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| Les langues > Langues parlées en Asie |
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| Le
coréen,
appelé 한êµì–´ (hangugeo) en Corée du
Sud Du point de vue de la classification linguistique, le coréen est généralement considéré comme une langue isolée, c'est-à -dire qu'il ne possède pas de parenté génétique clairement démontrée avec d'autres familles linguistiques. Des hypothèses ont été formulées le reliant aux langues altaïques ou aux langues japoniques, mais aucune n'a été confirmée de manière consensuelle par la communauté scientifique. Cette situation confère au coréen un intérêt particulier en linguistique comparée, car sa structure grammaticale et son lexique présentent des caractéristiques distinctives qui ne se laissent pas facilement rattacher à un ensemble plus large. Le système d'écriture coréen repose principalement sur le hangeul, un alphabet créé au XVe siècle sous le règne du roi Sejong le Grand. Le hangeul est largement reconnu pour sa logique interne et son caractère scientifique, chaque lettre représentant un son spécifique selon la position des organes phonateurs. Les consonnes de base imitent la forme de la bouche ou de la langue lors de leur articulation, tandis que les voyelles sont construites à partir de principes symboliques liés au ciel, à la terre et à l'humain. Les lettres sont regroupées en blocs syllabiques, ce qui donne à l'écriture une apparence syllabique tout en restant fondamentalement alphabétique. Bien que les caractères chinois (hanja) aient longtemps été utilisés dans l'écrit coréen, leur usage est aujourd'hui limité à des contextes académiques, historiques ou stylistiques. Sur le plan phonologique, le coréen possède un système relativement simple de voyelles mais un système consonantique plus complexe, notamment en raison de la distinction entre consonnes simples, aspirées et tendues. Cette opposition, peu courante dans les langues indo-européennes, joue un rôle crucial dans la différenciation des mots. L'intonation n'est pas tonale au sens strict, mais le rythme et la prosodie contribuent de manière significative à la compréhension et à la nuance du discours, en particulier à l'oral. Le lexique coréen est composé de mots d'origine purement coréenne, de nombreux emprunts au chinois classique, appelés sino-coréens, ainsi que de plus en plus de termes empruntés aux langues occidentales, notamment à l'anglais. Les mots sino-coréens constituent une part importante du vocabulaire académique, administratif et scientifique, tandis que les mots d'origine coréenne sont plus fréquents dans la vie quotidienne et l'expression des émotions. Cette coexistence de différentes strates lexicales enrichit la langue et permet de multiples nuances de sens et de registre. La grammaire coréenne.
Les noms ne varient ni en genre ni en nombre de manière obligatoire. Le pluriel peut être marqué par le suffixe 들 (deul), mais son usage est facultatif et dépend du contexte discursif. Les noms sont suivis de particules casuelles qui indiquent leur rôle grammatical. Les principales particules de sujet sont ì´ (i) après consonne et ê°€ (ga) après voyelle, tandis que ì€ (eun) et 는 (neun) marquent le thème ou le sujet de discours, introduisant souvent une nuance de contraste ou de généralité. L'objet direct est marqué par ì„ (eul) ou 를 (reul), selon la structure phonétique du mot précédent. Il existe également des particules indiquant le lieu, la direction, le moyen, la cause ou la possession, telles que ì—, ì—서, 으로/로 et ì˜ (e, eseo, eulo/lo , ui), qui jouent un rôle central dans la précision syntaxique. Les adjectifs coréens fonctionnent grammaticalement comme des verbes statifs. Ils se conjuguent selon le temps, le niveau de politesse et le mode, et peuvent constituer à eux seuls le prédicat d'une phrase sans recourir à un verbe copule. Lorsqu'ils modifient un nom, ils prennent une forme attributive spécifique qui varie selon le temps et l'aspect. Cette caractéristique brouille la distinction traditionnelle entre adjectifs et verbes telle qu'elle existe dans les langues indo-européennes. Les verbes coréens se composent d'un radical auquel s'ajoutent divers suffixes exprimant le temps, l'aspect, la modalité, la négation, la voix et le degré de politesse. Le système verbal ne marque pas strictement le temps au sens grammatical occidental, mais distingue principalement le passé et le non-passé, ce dernier couvrant le présent et le futur selon le contexte. L'aspect et la modalité sont exprimés par des constructions suffixales ou périphrastiques. La négation peut être formée de deux manières principales. Elle peut être lexicale, par l'ajout de 안 devant le verbe ou l'adjectif, ou analytique, par l'utilisation de 못 pour exprimer l'incapacité ou par la construction ì§€ 않다, qui permet une négation plus formelle ou emphatique. Le choix de la forme négative dépend du registre de langue et de la nuance sémantique recherchée. Les phrases interrogatives, déclaratives, impératives et exhortatives se distinguent principalement par les terminaisons verbales. Les questions ne requièrent pas de modification de l'ordre des mots, l'intonation et la terminaison verbale suffisant à indiquer l'interrogation. Les impératifs et les propositions se déclinent également selon les niveaux de politesse, ce qui renforce l'importance du système honorifique dans la grammaire verbale. La subordination et la coordination sont exprimées par une grande variété de terminaisons verbales conjonctives. Ces terminaisons permettent d'indiquer la cause, la condition, la concession, la simultanéité ou la succession des actions sans recourir à des conjonctions indépendantes comme en français. Le verbe final de la phrase porte la marque principale du temps et de la modalité, tandis que les verbes précédents prennent des formes non finies. Ajoutons qu'un aspect fondamental de la langue coréenne est son système de niveaux de politesse et de registres de langue. La forme verbale utilisée dépend de la relation sociale entre les interlocuteurs, de leur âge, de leur statut hiérarchique et du contexte de communication. Cette dimension sociolinguistique est profondément ancrée dans la culture coréenne et influence non seulement la grammaire, mais aussi le choix du vocabulaire et la structure des phrases. La maîtrise de ces registres est essentielle pour une communication appropriée et socialement acceptable. Enfin, la grammaire coréenne accorde une place importante au contexte et à l'implicite. Les sujets et les objets sont fréquemment omis lorsqu'ils sont évidents pour les interlocuteurs, ce qui confère à la langue une forte économie d'expression. Cette dépendance au contexte pragmatique exige une grande attention à la situation de communication et aux relations sociales, faisant de la maîtrise de la grammaire coréenne un exercice qui dépasse largement la simple application de règles formelles. L'histoire du
coréen.
