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Les
Bretons avaient profité de l'affaiblissement de l'empire romain
pour reconquérir leur indépendance, sous Honorius,
en 411.
Mais, partagés en divers petits États, gouvernés par des princes particuliers,
ils étaient incapables de résister aux attaques des Écossais
et des Pictes. Les cĂ´tes de la Bretagne
commençaient alors à être visitées par des pirates redoutables, les
Jutes, les Angles
et les Saxons.
Anglo-saxons,
Danois et Normands.
Un certain Vortigern,
l'un des princes bretons, appela Ă son secours, en 449,
Hengist et Horsa, deux chefs de ces pirates. Ces auxiliaires se changèrent
bientĂ´t en ennemis; Vortigern fut plusieurs fois vaincu, et Hengist, mort
en 480,
conquit et fonda le royaume Kent .
Les conquérants de ce royaume étaient Jutes;
ceux qui fondèrent les royaume de Sussex, de Wessex et d'Essex étaient
Saxons, et les Angles,
desquels la partie de la Bretagne appelée Angleterre
tire son nom, établirent les royaumes Est-Anglie (East Anglia), de Mercie ,
de Bernicie
et de Deirie .
La réunion fréquente de ces deux derniers royaumes sous un même chef
fait qu'on ne compte généralement que 7 royaumes anglo-saxons, sous le
nom d'Heptarchie .
L'autorité d'un
des rois anglo-saxons, que les historiens désignent sous le titre de bretwalda,
prévalait sur celle des autres. Ce titre est donné par Bède
Ă 7 princes :
1° Aella,
fondateur du royaume de Sussex;
2° Ceawlin, mort
en 593;
3° Ethelbert, roi
de Kent ,
converti par saint Augustin au christianisme
avec la plupart de ses sujets dont il fut le législateur et mort en 616;
4° Redwald, roi
d'Est-Anglie;
5° Edwin, roi de
Bernicie
et de Deirie ,
réunies sous le nom de Northumbrie, qui se fit baptiser en 627
et fut tué en 633
en combattant les Merciens;
6° saint Oswald,
roi de Northumbrie ,
très zélé pour la propagation du christianisme, tué aussi en combattant
les Merciens, en 643.
7° Oswio, roi de
la Northumbrie, mort en 670.
Les descendants de Cerdic,
fondateur du royaume de Wessex, mort en 534,
triomphèrent, après une lutte de trois siècles, de tous leurs adversaires,
et acquirent, de 819
Ă 827,
dans la personne d'Egbert la suprématie sur tous
les États anglo-saxons. Egbert s'était formé dans l'art de la guerre
à l'école de Charlemagne; auprès duquel
il s'était réfugié pendant trois ans. Ses successeurs furent Ethelwulf,
837, Ethelbald,
857, Ethelbert,
860, Ethelred
I, 866,
Alfred le Grand, 871
ou 872,
Edouard (Edward) Ier,
900, et
Athelstan, 924.
Ce dernier remporta, en 938,
sur les Danois, les Norvégiens
( La Scandinavie au Moyen Âge ),
les Irlandais, les Écossais
et les Bretons, la célèbre victoire de Brunanburgh, et, réunissant sous
son sceptre toutes les contrées conquises par les Anglo-Saxons, fut ainsi
le fondateur du royaume d'Angleterre.
Il eut pour successeur son frère Edmond
Ier,
qui consolida par ses succès sur les Danois le trône du nouveau royaume.
A Edmond, assassiné en 946,
succéda son frère Edred, qui acheva de soumettre
la Northumbrie .
Le royaume passa
ensuite Ă Edwy, fils d'Edmond
Ier,
qui s'aliéna une partie de ses sujets par son gouvernement tyrannique,
par la dissolution de ses moeurs et par son attachement Ă une concubine,
nommée Ethelgive. Il avait été dépouillé du royaume de Mercie
lorsqu'il mourut en 959.
Il fut remplacé par son frère Edgard,
qui profita d'un règne paisible pour aider saint Dunstan, archevêque
de Canterbury, à réformer l'Église
d'Angleterre. Ethelred
Il, frère utérin et cadet de saint Édouard
le Martyr, dut le trĂ´ne sur lequel il monta, en 978,
au meurtre de ce prince, ordonné par sa mère. Sous son règne, les Danois,
qui, à l'exemple et au détriment des Anglo-Saxons, avaient commencé
à envahir la Bretagne dès l'an 833,
étendirent leurs dévastations sur tout le royaume. Après avoir acheté
plusieurs fois la paix Ă prix d'argent, Ethelred fit massacrer, en 1002,
tous les Danois établis dans ses États.
-
Le
roi Knut et la reine Aelgyfu
placent
la croix d'or sur le grand autel
de
l'abbaye de Newminster, Ă Winchester.
(d'après
un dessin du martyrologe de l'abbaye
et
datant de 1016-1020, British Museum).
Suénon
(Sven I), roi de Danemark, vengea en 1013
le sang répandu de ses compatriotes par la conquête de l'Angleterre.
Ethelred, qui s'était enfui, put cependant rentrer à Londres,
oĂą il mourut en 1016.
