Aperçu
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Si les astronomes
se sont contentés pendant longtemps de localiser les astres en fonction
de la constellation dans laquelle on peut les observer, voire par
rapport aux astres qui leurs sont proches sur la sphère céleste, dès
qu'ils ont souhaité localiser sans ambiguïté et avec précision les
astres qu'ils considéraient, ils ont fait appel à des modes de repérages
faisant appel à des systèmes de coordonnées. En termes généraux, les
coordonnées correspondent à l'ensemble minimal de nombres nécessaire
pour définir sans équivoque la position d'un point. Les coordonnées
d'un point correspondent à sa projection sur un axe de référence dans
pour lequel une origine a été définie, selon une direction déterminée
(habituellement la perpendiculaire à cet axe). Deux coordonnées suffisent
ainsi à définir la position d'un point dans un espace dit à deux dimensions,
comme un plan ou une sphère. Sur un plan, ces deux coordonnées prennent
le nom d'abscisse et d'ordonnée, que l'on note couramment x et y. A la
surface de la Terre (supposée sphérique), ces
deux coordonnées seront la latitude* et la
longitude* d'un lieu.
Coordonnées
sphériques (sphère de rayon arbitraire).
Lorsqu'on considère les astres, on a affaire
à de objets dont la position est définie dans un espace à trois dimensions.
On a donc besoin de trois coordonnées pour définir leur position
(on peut même avoir besoin de six coordonnées, les trois coordonnées
supplémentaires servant à définir la vitesse de l'astre). Cependant,
avant avant d'avoir à dire où se trouve un astre (et quel est son déplacement
dans l'espace), il faut commencer par dire où l'observer sur la sphère
céleste. Toute fictive qu'elle soit, la sphère céleste possède comme
toute sphère deux dimensions. Et donc ici encore deux coordonnées suffiront.
Le principe est le même que celui utilisé
pour repérer un point à la surface de la Terre. Ces coordonnées auront
ainsi de grandes analogies avec la latitude et à la longitude qui servent
à définir la position à la surface de la Terre; elles seront également
rapportées à des grands cercles équivalents aux méridiens et aux parallèles
utilisés pour notre globe. Simplement, la plupart du temps, ces différents
éléments auront d'autres noms, selon les choix qui seront faits pour
les systèmes de coordonnées que l'on aura adoptés, c'est-à -dire pour
les éléments de référence (plans et axes, directions, et autres conventions)
auxquels on aura choisi de les rapporter.
Les systèmes de repérage les plus souvent
utilisés sont géocentriques (le centre supposé de la sphère céleste
est le centre de la Terre) et locaux (le centre de la sphère céleste
est l'observateur). On peut également recourir à des systèmes de repérage
centrés sur le Soleil (systèmes héliocentriques)
ou sur le centre de la Voie lactée (systèmes galactocentriques).
Leur utilisation est fonction de contexte et des phénomènes que l'on
étudie. Mais il convient de noter que tous souffrent d'un même inconvénient
: les coordonnées que l'on peut y définir varient dans le temps, à des
rythmes plus ou moins rapides. Les coordonnées locales, soumises à l'effet
du mouvement diurne sont évidemment celles qui changent le plus vite.
Les coordonnées équatoriales, qui sont des coordonnées géocentriques,
utilisées dans les cartes célestes pour repérer les étoiles
et les galaxies, subissent pour leur part l'effet
de la précession des équinoxes, qui suit
un cycle de près de 26 000 ans, etc.
L'époque
de référence* - Afin de tenir compte de la modification au fil du
temps des coordonnées des astres du fait de la précession des équinoxes,
ces coordonnées sont rapportées sur les cartes et les catalogues
à une époque de référence. Le choix de la date a changé plusieurs
fois dans le passé. Actuellement, on rapporte le plus souvent les coordonnées
des astres aux valeurs qu'elles avaient (indépendamment de leur mouvement
propre) le 1er janvier 2000 Ã midi (heure de Greenwich). Ce que l'on
note conventionnellement J2000,0. Le J faisant référence à la
période julienne, dans laquelle les années ont
365,25 jours.
