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| Les langues > Indo-européen > langues germaniques |
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| L'anglais
est une langue indo-européenne
que l'on classe, du fait de sa structure, parmi les langues germaniques
occidentales. Les sources variées auxquelles a puisé son lexique lui
donne cependant un caractère original. Son histoire se déroule sur environ
1500 ans, traditionnellement divisée en trois grandes périodes : le vieil
anglais (450-1150), une langue fortement infléchie apportée par les tribus
anglo-saxonnes, marquée par l'influence du vieux norrois après les invasions
vikings; le moyen anglais (1150-1500),
qui connut une simplification drastique de sa grammaire et un immense apport
lexical normand-français suite à la conquête de 1066, période illustrée
par les oeuvres de Geoffrey Chaucer; et l'anglais
moderne (à partir de 1500), dont la forme fut stabilisée par l'imprimerie
et la traduction de la Bible dite du Roi Jacques. L'expansion
de l'Empire britannique, puis l'hégémonie culturelle, économique et
technologique des États-Unis En tant que langue mondiale, l'anglais existe aujourd'hui sous la forme d'une multiplicité de variétés standard et de créoles, allant de l'anglais australien ou jamaïcain aux pidgins d'Afrique de l'Ouest. Son influence sur les autres langues est omniprésente, à travers des emprunts massifs dans les domaines technologiques et culturels. Cette globalisation a aussi conduit au développement du globish, une forme simplifiée et fonctionnelle utilisée dans la communication internationale entre locuteurs non natifs. Malgré sa grammaire relativement accessible aux débutants, la maîtrise fine de l'anglais, avec son immense palette lexicale, ses subtilités idiomatiques et ses variations phonétiques, reste un défi de longue haleine. La phonologie de l'anglais présente des défis notoires, avec un décalage important entre l'orthographe et la prononciation, héritage de grands changements phonétiques comme le great vowel shift ( = grand changement vocalique) survenu entre le moyen et le moderne anglais. Le système vocalique est dense, comprenant de nombreuses voyelles et diphtongues. La prononciation standard varie considérablement, les deux références majeures étant la received pronunciation britannique et le general american. L'accent tonique, qui frappe une syllabe spécifique dans chaque mot polysyllabique, est phonologiquement pertinent et souvent imprévisible pour les apprenants. L'anglais est aussi une langue à accent de phrase, utilisant le rythme et la mélodie pour exprimer l'emphase, l'attitude ou la structure syntaxique. La grammaire de la langue anglaise se caractérise par une structure relativement analytique, avec une réduction significative des flexions comparée à d'autres langues indo-européennes comme l'allemand ou le latin. Contrairement à ces langues, l'anglais moderne utilise très peu de cas grammaticaux (essentiellement réservés aux pronoms personnels : I/me, he/him, she/her, we/us, they/them) et ne possède plus de genre grammatical pour les noms. Le sens et les relations syntaxiques sont principalement indiqués par l'ordre des mots, l'usage de prépositions et de mots auxiliaires, plutôt que par des désinences. L'ordre fondamental des mots en anglais est sujet-verbe-objet (SVO). Cet ordre est rigide dans les phrases déclaratives affirmatives standard : par exemple, She reads books. Le moindre changement dans cet ordre modifie généralement le sens ou rend la phrase incorrecte, sauf dans des constructions stylistiques ou emphatiques. Dans les questions, l'ordre peut être inversé, notamment avec l'aide d'auxiliaires : Does she read books? En l'absence d'auxiliaire, l'inversion se fait avec le verbe do comme support. Les verbes en anglais se conjuguent de manière très simplifiée. À l'indicatif présent, seul la troisième personne du singulier prend une marque distincte : he walks, tandis que I/you/we/they walk. Le passé simple distingue les verbes réguliers (terminés en -ed : played, walked) des verbes irréguliers, qui forment leur passé et leur participe passé par des changements internes à la racine (go/went/gone, see/saw/seen). L'anglais moderne utilise massivement les temps composés, formés avec les auxiliaires have (pour les temps parfaits) et be (pour les temps progressifs ou passifs), ce qui compense en partie la perte de flexion. Le système temporel de l'anglais est riche et subtil. Il