Son fils, le courageux Edmond II,
surnommé Côte-de-Fer, lutta vainement contre les Danois, et mourut
assassiné en 1017.
Canut (Knut II) le Grand, roi de Danemark et fils
de Suénon (Sven I), fut élu roi par les Anglais.
A sa mort, en 1035
ou 1036,
Harold Ier,
son fils naturel, s'empara du trĂ´ne. Il eut pour successeur, en 1040,
Hardi Canut (Knut II), fils légitime de Canut
le Grand, qui mourut en 1042,
et fut le dernier roi danois de l'Angleterre.
-
Avec saint Édouard
III le Confesseur, qui régna de 1042
Ă 1066,
finit la dynastie saxonne de Cerdic.
Harold II, fils du puissant comte Godwin, se fit reconnaître roi par
l'assemblée des thanes ( = chefs ou seigneurs), à la mort de saint
Edouard le Confesseur, mari de sa soeur, au détriment de l'etheling Edgar,
dernier descendant mâle de la dynastie de Cerdic.
Mais Guillaume, duc de Normandie ,
prétendit que saint Edouard l'avait désigné pour son successeur, et
par le succès de la bataille d'Hastings,
où Harold fut tué, conquit, en 1066,
la couronne d'Angleterre. Il dépouilla
de leurs domaines et de leurs emplois les Anglo-Saxons vaincus au profit
des Normands vainqueurs; et donna le système féodal pour base au puissant
État qu'il fonda. La ligne dite Normande
fondée par Guillaume le Conquérant
donna deux autres souverains Ă l'Angleterre
: Guillaume Il et Henri
Ier.
On lui rattache par Étienne de Blois
(1135),
fils d'Adèle, soeur d'Henri, qui fut remplacé sur le trône, en 1154,
par Henri Il'
PlantagenĂŞt,
qui lui était le petit-fils de Henri Ier
par sa mère Mathilde (épouse en seconde noces
de Geoffroy, comte d'Anjou ).
-
Edouard
le Confesseur à cheval accompagné d'un serviteur; à droite Aelthryth,
sa
belle-mère (manuscrit du XIIIe siècle, British Museum).
Les
PlantagenĂŞt.
Pendant les 330
ans que la famille PlantagenĂŞt conserva
le trône, les princes suivants se succédèrent : Henri
Il (1154),
déjà nommé; Richard Ier
Coeur de Lion (1189),
dont le frère Jean sans Terre, devenu
roi en 1199,
perdit ses possessions continentales (Normandie ,
Bretagne
et Anjou )
et provoqua, par sa tyrannie, une révolte des barons anglais qui le forcèrent
Ă leur accorder la Grande Charte (15 juin 1215).
Son fils, Henri III, qui lui succéda
en 1216,
eut un règne long et orageux; sous la conduite de Simon
de Montfort, comte de Leicester, les barons anglais se révoltèrent,
battirent le souverain Ă Lewes et le firent prisonnier (1264);
mais deux ans plus tard, Montfort fut vaincu Ă son tour et la puissance
royale se releva. Edouard Ier,
fils et successeur (1272)
du précédent. conquit le pays de Galles
qu'il annexa Ă l'Angleterre. A partir
de ce moment, l'héritier de la couronne reçut le titre de prince de
Galles.
-
Sceau
de Henri II, roi d'Angleterre. - La légende au revers, "Henri, par
la
grâce
de Dieu, duc de Normandie et de Guyenne, comte d'Anjou", montre
l'étendue
de cet empire Plantagenêt (aussi appelé empire angevin), qui
s'accrochait
aux flancs de la France capétienne.
La
période de la guerre de Cent ans.
Edouard
songeait Ă envahir l'Ecosse ,
lorsqu'il mourut, le 7 juillet 1307.
Son fils, Edouard II, marcha contre
le chef écossais Robert Bruce, qui détruisit
une grande armée anglaise à Bannockburn
(1314).
Pendant une révolte, dirigée par la reine Isabelle
et son amant Mortimer, le parlement déposa le roi, qui fut tué à peu
de temps de lĂ (septembre 1327).
Le règne de son fils, Edouard III,
est l'un des plus brillants de l'histoire d'Angleterre.
Associé à Balliol, qui voulait s'emparer de
la couronne d'Ecosse, il remporta sur les Ecossais la victoire d'Halidon
Hill (19 juillet 1333);
il envahit ensuite la France
dont il se disait roi (1338),
déclenchant ainsi ce qu'on allait appeler sur le constinent la guerre
de Cent ans .
La victoire navale de la Sluis (1340),
la bataille de Crécy
(1346)
et celle de Poitiers (1356) amenèrent un
traité favorable pour les Anglais (1360).
-
| Le
roi d'Angleterre Edouard II, par un bref de sceau privé, ordonne de réunir
le conseil du roi à Clarendon. Le roi Louis X le Hutin étant mort sans
postérité, le conseil devra décider s'il convient de réclamer la part
du royaume de France qui revient Ă la reine Isabelle. (Londres, Public
Record Office, Privy Seals file.). |
A la mort du roi
Edouard III (1377),
il fut remplacé par son petit-fils, Richard
II, fils du Prince Noir. Richard dut réprimer
une révolte de paysans commandés par Wat-Tyler; il fut enfin renversé
du trĂ´ne par le fils de Jean de Gaunt, duc de Lancastre, qui se fit proclamer
sous le nom de Henry IV (1389).