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Mise
en ordre |
Les
repérages géocentriques.
Le terme géocentrique (du grec gè
= Terre, et centron = centre) signifie qui a la Terre pour centre.
Ainsi les systèmes de repérage géocentriques sont ceux qui font coïncider
le centre de la sphère céleste avec le centre de la Terre. Ce choix laisse
libre les autres éléments de références utilisés par le système de
coordonnées choisis.
Les
éléments de référence.
Les trois premiers qui s'imposent sont
l'équateur céleste, l'écliptique et le plan galactique (marqué par
la trace de la Voie lactée dans le ciel), qui qui
servent à définir respectivement, et en y jouant le même rôle, le système
de coordonnées équatoriales, le système de coordonnées écliptiques
et le système de coordonnées galactiques.
L'équateur
céleste*.
L'équateur céleste est le grand cercle
de la sphère céleste, perpendiculaire à l'axe du monde, c'est à dire
à l'axe de rotation de la Terre. Son intersection avec la Terre est l'équateur
terrestre. Quant aux deux intersections de l'axe du monde avec la sphère
céleste, ils constituent le pôle Nord céleste (près de l'étoile Polaire,
dans la Petite Ourse) et le pôle Sud céleste (près
de l'étoile Sigma de la constellation de l'Octant).
L'écliptique*.
L'écliptique est
la trajectoire apparente du Soleil
au cours de l'année. Et par extension, c'est aussi le plan de l'orbite
terrestre autour du Soleil. Comme la plupart des corps du Système
solaire (à l'exception des comètes et des
objets situés à sa périphérie) on des orbites
proches de ce plan, on les trouve, sur la sphère céleste, toujours Ã
l'intérieur d'une bande relativement étroite, centrée sur ce cercle,
et recouverte par les douze constellations dites du zodiaque
(ainsi que par Ophiuchus).
L'écliptique fait avec le plan de l'équateur
terrestre (et donc avec l'équateur céleste) un angle de 23°27' environ,
qu'on appelle l'obliquité de l'écliptique.
La
détermination de la valeur de l'obliquité de l'écliptique est l'un des
plus anciens problèmes auxquels se sont confrontés les astronomes. Les
premiers auteurs ont trouvé l'obliquité de l'écliptique de 24°; Ératosthène ,
250 ans av. J.-C., de 23°50'; Albategnius ,
en 880, de 23° 35' 40"; Tycho Brahé ,
en 1587, de 23°31'30"; elle oscille aujourd'hui autour de 23° 23'. Euler
et Laplace
ont expliqué cette diminution par l'attraction mutuelle de toutes les
planètes, dont les orbites, diversement inclinées,
cherchent constamment à se confondre dans un même plan. Mais leur action
(très puissante, puisque Vénus et Jupiter
pourraient par leur attraction changer l'obliquité de l'écliptique de
10 à 20°) est combattue par la masse du Soleil. Delà , deux conséquences
importantes que Laplace a déduites de ses calculs : l'une, que la variation
de l'obliquité est périodique, de sorte que le Soleil, après s'être
écarté de moins en moins de l'équateur, reviendra en sens contraire;
l'autre, que l'obliquité ne pourra jamais varier que de 2 à 3 degrés.
La droite perpendiculaire au plan de l'écliptique
et qui passe par le centre de la Terre intersecte la sphère céleste en
deux points : le pôle Nord de l'écliptique (proche de la nébuleuse
planétaire-NGC 6543 (l'Oeil de Chat),
dans la constellation du Dragon), et le pôle Sud
écliptique (dans la constellation de la Dorade,
à proximité du Grand Nuage de Magellan).
Les colures*.