distingue non seulement des temps (présent, passé, futur), mais aussi des aspects (simple, progressif, parfait, parfait progressif), permettant d'exprimer une grande variété de nuances temporelles et d'attitudes vis-à -vis de l'action. Par exemple, le present perfect (I have eaten) exprime une action passée dont les conséquences se prolongent dans le présent, contrairement au simple past (I ate). Le futur, en anglais, n'est pas marqué par une conjugaison verbale propre, mais formé avec des auxiliaires modaux (will/shall) ou des tournures comme be going to. L'emploi des auxiliaires shall et will peut changer tout à fait le sens de la phrase. Shall à la première personne et will aux deux autres désignent simplement une action future; will à la première personne et shall aux deux autres expriment la volonté de celui qui parle, la résolution, la promesse, l'ordre ou la menace : you will see, vous verrez; you shall see, c'est moi qui parle, je vous ferai voir. Les noms en anglais ne s'accordent qu'en nombre : la forme plurielle est le plus souvent marquée par l'ajout de -s ou -es (book/books, box/boxes), bien que certains noms irréguliers forment leur pluriel par changement vocalique (man/men, foot/feet) ou empruntent des formes latines ou grecques (criterion/criteria, phenomenon/ phenomena). L'anglais possède aussi des noms invariables (sheep, fish) ou qui n'ont pas de pluriel (advice, information). Le génitif, ou possessif, est marqué par l'apostrophe + s ('s) pour les êtres animés (John's car, the dog's tail), tandis que pour les choses ou les entités abstraites, on utilise souvent la préposition of (the roof of the house). Un seul monosyllabe, the sert d'article défini pour tous genres et tous nombres. A ou an, suivant que le mot qui suit commence par une consonne ou une voyelle, sert d'article indéfini pour les deux genres. Les adjectifs et les adverbes en anglais ne s'accordent ni en genre ni en nombre. Les comparatifs et superlatifs sont formés soit par l'ajout de -er/-est (tall/taller/tallest), soit avec les mots more et most (beautiful/more beautiful/most beautiful), selon la longueur et la fréquence du mot. Certains adjectifs sont irréguliers (good/better/best, bad/worse/worst). La place des adjectifs est presque toujours attributive (avant le nom) ou prédicative (après un verbe comme be, seem, become) : a red car, the car is red. Les pronoms personnels distinguent le cas sujet (I, you, he, she, it, we, they) du cas objet (me, you, him, her, it, us, them), et possèdent aussi une forme possessive déterminante (my, your, his, her, its, our, their) et une forme possessive absolue (mine, yours, his, hers, ours, theirs). Le pronom possessif se rapporte, non au genre de la chose possédée, mais à celui du possédant : his (son, sa, ses) s'emploie quand le possédant est du genre masculin (his son, son fils, en parlant du père), her quand il est féminin (her son, en parlant de la mère). Le pronom its est utilisé pour les animaux et les choses inanimées. Le pronom relatif who a aussi des formes casuelles (who/whom/whose), bien que whom soit de plus en plus rare à l'oral. Les pronoms démonstratifs (this/these, that/those), interrogatifs (who, what, which) et indéfinis (someone, anything, nobody) jouent un rôle important dans la construction des phrases. La phrase anglaise peut être simple, composée ou complexe. Les subordonnées sont introduites par des conjonctions (that, because, although, if, when) ou des pronoms relatifs (who, which, that). Contrairement à l'allemand, les verbes dans les subordonnées ne sont pas placés en fin de phrase : l'ordre SVO est globalement conservé. La ponctuation suit des règles précises, notamment l'usage systématique de la virgule après les subordonnées initiales et dans les énumérations (la Oxford comma étant facultative mais courante). L'anglais utilise également un grand nombre de phrasal verbs, des verbes composés d'un verbe simple suivi d'une particule (up, off, out, etc.), dont le sens global diffère souvent radicalement du verbe seul (give up signifie "abandonner" et non "donner vers le haut"). Ces constructions sont extrêmement fréquentes à l'oral et souvent difficiles pour les apprenants en raison de leur caractère idiomatique. Il fait aussi un usage d'un grand nombre d'abréviations dans la langue parlée, et qui en rendent l'audition si difficile aux étrangers; quelques-unes de ces élisions se montrent dans la poésie. Formation et histoire
de la langue anglaise.
