au veto de De
Gaulle. La même année, la monnaie doit être dévaluée. En 1969,
c'est en Irlande La victoire des conservateurs
en 1979,
qui place à la tête du gouvernement Margaret Thatcher,
marque un tournant. Avec elle, c'est une politique strictement libérale
qui est mise en route. Les acquis sociaux des années 1940
auxquels les gouvernements conservateurs précédents n'avaient pas touché
sont maintenant remis en cause. Thatcher engage également un important
programme de privatisations à partir de 1981.
La même année sa fermeté face aux troubles en Irlande L'un des premiers
dossiers auxquels s'attaque le gouvernement Blair est la question d'Irlande
du Nord. Il poursuit la politique de conciliation amorcée par John Major,
en 1993
et aboutit le 10 avril 1998
à un accord qui a, jusqu'ici du moins, largement désamorcé la crise
qui déchirait l'Ulster depuis plusieurs décennies ( Le 27 juin 2007, Tony Blair a quitté ses fonctions sans attendre la fin de son troisième mandat. Il a été remplacé comme Premier ministre par son ancien ministre des finances (Chancelier de l'Échiquier), Gordon Brown, devenu l'homme fort du New Labour. Le mandat du nouveau Premier ministre est presque immédiatement dominé par la crise financière mondiale : dès l'été 2007, la banque Northern Rock connaît une panique bancaire, première depuis plus d'un siècle au Royaume-Uni, et doit être nationalisée début 2008. La crise s'aggrave après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 : Brown orchestre un vaste plan de sauvetage des banques britanniques (Royal Bank of Scotland, Lloyds), injectant des dizaines de milliards de livres d'argent public. Le pays entre en récession fin 2008 et le déficit public explose. Aux élections de mai 2010, aucun parti n'obtient de majorité absolue. Le conservateur David Cameron forme une coalition inédite depuis 1945 avec les libéraux-démocrates de Nick Clegg, qui devient vice-Premier ministre. Ce gouvernement lance un programme d'austérité budgétaire sévère pour réduire le déficit, avec des coupes dans les dépenses publiques et une hausse de la TVA. En 2011, des émeutes urbaines éclatent à Londres et dans plusieurs grandes villes après la mort d'un homme abattu par la police à Tottenham. La même année, un référendum sur le mode de scrutin (vote alternatif) est rejeté massivement. En 2012, Londres organise avec succès les Jeux olympiques d'été. En septembre 2014, un référendum sur l'indépendance de l'Écosse se solde par une victoire du "non" (55 % contre 45 %), mais ouvre la voie à un transfert accru de compétences à Édimbourg. Cameron remporte les élections de mai 2015 avec une majorité conservatrice absolue, mettant fin à la coalition. Fidèle à sa promesse électorale, il organise le 23 juin 2016 un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne : le "Leave" l'emporte avec 51,9 % des voix, un choc politique majeur. Cameron démissionne le lendemain et est remplacé par Theresa May, qui déclenche l'article 50 en mars 2017. Affaiblie, May convoque des élections anticipées en juin 2017 dans l'espoir de renforcer sa majorité, mais perd au contraire sa majorité absolue et doit s'appuyer sur les dix députés unionistes nord-irlandais du DUP. Les négociations du Brexit s'enlisent : son accord de retrait est rejeté à trois reprises par les Communes en 2019. May démissionne en juin 2019 et Boris Johnson lui succède en juillet, promettant de "faire le Brexit". Après un nouveau blocage parlementaire, il obtient des élections anticipées en décembre 2019, qu'il remporte avec une large majorité conservatrice grâce à une percée dans les anciens bastions ouvriers du nord de l'Angleterre ("red wall"). Le Royaume-Uni quitte officiellement l'Union européenne le 31 janvier 2020, suivi d'une période de transition jusqu'à fin décembre 2020, date à laquelle un accord commercial est finalement conclu. Mais l'année 2020 est surtout marquée par la pandémie de covid-19 : le pays connaît