- On désigne ainsi deux grands cercles de la sphère céleste passant
par les pôles célestes et par les points d'intersection de l'écliptique
avec l'équateur céleste, et sont perpendiculaires à l'équateur. Ils
sont aussi perpendiculaires l'un à l'autre; car ils se coupent tous deux
à angles droits aux pôles du monde. L'un passe par les points équinoxiaux;
c'est-à -dire qu'il coupe l'écliptique aux points où ce cercle est aussi
coupé par l'équateur. On l'appelle, à cause de cela, colure des équinoxes.
Le
point vernal*
- Le premier de ces points équinoxes, marque le début du printemps (dans
l'hémisphère Nord), et il est appelé pour cette raison point vernal
(du latin ver = printemps).
L'autre passe par les
points solsticiaux; c'est-à -dire, qu'il coupe l'écliptique aux points
où ce cercle touche les tropiques. On l'appelle, pour cette raison, colure
des solstices. Tous les astres placés sur le colure de solstices ont 90
degrés, ou 270 degrés d'ascension droite : et tous les astres placés
sur le colure des équinoxes, ont 0, ou 180 degrés d'ascension droite.
La lignes des noeuds. - L'intersection
de l'écliptique et du plan de l'orbite lunaire est la ligne des noeuds.
De là la dénomination d'écliptique; car les éclipses ont lieu lorsque
la Lune est voisine des noeuds, par conséquent
voisine du plan de l'écliptique.
Le plan galactique.
Le plan galactique correspond au plan
moyen de la Voie lactée. Son intersection sur la
sphère céleste définit l'équateur galactique, et la direction perpendiculaire
à ce plan indique celle des pôles galactiques.
Les systèmes
de coordonnées.
Dans ces systèmes les équivalents des
méridiens et des parallèles terrestres sont les cercles horaires et les
parallèles de latitude.
Les
cercles horaires*
- Un cercle horaire est l'intersection avec la sphère céleste d'un
plan qui passe par l'astre considéré et la ligne des pôles. C'est l'analogue
d'un méridien sur le globe terrestre.
Les
parallèles de latitude - Ces cercles de la sphère céleste sont analogues
aux parallèles de la sphère terrestre. Dans le cas du système de coordonnées
équatoriales, leur plan est perpendiculaire à l'axe du monde, et par
conséquent parallèle au plan de l'équateur. Dans le cas du système
de coordonnées écliptiques, leur plan est parallèle à l'écliptique.
Les coordonnées
équatoriales*.
Si l'on veut fixer
la position relative des étoiles sur la sphère céleste indépendamment
du lieu et de l'heure de l'observation, il faut
employer un système de coordonnées qui participe au mouvement diurne
de la sphère céleste. On prend l'équateur céleste et le plan du méridien
passant par le point vernal comme plans de référence, et on y rapporte
l'étoile par deux coordonnées qui sont nommées déclinaison et ascension
droite :
L'ascension droite*- C'est
l'angle, noté a (alpha) ou AR (= Ascensio recta) que fait le cercle
horaire d'un astre avec le cercle horaire du point vernal, intersection
de l'écliptique et de l'équateur céleste. L'ascension
droite se compte de l'ouest à l'est et de 0 à 360° ou de 0 h
à 24 h.
La déclinaison*
- C'est la distance angulaire, notée d (delta), qui sépare un astre de
l'équateur céleste. C'est dans le système de coordonnées équatoriales
l'analogue de la latitude. La déclinaison se compte de 0° à 90°;
elle est boréale ou australe.
Détermination
de la déclinaison - La déclinaison est le complément de la distance
polaire; il suffit par conséquent pour l'obtenir, d'observer, au moment
où l'astre passe au méridien, la distance de cet astre au pôle.