Vers 1150, dit Johnson, l'anglo-saxon prit une forme dans laquelle on démêle déjà les premiers éléments de la langue anglaise actuelle; l'introduction du nouvel idiome ne fut pas, comme on paraît le croire généralement, l'effet immédiat de la conquête, vu le peu de mots français que l'on voit se mêler au langage parlé ou écrit pendant tout le dernier siècle.Il ne faut pourtant pas oublier qu'en 1042, sous le règne d'Édouard le Confesseur, qui avait passé vingt-sept ans d'exil en Normandie, la langue française n'était pas complètement étrangère à la cour de ce monarque, et il n'y a rien d'étonnant à ce que certains auteurs aient placé l'apparition de la langue anglaise à une époque antérieure à celle que lui assignent Johnson, Ellis, Hallam, Campbell, etc. Quoique, depuis la conquête, la langue primitive ne parût plus dans les actes publics et dans les habitudes des classes dirigeantes, on trouve encore quelques écrits en prose anglo-saxonne, jusque vers le règne du roi Etienne (1135). Les Chroniques saxonnes offrent le même langage, avec moins de pureté peut-être, oubli et négligence de quelques règles grammaticales, intrusion de mots français qui s'imposaient eux-mêmes, mais cela seulement dans les dernières pages de ces chroniques. Un quatrain attribué à Saint Goderic, qui mourut en 1170, offre des vers d'un saxon déjà fort altéré, mais pourvus d'une certaine mesure et surtout de la rime, caractères auxquels la poésie anglo-saxonne avait été jusque-là étrangère, et qui semblaient présager l'approche de la langue nouvelle à laquelle ces caractères étaient plus familiers. Un contemporain du poète anglo-normand Wace, l'Anglo-Saxon Layamont, fit dans sa langue maternelle une traduction du Brut de ce poète : son oeuvre doit signaler le commencement de l'ère anglaise, par le mélange des mots normands introduits dans le poème et déjà consacrés par l'usage. Il y a aussi une composition littéraire qu'un savant du XVIe siècle, Petrus Nobilis, fit connaître à la France, sans rappeler son origine anglaise : le Pays de Cocagne (en anglais the Land of Cokayne) a servi aux chercheurs des origines de la langue anglaise à préciser, à peu près, l'époque de son complet établissement. D'après leurs diverses opinions, il a fallu presque deux siècles pour arriver à ce résultat car l'extinction des inflexions saxonnes, et, ce qui caractérise surtout la langue anglaise, ses nombreux gallicismes, qui s'introduisent seulement au XIIIe siècle, en font foi. Si l'on compare, dit Hallam, l'anglais du XIIIe siècle avec l'anglo-saxon du XIIe, on voit que le premier idiome est une langue toute particulière plutôt qu'une modification du dernier. Divers procédés ont bien pu concourir à cette transformation du saxon en anglais, tels que la contraction ou modification de la prononciation et de l'orthographe des mots; l'omission de certaines inflexions, principalement dans les noms, et, par conséquent, un plus fréquent emploi de l'article et des auxiliaires; l'adoption fréquente des terminaisons françaises; enfin l'usage de l'inversion et de l'ellipse, surtout en poésie. Mais le développement de la nouvelle forme de langage fut si lent, si gradué, que la difficulté d'arriver à une solution quelconque reste presque la même; car telles Compositions littéraires de cette époque peuvent passer pour les derniers produits de la langue mère, ou pour les premiers fruits de celle qu'on lui donne pour fille. En désespoir de cause, les meilleurs maîtres modernes ont fini par introduire, dans leurs traités sur le vieux langage, le mot français semi-saxon pour exprimer cet état mixte et tout ce qui a paru de 1150 à 1250. On pourrait même ajouter que l'idiome anglais ne devint populaire que vers le temps de Chaucer (1328), l'homme qui contribua peut-être le plus efficacement à la formation de la langue. Pendant longtemps les peuples d'origine anglo-saxonne avaient exprimé dans leur propre langue, par des chants de lamentations ou satiriques, les malheurs de la nation ou leur haine contre ses