plusieurs confinements stricts, un nombre de morts parmi les plus élevés d'Europe, puis une campagne de vaccination précoce et rapide à partir de décembre 2020. En 2021-2022, le gouvernement Johnson est progressivement rongé par le scandale du "partygate" (fêtes organisées à Downing Street en violation des règles de confinement), qui entraîne de multiples démissions ministérielles et pousse Johnson à démissionner en juillet 2022. Le 8 septembre 2022, la reine Elizabeth II meurt à Balmoral après soixante-dix ans de règne ; son fils lui succède sous le nom de Charles III. Quelques jours plus tôt, Liz Truss avait été choisie comme nouvelle Première ministre. Son mini-budget de septembre 2022, prévoyant d'importantes baisses d'impôts non financées, provoque une panique sur les marchés obligataires et une chute de la livre, forçant la Banque d'Angleterre à intervenir en urgence. Truss démissionne après seulement quarante-neuf jours, le mandat le plus court de l'histoire britannique. Rishi Sunak devient Premier ministre le 25 octobre 2022, le premier chef de gouvernement britannique d'origine sud-asiatique. Il tente de stabiliser l'économie, négocie le "cadre de Windsor" avec l'UE sur le protocole nord-irlandais début 2023 et met en avant sa politique migratoire controversée d'expulsion des demandeurs d'asile vers le Rwanda. Après quatorze années de pouvoir conservateur marquées par cinq Premiers ministres, des scandales à répétition, le Brexit et une crise du coût de la vie, les élections générales du 4 juillet 2024 se soldent par une déroute historique des Tories : le Labour de Keir Starmer remporte 412 sièges contre 121 aux conservateurs. Starmer devient Premier ministre le 5 juillet 2024, nomme Rachel Reeves première femme chancelière de l'Échiquier, Angela Rayner vice-Première ministre, Yvette Cooper à l'Intérieur et David Lammy aux Affaires étrangères. Le gouvernement Starmer peine cependant à s'imposer : controverse sur la suppression d'une aide au chauffage pour les retraités, tensions internes sur la réforme des prestations sociales (une cinquantaine de députés travaillistes se rebellent en 2025, forçant un net recul du gouvernement), budget de novembre 2025 marqué par des hausses d'impôts et des accusations d'avoir induit en erreur le public sur l'état des finances publiques, démission d'Angela Rayner puis d'autres figures, scandale des liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein, excuses officielles aux victimes de réseaux de prédateurs sexuels en 2025, et décision de la Cour suprême sur la définition légale des femmes en avril 2025. Sur ce fond de mécontentement, le parti Reform UK de Nigel Farage caracole dans les sondages, dépassant largement le Labour et les conservateurs. Début 2026, la pression interne sur Starmer devient explosive : après de très mauvais résultats travaillistes aux élections locales de mai 2026, une partie du parti pousse la candidature d'Andy Burnham, maire du Grand Manchester, comme possible remplaçant, bien que les règles internes exigent d'être député pour prétendre au poste de chef du parti. Une première tentative de le faire élire lors d'une élection partielle à Gorton and Denton est bloquée par la direction du parti en février 2026. Mais en juin 2026, le député de Makerfield démissionne pour permettre à Burnham de se présenter : celui-ci remporte largement l'élection partielle du 18 juin face au candidat de Reform UK. Quatre jours plus tard, le 22 juin 2026, Keir Starmer annonce sa démission de la direction du Labour et de Downing Street. Après une période de candidatures où Burnham obtient le soutien de plus de 94 % des députés travaillistes, il est désigné sans opposition à la tête du parti à la mi-juillet. Starmer prononce un discours d'adieu au 10 Downing Street le 20 juillet 2026, jour même où Andy Burnham s'apprête à lui succéder comme nouveau Premier ministre. |
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