On a observé préalablement une étoile circumpolaire
à son passage supérieur et à son passage inférieur; la moyenne des
nombres donnés dans ces deux cas par la graduation du cercle est le nombre
qui répond à l'axe du monde; on note le nombre de la graduation du cercle
auquel répond la direction de la lunette quand on observe l'astre dont
on cherche la déclinaison; la différence entre ce nombre et celui qui
répond à l'axe du monde, exprime la distance polaire de l'astre. Si elle
est moindre que 90°, en en prenant le complément on obtient la déclinaison
demandée, qui est alors boréale; si cette différence est plus grande
que 90°, on en retranche 90°; le reste donne la déclinaison qui, dans
ce cas, est australe. Lorsqu'il s'agit de la déclinaison d'un astre ayant
un diamètre apparent comme le Soleil ou Lune, par exemple, il faut déterminer
la distance polaire de son bord supérieur, celle de son bord inférieur,
et prendre la moyenne pour avoir la distance polaire du centre, et par
suite sa déclinaison.
L'équatorial ou machine
parallactique peut servir à mesurer par une seule observation la déclinaison
et l'ascension droite d'un astre; mais il est ordinairement plus avantageux
de déterminer séparément ces deux coordonnées, savoir : l'ascension
droite par la lunette méridienne et la déclinaison par le cercle mural.
Ces observations doivent être corrigées de la réfraction.
Les coordonnées
écliptiques*.
Dans l'étude des
mouvements du Soleil ou des planètes, on fait usage d'un autre système
de coordonnées où le plan fondamental, au lieu d'être l'équateur céleste,
est le plan de l'écliptique. Les deux coordonnées utilisées dans ce
cas sont la latitude et la longitude écliptiques.
La latitude
- Si, par une étoile, on mène un plan passant par l'axe de l'écliptique,
la distance de l'étoile à l'écliptique, comptée sur ce cercle, est
la latitude l ou l (Lambda); La latitude se
compte de 0 à 90° (soit de -90 à +90° entre les pôles écliptiques),
elle est boréale ou australe;
La longitude.
La longitude b (Bêta)
est l'arc compté sur l'écliptique, depuis le cercle de latitude jusqu'Ã
l'équinoxe du printemps (le point vernal g); la
longitude se compte, de l'ouest à l'est, de 0 à 180°, ou de 0 à 360°.
Angle de position, triangle
de position. On appelle angle de position d'un astre l'angle formé
à son centre par ses cercles de latitude et de déclinaison, on encore
l'angle qui a pour sommet le centre de cet astre dans le triangle de position,
ce triangle ayant lui-même ses trois sommets déterminés par l'astre,
le pôle et le zénith du lieu d'observation.
Les coordonnées
galactiques.
Le plan de référence est ici le plan
galactique. La longitude l d'un point est comptée à partir de la direction
du centre galactique (Sagittaire)
et varie de 0 à 360° (l'anticentre - longitude galactique de 180° -
se trouvant au sud de la constellation du Cocher,
non loin de la limite avec le Taureau).
La latitude b (comptée perpendiculairement au plan galactique) varie de
0° à + ou - 90°.
Les régions les
plus éloignées du plan galactique sont celles où la poussière interstellaire
représente une gêne moindre pour l'observation. Aussi, c'est dans les
directions proches des pôles galactiques (latitudes + ou - 90°) que l'on
peut observer le plus facilement l'univers lointain. C'est par exemple
dans des directions proches du pôle galactique nord, situé dans la constellation
de la Chevelure de Bérénice que l'on peut observer
divers amas de galaxies ( Les
grandes structures) tels que ceux de Coma (Chevelure
de Bérénice) et de Virgo (Vierge). Le champ
profond (nord) de Hubble, qui donne une vision de quelques uns des objets
les plus lointains que l'on connaisse, se situe également dans une
direction proche, dans la constellation de la Grande
Ourse. Pour sa part, le pôle galactique sud, situé dans la constellation
du Sculpteur (non loin de l'amas globulaire NGC 288),
donne accès dans son voisinage à certains autres champs riches en galaxies,
à commencer par l'amas du Sculpteur.