Avant l'invention d'un système d'écriture indigène, le chinois classique a servi pendant plusieurs siècles de langue écrite en Corée. Dès les premiers siècles de notre ère, les élites coréennes ont utilisé les caractères chinois pour l'administration, la diplomatie et la culture savante. Afin de transcrire la langue coréenne à l'aide de ces caractères, plusieurs systèmes intermédiaires ont été développés, notamment l'idu, le hyangchal et le gugyeol. Ces systèmes combinaient l'usage sémantique et phonétique des caractères chinois pour rendre compte de la grammaire et du lexique coréens, mais ils étaient complexes, peu accessibles et réservés à une minorité lettrée. La période de Silla unifié et celle de la dynastie Goryeo ont vu l'essor d'une littérature vernaculaire limitée, notamment à travers les poèmes hyangga, qui constituent de rares témoignages directs de la langue coréenne ancienne. Cependant, le chinois classique est resté dominant comme langue écrite officielle, renforçant une diglossie durable entre langue parlée et langue écrite. Cette situation a profondément influencé le lexique coréen, entraînant une intégration massive de vocabulaire sino-coréen, particulièrement dans les domaines politique, religieux, philosophique et scientifique. Un tournant majeur dans l'histoire de la langue coréenne s'est produit au XVe siècle, sous la dynastie Joseon, avec la création du hangeul en 1443, promulgué officiellement en 1446 par le roi Sejong le Grand. Ce nouvel alphabet avait pour objectif explicite de permettre au peuple, largement analphabète, d'accéder à l'écrit. Le hangeul reflétait avec une précision remarquable la phonologie du coréen de l'époque, ce qui en fait aujourd'hui une source précieuse pour la linguistique historique. Malgré son ingéniosité, le hangeul a longtemps été marginalisé par l'élite confucéenne, qui considérait le chinois classique comme la seule langue digne des écrits officiels et savants. Entre les XVIe et XIXe siècles, le coréen a connu d'importantes évolutions phonologiques, grammaticales et lexicales, marquant le passage du coréen moyen au coréen moderne. Plusieurs consonnes et voyelles ont disparu ou changé de valeur phonétique, notamment certaines distinctions tonales ou accentuelles attestées dans les textes du XVe siècle. Parallèlement, la grammaire s'est simplifiée sur certains points, tandis que le système honorifique s'est progressivement structuré et enrichi, reflétant l'importance croissante des hiérarchies sociales dans la société joseonienne. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la Corée a été confrontée à des influences étrangères accrues, notamment à travers les contacts avec le Japon et les puissances occidentales. Cette période a vu l'introduction de nombreux néologismes, souvent créés à partir de racines sino-coréennes pour traduire des concepts modernes tels que la politique constitutionnelle, la science ou la technologie. L'occupation japonaise de 1910 à 1945 a constitué une période critique pour la langue coréenne, marquée par des politiques d'assimilation linguistique visant à imposer le japonais dans l'éducation et l'administration. Malgré ces pressions, le coréen a survécu comme langue d'usage quotidien et comme symbole de résistance culturelle. Après la libération de 1945 et la division de la péninsule, la langue coréenne a évolué différemment en Corée du Nord et en Corée du Sud. Au Nord, une politique linguistique volontariste a cherché à éliminer les emprunts étrangers et à privilégier le vocabulaire d'origine coréenne, tout en conservant une norme fortement centralisée. Au Sud, le coréen a intégré de nombreux emprunts, en particulier à l'anglais, et a connu une standardisation progressive fondée sur le parler de Séoul. Ces divergences ont entraîné des différences lexicales et stylistiques notables, bien que l'intercompréhension demeure globalement intacte. À l'époque contemporaine, la langue coréenne continue d'évoluer sous l'influence de la mondialisation, des technologies numériques et de la diffusion internationale de la culture coréenne. Le hangeul est désormais pleinement reconnu comme un élément central du patrimoine culturel national, célébré et promu tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Corée. |
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