oppresseurs. Mais, avec le temps, toutes les passions s'apaisent. Durant le temps qui s'écoula entre la conquête (1066) et le milieu du XIIIe siècle, les normands et les races primitives s'unirent peu à peu, et finirent par confondre leurs intérêts et leurs sentiments. A mesure que la sécurité et le bien-être s'établirent, il est à présumer que la poésie native se ranima : les ménestrels, traduisant ou imitant les ballades normandes, les contes et les fabliaux de nos Trouvères, enrichirent la langue de mots nouveaux, empruntés à l'original étranger; suivant le besoin qu'ils éprouvaient de les substituer à ceux de leur propre vocabulaire, ils les employèrent comme plus expressifs ou plus agréables. Il est probable que tout d'abord il s'établit parmi le peuple une espèce de jargon, mélange des deux idiomes; toutefois la langue nationale, en recevant du français une certaine quantité de mots, devenus nécessaires pour exprimer des idées ou des choses nouvelles, ne les aura admis que par degrés; elle les aura soumis aux règles de son propre idiome, de sa grammaire, et suivant le tour d'esprit qui lui était propre. C'est ce qui donne un caractère tout particulier à la langue anglaise, que, formée d'éléments divers, elle a se nourrir des autres langues sans rien perdre de son originalité. La versification anglaise n'offre rien de bien particulier, si ce n'est que, différente en cela de la versification française, elle observe une mesure de longues et de brèves et vice versa. Outre les vers de différentes mesures, il y en a de quatorze pieds; mais ces grands vers se coupent en césures alternées de huit et de six syllabes. Les différentes combinaisons des longues et brèves et surtout l'accent tonique donnent beaucoup d'harmonie à la poésie anglaise; et c'est peut-être en raison des ressources que les auteurs anglais trouvent dans la prosodie de leur langue, qu'ils négligent parfois la rime, indispensable aux vers français. La langue anglaise a des dialectes, presque autant que de comtés; on peut citer, entre autres, ceux de la cité de Londres (le cockney), des comtés d'Oxford, de Suffolk, de Norfolk, de Berks (le jowring ), de Somerset, et le northumbrien, comprenant beaucoup de mots danois, et parlé dans les comtés de Northumberland, de Cumberland, de Westmoreland et d'York. Mais tous ces dialectes ne s'éloignent pas sensiblement de l'anglais standard. Les différences consistent dans une tendance plus prononcée aux abréviations, dans la conservation d'un certain nombre de mots vieillis ou inusités ailleurs, dans l'emploi de quelques idiotismes locaux; il y aussi dans les dialectes moins de formes romanes que dans la langue littéraire. l'anglo-américain peut également être considéré comme un dialecte de l'anglais. L'anglo-américain.
Pour les noms de villes aux États-Unis, on a fait des emprunts aux langues anciennes aussi bien qu'aux langues modernes : on a pris des noms de batailles, de guerriers, de poètes, de législateurs, d'orateurs, etc., dans tous les siècles et chez toutes les nations. Une foule de mots anglais apportés en Amérique par les premiers colons ne représentent plus rien aux Etats-Unis : tels sont ceux qui concernent la fauconnerie, le blason, le régime féodal. D'un autre côté, les institutions nouvelles des États-Unis ont donné naissance à des mots nouveaux ou forcé les anciens de modifier leur acception. La prononciation surtout est devenue différente : on place, par exemple, un son nasal devant ow (kyow au lieu de cow, vache); on abrège les longues o et u dans les syllabes finales (fortun, natur, pour fortune, nature), ou bien on allonge les brèves (nauthin pour nothing) : on rapproche l'accent de la dernière syllabe dans les polysyllabes, et on prononce territòry, legìslative, au lieu de térritory, législative, etc. Dans l'Ouest, où la langue a été le plus soumise au caprice des individus, on allonge ou on redouble les syllabes (salvagerous pour savage, sauvage). (A. L-Y.). Le globish.
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