Les
repérages locaux.
En pratique, ce n'est
évidemment pas depuis le centre de la Terre que sont conduites les observations
astronomiques, mais généralement depuis sa surface. On fait alors comme
si la sphère céleste était centrée sur l'observateur. La différence
est négligeable
quand il s'agit de fixer la position d'astres lointains (étoiles, galaxies).
Elle peut être très importante quand on considère la position des corps
du Système solaire.
Nombre
de techniques importantes ont d'ailleurs été élaborées dans le passé
par les astronomes pour mettre à profit ce constat : déterminations des
longitudes terrestres par l'observation de divers phénomènes (éclipses,
occultations de satellites), détermination de parallaxes de divers corps
du Système solaire (observations des passages de Vénus devant le disque
solaire, notamment).
Les
éléments de référence.
Considérer une
sphère céleste locale permet de constituer des systèmes de repérages
des astres (systèmes de coordonnées horizontales, de coordonnées horaires)
reposant sur des éléments de référence plus concrets, plus proches
de l'expérience quotidienne. Ces plans et directions de référence sont
ainsi l'horizon, la verticale et le méridien (auxquelles s'ajoute dans
le cas des coordonnées horaires, l'équateur céleste). Il va sans
dire que ces éléments sont différents pour tous les points de la surface
de la Terre; que chaque lieu, chaque observateur a les siens, et que nous
changeons ainsi d'horizon, de verticale et de méridien à chaque pas que
nous faisons, dans quelque direction que ce soit.
L'horizon*.
Dans son acception première, l'horizon
(du grec orizein, borner) est limite circulaire de la vue pour un
observateur placé à petite distance de la surface de la Terre; c'est
l'endroit où se termine notre vue, où la Terre et le ciel semblent se
toucher. Le mot désigne aussi l'étendue de la terre ou de la mer qu'on
peut apercevoir en regardant autour de soi autant que la vue peut s'étendre.
L'horizon sensible - Dans un pays
accidenté, la ligne d'horizon est sinueuse et irrégulière; mais quand
on est au milieu des mers ou d'une vaste plaine, elle représente un cercle
parfait. Ce cercle apparent est ce qu'on nomme l'horizon sensible, et l'on
appelle horizon visible l'étendue de terre ou de mer comprise entre ce
cercle et le lieu où se trouve l'observateur : l'horizon sensible divise
le ciel en deux parties, l'une visible, l'autre qui ne l'est pas.
L'horizon astronomique - Toutefois
l'horizon sensible ainsi défini ne représente pas un plan horizontal,
mais une surface conique, puisque l'oeil de l'observateur est situé Ã
une certaine distance du sol. En pleine mer, lorsque l'oeil de l'observateur
est seulement à 1,60 m de hauteur, le cône dont son oeil est le sommet
va toucher la surface des eaux à plus de 4 500 m. Si l'oeil de l'observateur
était placé à la surface même de la Terre, l'horizon serait un plan
tangent à cette surface au lieu même de l'observation. Ce nouvel horizon,
qui définit l'horizontale du lieu, et qui représente un plan tangent
à la surface du lieu de l'observation, est ce qu'un nomme l'horizon rationnel
ou horizon astronomique. C'est celui que l'on considérera ici.
La
dépression de l'horizon. - Horizon sensible et horizon astronomique
font nécessairement entre eux un certain angle, lequel est d'autant plus
grand que l'oeil de l'observateur est situé à une plus grande distance
au-dessus du sol. Cet angle donne l'abaissement ou la dépression de l'horizon;
il résulte de la forme sphérique de notre globe, et son observation fut
le premier phénomène qui fit soupçonner la rotondité de la Terre aux
astronomes de l'Antiquité.
L'horizon mathématique - Les astronomes
admettent encore un troisième horizon, qu'ils appellent horizon mathématique,
géométrique ou géocentrique, parce qu'il passe par le centre de la Terre.
