Aperçu
|
La Terre
tourne autour d'un axe de rotation (ligne des pôles)
presque invariable par rapport à sa surface, mais cette droite est loin
d'être fixe comme direction dans l'espace. Les astronomes lui rapportent
cependant continuellement les positions apparentes
des étoiles, il en résulte que ces dernières, ou,
ce qui revient au même, la sphère céleste
tout entière, paraissent animées des mouvements assez compliqués. Ces
mouvements, dits de précession, ont été décomposés en éléments plus
simples, dont les deux principaux sont la précession proprement dite (ou
précession solaire) et la nutation (ou nutation luni-solaire), leur somme
étant appelée précession luni-solaire.
• La
précession
solaire. - Partie de ce mouvement causée exclusivement par
la force de marée du Soleil.
Notre étoile tente d'aligner le plan de l'équateur terrestre avec le
plan de l'écliptique, mais parce que la Terre est en rotation rapide sur
elle-même, cette force ne fait pas basculer la planète; elle provoque
plutôt un mouvement gyroscopique qui fait décrire à l'axe terrestre
un large cercle dans le ciel. C'est ce mouvement de précession qui fait
que l'étoile Polaire n'a pas toujours été notre étoile du nord et qui
déplace lentement les points équinoxiaux le long du zodiaque.
• La
nutation . - Superposée à ce grand mouvement régulier de la
précession, la nutation est une légère oscillation périodique, un mouvement
de balancement de l'axe de rotation terrestre. Si la précession
est le mouvement de fond d'une toupie qui ralentit, la nutation correspond
aux petits tremblements ou vacillements de cette même toupie. La nutation
est causée par les variations incessantes des forces gravitationnelles
exercées par la Lune et le Soleil. En effet, l'attraction
n'est pas constante car l'orbite de la Lune est inclinée d'environ 5 degrés
par rapport à l'écliptique et ses noeuds orbitaux se déplacent, tandis
que la distance entre la Terre et le Soleil varie également au cours de
l'année. Ces variations modifient en permanence
l'intensité et la direction du couple de forces appliqué sur le bourrelet
équatorial, créant ainsi ces micro-oscillations. La composante principale
de la nutation possède une période d'environ 18,6 ans, ce qui correspond
exactement au temps nécessaire pour que les noeuds
de l'orbite lunaire effectuent une révolution complète. Sous l'effet
de cette nutation, l'extrémité de l'axe terrestre ne trace pas un cône
parfaitement lisse lors de sa précession, mais dessine plutôt une ligne
ondulée, comme une succession de petites boucles ou de festons le long
du grand cercle de précession. Concrètement, la nutation induit de petites
variations périodiques de l'obliquité de l'écliptique (l'inclinaison
de l'axe) et des déplacements d'avant en arrière des équinoxes.
Pour les astronomes, la prise en compte de la nutation est absolument cruciale
: elle permet de corriger les coordonnées célestes avec une extrême
précision,
car sans ces ajustements mathématiques, il serait impossible de pointer
correctement les télescopes ou de naviguer avec exactitude dans le système
solaire.
Les autres planètes
influent également, bien que de façon plus faible, sur l'orientation
de l'axe de notre globe. Ce phénomène qui correspond à un déplacement
vers l'Est de l'équinoxe de 0,11" et à une diminution
de l'obliquité de l'écliptique de 0, 47"
par an est appelé précession planétaire. La somme de la précession
luni-solaire et de la précession planétaire prend le nom de précession
générale ou de précession des équinoxes au sens large (ce dernier terme
s'appliquant aussi souvent dans un sens plus étroit à la seule précession
solaire, du fait de son caractère prédominant)..
La raison du phénomène de précession
tient donc d'abord à l'action gravitationnelle du Soleil,
de la Lune et, secondairement, des autres corps
du système solaire, qui s'exerce non seulement sur l'ensemble de la matière
de l'ellipsoïde terrestre - que l'on peut alors ramener à son centre
de gravité -, mais aussi sur chacune des particules de matière qui compose
la Terre. Celles-ci se trouvent comme attirées vers le Soleil et les autres
corps proportionnellement à leurs masses et en raison inverse des carrés
de leurs distances à cet astre. Cette action, qui est aussi à l'origine
des marées, quand on considère la seule action
de la Lune et du Soleil, joue ici sur la dissymétrie que le renflement
équatorial de notre planète introduit dans la répartition de la matière
qui la compose.
La
Terre est ronde comme une toupie...
En particulier, lorsque le Soleil se trouve
dans le plan de l'équateur, la résultante de
toutes les attractions passe par le centre de gravité de la Terre; il
en serait de même à toute autre époque, si notre globe se trouvait réduit
à la sphère qui a pour diamètre la ligne des pôles; mais les points
les plus rapprochés du Soleil dans le renflement extérieur à cet ellipsoïde,
se trouvant plus attirés que les autres, la résultante rencontre l'équateur
en un point un peu différent du centre et situé, par rapport à lui,
du même côté que le Soleil. D'après un théorème de mécanique, le
centre de gravité de la Terre doit se mouroir comme si la masse entière
se trouvait réunie en ce point, et que la résultante y fût appliquée
parallèlement à sa direction, doit résulte la révolution annuelle;
de plus, notre globe doit tourner, sous l'action de la résultante, autour
du centre de gravité considéré comme fixe. Dans le premier mouvement,
qui est un mouvement de translation, la ligne des pôles reste constamment
parallèle à elle-même, mais le second tend à rapprocher l'équateur
de l'écliptique, et il produirait en effet ce résultat si la vitesse
de rotation diurne n'existait pas. De la combinaison des deux vitesses
résulte un mouvement analogue à celui dont la toupie nous offre un exemple,
et que l'on peut définir à très peu près de la manière suivante :
en même temps que la Terre tourne autour de la ligne des pôles, cette
ligne décrit, dans le sens rétrograde, d'un mouvement uniforme très
lent, un cône droit à base circulaire, autour d'un axe perpendiculaire
au plan de l'écliptique. Ce déplacement entraîne celui de l'équateur,
mais ne fait pas varier l'angle des deux plans. La Lune et les autres planètes
exercent sur le renflement équatorial une action qui se joint à celle,
prépondérante, du Soleil, pour pour en accroître et en moduler les effets. |
|