Avec celui-ci la maison de Lancastre commença
de régner sur l'Angleterre. Richard
fut jeté en prison et tout porte à croire qu'il périt assassine; mais
Henri ne put jouir paisiblement de la couronne; il fut forcé de combattre
plusieurs révoltes et de déjouer plusieurs conspirations. Son successeur
(1413)
Henri V, renversa les Lollards
( Wycliffe),
recommença la guerre en France ,
réduisit Harfleur, remporta la victoire d'Azincourt
(1415)
et fut reconnu (1420)
comme héritier de Charles VI, dont il avait
épousé la fille, Catherine. Il mourut
en 1422,
laissant un fils de 9 mois, Henri VI,
qui fut bientĂ´t roi d'une grande partie de la France; mais ce pays marcha
à la reconquête de son indépendance ( Jeanne
d'Arc). En 1451,
les Anglais ne possédaient plus sur le continent que Calais
et deux autres petites places.
-
Le
sceau d'Edouard III.
La
guerre des Deux roses.
La guerre
des Deux Roses (Rose blanche et Rose rouge, du nom de
l'emblème
de chacun des camps en présence), qui commença en 1452,
détourna les esprits des conquêtes sur le continent. Il s'agissait de
la dispute du trĂ´ne entre les maisons d'York et de Lancastre. Richard,
duc d'York, descendant du troisième fils d'Edouard
III, se considérait comme le légitime héritier. Ses partisans (Yorkistes,
Roses blanches) remportèrent les victoires de Saint-Albans (1455)
et de Northampton (1460);
mais le duc d'Yok fut battu et tué à Wakefield (1460);
son fils, proclamé roi, sous le nom d'Edouard
IV, par les Yorkistes (4 mars 1461)
gagna sur le parti Lancastrien la sanglante victoire de Towton (26 mars
1461).
Les Roses rouges furent longtemps Ă se relever de ce coup; mais Warwick
ayant déserté la cause d'Edouard, marcha sur Londres
à la tête d'une armée de Lancastriens et rendit le trône à Henry
VI (1470).
Edouard s'enfuit en Hollande ,
assembla une armée, revint, battit les Roses rouges à Barnet
(14 avril 1411)
et Ă Tewkesbury (4 mai).
La guerre fut presque
aussitôt terminée par la mort de Henry VI. Edouard le suivit dans la
tombe en 1483,
laissant un fils âgé de moins de 13 ans, Edouard
V. L'oncle de ce jeune prince, Richard, duc de Gloucester, reçut le
titre de protecteur du royaume et se donna bientĂ´t celui de roi
(Richard III). Edouard V et son
jeune frère, le duc d'York, enfermés dans la tour de Londres, y furent,
dit-on, assassinés par l'ordre de leur oncle. Contre cet usurpateur se
forma une coalition conduite par le comte de Richmond qui n'avait aucun
titre à la succession des princes défunts, mais qui, après la défaite
et la mort de Richard, Ă Bosworth
(22 août 1485),
fut élevé au trône, sous le nom de Henry
VII. Ce monarque, le premier de la dynastie des Tudor ,
descendait de Jean de Gaunt, fondateur de la maison de Lancastre, et appartenait,
par son père, à la famille galloise de Tudor. (Louis Bougier).
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| Londres
au XVe siècle. - On voit la Tour de Londres avec la Tour Blanche,
la Traitor's Gate, la Tamise au premier plan, London bridge et la Cité;
miniature d'un manuscrit des poésies de Charles
l'Orléans, prisonnier à la Tour de Londres depuis la bataille d'Azincourt
(1415) jusqu'à 1440, manuscrit enluminé pour le roi Henri VII Tudor entre
1485 et 1500. (British Museum). |
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Jean-Philippe
Genet, Les îles Britanniques au Moyen-Âge, Hachette Education,
2005. - L'histoire des îles Britanniques
présente une particularité qui la rend passionnante mais aussi difficile
à maîtriser. En effet, d'une part elle est complètement ouverte sur
les grands mouvements de l'histoire européenne qu'il est indispensable
de connaître (peuplements celte, colonisation romaine, invasions germaniques
et scandinaves, expansion du féodalisme); et de l'autre, c'est une histoire
profondément originale, puisque c'est celle d'une véritable mosaïque
de pays, de peuples et de civilisations qui survivent lĂ alors qu'ils
ont disparu presque partout en Europe. Les îles sont donc simultanément
un conservatoire des ethnies, des sociétés et des structures de pouvoir
antiques, et un terrain unique d'expériences et d'innovations générées
par des brassages de populations impensables ailleurs. Ce livre suit ici
l'histoire jusqu'à la fin du Moyen Âge et l'apparition d'États modernes.
Public : Étudiants en 1er et 2e cycle d'histoire. (couv.). |
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