Ce nouvel horizon, qui divise exactement la sphère en deux hémisphères
égaux, est parallèle à l'horizon rationnel. La distance entre ces deux
horizons d'un même lieu est égale au rayon de la Terre. Les astronomes
n'ont imaginé cet horizon géocentrique que pour rapporter toutes leurs
observations au centre de notre globe. Lorsqu'il s'agit d'observations
stellaires, ils prennent ces deux plans l'un pour l'autre, car une longueur
de rayon terrestre est absolument insignifiante en raison de l'éloignement
prodigieux des étoiles.
La verticale*.
On dit qu'une ligne droite est verticale
lorsqu'elle est perpendiculaire au plan de l'horizon ou, ce qui revient
au même, à la surface des eaux tranquilles. La verticale en un point
se confond avec la direction de la pesanteur en ce point; comme elle, elle
aboutit au centre de la Terre, et l'image en est donnée par le fil Ã
plomb ou encore par la trace du centre de gravité d'une pierre qui tombe.
Si l'on suppose la verticale qui passe
par ce lieu prolongée indéfiniment, elle passera par le centre de la
Terre, centre de l'horizon géocentrique, par le point de tangence de l'horizon
rationnel, et par le sommet du cône de l'horizon sensible. Cette verticale
sera donc l'axe commun de tous ces horizons, et elle ira rencontrer le
ciel en deux points opposés. Le point qui se trouve au-dessus de l'observateur,
c.-à -d. dans l'hémisphère visible, est appelé zénith, tandis qu'on
appelle nadir celui qui est diamétralement opposé. Les deux mots sont
empruntés à l'astronomie arabe :
Le zénith* est le point
de la sphère céleste où elle est rencontrée par la verticale du lieu.
On l'appelle aussi pôle de l'horizon parce qu'il est éloigné de celui-ci
de 90°. Le nadir est l'opposé du zénith.
Le nadir* est la direction perpendiculaire
au plan de l'horizon et diamétralement opposée à celle du zénith. Vers
le bas, quoi.
Le méridien*.
Le méridien céleste est le grand cercle
qui passe par la ligne des pôles et par la verticale du lieu considéré.
Il divise en deux parties égales la sphère céleste ainsi que la courbe
décrite par les astres dans leur mouvement apparent autour de la Terre,
formant ainsi l'hémisphère oriental et l'hémisphère occidental. Le
plan que définit ce cercle est le plan méridien. On peut se le représenter
d'une manière familière par un grand carton vertical allant du Nord au
Sud, et son intersection avec le plan de l'horizon donne la méridienne.
La
méridienne* est l'intersection du plan méridien avec l'horizon. C'est
une ligne qui va du Nord au Sud. Elle a été historiquement d'une
très grande importance. Voici les trois principales méthodes traditionnellement
utilisées pour sa détermination.
1°
Par la boussole. La déclinaison magnétique étant occidentale Ã
Paris et de 15°12' par exemple, si l'on prend une boussole de déclinaison
munie d'une lunette, et si cette boussole est orientée, de manière Ã
ce que l'aiguille aimantée soit dans la direction de 0-180°, comme la
déclinaison de Paris est occidentale, on dirigera la lunette à 15°12'
à l'Est, et cette lunette, étant assujettie à se mouvoir dans un plan
vertical, permettra de jalonner une ligne en visant alternativement vers
le Nord et vers le Sud, et donnera la méridienne.
2°
Détermination de la méridienne par les hauteurs correspondantes du Soleil.
Sur une table ou sur un terrain horizontal, on trace une ou plusieurs circonférence,
au centre desquelles on place un gnomon ou une tige verticale qui porte
ombre sur ces circonférences, d'abord avant midi, puis dans la soirée
:
Supposons
que l'extrémité du gnomon ait son ombre en A vers neuf heures du matin
et en A' vers trois heures du soir sur la même circonférence; comme le
mouvement des astres est uniforme, le Soleil a mis le même temps pour
passer de la position qu'il en, ensuite employé pour aller de midi
à la position qu'il occupait à trois heures de l'après-midi. Si donc
du centre O n abaisse une perpendiculaire Oa sur la ligne AA', cette ligne
Oa sera la méridienne. On répétera cette construction pour deux ou plusieurs
autres circonférences qui seront rencontrées par l'ombre en B et B',
C et C', et l'on obtiendra deux nouvelles directions Ob et Oc qui seront
deux nouvelles méridiennes, que l'on trouvera confondues avec Oa. On aura
donc ainsi la ligne Nord-Sud qui sera la méridienne géographique du lieu.
3°
Détermination de la méridienne par la polaire. - Comme l'étoile
polaire, celle de la Petite-Ourse n'est pas située exactement au pôle,
mais bien à 1°15' du pôle environ, elle passe deux fois par jour au
méridien et le rayon visuel mené à la polaire ne s'écarte jamais de
la méridienne d'un angle supérieur à 1°15'. La Connaissance des
Temps et l'Annuaire du Bureau des Longitudes permettent de trouver
pour chaque jour de l'année les heures des passages de cet astre au méridien.
On peut donc installer une lunette assujettie à se mouvoir dans un plan
vertical, et viser l'étoile polaire avec cette lunette, que l'on abaisse
ensuite jusqu'à un jalon qui se trouvera au Nord dans le méridien. On
fait ensuite osciller cette lunette vers le S. et placer un second jalon
qui se trouvera également dans le même plan. La ligne obtenue en joignant
les deux jalons est donc la méridienne. On donne encore la méthode suivante
: un premier fil à plomb étant fixé, un autre mobile, à un ou plusieurs
mètres de distance, mais à peu près dans la direction de la méridienne,
au commencement ou à la fin de la nuit, à l'heure du passage de la polaire
au méridien, on déplace le second fil à plomb de manière que l'étoile
polaire soit cachée par le plan des deux fils qui est lé plan méridien
et la direction de ces deux fils donne la méridienne, déterminée fort
exactement quand même il y aurait une erreur de quelques minutes dans
l'évaluation du passage de l'étoile polaire. L'opération est beaucoup
plus exacte quand on emploie la méthode des hauteurs correspondantes si
l'on opère à l'époque des solstices. (L. Barré).
Le méridien géographique d'un lieu est le
plan qui contient la verticale du lieu et qui passe par la ligne des pôles.
Passage
au méridien. - Moment où un astre rencontre le méridien. L'heure
de ce passage au méridien, comptée en temps sidéral qui marque
0h 0mn 0s quand le point vernal ou le point origine des ascensions droites
passe au méridien, est l'ascension droite de l'astre. (L. B.).
Lorsque les seules techniques de la navigation
astronomique étaient disponibles, l'observation de la hauteur des astres,
planètes, étoiles au moment de leur passage au méridien, à l'aide du
sextant, était d'un usage constant dans les calculs nautiques. On appelle
premier méridien, un méridien de convention, dont le point de rencontre
avec l'équateur terrestre forme le point de départ de la longitude. En
France, on a longtemps adopté comme premier méridien celui de Paris,
en Espagne celui de Tolède, en Suède celui d' Upsala, en Angleterre celui
de Greenwich. C'est ce dernier qui désormais est adopté par tous.
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Les systèmes
de coordonnées.
Les coordonnées
horizontales*.
Le système de coordonnées horizontales
constitue le système de coordonnées locales le plus utilisés.
Ses plans de référence sont l'horizontale du lieu d'observation et le
plan méridien. On y défini la position d'un objet sur la voûte céleste
par deux coordonnées, l'une est l'azimut a, l'autre la hauteur
h. On remplace parfois la hauteur par l'angle complémentaire z
= 90 - h, appelé distance zénithale. |
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